Le mot du moment

Il débouchat, goûta et servit lui-même un vin de Bourgogne de grand cru que le comte qualifia sans pudeur de caresse de velours.

                                                                                                Gabriel Garcia Marquez
                                                                                                Le Général en son labyrinthe

Lundi 26 novembre 2007
Revue Number Wine
 
Saluons l’arrivée d’une nouvelle venue dans l’univers des publications sur le vin. Dans la mouvance des petits magazines ciblant délibérément le lectorat des jeunes cadres urbains, voici Number Wine. Bimestriel, gratuit et distribué dans un petit nombre d’endroits sélectionnés (aéroports, hôtels, certains cavistes, ... avec une formule d’abonnement) celui-ci se décline en une version française et une version anglaise.
 
Bien que l’équipe rédactionnelle soit franco-américaine, le style est bien anglo-saxon, hédonisme et humour étant bien au rendez-vous. Les articles sont assez légers, plaisants, souvent un peu brefs, sur des sujets qui auraient parfois mérités d’être un peu approfondi. Le positionnement est cependant moins d’approfondir que l’élargir l’horizon : les vignobles du nouveau monde sont aussi représentés que les européens, les nouveaux modes de consommation du vin sont explorés, les bars à vins présentés sont à Paris, Los Angeles ou à l’Ile Maurice. L’objectif, louable en cette période de crise viticole, étant d’amener le lectorat à découvrir et à explorer sans a priori le monde du vin.
 
Le sommaire de ce premier numéro est en droite ligne avec sa ligne éditoriale : « a magazine about wine and pleasure ». Ces pleasures incluant whiskies et autres spiritueux. Au sommaire de ce numéro d’octobre / novembre, donc : Volnay, le vin et le rugby, les vins du Chili, et de nombreux autres articles, reportages, interviews et quizz. Souhaitons à Number Wine de nous offrir beaucoup de plaisir !
 

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Mercredi 14 novembre 2007
Claude Chapuis : Le chemin des vignes
 
Né au sein d’une famille vigneron d’Aloxe-Corton, Claude Chapuis a déjà consacré plusieurs ouvrages aux vins de Bourgogne et à cette appellation en particulier. Il anime régulièrement une chronique sur une radio locale, chronique dont est issue la matière première de cet ouvrage. Si le sous-titre « Tout ce qu’on ne vous a pas encore dit sur les vins de Bourgogne » peut paraître un peu prétentieux, le texte dévoile, à l’inverse, un homme très humble devant la nature et ceux qui y travaillent souvent durement pour nous en livrer les fruits.
 
Claude Chapuis soulève pour nous un pan du voile qui derrière lequel opèrent les mystères du vin, issu de l’union de la terre, de la vigne et de l’homme. Il en évoque avec verve et poésie de nombreux aspects. La terre et les paysages bourguignons tout d’abord, qu’il rend presque palpable sous nos yeux, de la douceur des printemps aux rudes gelées des hivers. Ce sont également les cabottes, ces cabanes de pierre qui ponctuent les coteaux et que l’on a parfois rasées pour planter quelques ceps de plus.
 
Puis c’est au tour des fils du terroir que sont les cépages. Pinot noir et Chardonnay sont bien entendu de la partie. Mais d’autres cépages sont également présents : l’aligoté tout d’abord, auquel il faut rendre justice ; le pinot-beurot dont le nom n’est pas issu d’un hypothétique goût de beurre mais dérive de la bure des moines ; ainsi que le pinot blanc ou encore le melon.
 
Du moine vigneron au vigneron manager d’aujourd’hui, qu’ils se basent sur des dictons ou se fassent assister par leur ordinateur (voire les deux en même temps), l’histoire et le labeur des hommes est le thème de prédilection de Claude Chapuis. Une histoire à réécrire sans cesse, de millésime en millésime, où le succès n’est jamais acquis. Une histoire où compteront toujours l’écoute et la compréhension de ce que le terroir, le climat et la vigne se disent.
 
Se déroulant telle une conversation amicale, avec une grande simplicité de ton et une humilité devant son sujet, ce petit livre n’en contient pas moins une somme de connaissances. On y croise Voltaire (grand amateur de Cortons), Lamartine et Vincenot autant que d’anonymes vignerons, courtiers et négociants. Voilà bien un livre de garde, non seulement pour les amateurs de Bourgognes, mais aussi pour tous ceux qui veulent parcourir le chemin des vignes avec un guide éclairé. 

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Le chemin des vignes
. Claude Chapuis. 128 pages. Editions de Bourgogne. 2006. 14,50 €.
 
