Le mot du moment

Il débouchat, goûta et servit lui-même un vin de Bourgogne de grand cru que le comte qualifia sans pudeur de caresse de velours.

                                                                                                Gabriel Garcia Marquez
                                                                                                Le Général en son labyrinthe

Samedi 9 février 2008
Très intéressant numéro de la RVF que celui de février. Outre un sensuel article sur le vin et l’amour (voyez aussi à ce sujet le subtil ouvrage de Jean-Luc Hennig, Erotique du vin, aux éditions Zulma) et un entretien où l’iconoclaste Alain-Dominique Perrin met, à juste titre, les pieds dans quelques plats bordelais, la RVF s’y est intéressée aux blogs.
 
 

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Carnets d’amateurs y partageant leur passion, ou de professionnels y partageant les joies et parfois les peines de leur métier, l’œno-blogosphère recèle de véritables perles. Même si l’œnothèque n’y est pas citée (après-tout, ce blog n’a que 6 mois d’existence), je suis tout de même ravi que la RVF ait remarqué quelques blogs amis. Beaucoup de découvertes également, parmi ces dernières j’ai particulièrement apprécié :

 
  • Méchant raisin, l'actu du vin depuis Montréal. Pas terriblement méchant, mais lucide et souvent critique à juste titre.
  • Berthomeau, lecture politique, souvent décapante mais toujours percutante, du monde du vin.
  • Le blog de Lisson, promenade sur la colline de Lisson, en compagnie d'Iris, vigneronne franco-allemande installée à Olargues au pied des Cévennes.
  • Le blog d'Olif, humour et hédonisme au programme de ce blog d'un amateur franc-comtois, beaucoup de notes de dégustations toujours très justes. 
  • Vigneron Blog, le quotidien, pas toujours très facile, d'un vigneron coopérateur. Très intéressant pour mieux comprendre ce métier de l'intérieur.
  • Winebabe, encore un blog d'outre-atlantique, tenu par une Canadienne vivant en Californie, très éclairant sur la manière dont le vin y est appréhendé, très loin de certains clichés.

A vos claviers et souris !!!
 
 
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Samedi 2 février 2008
Orlando de Rudder : Bréviaire de la gueule de bois.
 
Raide, torché, bituré, cuité, murgé, imbibé, paf, schlass, ... le vocabulaire de l’ivresse est aussi riche que celui de l’œnologie. Certes, l’ivresse n’est pas, en tous cas au-delà du seuil d’une légère griserie, un effet recherché par l’amateur de vin. Je connais même un passionné qui travaille dans le domaine de la prévention de l’alcoolisme, nulle contradiction à cela. Il y a cependant peu de chances pour que ce petit bréviaire ne devienne son livre de chevet.
 
Car ce n’est pas tant de la légère euphorie alcoolique qu’il est question ici, que de la lourde et authentique ivresse. De celle qui suit le franchissement de plusieurs bornes, provoquant d’invariables lendemains déchantants, où le poids des remords est inversement proportionnel à la légèreté des serments de « dernière fois, on ne m’y reprendra plus ... ».
 
Cette ivresse-là est une contrée où nous emmène avec humour et érudition Orlando de Rudder. Des recettes pour y pénétrer et en sortir en douceur (dont quelques-unes assez farfelues que je n’essaierais pour rien au monde), les personnages qui ont chanté sa gloire, mais aussi ses dangers et chausse-trappes, l’ivresse n’aura plus aucun secret pour vous. A consommer en modérant sa volonté de mettre en pratique.
 
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Bréviaire de la gueule de bois. Orlando de Rudder. 96 pages. Librio. 1993. 2 €.
 
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Samedi 26 janvier 2008
Jean-Robert Pitte : Bordeaux Bourgogne - Les passions rivales.
 
Voilà encore un de ces clivages qui déchaine les passions des Français : droite ou gauche, prolo ou capitalo, mer ou montagne, ville ou campagne, Ségo ou Sarko, Beatles ou Stones, ... Mais comme pour le conseiller que Brillat-Savarin fait interpeler sur le sujet, la fracture entre Bordeaux et Bourgogne (dans l’ordre alphabétique) offre à l’amateur curieux une source quasi-inépuisable de plaisir. A commencer par ce livre, que Hachette a eu l’excellente idée de rééditer en poche (oublient toutefois de reproduire les illustrations, mais on peut aisément s’en passer). Jean-Robert Pitte y décortique une à une les diverses facettes de cette ancienne querelle.
 
