Le mot du moment

Il débouchat, goûta et servit lui-même un vin de Bourgogne de grand cru que le comte qualifia sans pudeur de caresse de velours.

                                                                                                Gabriel Garcia Marquez
                                                                                                Le Général en son labyrinthe

Mercredi 26 décembre 2007
                                                                                        La lumière de midi ne pesait pas
                                                                                        mais dansait légère sur les vignes.
                                                                                                                          Lettrines 2

Julien Gracq, l’un des plus grands écrivains de langue française, vient de nous quitter à l’âge de 97 ans. Il n’est pas dans mon propos de faire le panégyrique de l’auteur du Rivage des Syrtes. Journalistes et hommes politiques s’y sont déjà bien employés depuis dimanche, avec d’autant plus de bruit et d’agitation que leur propre conduite est éloignée de celle de l’écrivain. Toute son oevre, mais aussi sa vie, semblent en effet guidées par une exigence éthique et une rigueur stylistique ne souffrant pas la médiocrité.
 
« Pendant trente ans, on m'a présenté comme celui qui a refusé le Goncourt ; et maintenant comme l'ermite de Saint-Florent ... » Qu’il refuse le prix Goncourt ou qu’il s’éloigne volontairement de la vaine agitation que représentait pour lui la vie parisienne, il s’agit bien là de la conduite d’un homme libre. Un homme capable de tourner le dos aux honneurs quand ceux-ci risquent de le détourner de sa voie, là où tant d’autres se prostituent pour les cinq minutes de célébrité qu’Andy Warhol a promis à tous. Un homme qui cultivait l’indépendance d’esprit, la fidélité à soi et ... la vigne. Julien Gracq faisait son vin. Un des derniers hommes vraiment libres, vous dis-je.
 
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Julien Gracq par Henri Cartier-Bresson
ou la rencontre de deux génies de l'ombre et de la lumière
 
 
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Vendredi 21 décembre 2007
En attendant de mieux maitriser les fonctionnalités d’Over-blog, j’ai choisi un design standard qui se décline en quatre saisons. Voici donc l’Œnothèque en habits d’hiver. Magnifique saison pour l’amateur de vin, puisqu’elle s’ouvre par les fêtes de fin d’année, où les meilleurs plats appellent les meilleurs vins. Voici donc l’heure de sortir de sa cave les champagnes millésimés, les grands crus de Bourgogne et les meilleurs Bordeaux. Parmi ces derniers, le Sauternes accompagne souvent sa majesté le foie gras. Je lui préfère néanmoins un Alsace pinot gris VT (vendanges tardives) ou mieux, SGN (sélection de grains nobles). Leur richesse aromatique dénuée de toute lourdeur, grâce souvent à une structure acide qui « tient » un sucre résiduel parfois important, leur grande complexité et leur belle longueur en font le compagnon idéal d’un foie gras. Je piocherais par exemple chez Hugel & Fils, Pierre Frick ou Bernard Weber.
 

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Amours transvasant le vin. Pompéi, maison de Vattii.
 
Mais l’hiver c’est aussi le froid, la neige, les plaisirs des sports d’hiver en tout genre. Le vin chaud, boisson réconfortante par excellence, mérite un peu d’attention et de soin à sa préparation. Délaissez les produits industriels qui vous sont vendus sur les marchés de Noël et préférez une recette maison. Prenez un Bordeaux ou un vin de pays fruité mais pas fluet (une Petite récolte de chez Nicolas fera parfaitement l’affaire), ajoutez-y une orange coupée en rondelles, un zeste de citron, de la badiane, des clous de girofles, des bâtonnets de cannelle, du sucre de canne et lissez mijoter sans faire bouillir. Quelles proportions ? Quel temps de cuisson ? A vous de goutter et de trouver l’équilibre qui vous convient le mieux, le vin chaud est une boisson familiale et chaque famille a ses préférences.
 
