Le mot du moment

Il débouchat, goûta et servit lui-même un vin de Bourgogne de grand cru que le comte qualifia sans pudeur de caresse de velours.

                                                                                                Gabriel Garcia Marquez
                                                                                                Le Général en son labyrinthe

Lundi 3 septembre 2007
Voici revenu le temps des foires aux vins en grande distribution. Je n’avais pas particulièrement l’intention d’y faire une razzia cette année. C’était sans compter sur la puissance suggestive de la pub … En week-end dans ma petite maison de campagne dans l’Est de la France, je trouve le traditionnel prospectus d'une trentaine de pages dans ma boite. Armé d’un guide et de quelques numéros de la RVF, je l’épluche consciencieusement.
 
Pas de vins bio, peu de petits producteurs. Bordeaux se taille, comme toujours, la part du lion avec près de la moitié des références. Je note l’arrivée des 2005, ce second millésime du siècle qui a fait grimper le thermomètre des prix, sans que la tiédeur du 2006 ne l’ait fait redescendre. Peu de grands crus cependant, quelques seconds vins, dans l’ensemble on est plutôt bourgeois ou générique dans ces foires, les prix sont donc relativement sages. Au passage, je les compare avec les tarifs primeurs. Voici par exemple Fieuzal, dont 12 bouteilles m’attendent sagement, achetées en primeur avec une économie de … moins de 30 cents par bouteille par rapport à l’hypermarché. Et encore, avais-je bien comparé les prix avant de m’engager, les plus intéressants étant souvent ceux de la Cave Augé. Mais avec une économie de 1 à 2 %, est-ce rentable d’avancer et donc d’immobiliser le montant de la commande ? Sans parler de ceux qui auront payé plus cher en primeur !
 
Au final, je trouve une demi-douzaine de vins qui me semblent intéressants au milieu des quelques 400 références présentées. Nous sommes le premier jour de la foire, tout devrait donc être disponible, banco ! j’y vais.
 
Me voici sur place, face à un grand chapiteau érigé pour l’occasion sur le parking. La météo est mitigée, la température ou la tente restera donc correcte et les vins n’auront pas été stockés au soleil. Je vogue sur un fleuve de caddies, entre des berges de cartons et des monts de caisses, avec l’étrange impression de traverser le Styx. Me frayant un chemin, j’arrive au bar où les vins sont offerts à la dégustation par deux vendeurs dont le professionnalisme me laisse coi. Cherchant une bouteille de Moulis parmi les Beaujolais et de Madiran parmi les Côtes-du-Rhône, ces deux là n’ont pas du réviser leur géographie viticole. A moins qu’ils n’aient été débauchés in-extremis le matin même du rayon charcuterie ou électroménager.
 
Les bouteilles sont ouvertes sans enlever la capsule d’aluminium. Les bouchons sortent donc mal et se cassent, d’où d’abondants petits morceaux de liège flottant dans les gobelets de plastique servant de verres de dégustation. Le conseil se limite à un « celui-ci est cent fois mieux que l’autre ». L’attente est longue, permettant d’engager de passionnantes conversations sur le manque de vendangeurs alors qu’yaka faire bosser les chômeurs mon bon monsieur. Quelques Allemands s’impatientent, sans-doutes habitués à une organisation un peu plus efficace. Le prospectus distribué outre-Sarre précise que tous les vins peuvent être goutés. Je prie pour qu’il ne comprenne pas toutes les références, tant la perspective de voir verser quelques gouttes d’Yquem dans ces gobelets m’effraye.

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Enfin, j’arrive tant bien que mal à mes fins : goutter mes six présélectionnés, modeste Graal en ce samedi matin à la périphérie d’une ville de l’Est. J’écarte les étoilés Parker en Chateauneuf-du-Pape et en Crozes Hermitage, j’avais pourtant cru qu’il était revenu du bodybuilding œnologique. J’abandonne à regret Chasse-Spleen, qui n’est pas rentré et m’aurait obligé à passer commande. Je charge Rollan de By, honorable cru bourgeois, et Montus, référence en Madiran, avant de me diriger vers le serpent qui s’avance lentement vers les caissières.
 