Ancienne ? Pas tant que cela en définitive. Puisque les deux vignobles se sont longtemps ignorés. Leurs marchés différant, ils ont élaboré des vins répondant à la culture et aux goûts de leurs clients. Jusqu’au XIXème siècle, les débouchés restent en effet très distincts, largement hérités du Moyen Age : Bordeaux exporte vers les pays accessibles par la mer (Angleterre, Irlande, pays riverains de la mer du Nord), et la Bourgogne livre à Paris et dans les contrées accessibles par les fleuves et les routes, correspondant aux régions continentales de son ancien Duché (Allemagne intérieure, Wallonie, ...). Cette géographie du goût reste aujourd’hui encore sous-jacente dans les statistiques des ventes de ces deux vins.
 
Mais comment donc, ne parle-t-on pas des terroirs et des cépages pour expliquer cette différence de style entre eux ? Sans la minimiser, Jean-Robert Pitte relativise l’influence de la géologie originelle sur le résultat final. Il n’est que de voir les améliorations considérables portées par les viticulteurs à leurs sols et sous-sols au travers des âges. Quant aux cépages, leur présence aujourd’hui ne résulte pas d’un quelconque mécanisme darwinien, mais de choix délibérés réalisés par les hommes de l’art, en fonction du résultat qu’ils souhaitaient atteindre. Les techniques même de plantation ont largement évolué dans ce sens.
 
Voilà donc des sujets qui, potentiellement, peuvent fâcher tant nos amis bordelais que bourguignons (toujours dans l’ordre alphabétique). Mais Jean-Robert Pitte, au travers cette étude très fouillée et étayée par de très nombreuses preuves scientifiques (il est lui-même géographe et doyen de la Sorbonne) et de témoignages littéraires souvent savoureux, a su rassembler tant les pièces à charge qu’à décharge de chacun des parties. Il n’hésite pas à dénoncer les contre-vérités et à prendre chroniqueurs et chercheurs en flagrant-délit de mauvaise foi, qu’elle soit pro-bordelaise ou pro-bourguignonne. C’est donc un procès équitable qu’il conduit pour notre plus grand plaisir. Procès au terme duquel ces frères ennemis sont appelés, dans le respect de leurs différences, à enterrer la hache de guerre.
 
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Bordeaux Bourgogne - Les passions rivales. Jean-Robert Pitte. 252 pages. Editions Hachette Littératures, collection Pluriel. 2007 (édition originale de 2005). 8 €.
 
 
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Samedi 26 janvier 2008
Le flot automnal des primeurs provoque, pour l’immense majorité des bouteilles, indifférence ou mépris chez l’amateur, voire déprime celui-ci profondément. Or voici un vin qui, s’il n’a pas fait la une des imprimés du soir, fait tout de même couler un peu d’encre. De prime abord, pas de quoi passer en prime-time sur nos écrans : un Côtes-du-Rhône primeur 2007, produit par l’exigeant Marcel Richaud à Cairanne (Vaucluse), robe violine, nez fruité loin des arômes artificiels de bonbon ou de griottine, bouche primesautière et fraiche, non dénuée de structure. Bref, enfin un primeur intéressant méritant bien une prime.
 

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C’était sans compter sur le niveau primaire de réflexion de l’INAO, dont la commission lui a refusé l’agrément. Motifs bien primitifs : « caractère non primeur » et « absence de typicité » ... De quoi avaient-ils donc peur ? D’un primeur sortant du rang de la médiocrité pour jouer la prima donna ou le primus inter pares. Encore un exemple montrant à quel point il est primordial de réformer le système des AOC. Primo, parce qu’il n’est nullement sélectif. Secundo, et c’est là le plus dépriment, parce qu’il supprime parfois l’agrément à des vins dont le seul tort est de ne pas se comporter en primate singeant la banalité ambiante. Nullement opprimé, Marcel Richaud ne présentera pas l’Ebrescade, sa meilleure cuvée, à la prochaine commission, qui n’en aura donc pas la primauté. Gageons que, si cela ne fera ni chaud ni froid aux primevères, les amateurs ne se laisseront pas rebuter par la mention « vin de table » qui lui échoira.
 
 
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Samedi 19 janvier 2008
Jean-Luc Chapin, Michel Hansen, Emeric Sauty de Chalon : Les mythes de Bordeaux.
 
Passent les millésimes comme les siècles, passent les générations de leurs serviteurs comme de leurs amateurs, neuf châteaux bordelais semblent à jamais marqués au sceau de l’exception. Déchiffrer leurs secrets, tenter au-moins de s’en approcher par le texte et par l’image, telle est l’ambition de ce premier livre des éditions 1855. Il nous propose pour cela un véritable parcours initiatique, à travers leur histoire, leur géographie, leur microclimat, les personnages qu’ils ont vu passer. Car c’est en scrutant le temps, en cherchant sous la terre, en interrogeant les ancêtres, que l’on peut espérer dévoiler peu à peu l’esprit de ces vins.
 