Raclettes, tartiflettes et autres fondues savoyardes sont également à l’honneur, inévitablement arrosées de vins de Savoie. A l’altesse ou à la roussette, je préfère la mondeuse pour accompagner ces plats. Ses arômes d’épices (poivre) et de fruits noirs (cerises, pruneaux) et sa belle charpente s’harmonisent parfaitement avec tous les plats à base de fromage, de charcuteries et de pommes de terre. Mes préférées sont les mondeuses de la maison Dupasquier ou encore de Jean-Yves Péron du domaine de Champ Levat. N’oublions pas la Chandeleur avec ses traditionnelles crêpes. Celles-ci appellent plutôt un cidre fermier, voire une bière du Nord, qu’un vin. Sauf pour les crêpes au saumon fumé, avec lesquelles j’ouvre volontiers un sauvignon de Touraine des frères Puzelat (clos du Tue-Bœuf) ou de Junko Arai (domaine du Bois Lucas).
 
Excellent hiver et excellentes fêtes à tous !
 
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Jeudi 20 décembre 2007
La maison Hugel & Fils, dont j'ai déjà vanté la grande qualité des vins, vous offre une e-carte résolument alsiatique, où blancs d'Alsace et cuisine (et musique) asiatique se marient harmonieusement ...

hugelfondecran2007-copie-1.jpg(cliquez sur l'image)

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Lundi 17 décembre 2007
Christophe Deroubaix, Gérard Le Puill, Alain Raynal : Les Vendanges de la colère.
 
Expositions, colloques et publications ont été nombreux cette année à l’occasion du centenaire du soulèvement du peuple languedocien et roussillonnais derrière ses viticulteurs. Parmi tous les ouvrages publiés à l’occasion de ce centenaire, je retiendrais volontiers celui-ci. Les Vendanges de la colère offre en effet de très bonnes clés de compréhension des troubles du Midi pour reprendre les légendes des cartes postales de l’époque. Richement illustré de documents et de photos, il nous plonge au cœur des événements, tout en prenant suffisamment de recul sur les causes et les implications de ce soulèvement.
 
Les auteurs sont journalistes à l’Humanité et ont construit ce livre comme un grand reportage, mêlant chronique des événements, portraits des protagonistes, interviews (dont celle des historiens Jean Sagnes et Rémy Pech), mise en perspective avec les enjeux économiques actuels de la viticulture du Midi. Cette dernière partie du livre est la plus captivante du livre, d’une part au travers de quelques magnifiques portraits de viticulteurs actuels (gardiens intraitables de la tradition ou innovateurs délurés), et d’autre part au travers d’un article de fond sur l’économie viticole du Languedoc-Roussillon, s’esquisse la réponse à la mondialisation de cette région dont le cœur continue à battre, aujourd’hui comme hier, à l’unisson de celui du secteur viticole tout entier.
 
 
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 Les vendanges de la colère. Christophe Deroubaix, Gérard Le Puill, Alain Raynal.
128 pages. Au Diable Vauvert. 2006. 29 €.
 
N’habitant pas le Languedoc-Roussillon, vous n’avez peut-être pas bénéficié des nombreuses manifestations organisées à l’occasion de ce centenaire. Si pour vous les troubles du Midi n’évoquent qu’une jacquerie méridionale, alors plongez-vous quelques instants dans le théâtre des événements.
 
Prologue – Renaissance du vignoble méridional :
Le vignoble du Midi a été ravagé par le phylloxera à partir de 1866. La reconstitution du vignoble qui en a suivi, avec l’extension des surfaces de production et la bonne (!) gestion des plants greffés sur les porte-greffes américains, a fait grimper considérablement les quantités produites. La mauvaise météo de 1902 et de 1903, réduisant l’offre, permit aux prix et donc aux revenus des vignerons de se maintenir.
 
