Jeudi 3 juillet 2008

Premier road-movie œnologique, Sideways a déclenché outre-Atlantique un véritable engouement pour le pinot-noir, cépage adulé par l’un des protagonistes du film. Mais au-delà de l’anecdote, le film mérite d’être revu pour sa peinture mi-vin-doux mi-vinaigre qu’il dresse des rapports humains.

  

Deux quadras y partent en goguette à travers le vignoble californien, en guise d’enterrement de la vie de garçon de l’un d’eux. Miles, écrivain raté, dépressif depuis son divorce, mais œnophile confirmé, cherche à initier Jack à l’art de la dégustation, alors que ce dernier préfère goutter à quelques ultimes conquêtes féminines avant la fin de sa liberté et de sa jeunesse. Cette trame, dont on devine le potentiel comique, permet au réalisateur d’alterner des scènes désopilantes avec des moments plus graves. La vie intérieure des personnages est ainsi à l’image des décors, où se succèdent les paysages bucoliques des vallées viticoles traversées en Saab 900 décapotable et la chambre un peu glauque d’un motel d’un faubourg.

 

Le « trailer » commenté du film en V.O. *

 

Entre hédonisme et spleen, entre bonheur d’exister et crise de mi-vie, se dessine une voie finalement assez étroite pour nos deux compères à la recherche chacun de son graal. Et le plus fragile des deux n’est pas forcément celui qui fanfaronne le plus. A ce jeu, tout comme pour la dégustation, les femmes  s’en sortent bien mieux. Elles ont choisi plus surement la vie qu’elles veulent mener. Au terme de leur propre processus de fermentation et de maturation, les hommes finiront aussi par agir en homme, le chemin leur aura été plus profitable que le but. En ce sens, Sideways est bien un road-movie.


Sideways. Film américain (eh oui, ce n’est pas en France qu’on trouve des films mettant ainsi le vin à l’honneur) d’Alexander Payne (2005).
Avec Paul Giamatti, Thomas Haden Church, Virginia Madsen, Sandra Oh.


* Note: The trailer to this film was legally downloaded from IGN, and is only being used to represent the feel of the film during the review. It is not to intake profit, or claim that it is my own. A person is allowed to rebroadcast copyrighted materials if they are used for the purposes of criticism or parody, etc. A film review is a form of criticism, and this video critique doesn't violate copyright law.

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 27 juin 2008

 
Les Vendredis du Vin sont un rendez-vous mensuel original où, chaque dernier vendredi du mois, les internautes (qu’ils soient bloggeurs ou non) sont invités à partager leurs notes de dégustation autour d’un thème commun. Version francophone, mais néanmoins internationale, des Wine blogging Wednesdays, ces rencontres virtuelles mobilisent avec plaisir chaque mois bon nombre de dégustateurs bien réels, présentant des vins bien réels également
. 

 

 

 

Pour ma première contribution, je me sentais peu inspiré par le thème du mois, qui était « Nul n’est champagne en son pays », consacré donc aux vins effervescents produits en-dehors de la Champagne. Car je dois ici confesser publiquement que je ne suis pas un bine grand connaisseur de vins pétillants et que ma préférence va très spontanément au meilleur d’entre eux, le champagne bien entendu. Sorti de cela, je m’arrête assez naturellement aux créments d’Alsace. Bien que je ne dédaigne pas, pour leur fruité incomparable et leur légèreté toute en fraicheur, les clairettes de Die.

 

J’ai donc décidé de tordre un peu le thème de ce VDV (que les organisateurs me pardonnent) pour le faire entrer dans celui de mon blog, et me suis mis en recherche de bandes dessinées traitant du vin. Et là, je dois avouer une seconde faiblesse : ma connaissance du 9ème art se limite à quelques grands classiques où le vin se fait fort rare. On boit bien de la cervoise chez les inventeurs du tonneau dont Astérix est le héros incontesté. Mais des bulles, on n’en trouvera que dans son « Tour de Gaulle » où le vin de champagne sert déjà à « baptiser les galères », avec suffisamment de pression pour que son bouchon mette K.O. un légionnaire romain. J’ai bien cherché du côté d’Adèle Blanc-Sec. Mais comme le nom l’indique, les personnages de Tardi boivent plutôt du vin tranquille, voire de l’affreux jaja. Jusqu’à ce que je tombe sur ... un manga !!!