L’ascétisme d’Ausone. L’imaginaire de Cheval Blanc. L’esprit de Haut-Brion. Le pari sans-cesse renouvelé de Lafite Rothschild. La discipline de la transmission de Latour. La douceur et la séduction de Margaux. L’expression du temps et l’inspiration créatrice de Mouton Rothschild. Le plaisir charnel, physique, de Pétrus. Yquem, enfin, lumière née de la pourriture. La renommée de ces neuf mythes de Bordeaux, comme autant de légendes vivantes, n’est plus à faire. Quelques-uns des mystères qui contribuent à cette renommée nous sont dévoilés ici.

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Voici donc un livre dont le parti-pris tranche dans la littérature œnologique. Le descriptif y cède la parole au symbolique, dans les mots comme dans les images. Plus de 200 photographies y répondent au texte, dans une même veine allégorique, avec un art subtil de la lumière et de l’ombre, en noir ou en couleur. L’ambition des auteurs est de donner envie aux lecteurs de gouter, ne serait-ce qu’une fois dans leur vie, ces vins d’exception. Mission forcément accomplie pour aura osé accomplir ce voyage. Espérons qu’après Bordeaux, les éditions 1855 étendront cette idée à d’autres régions viticoles recélant trésors et secrets.
 

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Les mythes de Bordeaux
. Jean-Luc Chapin (photographies), Michel Hansen, Emeric Sauty de Chalon . 304 pages. Editions 1855. 2006. 29,90 €.

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Samedi 5 janvier 2008
Tout au sud de la Ligurie se trouve un des vignobles les plus pittoresques au monde, accroché à des pentes abruptes entre ciel et mer, le long d’une étroite corniche reliant cinq villages. Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore sont également connus sous la dénomination de Cinque Terre, l’ensemble du site est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Leurs habitants cultivent les oliviers, les citronniers et bien entendu la vigne, sur des terrasses qu’ils ont patiemment montées au cours des millénaires. Mis bout à bout, l’ensemble des murets formeraient une muraille de deux mètres de hauteur sur onze kilomètres de longueur.
 

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Sur ces terrasses, reliées par des sentiers permettant à peine le passage d’un âne, s’épanouissent le bosco, l’albarola, et le vermentino. La vigne est cultivée en pergolas. Très basses en bord de mer, y interdisant d’y travailler debout, celles-ci grandissent à mesure que l'on s'éloigne du rivage. Mais les fortes pentes, atteignant 85 % par endroits, n’y simplifient pas la tâche aux viticulteurs. Des petits transporteurs à crémaillère ont certes été installés, facilitant les vendanges, mais toutes les parcelles ne sont de loin pas desservies. L’immense majorité des propriétaires de vignes n’en vit pas, mais fournit la coopérative locale ou l’un des quelques vignerons plus importants de la région.
 
 

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Avec d’aussi difficiles conditions de travail, les quantités produites sont évidemment faibles : environ 15.000 cols par millésime. Le vin (blanc) est sec, fringant et épicé, accompagnant parfaitement des pissions et frits de mer grillés. Seules les meilleures grappes bénéficient d’un traitement de faveur. Elles sont passerillées par séchage sur les toits des maisons, et donneront le Sciacchetrà. Celui des meilleurs producteurs (domaine Buranco, Forlini Cappelini, Walter de Battè) se vend à prix d’or, tels les vins de glace allemands ou canadiens. Ce Sciacchetrà 2003 de la coopérative des Cinque Terre présente une robe d’ambre profond. Au nez dominent l’écorce d’orange confite, le miel, les fruits à coque. La bouche est marquée par une sucrosité importante, mais sans lourdeur. Un vin doux et rugueux à la fois, à l'image des Cinque Terre.
 
 

      

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Mercredi 2 janvier 2008
Pierrick Jégu : Aux bons crus : les meilleurs cavistes de Paris.
 
Vous me direz peut-être que cet article arrive un peu tard. Qu’il eut été préférable d’avoir connaissance de ce livre plus tôt, pour savoir où dénicher les meilleurs crus et les plus originaux pour les fêtes de fin d’année. Certes, vous répondrais-je, mais pourquoi ne pas se faire plaisir tout au long de l’année ?
 