Acte I – Surproduction et chute des revenus :
L’excellente météo de 1904 fit grimper à nouveau les quantités. Avec 69 millions d’hectolitre pour toute la France, auxquels contribuaient largement les vins produits en Algérie, le seuil critique des 50 millions fut pulvérisé. Les cours et les salaires se sont effondrés. Cette situation se reproduisit en 1905 et 1906. Les vins du Midi, de qualité très courante, ne trouvaient plus preneur et la révolte grondait.
 
Acte II – Emergence d’un leader :
Entrée en scène de Marcelin Albert, vigneron et cafetier fort en gueule, habitué à haranguer les foules les jours de marché sur la crise viticole. Il réussit à prendre la tête de la révolte, avant d’être rejoint par le socialiste Ernest Ferroul, alors maire de Narbonne. Un bouc émissaire fut trouvé, la surproduction ne fut pas mise en cause, mais les « fraudeurs » qui chaptalisaient le vin. La revendication des pétitionnaires : une loi anti-fraude. Leur menace : la grève des impôts.
 
Acte III – Manifestations en chaîne :
Dès février 1907, se sont formées des manifestations aux cris de « pas de revenus pas d’impôts » ou de « mort aux fraudeurs ». Au printemps, le mouvement s’étendit comme une tache d’huile et l’on dénombra jusqu’à 600.000 manifestants dans les rues de Montpellier le 9 juin. Ferroul politisa le mouvement, conduisant 618 municipalités de toutes tendances à démissionner. Les discussions à l’Assemblée Nationale furent houleuses, Jaurès voulant nationaliser les domaines dont les vignerons ne travaillaient pas eux-mêmes leur terre.
 
Acte IV – Les pioupious du 17ème :
L’armée qui avait déjà été envoyée pour contenir les troubles s’est mutinée. En effet, souvent recrutés sur place, les soldats ont pris fait et cause pour les manifestants. L’épisode le plus connu est la mutinerie du 17ème Régiment d’Infanterie, où plusieurs centaines de soldats s’installèrent en plein centre ville de Béziers (1).
 
Acte V – Violente répression :
Clémenceau, alors président du Conseil, cherchait à reprendre la main et envoya les cuirassiers à Narbonne. Ce fut le drame : les soldats ouvrirent le feu sur les manifestants, tuant six personnes. Choquée, la population s’en prit aux militaires et à la police, la tuerie redoubla. L’offensive de militants monarchistes compliqua encore l’affaire, mais joua en faveur de Clémenceau qui usait de l’argument de la menace contre la République que constituait le soulèvement.
 
Acte VI – La loi, enfin :
L’Assemblée Nationale finit par voter une loi « tendant à prévenir le mouillage des vins et les abus de sucrage », renforcée par un arsenal de taxes et d’obligations en tous genres comme notre pays sait si bien se doter. Les viticulteurs ont constitué la Confédération Générale des Vignerons regroupant les comités locaux qui s’étaient créés pendant les événements. Ernest Ferroul en devint le premier président. Quant à Marcelin Albert, sa tentative de négociation avec Clémenceau ayant échoué, il se trouva discrédité et écarté du syndicalisme viticole.
 
Epilogue – Vers la naissance des AOC :
Plus que la loi anti-fraude, c’est surtout la mauvaise récolte de 1910 et des rendements mieux maitrisés qui permirent un retour à la normale. Les salaires des ouvriers n’ont cependant pas été revalorisés et d’autres grèves suivront. Les leçons de cette crise conduiront également à la création, en 1935, de notre système de réglementation des AOC.
 
 
(1) : « Gloire au 17ème » de Montéhus (qu’il interprète dans l'Anthologie sonore du Socialisme, éditions Frémeaux et associés) témoigne de l'insurrection de ce régiment. La légende veut que Lénine aimait à fredonner cette chanson.
 
 
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Dimanche 9 décembre 2007
James Turnbull : La cave et le vin.
 