 

 

Le jeune Joe Satake n’est pas seulement très beau, c’est aussi un sommelier surdoué à la recherche d’une madeleine incertaine. « Le vin que je cherche n’est pas ici » dit-il en refusant le titre de meilleur sommelier de France. Les années passent, les cœurs chavirent (il est tellement bôôô), sans qu’il n’arrive à trouver ce vin que sa mère lui avait fait déguster coupé avec de l'eau, alors qu’il n’était qu’un enfant. Au fil des chapitres et des volumes le scénario s’affine. Cette quête du Graal n’est pas dénuée de sensualité, notamment quand la bonification du vin avec le temps sert de métaphore pour le rapprochement des cœurs après les années de séparation. Sommelier est finalement une suite plus romantique qu’hédoniste.

 

L’histoire permet cependant de dérouler bon nombre d’informations sur le vin, ainsi que sur les arts de son élaboration et de sa dégustation. Chaque opus comprend également une notice sur les différents vins qui ont été cités au fil de l’histoire. Gageons que ce n’est pas que la beauté du jeune Joe qui aura, au pays du saké et du soleil levant, déclenché une vague d’intérêt sans précédent pour le vin chez les jeunes adultes, notamment chez les jeunes femmes. A quand ce type d’initiative au pays du bon vin de la douceur de vivre ?

 

                        

Et comme un bonheur arrive rarement seul, Sommelier connait aussi sa version féminine avec Sommelière. Et une nouvelle série, Les Gouttes de Dieu, fait d’ores et déjà fureur.  Si le sens de lecture japonais (on commence par la dernière page, en lisant le livre d’arrière en avant, et les cases de la droite vers la gauche) ne vous déconcerte pas trop, il y a là de belles bulles venant d’ailleurs à découvrir de toute urgence !

 

 

Sommelier. Araki Joh, Ken-ichi Hori, Shinobu Kaitani. 6 volumes. 260 à 300 pages. Glénat. 2006 – 2007. 7,50 €

 

 

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mardi 10 juin 2008
Kermit Lynch. Mes aventure sur les routes du vin.

Caviste et distributeur californien, Kermit Lynch se rend très régulièrement en France pour s’approvisionner directement dans le vignoble. Il a consigné les plus belles étapes de ses pérégrinations dans ce livre, devenu un classique de la littérature œnologique. Partant de la Loire et visitant les régions dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, il nous entraine dans un truculent tour de France. Bien entendu, on y lira avec délice les commentaires de dégustation et les anecdotes croustillantes. Le véritable intérêt du livre n’est cependant pas là.  

Outre ses voyages à travers les vignes et les caves, Kermit Lynch nous dévoile également son évolution dans la connaissance du vin. Contrairement à nombre de ses congénères, il sait faire preuve de modestie et reconnaître ses erreurs et errements passés. Peu à peu son goût s’élève, délaissant ces vins « énormes », riches en alcool, écrasant leurs voisins dans les dégustations à l’aveugle s’apparentant au speed-dating, pour se tourner vers des produits plus authentiques, bien que parfois un peu déroutants. Comme souvent, c’est une rencontre, ici avec un vigneron intègre, qui lui a ouvert les yeux, ou plutôt le nez et le palais, ainsi que l’esprit. Kermit Lynch aborde ainsi la question de notre rapport au goût et du pouvoir du mainstreem, en une réflexion bien plus profonde que celle promise par certain ouvrage récent sur une thématique proche.