 
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Samedi 10 novembre 2007
Maxime Bucciarelli : Histoire des vins de Moselle
 
« Fleuve riche en coteaux que parfume Bacchus ». C’est en ces termes qu’Ausone, poète et consul bordelais du IVème siècle (l’un des deux Saint-émilions 1er Grands Crus classés A porte son nom), décrit la Moselle. Or, force est de constater que les vins français de la vallée de la Moselle ne jouissent aujourd’hui pas d’une grande réputation. A l’inverse, les rieslings allemands de Mosel-Saar-Ruwer figurent parmi les meilleurs au monde. Quant aux vins des coteaux luxembourgeois de la Moselle, ils ont été chantés entre autres par Jacques Brel et Nino Ferrer. Cet ouvrage vient à point pour réparer cette injustice. 

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Le vignoble mosellan à Contz-les-Bains
(photo Maxime Bucciarelli)

 
L’histoire n’a en effet pas épargné cette région, et sa viticulture en a largement fait les frais. Pourtant, elle connut des périodes très fastes, depuis l’arrivée des premiers ceps de vignes avec l’armée romaine, dès le IIIème siècle. La topographie de la vallée de la Moselle est en effet très propice à la vigne, et cela malgré sa position très septentrionale. Succession de coteaux bien orientés, géologie idoine (couches marno-calcaires en-dessous de sols graveleux et argileux), protection des gelées grâces aux brumes du fleuve. Enfin, le cours régulier de la Moselle en faisait alors un axe préféré au Rhin, bien plus capricieux. Trèves, capitale de l’Empire Romain d’Occident, et Metz, doivent très certainement leur prospérité à la proximité d’un vignoble de renom. Celui-ci survécut aux invasions barbares, et contribua à décider en l’an 511 Théodoric, beau-frère et opposant de Clovis, à choisir Metz comme capitale de l’Austrasie. Son royaume comprenait notamment l’Alsace, la Champagne et la Rhénanie, montant jusqu’aux actuels Pays-Bas.
 
Le clergé a joué un rôle clé durant la période Mérovingienne pour le maintien de l’unité du royaume. Les évêques se devaient d’avoir une bonne cave afin de recevoir dignement le roi et les hauts-dignitaires du royaume ; de là date la tradition du vin d’honneur. Pour cela, ils entretenaient souvent un vignoble de qualité. A partir de la fin du VIème siècle se sont développés monastères et abbayes. Source de revenus, mais aussi symbole du sacrifice de Jésus, le vin faisait alors l’objet d’efforts qualitatifs croissants. L’ère de Charlemagne vit un développement sans précédent du commerce fluvial. Les vins de Moselle en profitèrent largement. L’intérêt porté par l’Empereur est surtout connu en France au travers de son legs d’un fameux vignoble bourguignon au monastère de Saulieu. Mais il fit aussi planter de la vigne en de nombreux endroits, dont Guentrange à proximité de Thionville. 
 
L’aventure se poursuivra jusque vers le second tiers du XIXème siècle. Le vin de Moselle, apporté dans ses bagages par Charles, cardinal de Lorraine, fut déclaré « Roi des vins » lors du concile de Trente. Il faisait alors une très forte concurrence aux clairets bordelais sur le marché anglais. Henri II jugea les vins « rinoys » (de Moselle et d’Alsace) équivalents aux vins de France et les paya au même prix. Cette concurrence se renforça avec la Guerre de Cent ans (1337-1453) entravant l’exportation des vins de Bordeaux. La recherche de meilleurs rendements va cependant conduire à réduire la qualité. L’exode huguenot qui suivi la révocation de l’Edit de Nantes (3.000 Messins ont alors fui à l’étranger) et la Guerre de Trente ans accentueront ce mouvement, malgré la réaction du parlement de Metz qui mit en place une règlementation s’apparentant déjà à celle des AOC.
  

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Deux cartes anciennes, extraites du livre, montrant la vigne plantée "en foule"