Des quatre lieux où nait, grandit, mature et finalement meurt le vin, la vigne, le chai, la cave et la table, l’amateur n’est responsable que des deux derniers. Si l’on écrit beaucoup sur le service du vin, les bons accords avec les mets, ... etc., la cave est moins investie par les auteurs. Le plus souvent, elle est abordée sous l’angle de son contenu. La majeure partie des livres sont consacrés à la constitution d’une cave, parfois «  idéale » en fonction de ses goûts, habitudes de consommation et de son budget. Mais cet « idéal » sort rarement des sentiers battus, restant souvent captif du « bon gout » de l’époque.
 
Et pourtant, quel lieu magique que la cave d’un amateur éclairé. Descendre l’escalier qui y mène déclenche toujours un frisson, mélange du plaisir anticipé des découvertes et de l’effet de la fraîcheur du lieu. Même la vue d’une armoire de conservation provoque son petit émoi. Parmi les quelques livres intéressants sur le sujet, figure La Cave et le Vin de James Turnbull. Un menu très complet, où figurent notamment : l’évolution de la cave et des modes de conservation des vins au travers des âges, les caves contemporaines, les caves de quelques grands châteaux et domaines, les matériaux de construction (du tuffeau au béton) et leurs propriétés, des conseils pour l’aménagement de sa cave, avec notamment les adresses de nombreux fournisseurs en matériaux et équipements.
 
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La cave et le vin – Aménagement, équipement et service du vin. James Turnbull. 
142 pages. Editions Eyrolles
. 1995. Entre 10 et 20 € en occasion.
 
Mise à part les pages consacrées aux technologies (armoires, climatiseurs, logiciels, ...) il n’y a pas d’innovations qui rendent caduc ce livre âgé de 12 ans. Les règles de bonne conservation et de bonne gestion restent immuables. Ce sont peut-être les rapides innovations technologiques, poussées par les évolutions des modes de consommation et les contraintes et les contraintes de nos habitations (qui a encore une cave enterrée, bien orientée, au sol parfaitement drainé, à la température et à l’hygrométrie idoines ?) qui ont conduit la Revue des Vins de France à éditer deux hors-séries sur le thème de la cave en à peine un an ?
 
Quelles innovations ? L’arrivée depuis 2000 des grandes marques de l’électroménager sur le marché des armoires à vin (avec souvent des produits très moyens) à conduit les spécialistes à proposer des produits de plus en plus pointus en termes de fonctionnalités et de design. Le dernier exemple en date est le SoWine d’EuroCave, véritable petite révolution dans son domaine. SoWine n’est pas une armoire de conservation, mais une micro-armoire de dégustation, qui trouvera sa place entre la Nespresso et le Kitchen Aid. Il ne conserve que deux bouteilles, qu’il maintien à des températures distinctes et surtout sous vide d’air, ce qui permet de conserver et de consommer des bouteilles entamées sur deux semaines.
 
Au niveau des logiciels de gestion de la cave, il y a également des évolutions. Un comparatif des outils du marché s’avère très utile, tant les produits sont divers avec des fonctionnalités qui ne se recoupent pas. D’après l’étude de la RVF, le plus complet est également le moins cher, puisque ... gratuit, en téléchargement libre, prouvant encore, si besoin était, l’intérêt du modèle open source. Il s’agit de Open Cellar que je vais tester de mon côté, n’hésitez pas à partager votre point de vue sur cet outil.
 
Les articles de ce nouveau hors-série de la RVF ne recoupent donc que partiellement les thèmes traités dans le précédent. Ensemble, ils donnent un très bon éclairage sur les choses à faire et à éviter, les vraies astuces et les contre-vérités, pour bien conserver ses bouteilles et se garantir ainsi un plaisir durable, que l’on aménage une cave préexistante ou que l’on créé une luxueuse cave-vitrine.
 
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Hors-série de nov. 2007 de la RVF. 140 pages. 7,30 €
Il est toujours possible de se procurer celui datant de nov 2006.
 
Le livre La Cave et le Vin est épuisé, mais vous pouvez également lire deux excellents ouvrages, signés Philippe Faure-Brac, Meilleur Sommelier du Monde en 1992. La Cave idéale vise à donner des conseils sur l’achat, la conservation, le service et la dégustation du vin. Le livre de cave doit quant à lui permettre de gérer, d'organiser les achats, les rangements et la consommation.
 
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Le livre de cave et La cave idéale. Philippe Faure-Brac. 144 pages chacun.
 EPA Editions. 1998. 34,90 € pour un coffret des deux livres, 25,50 € à l’unité.
 
 
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Dimanche 2 décembre 2007
François Morel : Les objets de la vigne et du vin.
 
L’outil, prolongement de la main de l’homme, donc de son intelligence (si l’on suit Aristote pour qui l’homme est doté d’une main par ce qu’il est intelligent), donne à qui l’étudie des renseignements sur le mode de vie de la civilisation où il est employé. Il y a-t-il une civilisation du vin ? Oui, si l’on en croit les nombreux témoignages de l'importance du vin au cours de l'histoire des hommes. Depuis plus de six millénaires, la vigne et le vin ont marqué de leur empreinte l’environnement et les pratiques humaines dans de nombreux domaines (économie, commerce, mythologie, religion, art, sociologie, médecine, alimentation, …), contribuant ainsi à élaborer un type de société et un art de vivre qui transcende les distances. Les objets utilisés dans le cadre du travail de la vigne et du vin sont donc d’inestimables marqueurs de l’unité de cette civilisation.
 
Les objets de la vigne et du vin sont très heureusement abordés dans un sens très large : ustensiles et outils bien sûr, mais aussi objets de conservation (tonneaux, bouteilles, …) ou supports de communication (de l’art au étiquettes ou à la publicité). Nombre d’entre eux sont issus de musées et de collections particulières disséminés au travers du monde, organisés ici par thématique : viticulture, vendange, vinification, élevage, tonnellerie, commerce, service du vin, communication. Cette organisation thématique permet également d’aborder l’ensemble des métiers qui complètent celui du viticulteur. La beauté de ces objets, souvent polis et marqués par les mains qui les ont utilisés, est remarquablement mise en valeur par les photos. Le travail documentaire est très riche et complet, éclairant les usages et le contexte de l’utilisation de ces objets. En ressort également une grande unicité des gestes du travail de la vigne et du vin au travers du temps et de l’espace.
 
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Les objets de la vigne et du vin. François Morel. 225 pages. Editions de Borée. 2007. 39,90 €.
 
Autres livres remarquables de François Morel : Le Livre des vins insolites (prix Grand Cru de Saumur, Flammarion 2000), Les crus et le cuit (80 recettes originales au vin, Fleurus 2006) et Le voyage insolite de l’amateur de vin (Kubik 2006).
 
 
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Samedi 1 décembre 2007
François Desgrandchamps, Matthieu Garçon : Littérature et gourmandise.
 
Vous vous souvenez de la madeleine de Proust ... Combien de fois, à la lecture d’un passage évoquant un plat, ne vous êtes-vous langui de ne pouvoir partager les émotions gustatives des personnages ? Celles-ci vous sont désormais accessibles, grâce à François Desgrandchamps. Son idée : explorer la littérature française sous l’angle gastronomique et créer une quarantaine de recettes s’inspirant des pages les plus gourmandes.
 
Outre la madeleine précitée, Littérature et gourmandise ne néglige aucun genre : amuses-bouche, roman, entrées, poésie, plats principaux, essai, desserts, ... On ne sera pas surpris de trouver deux recettes de Brillat-Savarin, pas plus que la blanquette de veaux qu’appréciait le commissaire Maigret, ou un rôti de porc moutarde que s’enfila Pantagruel. Aucune référence par contre à Salammbô, roman où l’on festoie beaucoup, mais Flaubert, pour qui il fallait « à boire et à manger à chaque page » est tout de même bien représenté, au travers d’un roastbeef de Bouvard et Pécuchet et d’une soupa à l’oignon bovaryste. Plus près de nous, on trouvera un canard rôti aux navets, échappé de Vipère au poing, ou des paupiettes mijotées par un Singe en hiver, roman où l’on boit sans-doutes autant que l’on mange.
 