Mais au cours de ses trois décennies de visites, il assiste aussi, témoin impuissant, à la disparition inexorable d’un monde, sous l’effet de l’arrivée dans les vignes et les chais d’une nouvelle génération, plus avide de profits immédiats que de vins de qualité. Cette tendance semble très nette dans les années 70 et 80, provoquant chez lui coups de gueule et coups de griffes, avec un franc-parler auquel nos chroniqueurs français ne nous habituent guère. Il semble fort heureusement que la plus récente génération de vignerons veuille à nouveau renverser la vapeur. Qu’elle revienne à des méthodes de culture et de vinification plus respectueuses de la tradition, sans pour autant jeter tous les apports de la modernité avec le sucre de la chaptalisation.

Vous reste-t-il des doutes quant à l’intérêt de vous jeter sur ce recueil d’aventures ? Laissez-moi alors tenter de vous convaincre avec l’aide d’Hugh Johnson qui s’avoue « sidéré par son mélange de poésie et de candeur », ou de Jim Harrison, grand amateur de vin et de littérature, pour qui « Mes aventures … » est le livre préféré sur le vin.

Kermit Lynch. Mes aventure sur les routes du vin. Préface de Jim Harrison. 324 pages.
Payot. 2004. 20€. Il vient également d'être édité en poche, dans la "Petite Bibliothèque Payot", à 9 €, raison de plus pour ne pas se priver du bonheur de sa lecture !

Ce livre est une réédition revue et augmentée de « Mes aventures dans le vignoble de France », sous-titré avec malice « Un Américain sachant cracher », paru en 1990 aux éditions Jacques Legrant.



par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 25 mai 2008

Frédérique Crestin-Billet : La folie des ...

                                                                ... plaques de champagne.

                                                                ... des tire-bouchons.

                                                                ... étiquettes de vin.

 

Certains amateurs collectionnent les millésimes d’Yquem ou les éditions spéciales des grandes maisons champenoises. Moins glamour, moins onéreux aussi, mais tout aussi obsessionnel, pour d’autre ce sont les objets du vin qui forment l’objet de leur désir. La bien-nommée collection « La folie des ... » ravira les placomusophile, les pomelkophiles et les œnographiles. Elle saura également intéresser les amateurs de beau et d’insolite.

 

 

Les premières bouteilles de champagnes étaient bouchées avec des chevilles de bois garnies de lin ou de chanvre, hermétiquement fermées par un cachet de cire. Elles furent ensuite remplacées par des bouchons de liège, au diamètre deux fois plus large que celui du goulot de la bouteille, enfoncées à la batte et maintenues par une ficelle. En 1844 Adolphe Jacquesson dépose un brevet qui va mettre fin aux problèmes liés à la porosité des bouchons ou au moisissement des ficelles : il invente le système de la capsule métallique et du muselet. Il ne se doutait certainement pas que cette petite plaque de métal allait être progressivement utilisée par les fabricants pour y graver, puis y tampographier et y sérigraphier leur nom, celui de leur localité ou de la cuvée, ou encore le millésime (une initiative de Pol Roger en 1906). Les plaques de muselet sont ainsi passées du statut d’objet technique à un véritable thème de collection pour les passionnés, se déclinant en dizaines de milliers de variantes dont environ 1.000 sont reproduites ici.

 

 

Le tire-bouchon répond à la fonction strictement inverse. Cet « outil séculaire et de bon sens qui retire l'obstacle au plaisir » offre lui-aussi une variété extraordinaire de formes, tant ses différents créateurs ont redoublé d'inventivité pour en assurer le fonctionnement et le rendre attrayant. Lorsque l’usage de bouteilles de verre fermées par des bouchons de liège se généralisé au 17ème siècle, il fallut bien trouver un ustensile pour ôter le précieux mais entravant cylindre. D’invention anglaise, le tire-bouchon semble avoir été inspiré par la mèche vrillée du tire-bourre, utilisé pour nettoyer le canon des armes à feu. Depuis lors, cet inséparable compagnon de tout œnophile n’a eu de cesse d’évoluer. Qu’il soit classique ou moderne, rustique ou high-tech, fonctionnel ou décoratif, il s’est lui-aussi mué en objet de collection.