Avec ce livre, les parisiens (et les amateurs de passage à la capitale, y compris nos amis anglophones, le livre étant bilingue) vont enfin y voir clair dans la multitude d’enseignes qui ont éclos depuis quelques années. Pas moins de 50 caves indépendantes, toutes tenues par des professionnels de valeur, sont présentées en détail, avec leur histoire, leurs spécificités, leurs coups de cœur .... On y retrouvera avec bonheur les plus « tradi », comme les Caves Augé, Taillevent ou la Cave des Gobelins. Les « naturels » comme l’Avant-goût Côté Cellier, ou la Cave de l’Insolite, y côtoient les « design » comme Lovin’ ou Nysa. Les « internationaux » ne sont pas oubliés, comme l’incontournable Lavinia, ni à leur opposé, les cavistes de quartier, avec entre autres le Verre Volé, le Baron Rouge ou tout simplement Ma Cave. Toutes bénéficient de l’art de la lumière de la photographe Caroline Rose, qui a réalisé là un travail admirable dans des conditions d’éclairage parfois difficile. Pensez aux locaux souvent exigus et à tous les malheureux reflets de flashs qu’il a fallu éliminer des bouteilles.
 
Bien entendu l’ouvrage n’est pas exhaustif, même avec ces 50 cavernes d’Ali-Baba. Il s’agit d’une sélection (drastique) parmi toutes les enseignes de la capitale. Un des intérêts majeurs de cette sélection est son éclectisme, avec toujours en ligne de mire la recherche de la qualité des vins proposés et du conseil offert par les cavistes. Et si vous avez déjà cassé votre tirelire pour les fêtes, si vous gardez vos tous derniers deniers pour craquer pendant les soldes, sachez que bon nombre d’entre eux proposent des bouteilles intéressantes dès moins de 5 euros. Vous n’avez plus qu’à vous munir de ce guide, pour arpenter la capitale à la recherche de bons crus.
 
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Aux bons crus : les meilleurs cavistes de Paris. Pierrick Jégu. Photos de Caroline Rose. 176 pages. Editions Parigramme. 2007. 12 €.
 
 
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Samedi 29 décembre 2007
Monique Mangold et Frantisek Zvardon : Panoramas d'Alsace ... sur la route des vins.
 
Définie en 1953, ce qui en fait la plus ancienne de France, la route des vins d’Alsace serpente sur près de 170 km. Une quarantaine de villages viticoles sont ainsi desservis, entre les contreforts des Vosges à l’ouest et la plaine conduisant vers le Rhin à l’est. C’est là, souvent bien exposés sur des cuestas orientées vers l’est, que s’épanouissent les grappes de riesling, gewürztraminer, sylvaner et autres pinots (blancs, gris et noirs), pour ne citer que les cépages les plus connus de la région. Panoramas d’Alsace nous offre de superbes points de vue sur les paysages et les villages que traverse cette route des vins.
 
Frantisek Zvardon est un photographe tchèque installé à Strasbourg depuis de longues années. Il réalise régulièrement des reportages et des expositions remarqués, que ce soit en France ou dans le monde entier. Quel que soit son sujet, paysage ou portrait, c’est toujours avec beaucoup de respect et d’humilité qu’il le traite, avec un sens rare de la lumière. C’est bien un regard d’auteur qu’il porte sur cette route des vins, captant ici la délicatesse d’une lueur rasante sur un vignoble où là l’image d’une vigne se détachant d’une brume matinale. Prises à pied ou depuis le ciel, ses images des villages nous montrent la joyeuse opulence des bourgs vignerons, comptant parmi « les plus jolis villages vinicoles du monde » selon Hugh Johnson et Jancis Robinson (1). Mais les images aériennes nous montrent aussi des maisons blotties les unes contre les autres à l’abri de fortifications, témoignages d’une ancienne vie rurale souvent difficile. Les trop rares textes (en français, en anglais et en allemand) de Monique Mangold viennent compléter les magnifiques images.
 
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Panoramas d'Alsace ... sur la route des vins.
Monique Mangold (textes) et Frantisek Zvardon (photographies).
140 pages. Editions Bibliothèque des Arts. 2003. 43 €.
 
 
 
(1) : dans l’Atlas Mondial du Vin, éditions Flammarion, 5ème édition datée de 2002.
 