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Après la Révolution de 1789 la bourgeoisie va progressivement investir dans le vignoble, privilégiant des vins plus corsés aux clairets produits jusque-là. Le peuple va également s’approprier la vigne en fonction des moyens dont il dispose. La vigne se développe à nouveau, avec 5.000 hectares recensés en 1802 et 6.000 en 1878, au moment de l’annexion allemande. Avec un climat et des cépages équivalents à ceux de la Champagne, la Moselle intéressa alors fortement l’industrie allemande des vins pétillants ou Sekt. Manquant de matière première, elle importa massivement les moûts mosellans. Plusieurs maisons allemandes, mais aussi champenoises (dont Roederer ou encore Mercier) installèrent des succursales en Moselle. Des maisons lorraines lancèrent avec succès leur propre marque.  
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L’offre avait du mal à suivre la demande. Il fallut la tragique invasion du phylloxéra pour ravager progressivement le vignoble. Des premiers signes visibles dès 1873 à sa maitrise en 1917, plus de 4.400 hectares de vigne ont été détruits. S’y sont ajouté les destructions de la Grande Guerre puis le départ des Allemands en 1818, coupant le vin de Moselle de son principal marché. L’administration française n’était alors pas pressée d’offrir un marché de substitution à ces vins issus de la « Sibérie française » alors qu’il y avait une production massive de vins du Midi et d’Afrique du Nord à écouler. Un autre facteur accélérant le déclin du vignoble mosellan fut le développement croissant du tissu industriel, notamment autour du bassin minier, requérant force main d’œuvre. Au-delà de cette histoire aux nombreuses péripéties, Maxime Bucciarelli conte également le labeur quotidien des vignerons, ainsi que la variété et les histoires des nombreux cépages qui furent utilisés, tout cela richement documenté et illustré (l’auteur est aussi collectionneur de cartes postales anciennes).
 
Et aujourd’hui ? Le vignoble mosellan connait une véritable renaissance. Une poignée de vignerons ont fait un travail qualitatif sur plusieurs décennies, ayant notamment permis un classement en VDQS (Vin Délimité de Qualité Supérieure). Trois secteurs sont concernés : la rive gauche de la Moselle (9 villages), la rive droite (4 village) et la région de Vic-sur-Seille (où habita le peintre Georges de La Tour). L’encépagement est constitué de Riesling, d’Auxerrois, de Gewürztraminer, de Pinot Blanc, Gris, Rouge ou Meunier, de Müller-Turgau (cépage allemand que l’on ne trouve pas ailleurs en France), et de Gamay (qui intervient dans la fabrication du vin gris). Les vins sont friands, nerveux ou tendres, assez typiques des zones septentrionales tempérées. Ils séduisent par leur fraicheur et leur fruité, accompagnant avec bonheur la cuisine régionale. Les viticulteurs mosellans (dont la plupart sont présentés dans le livre) sont tous engagés dans une démarche de valorisation de leur terroir, passant par une recherche constante d’amélioration de la qualité.
 
Puisse ce livre vous donner envie de découvrir ou de redécouvrir l’un de ces vins de Moselle qui faisait chanter Brel ! 

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Histoire des vins de Moselle
. Maxime Bucciarelli. 200 pages. Serge Domini Editeur. 2006. 45 €. 
 
L'édition est de seulement 1.500 exemplaires. Le livre est n'est donc pas distribué très largement, mais vous pouvez le trouver sur le site de la Fnac. Si vous voulez en savoir plus sur la Moselle et sa gastronomie, n'hésitez pas à consulter le site de l'Office du tourime de la Lorraine, les pages consacrées à la gastronomie sont très complètes.

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Dimanche 4 novembre 2007
Luc-Olivier Pierre : Magie d’un vignoble – Sancerre
 
Le vin de Sancerre monte tout de suite au palais, on n’a pas besoin de l’interroger. Cette maxime démontre bien le caractère trempé de ces viticultures, riches d’une histoire plus que bimillénaire où ils ont plus d’une fois fait preuve d’audace face au pouvoir central. Déjà occupés par les Bituriges qui ont fait du piton de Sancerre l’une de leur place forte, les bords de Loire sont rapidement cultivés de vigne, comme en attestent des écrits de Pline l’ancien (23-79 après J.-C).
 
Les siècles qui suivirent ne furent qu’une succession de périodes fastes, permettant à la vigne de prospérer et au vin de rayonner, et de périodes moins agréables, où dominèrent peste, invasions et barbaries en tous genres. Mais toujours les vignerons, qu’ils soient moines ou laïques s’en relevèrent et reprirent leur ouvrage. Et cela pour le plus grand bonheur des amateurs de l’inimitable bouquet de pierre à fusil des sancerres blancs (cépage sauvignon), ou encore du fruité des sancerres rouges ou rosés (pinot noir, n’oublions pas que nous sommes déjà à proximité de la Bourgogne).
 
Sancerre et le sancerrois sont présentés ici sous toutes leurs coutures, l’histoire bien entendu, mais aussi les terroirs, les traditions encore bien vivaces autour de la viticulture (comme les confréries ou les fêtes), ou encore la dégustation et même des conseils culinaires. Au travers de cet ouvrage richement documenté, Luc-Olivier Pierre rend avant tout hommage aux femmes et aux hommes qui ont fait de cette appellation ce qu’elle est aujourd’hui : des anonymes qui se sont battus à un contre dix lors du siège de Sancerre en 1573, à ceux qui ont monté l’AOC. Enfin, un chapitre entier est consacré aux viticulteurs actuels, village par village, avec également toutes les adresses. Un ouvrage très complet qui fleure bon la pierre à fusil, provoquant juste un petit regret : les spécificités de chaque viticulteur (ou au-moins des principaux) auraient mérité d’être présentées.  


Magie d’un vignoble – Sancerre . Luc-Olivier Pierre. 176 pages. 
Editions de la Courrière. 2004. 29 €.
 
L’ouvrage est illustré de nombreux documents anciens et de photographies actuelles. En complément, n’hésitez pas à visiter le blog de Pierre Mérat qui y expose de superbes photos du vignoble sancerrois.
 
NB : le titre de l’article est un emprunt à Pierre Dac.

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Jeudi 1 novembre 2007
Thierry Tahon : Petite philosophie de l’amateur de vin.
 
Appliquer la philosophie aux défis du quotidien, et ainsi lui donner tout son sens, voilà l’ambition que se donnent les éditions Milan au travers leur collection « Pause Philo » déjà riche de plus d’une quinzaine de volumes. Prenant comme point de départ un dîner-dégustation ou encore la fête du Jurançon à Monein, Thierry Tahon convoque Platon, Leibniz, Nietzsche et bien entendu Michel Onfray (dont on relira avec un œil nouveau La sculpture de soi), pour interroger notre relation au vin.
 
Entre hédonisme et raison, cette Petite philosophie s’articule autour de trois axes de réflexion : « Déguster », montrant comment le vin peut être tant source de bonheur que d’anxiété, « S’enivrer », explorant cette zone fragile et ténue où la raison s’éloigne mais où l’ivresse n’a pas encore pris ses droits, « Rêver », balayant par divers angles l’univers fantasmagorique, mais aussi la réalité économique du vin
 
L’intérêt évident de ce livre est de nous donner du champ sur un sujet déjà largement balayé sous tous ses angles, une mise en perspective originale, tout en étant largement abordable pour le néophyte en philosophie. Nos représentations du vin sont en effet largement expérientielles, quand elles ne sont pas dominées par des maitres à penser souvent autoproclamés. Ces fameux guides par exemple, dont la lecture comporte bien plus d’implications qu’il n’y paraît à première vue : en nous disant quoi ressentir à la dégustation de tel ou tel vin, ne nous enferment-ils pas dans un double paradoxe ? Le plaisir de la découverte est annihilé puisque nous savons par avance ce que le vin a à nous dire, et pour autant, l’amateur ne peut que s’angoisser s’il ne retrouve pas les arômes promis par l’expert.
 
En décryptant la part objective et la part subjective, en distinguant besoin, désir et plaisir, à partir toujours de sa propre expérience, donc un peu les nôtres, Thierry Tahon s’applique à démonter les mécanismes à l’œuvre. Autant d’invitations à approfondir ensuite ces thèmes avec les nombreux auteurs cités.
 

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Petite philosophie de l’amateur de vin. Thierry Tahon. 200 pages. Editions Milan, collection Pause Philo. 2005. 15 €.
 
Pour les passionnés d’ovalie, signalons que Thierry Tahon est déjà l’auteur d’une Petite philosophie du rugby dans la même collection. Multirécidiviste, il vient également de publier une Petite philosophie de l'amateur de cuisine.

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Samedi 20 octobre 2007
A une amie allemande qui me demandait récemment quelques bonnes adresses pour agrémenter son voyage à Aix-en-Provence, je lui envoyais la liste ci-dessous. Je vous en fais profiter, car inutile d’être un germanophone émérite pour comprendre les noms et coordonnées (d’ailleurs, je ne suis moi-même pas certain de mes déclinaisons ...).
 
Direkt bei Aix, an der Montagne Sainte Victoire gibt es den sehr feinen „Palette“. Die drei beste Weingute die ihn herstellen sind :
 
-          Château Simone in Meyreuil. Tel: 04.42.66.92.58. Er ist der berümste und auch der teuerste, die Preisen: von 16 € (rosé) bis zu 22 und 24 € (roter und weisser)
-          Château Crémade in Le Tholonet. Tel : 04.42.66.76.80. Preise : 5 € (rosé) und 15 € (roter und weisser)
-          Domaine du Grand Côté, cave coopérative, in Rousset. Tel : 04.42.29.00.09. Preise : 9 €
 
Beim Mittelmeer, zwichen La Ciotat und Toulon, gibt es den köstlichen „Bandol“. Eine Ausawahl von drei Weinguter:
 
-          Château Sainte-Anne, in Sainte-Anne-d’Evenos. Tel: 04.94.90.35.40. Preise : circa 15 € (ökologischen Anbau)
-          Château des Baumelles, Louis & Michelle Bronzo, in Sainte-Anne-du-Castelet. Tel: 04.94.32.63.20. Preise : ab 10 €.
-          Cave Coopérative La Roque, in La Cadière-d’Azur. Tel : 04.94.90.10.39. Preise : ab 8 €.
 
Mehr gegen westen, in der sogenannte „Petite Camargue“, bei Nimes, gibt es den „Costière de Nimes“. Er ist weniger berümt, aber es gibt auch sehr gute, zum Beispiel bei:
-          Château Mourgues du Grès, in Beaucaire. Tel: 04.66.59.46.10. Preise: ab 6 €
-          Vignoble Michel Gassier, in Caissargues. Tel: 04.66.38.44.39. Preise : ab 5 €
-          Domaine Terre des Chardons, in Bellegarde. Tel: 04.66.70.02.51. Preise : ab 5 €
 
Und mehr nordlich, schon im Luberon, findet mann den „Côte du Lubéron“. Das nähste, und auch sehr gutes Weingut ist :
 
-          Château Val Joanis, in Pertuis. Tel: 04.90.79.20.77. Preise : ab 8 €. Sie haben auch ein sehr schönen Garten zu besichtigen.
 
Petit lexique pour ceux d’entre vous qui seraient définitivement fâchés avec la langue de Goethe :
Berümt : célèbre
Fein : fin
Gut : bon
Ökologischen Anbau : culture biologique
Mittelmeer : Méditerranée
Preis : prix
Rot : rouge
Weiss : blanc
Wiengut : domaine viticole
Zum Beispiel : par exemple
 
 
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Samedi 20 octobre 2007
Les caves Augé ont organisé ce samedi 13 octobre une de ces dégustations dont ils ont le secret, où les vignerons présentent eux-mêmes leurs vins. Cette dernière était consacrée aux Bordeaux. Les « grands » châteaux n’étaient pas, hors Palmer, représentés, Marc Sibard ayant, comme à son habitude, privilégié l’authenticité du contenu au prestige du contenant, très loin des effets de mode.
 
Tous valaient le détour : Palmer, donc, avec un 1995 à la robe très limpide et encore très sombre pour un vin de douze ans, fruits noirs, cuir et pain d’épice au nez, avec des tannins très doux tout en marquant leur présence ; Domaine de Jaugaret, Saint-Julien aux accents de terre, de sous-bois et de truffes, avec une impression de matière en bouche, une matière riche tout en étant très fine ; Château Le Queyroux, Premières Côtes de Blaye, avec un curieux 100% verdot issu de vignes francs de pieds au nez explosant de fruits rouge, à la bouche charnue ; Château Le Puy, Côtes de Francs ; Château Massereau ; j’en oublie pour mieux vous présenter mes deux coups de cœur.
 

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  Jean-Pierre Bispalie, personnage haut en couleur, d’une intégrité sans faille, cultive le raisin et vinifie de manière traditionnelle. A 70 ans, après une carrière de marin, d’ouvrier ajusteur et de militant cégétiste, l’homme a décidé de raccrocher. Pourtant, depuis le jour où il a bouté hors du domaine de sa mère l’œnologue qui lui conseillait de chaptaliser ses vins, il n’a cessé d’améliorer, voire d’imposer son style. Les vins du Domaine du Haut-Brugas, Médrac Haut Médoc, se distinguent par leur caractère authentique, bien loin des médocs actuels, avec des notes d’épices. Les vins sont produits en petites quantités, élevés 4 à 5 ans en vieilles barriques, on est donc loin des boisés à la mode. Le 2000 vient à peine d’être mis en bouteille.
 
Voisin d’Yquem et de Haut-Peyraguet, le Domaine Rousset-Peyraguet est bien moins étendu. Adepte de la biodynamie, Alain Déjean élève également ses vins 3 à 5 ans en vieilles barriques. Ces derniers sont mis en bouteille sans filtration, d’où une matière plus importante que celle de nombre d’autres Sauternes. Sa cuvé « Crème de Tête » 1995 présente une robe d’or vieilli, avec un léger trouble (dû à l’absence de filtration). Alcool de figue, cire d’abeille, encaustique, écorces d'oranges confites, pruneaux secs … le nez est d’une richesse inouïe. La bouche est d’une belle rondeur, avec un sucre bien fondu, et d’une très grande longueur. Si vous voulez savoir ce que signifie pour un vin de « faire la queue de paon », alors goûtez celui-ci.

Les Caves Augé
116, Boulevard Haussmann - Paris 8ème
Métro Saint-Augustin
Tél : 01 45 22 16 97 

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Dimanche 14 octobre 2007
Quels souvenirs œnologiques garderai-je de cet été 2007 ? Pour beaucoup, la belle saison appelle les rosés. Il est vrai qu’ils sont, d’année en année, plus nombreux à être bien faits. Mais je suis trop souvent resté sur ma fin devant des verres aux arômes aussi pâle que leur contenu. Aussi, je continue à marquer une nette préférence pour ouvrir plutôt un rouge léger ou un blanc à l’ombre de la tonnelle. Flash-back sur quelques petits, et moins petits plaisirs en blanc de cet été.
 

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    Souvenir de vacances en Lubéron, ce sublime Viognier 2004 acheté au domaine Val Joanis m’enchante à chaque dégustation. Pour cette avant-dernière bouteille de la caisse, fruits blancs, fleurs d’acacias et délicats arômes fumés étaient toujours bien au rendez-vous. 

    Les frères Puzelas sont une référence incontournable en Touraine. Leur « Buisson Pouilleux » 2004 le justifie amplement. Robe légèrement trouble (le vin est peu filtré), nez herbacé, fleuri, citronné, beurré, la bouche s’enrichit de pomme, un vin d’une fraîcheur entraînante ! 

    Ce Tokay 6 puttonyos (soit quasiment le plus concentré en sucre résiduel : 150 à 180 gr/l avec 8 ans de vieillissement en fût) s’est montré à la hauteur de la réputation de ce « Roi des vins et vin des Rois » comme le nommait Louis XVI. Avec sa robe d’ambre et ses arômes de miel et de fruits murs, il a merveilleusement accompagné une tarte aux abricots frais.
 

    Château de Sassangy « Sous la Roche », Côte Chalonnaise 2004. Cette propriété familiale de plusieurs siècles a abandonné la viticulture après le passage du phylloxera, pour la reprendre en 1973 directement en bio. Si la démarche est louable, cette Côte Chalonnaise ne m’a pas emballé : robe très pâle, nez trop discret d’agrume et bouche assez austère, un peu trop cistercien pour un vin d’été ...

    Nez de bonbon, bouche fraîche, bouche fraîche et épicée, excellent apéritif que ce Penèdes, appellation catalane. Le vignoble d’Albet y Noya, situé à 300 mètres d’altitude, le dispute aux pins et à la garrigue. Le cépage local xarel-lo, cultivé en bio, y fait merveille.
 

    Souvent un peu déconsidérée par rapport au Jurançon, l’appellation Pacherenc du Vic Bihl offre pourtant de véritables trésors. Cette cuvée « harmonie » 2002 de la cave de Crouseilles en fait partie. Robe d’or profond, fruits compotés (abricots, coings, …), pointe boisée discrète composent un bel équilibre.
 

    Pierre Weyand et Josette Médau nous offrent avec leur « Pure sève du Paradis » 2005 (officiellement vin de table) une robe vieil or, un nez aux parfums de miel, de caramel, de brioche, avec une pointe herbacée, et une bouche que vient enrichir la pomme. Né en Anjou, d’une viticulture biodynamique et d’une vinification naturelle, ce « Vin de terre libre comme l’air » s’est magnifiquement marié à quelques plats indiens légers.

    Un prénom anglo-saxon (John), un nom italien (Capuano-Ferreri) mais un Chassagne-Montrachet bien Bourguignon avec ce millésime 2004. De fins arômes d’abricots et de fleurs blanches, une belle persistance en bouche, je l’ai marié avec bonheur avec des Saint-Jacques poêlées et une fondue de poireaux. 

    Voici les deux Alsaciens de l’étape. En premier, un Riesling grand cru Bruderthal de Bernard Weber. Ce millésime 1994 a l’âge et la fraîcheur de ma fille. Il offre une palette riche d’arômes minéraux, mêlés de pomme, d’agrumes (pamplemousse rose) et de fleurs blanches. Tout simplement superbe, comme le 1997, un peu plus minéral, auquel je l’ai confronté. Qui a dit que les Alsace étaient des vins de petit garde ? Jean-Pierre Frick a choisi de mettre sa « Cuvée Précieuse » Pinot Gris 2004 sous capsule. Ce fait rare pour un vin de cette qualité ne gâte nullement le plaisir de la dégustation : belle robe d’or, parfums suaves de compote de coings, grande longueur en bouche.

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Mardi 2 octobre 2007
Raoul Marc Jennar : Menaces sur la civilisation du vin 
Roland Feredj : O.P.A. sur la viticulture
 
Le monde du vin est en train de connaître une révolution aussi profonde que celle qui démarra voici un siècle pour aboutir à la création des AOC en 1935. Raoul Marc Jennar (politologue spécialiste de la mondialisation) et Roland Feredj (Directeur général de l’interprofession bordelaise) nous en éclairent chacun quelques facettes.
 
Passons rapidement sur l’état des lieux, en notant l’importance des enjeux : la viticulture pèse 10 % de la valeur de l’agriculture européenne, employant plus d’1.500.000 personnes à temps plein. Elle est actuellement en crise, en Europe et plus particulièrement en France, c’est bien connu. Alors que le prix de quelques châteaux et domaines hauts de gamme atteignent des sommets, le tonneau de 900 L de Bordeaux générique a chuté l’an dernier sous la barre symbolique des 1000 €. A ce tarif, les frais de production sont à peine couverts. Dans les autres régions (Champagne exceptée, on pourrait d’ailleurs s’interroger plus profondément sur le modèle économique de la Champagne et chercher ce qui pourrait en être transposable ailleurs), le constat n’est pas plus reluisant. Les vins du « Nouveau Monde » s’importent de manière croissante (12 millions d’hectolitres en 2005) alors que nos exportations chutent depuis l’an 2000 (avec cependant une reprise l’an dernier, perdurera-t-elle ?). Tout cela dans un contexte de baisse générale de la consommation de vin.
 
Crise structurelle ou seulement conjoncturelle ? Le diagnostic est lui-même loin d’être partagé, que dire alors des solutions proposées … Notons cependant quelques idées clés. Tout d’abord, le marketing fait vendre, et les français ne l’exploitent pas à la hauteur de leurs confrères du « NM ». Ensuite, notre système des AOC, auquel il faut reconnaître d’avoir tiré la filière vers le haut, comporte des effets pervers et nécessite aujourd’hui une vraie remise à plat. Les deux ouvrages présentés ici donnent quelques éclairages pour voir un peu plus clair dans le débat actuel.
 
Le titre donne le ton : « Menaces sur la civilisation du vin » ne donne pas dans la dentelle. Il tire franchement la sonnette d’alarme devant les propositions de la Commission Européenne pour réformer l’économie du vin. De quoi s’agit-il ? Arrachage de 200.000 hectares de vignes (après déjà une réduction des surfaces du vignoble européen de 16% en 20 ans, alors que les pays du « NM » ont augmenté les leurs de 30 à 240%) ; arrêt de la distillation de crise ; libéralisation des droits de plantation à partir de 2014 (en clair, un droit d’augmenter leurs surfaces pour les grandes exploitations qui auront survécu à la purge) ; libéralisation des techniques viticoles (aromatisation –et pas seulement avec les fameux copeaux de chêne–, ajout de glycérol, importation de moûts, …) ; mais aussi la mise en œuvre d’une politique de promotion du vin et de mesures destinées à améliorer la protection de l’environnement. Il s’agit ni plus ni moins que de favoriser en Europe l’essor d’une grande industrie du vin. C’est en effet l’un des rares secteurs de l’agro-alimentaire à échapper au multinationales, contrairement aux sodas, bières, produits laitiers et céréales.
 
Raoul Marc Jennar démonte un à un les arguments et propositions de la Commission Européenne. Il analyse également son fonctionnement et celui de la très médiatisée Commissaire à l’Agriculture qui la préside : Mme Mariann Fischer-Boel, députée libérale dirigeant d’importants élevages intensifs de porcs. Mais au-delà de la critique, Raoul Marc Jennar expose également des contre-propositions, notamment appuyée sur celles de la Confédération Paysanne. Celle-ci a en effet lancé voici quelques temps déjà une importante pétition « contre les naufrageurs du vin ». Voilà donc un ouvrage dense et éclairant, pour mieux comprendre les enjeux des débats actuels sur l’économie du vin.
 
L’ouvrage de Roland Feredj, joliment sous-titré « entre fatalité et espoir » nous dévoile les coulisses des évolutions en cours de notre système des AOC françaises (au nombre de 540 actuellement). Au passage, il égratigne avec humour et lucidité tous ceux qui conduisent ce système, le transformant en « avion rempli de pilotes ». En surface, peu de choses semblent changer. L’INAO devient Institut national de l’origine et de la qualité, ce qui montre clairement l’évolution de son rôle de contrôle et de labellisation. Les syndicats d’appellation deviennent ODG (organismes de défense et de gestion) où l’adhésion est obligatoire, mais le pouvoir moindre. Puisque l’acte capital des syndicats (accepter ou refuser un vin à l’agrément) sera désormais réalisé par un organisme externe. Romand Feredj démonte la mécanique de ces changements, qu’il n’hésite pas à qualifier d’OPA « amicale mais ferme », dans un livre un peu obscur pour le non spécialiste et aux arguments parfois un peu raccourcis (notamment sur les propositions de la Commission Européenne).
 
Il est cependant clair que, quel que soient les évolutions législatives à venir, le destin de la viticulture sera de moins en moins aux mains des viticulteurs eux-mêmes.
 
 
menacescivilisationvin.jpg
Menaces sur la civilisation du vin. Raoul Marc Jennar. 
78 pages.
Editions Aden. 2007. 8 €
 

opaviticulture.jpg

O.P.A. sur la viticulture. Roland Feredj. 
94 pages.
Editions Féret. 2007. 18 €
 
NB : par « Nouveau Monde » on entend généralement les USA, l’Argentine, le Mexique, le Chili, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Cette liste me semble déjà dépassée devant l’ampleur des ambitions de développement de certains pays asiatiques (voir notamment le hors série de Géo consacré au vin dans le monde).


Voir la dernière communication de la Commission sur la réforme.

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Vendredi 28 septembre 2007
Saison des vendanges et des foires aux vins, l’automne nous apporte également son lot de numéros « spécial vins » dans la presse magazine. Malheureusement, bien peu d’entre eux sortent du lot.
 
Orchestré par Jacques Dupont, Le Point a tiré en premier avec un spécial datant du 6 septembre. Comme à son habitude, il met quelques appellations à l’honneur, parmi celles faisant un travail de fond pour l’amélioration de leur qualité. Baisse des rendements, viticulture plus en harmonie avec l’environnement, vinifications plus respectueuses des terroirs, … année après année, les articles du Point semblent nous dessiner une lente mais profonde révolution, la plupart du temps menée par les plus jeunes vignerons. Douze appellations françaises, auxquelles se joint le Xérès, se déclinent en autant de reportages. Une belle sélection de près de 500 vins (dont près de 120 à moins de 8 euros) nous est également proposée. Notons qu’aucun d’entre eux ne se retrouve dans le volet du magazine consacré aux foires aux vins …
lepoint.jpg  
Le magazine Géo ne s’intéresse d’ordinaire guère au vin. Son hors série titré « La folie des vins du nouveau monde » est pourtant remarquable. Car loin d’une folie, c’est une nouvelle mondialisation de la viticulture qui est en train d’émerger, sous l’effet conjugué du réchauffement climatique et de l’extension de la passion du vin au travers le monde. L’acception « Nouveau Monde » va très rapidement s’élargir, incluant par exemple nombre de pays asiatiques. Autre pays avec lequel il va falloir compter : la Géorgie, qui, sous l’effet de l’embargo russe sur ses vins, mène actuellement une intense politique d’amélioration de la qualité. Et le potentiel est là, dans ce pays qui est, ne l’oublions pas, le berceau du vin. Outre les reportages qui font la renommée de Géo, ce numéro contient également quelques articles de fonds sur la consommation du vin, ainsi qu’un petit guide présentant une jolie sélection de vins bio français.

geo.jpg

L’Express, qui constitue généralement l’autre référence des numéros spéciaux avec Le Point, s’associe à présent à la Revue des Vins de France. Du coup, à l’instar de leur hors série de ce printemps, leur spécial vins ressemble à un sous-produit de la RVF. Vie Pratique Gourmand s’est par contre associé à l’éditeur du « Vin pour les nuls ». Le résultat est loin d’être nul, bien que destiné davantage à l’amateur débutant qu’au confirmé. Citons encore Le Monde 2, avec un supplément très sommaire ou Elle à Table, avec un supplément « les Moments du Vin » qui laisse songeur par la faiblesse de son contenu. Une rencontre entre un « nez » et un œnologue autour des arômes de quelques très grands crus vaut cependant le détour.
 
Bref un millésime 2007 assez inégal, avec tout de même quelques bonnes surprises.
 
par Hub publié dans : L'oenothèque
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