 

 

Dans l’Antiquité, le vin conservé dans des amphores était identifié par des inscriptions au pinceau ou par l’apposition d’un sceau. Les étiquettes telles que nous les connaissons actuellement sont apparues elles-aussi avec les bouteilles de verre. D’abord manuscrites, elles se sont surtout développées avec l’invention de la lithographie, vers la fin du 18ème siècle. Essentiellement informative au départ, c’est grâce au Baron Philippe de Rothschild que l’étiquette prendra ses lettres de noblesses. En 1924, il instaura en effet la mise en bouteille au Château et fit dessiner l’étiquette de son vin par Jean Carlu, affichiste et figure de proue alors du cubisme en France. L’étiquette devint ainsi certificat d’origine, garantie de qualité, marque distinctive du cru, voire véritable œuvre d’art. La diversité et la richesse des étiquettes ont explosées depuis, artistes et graphistes faisant preuve d’une créativité presque sans bornes (mais pas toujours du meilleur goût …) malgré le cadre d’une réglementation de plus en plus stricte.

 

La folie des plaques de champagne. 374 pages. 2003. 9,90 €.

La folie des tire-bouchons. 384 pages. 2000. 9,90 €.

La folie des étiquettes de vin. 380 pages. 2001. 9,90 €.

Tous trois de Frédérique Crestin-Billet, aux éditions Flammarion.

 

Voir aussi l’article consacré au livre de François Morel : Les objets de la vigne et du vin.

 

 

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 12 mai 2008

Raymond Dumay : La mort du vin.

S’il existe des vins que tout amateur devrait avoir dans sa cave, il en est de même pour quelques livres de grande garde. Celui-ci en fait indéniablement partie, car son contenu, loin d’être devenu obsolète avec les années, s’est largement bonifié, montrant toute la puissance de la pensée de Raymond Dumay. Il nous offre en effet des clés de lecture extrêmement pertinentes pour décrypter les évolutions du monde viti/vinicole depuis ses origines jusqu’à nos jour. Ecrit en 1976, l’ouvrage ne se voulait pas prémonitoire. Mais force est de constater que la rigueur et la justesse de l’analyse qu’y poursuit son auteur en font un livre à (re)découvrir d’urgence pour appréhender les liens entre le vin et les civilisations, depuis Sumer jusqu’à l’actuel phénomène des vins du « Nouveau Monde ».

Car Raymond Dumay nous rappelle cette évidence trop souvent oubliée : le vin qu’on vante, qu’on chante, qu’on achète et qu’on vend, que finalement on boit, est le vin du puissant. C’est toujours le vin du vainqueur, que la guerre ait été militaire ou économique, qui s’impose, indépendamment de ses qualités intrinsèques. Et il sait y faire, le vin, pour s’associer au sabre comme au goupillon, pour voyager dans les chariots des légions romaines comme pour charmer un chanoine, dans le seul but d’étendre son territoire.

Des preuves ? L’auteur n’en manque pas. Pour ne rester qu’en France, son principal terrain d’investigation, voyez comment les jurats de Bordeaux ont, par leur lois protectionnistes, réduit à l’état de misère les vignerons du pays-haut (vignobles de la Dordogne et de la Garonne). Ou encore, comment, par d’obscures alliances militaires, Bordeaux a obtenu la quasi-destruction des vignobles de La Rochelle. Vous pensiez le champagne plus vertueux ? Vous ignoriez par quels mensonges médicaux elle a réussi à évincer les vins de l’Orléanais de la cour royale. In fine, c’est bien tout le vignoble européen qui peut être vu comme une création de la guerre ! Et l’éloignement du barycentre du monde viti/vinicole de la « vielle Europe » que nous vivons actuellement ne semble être que le dernier épisode du feuilleton des alliances toujours renouvelées du vin avec les puissants du moment.