 
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Vendredi 28 décembre 2007
Je vous avais déjà évoqué le projet de réforme du secteur du vin proposé par la Commission Européenne dans un article traitant de deux livre récents, dont l’un critiquait vivement ce projet. C’est finalement une version un peu rabotée de ce texte qui a été ratifiée ce mercredi 19 décembre. La Commissaire à l’Agriculture et députée danoise libérale, Mme Mariann Fischer-Boel, souhaitait enclencher une restructuration en profondeur du secteur. Cette réforme devrait permettre aux vins européens d’être plus attractifs et concurrentiels face à ceux du Nouveau Monde, tout en limitant la production de ceux qui se vendent le moins bien (voire de les faire disparaitre), pour éviter les phénomènes de surproduction.
 
Vivement critiqué, notamment par la France, l’Italie et l’Espagne, ce projet faisait totalement abstraction de la dimension culturelle du vin, le réduisant à un simple produit de consommation. Produit pour lequel, selon la Commission, le développement d’une industrie de production et de distribution devrait être favorisé par les pouvoirs publics. Malgré l’aménagement du texte pour obtenir l’aval des trois principaux pays producteurs de l’UE, il n’en reste pas moins guidé par la même doctrine, les mesures restant globalement les mêmes. 

Citons-en quelques-unes : 
 - arrachage (175.000 hectares dans les trois ans, sur une base volontaire et contre primes, au-lieu des 400.000 du texte initial), 
 - libéralisation des droits de plantation (à partir de 2015, voire 2018 en fonction des Etats, afin que les viticulteurs concurrentiels puissent augmenter leur production sans limites),
 - diversification les pratiques œnologiques (l'utilisation des fameux copeaux de bois par exemple). 
Par contre, les mesures de distillation de crise (permettant de recycler les excédents en alcool industriel) ne sont pas supprimées. Chaque Etat pourra y consacrer jusqu’à 20 % du budget mis à sa disposition dans le cadre de la réforme, pendant quatre ans maximum. Enfin, l’étiquetage des vins de table pourra mentionner le cépage et l'année de récolte, simple reproduction de des pratiques du Nouveau Monde.
 
Bref, la réforme risque fort d’amener nombre de vignerons à singer des pratiques qui vont conduire à mettre sur le marché des produits de plus en plus standardisés. Ce faisant, ils contribueront immanquablement à renforcer l’industrie du vin, capable de produire la même chose moins cher et surtout bénéficiant d’un marketing et de réseaux de distribution plus puissants. Au final, le consommateur lambda aura le choix entre deux types de vins : ceux de grands domaines, à des prix souvent très élevés, et ceux de l’industrie, avec des marketing-mix adaptés à chaque segment de clientèle. A moins que ce consommateur ne s’oriente délibérément vers une troisième voie, privilégiant le vin « juste », celui qui, selon une formule de Jacques Puisais, a « la gueule de l’endroit et de l’année où il est né, et les tripes du bonhomme qui l’a fait »

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Mercredi 26 décembre 2007
Linda Grabe et Valérie de Lescure : Dis-moi ce que tu es ... je te dirai quel vin boire.
 
Etant donnée l’abondante littérature publiée autour du vin, le plus difficile pour bien des auteurs est de se démarquer, d’innover, de trouver un « créneau » pas encore exploité. Ce livre présente une approche nouvelle du conseil à l’amateur. Il ne part plus du vin lui-même (de la sempiternelle présentation par appellation par exemple) ni des plats à accorder ou encore des occasions de dégustation. Non, il part du dégustateur lui-même, renversant le vieil adage : dis-moi ... (qui tu hantes, ce que tu fais, manges, bois, ... etc.) et je te dirais qui tu es.
 
A priori, l’approche peut sembler séduisante. Hélas, elle tourne vite à l’exercice de style un peu stérile. Un petit quizz ouvre le livre, permettant de ranger le lecteur dans l’une des 20 cases proposées. Que vous soyez « femme », « picoleur », « urbain », « CSP + » ou encore « économe », vous avez droit à une mini-caricature, quelques conseils de dégustation et une liste d’une dizaine de vins qui devraient vous convenir comme un gant. Malgré le ton humoristique, la lecture devient rapidement répétitive et fastidieuse, une fois que l’on a lut son portrait et celui de l’un ou l’autre de ses proches. Certes, le choix des vins est assez éclectique (forcément, puisque décliné sur 20 personnalités) mais l’approche enferme finalement le lecteur plutôt qu’elle ne lui ouvre des perspectives de découvertes. Une bonne alternative à Cosmo pour faire un test à la plage. Mais je n’ai pas vu le « touriste » dans la galerie de portraits. Dommage, car je lui aurait conseillé un rosé de Provence pour accompagner ses grillades.
 
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Dis-moi ce que tu es ... je te dirai quel vin boire. Linda Grabe et Valérie de Lescure. 128 pages. Editions Solar. 2007. 12,50 €.
 
 
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