Sophistiquées, canailles, ou encore très simples comme ces frites du Premier homme (des vraies, cuites en deux bains), les recettes s’accompagnent d’un extrait de chaque ouvrage, ainsi que des photos de Matthieu Garçon  qui retranscrivent subtilement l’atmosphère des livres. Certes, tout cela manque un peu de vin, mais voilà une très belle idée cadeau pour tous les amateurs de belles lignes et de bonne chère.
 
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Littérature et gourmandise. François Desgrandchamps, Matthieu Garçon. 200 pages. Editions Minerva. 2007. 45 €.
 
 
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Samedi 1 décembre 2007
Tout ce qu’il faut savoir sur le vin.
 
Ce premier décembre me rappelle que 2008 approche à grands pas. Il est d’ailleurs grand temps que j’écrive un article sur l’un des nombreux livres écrits à l’occasion du centenaire de la révolte des vignerons du Midi ... Ce sera ma bonne résolution de fin d’année. Celle-ci en vaut une autres. Si parmi celles que vous projetez pour 2008 figure celle de vous alimenter quotidiennement d’un petit verre de connaissances œnologiques, alors ce calendrier pourrait vous y aider.
 
A chaque jour vous trouverez une information sur une région, une appellation, un cru, un cépage, un domaine, un point d’histoire ou de culture. Certes, elles ne sont pas toujours très approfondies, mais ce calendrier vise des objectifs plus ludiques et hédoniques qu’académiques. Comment peut-il en être autrement dans une série comprenant une vingtaine de titres, consacrés notamment au Dalaï-Lama, au foot, à l’humour (l blague du jour …), au Sudoku (une grille par jour …) ou encore à la cuisine (avec, vous l’aurez deviné, une recette par jour) ?
 
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Tout ce qu’il faut savoir sur le vin. Calendrier 2008. Editions 365. 12,90 €.
 
 
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Vendredi 30 novembre 2007
Vision cauchemardesque de l’avenir des modes de consommation du vin, ou simple gag publicitaire ? En tous cas, la vidéo est fort bien faite, excellente parodie du télé-achat. Je n’ai par contre pas testé le site marchand 1 Jour 1 Vin. Donnez-moi votre avis.

 

 

 

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Lundi 26 novembre 2007
Revue Number Wine
 
Saluons l’arrivée d’une nouvelle venue dans l’univers des publications sur le vin. Dans la mouvance des petits magazines ciblant délibérément le lectorat des jeunes cadres urbains, voici Number Wine. Bimestriel, gratuit et distribué dans un petit nombre d’endroits sélectionnés (aéroports, hôtels, certains cavistes, ... avec une formule d’abonnement) celui-ci se décline en une version française et une version anglaise.
 
Bien que l’équipe rédactionnelle soit franco-américaine, le style est bien anglo-saxon, hédonisme et humour étant bien au rendez-vous. Les articles sont assez légers, plaisants, souvent un peu brefs, sur des sujets qui auraient parfois mérités d’être un peu approfondi. Le positionnement est cependant moins d’approfondir que l’élargir l’horizon : les vignobles du nouveau monde sont aussi représentés que les européens, les nouveaux modes de consommation du vin sont explorés, les bars à vins présentés sont à Paris, Los Angeles ou à l’Ile Maurice. L’objectif, louable en cette période de crise viticole, étant d’amener le lectorat à découvrir et à explorer sans a priori le monde du vin.
 
Le sommaire de ce premier numéro est en droite ligne avec sa ligne éditoriale : « a magazine about wine and pleasure ». Ces pleasures incluant whiskies et autres spiritueux. Au sommaire de ce numéro d’octobre / novembre, donc : Volnay, le vin et le rugby, les vins du Chili, et de nombreux autres articles, reportages, interviews et quizz. Souhaitons à Number Wine de nous offrir beaucoup de plaisir !
 

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