En associant le vin à un personnage et en suivant sa psychologie, plutôt que d’en faire un objet d’étude économique ou agraire, Raymond Dumay adopte une perspective originale, permettant de bousculer bon nombre de nos certitudes. C’est une histoire ancienne qu’il nous conte, mais sous un jour entièrement nouveau, avec lyrisme et précision, nous étonnant à chaque page. Un ouvrage essentiel qui, même près de dix ans après le décès de son auteur, n’a pas pris une ride !

 


 


La mort du vin
. Raymond Dumay. Préface et dessin de couverture de Jean-Claude Pirotte. 268 pages. Editions de La Table Ronde, collection La Petite Vermillon. 2006 (édition originale de 1976). 8,50 €.

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 8 mai 2008

Anne-Marie Royer-Pantin : La Rose et le vin.

Le vin nourrit l’imaginaire depuis l’antiquité, démontrant à quel point il est symbole avant d’être boisson. Tant de mots ont été inspirés par la vigne et son nectar : descriptions des paysages où s’épanouit le pampre, évocations des travaux des vignerons, notes de dégustations, ... A travers les âges et les styles, qu’ils soient lyriques, nostalgiques ou admiratifs, toujours ces mots nous disent la bonté de la terre, la beauté du monde, le bonheur d’exister.

Les écrivains ont rarement le vin triste. Romanciers, poètes, chroniqueurs, essayistes, nombreux sont ceux qui ont démontré au travers la richesse et la diversité de leurs écrits à son propos, que le vin était bien le reflet de la culture à son plus haut degré. Quand ils ne cultivent pas eux-mêmes la vigne, à l’instar d’Alphonse de Lamartine, Montesquieu, ou plus près de nous Jules Romain, Pierre Halet, François Mauriac ... Le propriétaire de Château Malagar a perçu la tragique beauté de son destin : « A peine la vigne a-t-elle passé fleur, la future récolte couvre le coteau ; mais il semble qu’elle soit là comme ces jeunes bêtes que le chasseur attache et abandonne dans les ténèbres pour attirer les fauves : des nuées grondantes tournent autour des vignes offertes » écrit-il dans Le Nœud de vipères.

Anne-Marie Royer-Pantin a composé un admirable bouquet avec les plus belles et les plus évocatrices des lignes écrites sur la vigne et le vin. Un bouquet tel un voyage à la découverte de lieux (paysages, architectures) et de gestes (beaux-arts, travaux à la vigne et au chai, dégustation) en compagnie de belles plumes. 
 

  « Célébrer la rose et le vin, c’est rendre un même hommage à la Beauté,
c’est faire la part belle à la sensualité, à l’émotion, à la fascination, à l’esthétique ». 


La Rose et le vin
. Anne-Marie Royer-Pantin.
158 pages.
Editions Klincksieck. 2007. 17 €.

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 avril 2008

Pierrick Bourgault : D’amour et de vins nouveaux.

« Se lit d’une main. De l’autre un verre de vin » nous avertit son éditrice, afin que nous nous aventurions dans l'univers très personnel de Pierrick Bourgault dans les meilleures conditions. Comme autant de récits de voyages, il nous offre-là un recueil de seize nouvelles à l’érotisme délicieusement canaille. Le vin n’y joue pas les premiers rôles, mais peut-on lui en vouloir ? Stimulant ici les sens, faisant patienter là l’amoureux attendant sa belle, formant parfois un simple élément du décor, où s’absentant momentanément pour mieux revenir au chapitre suivant, il sait adapter sa présence et se montrer discret devant l’étreinte des amants.

Seize nouvelles et autant de tranches de vies, légères et joyeuses, ou davantage marquées par les accidents, mais toujours dynamiques et tendues vers la recherche de l’autre, vers l’union qui leur donnera ou leur rendra sens. Les corps se cherchent, s’apprivoisent, s’unissent, se séparent parfois, mais toujours les âmes savent que leur étreinte n’est pas veine. A la manière d’une gorgée de vin, elle leur aura donné, ne serait-ce que l’espace d’un instant, un aperçu de la promesse des Dieux. D’amour et de vins nouveaux est certes plus un livre de plaisir immédiat que de grande garde : il gagne à être dégusté sur le fruit, défendu bien sûr.