J’en profite pour loucher sur les caddies de mes congénères et de les comparer au mien, avec ses deux modestes caisses en tapissant le fond. Les chariots s’effondrent presque sous le poids des bouteilles. Devant moi, un costaud en treillis pousse fièrement ses cinq caisses de magnums de Cantenac Brown 1982. Lui a-t-on dit que ce n’était pas une année formidable et que même à 69 € le flacon, ce n’était pas forcément une bonne affaire ? Mais mise à part cette débauche luxueuse, ce sont les offres à un carton gratuit pour deux achetés qui sont plébiscitées : crémants d’Alsace à 3,99, Corbières et Côtes-de-Blaye à 2,66, Cabernets d’Anjou à 1,99 ou encore Muscadets à 1,66.
 
Même si toutes les foires aux vins ne se ressemblent pas, la grande distribution restera toujours la grande distribution. Les cavistes ont encore de beaux jours devant eux, et c’est tant-mieux !
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Dimanche 26 août 2007
Pierre Seltz : Voyage dans le monde du vin
 
Il est rare qu’un viticulteur prenne la plume pour nous conter avec tant d’érudition, non seulement son histoire ou celle de son vignoble, mais celle du vin lui-même, compagnon étroitement lié à l’humanité et à son histoire, depuis quasiment la nuit des temps.
 
Cette aventure commune débute-t-elle en Mésopotamie ? Ce que l’on peut considérer comme le plus ancien livre de cave y date en effet de quelques 4000 ans, recensant l’état des rendements et des stocks. Mais d’autres hypothèses font remonter la culture de la vigne au VIIème millénaire avant Jésus-Christ, en Géorgie. Ou encore aux Sumériens, sur la foi de l’un des plus anciens poèmes de l’humanité, écrit sur des tableaux d’argile : l’épopée de Gilgamesh, où déjà le vin avait une place centrale.
 
Pierre Seltz reconstitue le parcours des raisins depuis les montagnes de Zagros jusqu’au Caucase. Il hume les boissons fermentées, vraisemblablement assez rustiques, qui alimentaient festins et libations. Il observe le trajet des amphores et plus tard, après leur invention par les Gaulois, celui des tonneaux. Il navigue sur les radeaux de l’Euphrate, les bateaux de roseau du Nil, les navires crétois, les trirèmes grecs, les galères romaines ... Et partout le vin fait partie des biens les plus importants à bord, même Noé a emporté de la vigne sur son arche. Car la route du vin croise la route de la soie, les chemins des épices, les trajets des métaux précieux. Tous les peuples de la Méditerranée ont assis leur puissance avec son commerce et en retour lui ont offert d’étendre son espace. Rois, empereurs, guerriers, commerçants, moines ... ont été ses maîtres comme ses serviteurs.
 
Et Pierre Seltz ne nous conte pas cette saga depuis son bureau ou sa bibliothèque. Globe-trotter infatigable, il a parcouru les pays qu’il évoque. Il a retrouvé une liane de vitis sylvestris au fond du grand canyon du Colorado, a pris en main les outils des antiques vignerons, a mis ses pas dans ceux des marchands grecs ou phéniciens. Le voyage auquel il nous invite est non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace. Il nous fait découvrir les vignobles d’aujourd’hui et leur histoire. Etats-Unis, Australie, Italie, Espagne, Portugal ... nous sont contés à la fois par leur histoire vitivinicole, mais aussi par les hommes, les terroirs et les cépages. Pierre Seltz, en tant que vigneron, a longuement fréquenté ses homologues de ces pays et nous fait partager leur aventure.
 
La présentation des principaux cépages est également très complète, vue par un homme de métier, qui les a donc travaillés, fréquentés de manière intime. Il en va de même pour le chapitre consacré à la dégustation, élevée au rang de véritable art de vivre. Richement illustré et écrit avec passion, ce livre nous permet de croiser Gilgamesh, Ulysse ou encore Charlemagne, tout autant que de découvrir la richesse des vignobles de France et d’ailleurs. Car c’est un homme passionné qui nous invite à partager les connaissances qu’il a acquises au cours du voyage d’une vie dans le fabuleux monde du vin.
 

 
 

 

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Mercredi 15 août 2007
Je ne résiste pas au plaisir de partager cette découverte. Une bien sympathique carte de France ...

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Bon, soyons sérieux, l'alcoolisme au volant est un véritble fléau. Ce n'est pas la lutte contre ce comportement dangeureux, voire criminel, qui est en cause dans les difficultés que rencontre actuellement le monde du vin. Ne nous trompons pas de cible !

L'alcool est en cause dans près d'un accident mortel sur trois. Et si les conducteurs impliqués sont rarement alcooliques, c'est que le risque surgit bien avant qu'apparaisse l'état d'ébriété. Le risque d’accident augmente en fonction de l’alcoolémie. A 0,5 g/l (ce qui représente à peine plus de 2 verres), le risque d’être impliqué dans un accident mortel est multiplié par 2, par 10 à 0,8 g/l et par 35 à 1,2 g/l.

Voir le site de la prévention routière.

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Mercredi 15 août 2007
Sylvie Girard-Lagorce : Je ne sais pas goûter le vin

 

Ne vous fiez ps au titre. Derrière cette accroche se cachent en fait toute une foultitude d’informations et de conseils qui pourraient intéresser plus d’un amateur se croyant éclairé. Car Sylvie Girard-Lagorce nous y dévoile de manière claire bien plus que les bases que doit maîtriser tout œnophile qui se respecte. Tout cela sur un ton vivant, avec beaucoup de pédagogie, en évitant la simplification outrancière.

 

Pour commencer, nous apprenons à décomplexer. Onze questions-réponses ouvrent le bal, nous montrant que si le sujet n’est pas évident, il est également moins complexe qu’il n’y parait, pour peu qu’on l’aborde avec bon sens. A les lire, le néophyte se dit d’emblée qu’il n’est pas le seul à avoir du mal à différencier un bon d’un grand vin, mais que cela lui est accessible pour peu qu’on ne lui explique pas en langage jargonnant.

 

Passée cette introduction, un panorama général du vin est présenté, non par pays, régions, appellations ou cépages, mais par couleurs. Du blanc clair au rouge très foncé, en passant par le rosé et les bulles : la ronde des couleurs a l’avantage de la simplicité, tout en parlant immédiatement au lecteur. Cépages et appellations ont ainsi abordés à partir d’un point d’entrée immédiatement accessible à tous.

 

De l’élaboration à la vente, du bon usage des guides à la dégustation en passant par la cave, de la compréhension des étiquettes aux accords mets-vins (avec également quelques recettes savoureuses), ce livre ne laisse aucune facette dans l’ombre. Il fourmille de conseils, souvent de bon sens, mais ce sont justement ceux-là qu’on pense rarement à donner aux amateurs. Et surtout, il permet de relativiser les doctrines qui prévalent sur le vin. Un exemple : la température de dégustation. Sylvie Girard-Lagorce confronte les avis de six sommeliers et cuisiniers renommés, mettant bien en évidence que la température idéale est aussi affaire de contexte et de préférences personnelles (à l’intérieur tout de même d’une certaine fourchette !). Apprenons donc à découvrir les nôtres, plutôt que de suivre docilement les préceptes.

 

Avec ce livre, plus personne ne pourra dire « je n’y connais rien ». A s’offrir et à offrir à tous ceux qui hésitent encore à franchir la porte de l’univers du vin.

 

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Je ne sais pas goûter le vin. Sylvie Girard-Lagorce. 188 pages. Flammarion. 2002. 16 €.
Egalement en poche (sortie imminente, fin août 2007) aux éditions J'ai Lu. 5,60 €.

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Dimanche 12 août 2007
Bernard Pivot : Le Dictionnaire Amoureux du Vin
 
La passion dévorante et contagieuse de Bernard Pivot pour la littérature nous avait apostrophés depuis longtemps. On le savait créateur de dictées à faire trembler un académicien. Et les habitués des terrains de football savent également ses élans pour le ballon rond. Mais on le connaissait moins en amoureux du vin. Plus que ça, voilà un auteur engagé dans la défense du bon, du beau, du vrai. Car comme il l’écrit dans son avant-propos : “Le vin, c’est de la culture. La culture de la vigne, mais aussi de la culture pour l’esprit”. Et c’est un bouillon bien agréable de cette culture pour l’esprit qu’il nous sert au travers de son dictionnaire !
 
Dans la rivalité des vignobles, Bernard Pivot choisit nettement son camp. Bourguignon ! Et plus précisément Beaujolais. Mais attention, point du nouveau, qu’il ne porte pas en son cœur, mais celui des 10 crus qu’il nous servirait volontiers en autodictée. Pour autant, l’homme n’est pas sectaire. Il laisse bien entendu parler son cœur pour évoquer Quincié-en-Beaujolais, où son frère est vigneron. Mais Ausone, Chasse-Spleen et Yquem bénéficient de remarquables articles. Plus largement, tous les vignobles sont à la fête, du Bordelais aux Côtes du Rhône, du Languedoc-Roussillon à l’Alsace, du Val de Loire aux regrettés crus d’Ile-de-France. Le Champagne, qui se déguste avant, pendant et après l’amour, n’est bien entendu pas en reste, fidélité familiale au Dom Pérignon oblige. Car en matière de vin, Bernard Pivot sait faire preuve d’autant d’ouverture d’esprit qu’en matière de livres.
 
De l’Amour et le vin à Zinc, en passant par Cave, Capitaine Haddock (n’est-ce pas un buveur de whisky ?), Œnologues, Paf, Terroir ou Voltaire ... Au fil de la bonne centaine d’entrées qui composent ce Dictionnaire amoureux, à lire dans l’ordre, le désordre ou l’aléatoire le plus complet, Bernard Pivot nous invite à une ballade joyeuse et érudite dans le monde du vin. En une conversation amicale, parfois savante mais jamais pédante, il alterne grande et petites histoires, nous faisant également partager quelques anecdotes savoureuses. Son premier reportage au Château Yquem ... Comment Charles Bukowsky a mis le bazar dans son émission après avoir descendu quelques (!) bouteilles de Sancerre ... Ou encore la bonne réaction à avoir pour éviter un incident diplomatique quand un Chancelier vous sert un Riesling “bouchonné jusqu’à l’os” ...
 
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Le Dictionnaire Amoureux du Vin. Bernard Pivot. 480 pages. Plon. 2006. 26 €.
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Mercredi 8 août 2007
La Légende des Cépages (collectif).
 
L’ampélographie (nom savant donné à l’étude des cépages) est une science qui se sophistique, n’hésitant pas à utiliser des technologies pointues, notamment les analyses ADN pour reconstituer l’histoire et retrouver l’origine des cépages. C’est ainsi que tombent certains mythes, dont celle de l’origine romaine des cépages du Valais Suisse. A partir de là, pourquoi ne pas recréer de toutes pièces des mythes modernes sur la provenance de nos cépages ?
 
Cette idée originale a été mise en pratique par l’équipe de RomanDuVin.ch. Ce site helvète, managé par Alexandre Truffer et entièrement dédié aux vins de la Suisse Romande, a ainsi fait appel à des plumes au moyen d’un concours littéraire. Après une sélection rigoureuse et une vinification soignée, le cru est de bonne tenue, assemblage de 10 cépages connus ou plus confidentiels, bénéficiant chacun d’une nouvelle ou d’un conte dédié.
 
Le Merlot nous entraine dans une rêverie archéologique égyptienne, tandis que, mal aimé, le Malbec voit son sort amélioré par l’entremise d’une paire de chaussures au regard moins lassé que ses consœurs. L’Altesse nait de la méprise d’un Prince et de la grâce de Dionysos, alors que le Cornalin voit le jour par la patiente pénitence d’un moine pêcheur. Et c’est l’égarement d’une petite fille dans une vallée interdite qui révèle la Petite Arvine aux hommes. Plant Robert, Garanoir, Païen, Freiburger et Pinot Noir se déclinent également en autant d’histoires originales. Chaque cépage donne de plus lieu à une page explicative sur son histoire et ses spécificités.
 
Un recueil tout en finesse, où les auteurs ont su joliment associer vin et littérature, « deux passeports pour le voyage et le rêve ».
 
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La Légende des Cépages. Ouvrage collectif. 95 pages. Editions à la Carte. 2006. Distribué via le site de RomanDuVin.ch au prix de 25 CHF ou 20 € (port compris).
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Mercredi 8 août 2007
Galatée Faivre : Divine Ivresse
 
Le vin, qui devrait être plaisir, plaisir des sens, de la découverte, de la convivialité, est aujourd’hui trop souvent connecté à des sentiments de peurs : de ne pas savoir, de se tromper, de devenir malade ou ivrogne, ... la liste est longue. Ce constat désolant a fait réagir Galatée Faivre, vigneronne issue elle-même d’une longue lignée vigneronne.
 
Au travers de 17 historiettes, son livre nous offre une vision plus positive du vin. Ce sont autant de portraits intimes comme de moments de rencontres et d’échanges, où le vin joue parfois un rôle de médiateur. Les personnages de Galatée Faivre ont tous une relations spécifique, voire unique, avec le vin, vecteur le plus souvent d’ouverture à soi et aux autres. On ne saurait donc le confondre avec une simple boisson, un produit plus ou moins industrialisable, car il nous raconte à chacun une histoire particulière, qu’il faut savoir écouter, comme autant de secrets que le dégustateur attentif va découvrir.
 
Histoires d’amour, chemins initiatiques, portraits, anecdote, et même une improbable mais très jolie république des fleurs composent ce beau bouquet. En passant nous apprenons d’où vient le goût de bouchon, et une manière originale de le reconnaitre ; quels peuvent êtres les inquiétudes, les joies et les rêves des vignerons lors des grands salons ; les bienfaits d’une consommation modérée de vin et le traitement réservé à ceux qui en usent un peu trop avant de conduire ; ou encore le vrai pouvoir de la ménagère au supermarché ...
 
Toujours sensible, parfois sensuelle, Galatée Faivre a su trouver un mode nouveau pour nous parler de vin. Un mode plus interne, sans doute plus féminin, délaissant la technique ou l’emphase spectaculaire, et abordant ce qui émeut, ce qui nous point aurait écrit Barthes, dans le vin. Elle nous invite à poursuivre l’échange sur son blog.

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Divine Ivresse. Galatée Faivre. 105 pages. Editions Normant. 2007. 11,50 €. 
 
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Dimanche 29 juillet 2007
Voici un petit programme concocté pour une "virée" en Alsace, faite entre amis l'année dernière. Ce qu'il y a de chouette avec les programmes, c'est de ne pas les suivre, et de découvrir d'autres chôses ! Après notre première étape chez Bernard Weber, qui nous a réservé un accueil des plus aimables, et où nous avons dégusté quelques superbes flacons, nous avons pris les sideways, passant par chez Pierre Frick et la maison Becker (ce qui n'enlève rien à la qualité de ceux prévus initialement !). Qu’aurait été ce périple sans la qualité de l’accueil de la famille Klein à Saint-Hyppolite ? Nous avons trouvé chez eux, outre un gite très agréable, une palette agréable de vins, mention spéciale pour un Riesling Vielles Vignes droit comme son i.

Chez Bernard Weber (photo Christine Lé)


Les vins d’Alsace sont (à quelques exceptions près) des vins mono-cépages. Ils sont donc fortement marqués par les caractéristiques gustatives du raisin, avec des arômes souvent très puissants. Chaque cépage ayant ses caractéristiques propres.
 
Les cépages alsaciens se distinguent en deux grandes catégories :
-  les cépages « ordinaires » : Sylvaner, Pinot blanc, Pinot noir
-  et les quatre cépages « nobles » : Riesling, Muscat, Pinot gris (anciennement « Tokay pinot gris ») et Gewurztraminer
Je classerais le Pinot noir, qui donne selon la vinification un vin rosé clair à rouge, à part de cette hiérarchie. Mais c’est à chaque amateur de découvrir ses propres préférences. A cette liste s’ajoutent quelques cépages « locaux » particuliers que nous allons également découvrir.
 
De 30.000 ha en 1828, le vignoble s'est réduit à 8.000 ha en 1948. De nos jours, près de 15.000 ha partagés entre 8.500 propriétaires donnent 1,2 million d'hectolitres par an, dont une centaine de milliers en rouge. Très morcelé, le vignoble est réparti sur une centaine de communes, offrant une très large variété de sous-sols et de climats (Colmar, une des villes les plus sèches de France ...).
 
Parmi ceux-ci, 43 lieux-dits se distinguent particulièrement par leur unité géologique et leur climat particulier. Ce sont les « grands cru » où la viticulture est fortement encadrée (exemple : seuls les cépages « nobles » ont droit à l‘appellation « grand cru »), produisant moins de 5 % des vins alsaciens.
 
Enfin, la patte de l’homme reste primordiale. La viticulture alsacienne a longtemps souffert de la domination allemande, qui en fait une région de production quantitative. Si un certain nombre de viticulteurs travaillent encore dans cet esprit, la grande majorité s’est progressivement orientée, dès le lendemain de la première guerre mondiale, et surtout à partir de 1945, vers une production plus qualitative.
 
Les vins d’Alsace ont a présent largement conquis le droit de se hisser sur les plus belles tables. Ajoutez-y le travail de fond effectué de tous temps par quelques puristes et que reprend avec brio une nouvelle génération : soin à la vigne et au chai, rendements maîtrisés, agriculture bio ou raisonnée. C’est au sein des viticulteurs alsaciens que l’on trouve la plus forte concertation d’hénokiens (entreprises familiales au moins bicentenaires) au monde, après le Japon, une longévité qui n’est certainement pas due au hasard …  
 
C’est donc avec une triple approche, à la fois des cépages, des terroirs, et des vignerons, que nous allons arpenter la route des vins d’Alsace en l’attaquant par sa porte Nord. De Marlenheim à Thann, cette route définie en 1953, parcourt une quarantaine de villages sur ses 170 km.

StHyp2.JPG
Vignoble à Saint-Hyppolite, sur fond de 
Haut-Koenigsbourg (photo Pierre Lansu)


L’itinéraire gustatif
proposé sera un peu plus resserré, autour de quelques lieux et de quelques personnes à découvrir :
 
Molsheim :
Bernard Weber est un vigneron que je suis depuis quelques années. Régulièrement primés, ses grands crus Bruederthal (sols marno-calcaires) enchanteront notre première étape. Moins sucrés, moins charmeurs en premier abord, les vins de la région de Molsheim sont plus floraux, plus minéraux et souvent plus complexes que les vins du sud de l’Alsace.
 
Heiligenstein :
Seul village où l’on trouve le Klevener, cousin du Savagnin du Jura, qui produit un vin de longue garde, à robe d’or vif et aux riches arômes de fruits secs, de noisette et de pain d’épice. Ce cépage (à ne pas confondre avec le Klevner, sans e central, qui est un allias du Pinot blanc) a failli disparaitre dans les années 70, est aujourd’hui brillamment mis en valeur par des vignerons comme Hubert Heywang.
 
Saint-Hippolyte :
Au pied du Haut-Koenigsbourg, le village de Miss France est également à l’origine de la plus récente des AOC d’Alsace : le Rouge de Saint-Hippolyte. Issu du seul Pinot noir et vinifié en macération longue sur marcs, on obtient un vin rouge ample et fruité, à déguster par exemple au domaine Muller-Koeberlé, l’un des artisans de ce classement en AOC.
 
Rorschwihr :
Encore un cépage particulier à découvrir lors cette étape : l’Auxerrois. Et l’un de ses plus vaillants serviteurs, Pierre Rolly-Gassmann, nous enchantera également avec ses très élégants Gewurztraminer. Loin des modes, les Rolly-Gassmann travaillent en respectant l’expression du terroir d’où sont issus leurs raisins.
 
Ribeauvillé :
Sa cave coopérative, qui adopte une approche très qualitative, offre une grande palette de vins issus d’un secteur géographique assez large, permettant de mettre en évidence l’influence des terroirs. La cave possède également un petit musée du vin.
 
Riquewihr :
Jean Hugel, sage octogénaire issu d’une des plus anciennes familles de vignerons alsaciens (depuis 1639), a toujours su résister aux modes et rester fidèle au terroir. Il est l’un des maîtres incontestés du Gewurztraminer. Différentes possibilités de visites dans le village : sentier viticole (de 17 km ...), circuit en petit train, musée de la vigne et de la viticulture.
 
Ammerschwihr :
Ville de l’amour (Amoris-Villare), elle n’en pas moins été anéantie lors de la dernière guerre. Elle possède le célèbre lieu-dit Kaefferkopf, plus ancienne appellation alsacienne, cependant pas reconnu en grand cru pour cause d’« absence d’unicité géologique » (1). Les Binner (vignerons depuis 1770) y travaillent des vins dans un esprit très nature, sans filtrage. Deux sentiers viticoles de 1h à 2h30 de marche nous remettront en train après la dégustation ...
 
Rouffach :
L’étape la plus méridionale de notre périple jouit d’un grand cru exceptionnel : le Vorbourg, à la couleur rouge du fait de la forte présence de fer dans son sol. Alliée à ses autres caractéristiques géologiques et climatiques, elle donne un terroir très favorable au vin rouge. René Muré y produit, entre autres, un Pinot noir de très grande qualité.

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Les adresses :
  • Bernard Weber : 49, route de Saverne, 67120 Molsheim – 03.88.38.52.67
  • Jean & Hubert Heywang : 7, Rue Principale. 67140 Heiligenstein –  03 88 08 91 41.
  • Muller-Koeberlé : 22, route du vin, 68590 St-Hippolyte – 03.89.73.00.37
  • Rolly-Gassmann : 1, rue de l’Eglise, 68590 Rorschwihr – 03.89.73.63.28
  • Cave Coopérative : 2, rte de Colmar, 68150 Ribeauvillé – 03.89.73.61.80
  • Hugel & fils : 3, rue de la 1ère Armée, 68340 Riquewihr – 03.89.47.92.15
  • Binner : 2, rue des Romains, 68770 Ammerschwihr – 03.89.78.23.20
  • René Muré : Domaine du Clos St-Landelin, route du vin 68250 Rouffach – 03.89.78.58.00 


En savoir plus sur la route des vins.


1 : Une partie du Kaefferkopf (littéralement "tête de scarabée") vient d'être classée en grand cru.


par Hub publié dans : Coup d'oeil à la cave communauté : Liaisons Oenophiles
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Samedi 28 juillet 2007
Nombreux sont les cavistes à Paris, avec beaucoup de très bons professionnels. Voici les adresses de mes pourvoyeurs favoris, j'assume tout à fait la partialité de mes choix !

L'Avant-Goût ~ Côté Cellier
 
A deux pas de chez moi (bien pratique pour y faire une halte au sortir du bureau ...), le restaurant l'Avant-Goût, sous la houlette de son chef Christophe Beaufront, a ouvert voici quelques temps une boutique. Pascal Gésret y présente une sélection resserrée, mais de grande qualité. Des vins authentiques à des prix souvent très doux. Des dégustations sont organisées régulièrement.

L'Avant-Goût Côté Cellier
37, rue Bobillot  - Paris 13ème
Métro Place d'Italie
Tél : 01 45 81 14 06
 

Caves Augé
 
Proust y achetait ses salades à l’époque où la boutique était une épicerie. Aujourd’hui Marc Sibard, ardent défenseur des vignerons qui ont encore un vrai savoir-faire à valoriser, et son équipe offrent un très large choix de vins triés sur le volet. Du beau, du bon, avec une prédilection pour des vins artisanaux, produits de façon traditionnelle. Avec également des dégustions régulières.
 
Les Caves Augé
116, Boulevard Haussmann - Paris 8ème
Métro Saint-Augustin
Tél : 01 45 22 16 97
Pas de site web
 

Le Vin se Livre
 
Une librairie dédiée au vin ou un caviste qui offre à lire autant qu’à déguster ? L’adresse parfaite pour conjuguer ces deux passions, tenue par Sophie et Isabelle, deux passionnées. Là aussi, la préférence va aux vins produits dans le respect de la terre et du raisin, avec une belle sélection. Lectures, dégustations, ou encore rencontres avec des auteurs ou des vignerons sont également au programme.
 
Le Vin se Livre
36/38, allée Vivaldi - Paris 12ème
Métro Dugommier ou Daumesnil
Tel : 01 43 40 59 45
par Hub publié dans : A propos de ...
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Samedi 28 juillet 2007
Dire que les sites consacrés au vin sont nombreux relève de l’euphémisme (3.660.000 pages en français en tapant ‘vin’ sur Google). Quelques portails, comme Mondovine, ou encore BlueWine peuvent vous rendre de bons services.
 
Le Guide du Vin, un site que j’aime beaucoup, vous donnera un panorama simple et clair. Monté par Félicien Breton, un amateur au sens noble du terme, il vous donnera beaucoup de conseils de bon sens. Notes de dégustation, infos, conseils, et même une rubrique consacrée aux livres, je vous recommande également le site de Rémi Loisel, Château Loisel. Jetez un oeil à son "pipotron" ...
 
Le site du Grand Cep, le club à qui je dois tout … ;-)

Le site de la Fédération Culturelle des Vins de France, qui vaudra le détour dès que la nouvelle version sera ouverte.
 
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