D’amour et de vins nouveaux. Pierrick Bourgault. 170 pages. Editions L’Iroli. 2007. 13 €.

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 6 avril 2008

Albert Adam & Jean-Luc Jault : Le bonheur est dans le vin.

Plaisir et santé ! Voilà les deux crédos de ce livre canadien qui nous propose une approche décomplexée du vin, à mille lieux des visions conformistes de bien des auteurs de ce côté-ci de l’Atlantique. Copieusement illustré, agrémenté de nombreuses citations, complété de très intéressantes vignettes « le saviez-vous ? », sa lecture est aussi agréable qu’instructive. Ecrit à 4 mains et s’organisant autour de 3 parties, il aborde successivement l’histoire du vin, sa dégustation et ses effets sur la santé.

Si bien des spécialistes s’amusent (!) aujourd’hui à rendre le vin plus complexe qu’il n’est en réalité, à le snobinardiser (comme l’écrivent joliment nos auteurs québécois), telle n’est pas l’intention de ce livre. La partie historique montre que l’homme entretient depuis plusieurs milliers d’années une relation simple avec le vin, où priment le plaisir et la convivialité. La dégustation se doit de revenir à ses fondamentaux et d’être abordée de manière claire, simple, voire ludique. Cette approche permet de battre quelques idées reçues et dogmes en brèche. Certes, on ne s’adresse pas ici à des professionnels chevronnés, mais l’amateur éclairé y trouvera largement de quoi abreuver sa soif de savoir.

Ecrit par un chercheur en sciences biomédicales, la partie traitant des bienfaits du vin sur la santé est un peu plus ardue. On y apprend de manière détaillée les mécanismes par lesquels le vin (plus précisément, certains composants du vin, en particuliers du vin rouge) permet de réduire les risques d’affections cardiaques (maladies coronariennes, ...), de contribuer à la prévention de la maladie d’Alzheimer, voire du cancer, ou encore de lutter contre certaines affections bactériennes. Il explique notamment le fameux paradoxe français, identifié par des chercheurs dès 1979, montrant qu’à l’exception de la France, le taux de mortalité par affection cardiovasculaire était, dans 18 pays industrialisés, toujours proportionnel à la consommation de graisses saturées.

L’auteur s’appuie sur de nombreuses études scientifiques démontrant le plus souvent la corrélation entre une consommation modérée de vin et une meilleure santé. Il en souligne également les limites, notamment quand il s’agit de mieux comprendre les bases biologiques de la relation entre le vin et la santé. Des recherches passionnantes restent à mener dans ce domaine, nous conduisant peut-être à terme vers un autre rapport au vin, où celui-ci sera consommé aussi pour ses vertus prophylactiques. Que de bonheur en perspective !

 

 
Le bonheur est dans le vin. Albert Adam & Jean-Luc Jault. 192 pages. Editions de l’Homme. 2006. 28 €.

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 24 mars 2008

Pas de livre cette semaine, mais un petit bijou garanti d’époque déniché sur YouTube, nommé Le Vin. Georges Brassens, entouré d’une joyeuse bande de copains, y pousse une chansonnette assez peu connue où un œnophile (!) justifie son penchant pour la bouteille en enchainant les jeux de mots et les références. Ce « clip » date de juin 1957 et s’il est un peu statique voire kitch (avec son faux décor de ferme), il y règne une atmosphère de liberté bonhomme qu’on ne voit plus guère cinquante ans après. Se servir des canons et allumer des goldos à tire-larigot ce n’est pas très politiquement correct et ne passerait certainement plus aujourd’hui ...

                 

 


Quelques extraits des paroles, afin que vous puissiez profiter de toute la verve de Brassens :



« Avant de chanter 
   Ma vie, de fair' des 
   Harangues 
   Dans ma gueul' de bois 
   J'ai tourné sept fois 
   Ma langue 
   J'suis issu de gens 
   Qui étaient pas du gen- 
   re sobre 
   On conte que j'eus 
   La tétée au jus 
   D'octobre... »
......
« Quand on est un sa- 
   ge, et qu'on a du sa- 
   voir-boire 
   On se garde à vue 
   En cas de soif, u- 
   ne poire 
   Une poire ou deux 
   Mais en forme de 
   Bonbonne 
   Au ventre replet 
   Rempli du bon lait 
   D'l'automne... »

Paroles et musique de Georges Brassens. © Editions Musicales 1957.

Vous trouverez Le Vin sur l’album « Je me suis fait tout petit », sorti au milieu des années soixante avec des chansons plus anciennes. Cet album constitue à présent le 4ème volume de l’intégrale « Elle est à toi cette chanson » en 15 CD, aux éditions Mercury. 

                                           

par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 17 mars 2008
Mathilde Hulot & Franck Mulliez : Terres de vignes – Voyages au-dessus des vignobles de France.
 
Le magazine Géo s’est décidément pris de passion pour le vin et les paysages viticoles. En parallèle d’un hors-série très complet sur le développement viticole du Nouveau Monde (cf. article du blog) il a édité cet ouvrage qui nous invite à prendre de la hauteur sur nos propres vignobles. L’ensemble des régions viticoles françaises y sont en effet présentées au travers de nombreuses photos aériennes (près de 150) et de textes très complets.
 
C’est toute la diversité de nos paysages qui défile ainsi au fil des pages. Franck Mulliez, nous invite à monter à bord de son hélicoptère et nous emmène du Nord au Sud, d’Est en Ouest. En sa compagnie nous survolons les petits et grands domaines, les châteaux comme les clos. S’accrochant aux coteaux ou s’étalant paresseusement dans les plaines, la vigne défile inlassablement sous nos yeux.
 
Il n’est pas loin des yeux aux papilles. Celles-ci se mettent en éveil à l’évocation lyrique des appellations dans les textes de Mathilde Hulot. Ses écrits accompagnent subtilement les images : émotion, sensibilité, humilité devant le labeur conjugué de la nature et des hommes, mais aussi données sur l’histoire et la géographie des régions viticoles, ainsi que des informations de nature plus technique.
 
Une véritable invitation au voyage, par deux connaisseurs en la matière. Franck Mulliez a en effet signé de nombreux reportages et livres « vus du ciel ». Quant à Mathilde Hulot, elle nous a déjà enchantés avec un très beau livre de portraits « Visages de vignerons - Figures du vin » (éditions Fleurus, j’aurais d’ailleurs aussi pu le mentionner dans mon dernier article, consacré à des livres de portraits), ainsi qu’un livre sur les vins de Tokaj (éditions Feret), tous deux en compagnie de Patrick Cronenberger. Egalement journaliste pour la RVF, elle vient de recevoir le prix Amunategui-Curnonski pour ce voyage au-dessus des vignobles de France.
 
 

 
Terres de Vignes. Mathilde Hulot (textes), Franck Mulliez (photos). 192 pages. Editions Géo / Prisma-Presse. 2007. 32 €.
 
par Hub publié dans : L'oenothèque communauté : Liaisons Oenophiles
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Présentation

  • : L'Œnothèque ~ Des livres et du vin ...
  • oenotheque
  • : vin vigne dégustation oenologie livres gastronomie
  • : ¤ L’œnothèque : Critiques de livres consacrés au vin, ou abordant des thèmes relatifs à l'oenologie : ouvrages pratiques, guides, essais, beaux livres, récits, romans, poésie, ... ----------------------------- ¤ A propos de ... : Infos, actualités, liens et adresses. ----- ¤ Coup d'oeil à la cave : Notes de dégustation.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Aperçu ...

Derniers commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Blog : Information / Actualité sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus