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Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l'intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.
Bon, soyons sérieux, l'alcoolisme au volant est un véritble fléau. Ce n'est pas la lutte contre ce comportement dangeureux, voire criminel, qui est en cause dans les difficultés que
rencontre actuellement le monde du vin. Ne nous trompons pas de cible !
L'alcool est en cause dans près d'un accident mortel sur trois. Et si les conducteurs impliqués sont rarement alcooliques, c'est que le risque surgit bien avant qu'apparaisse
l'état d'ébriété. Le risque d’accident augmente en fonction de l’alcoolémie. A 0,5 g/l (ce qui représente à peine plus de 2 verres), le risque
d’être impliqué dans un accident mortel est multiplié par 2, par 10 à 0,8 g/l et par 35 à 1,2 g/l.
Voir le site de la prévention routière.
Ne vous fiez ps au titre. Derrière cette accroche se cachent en fait toute une foultitude d’informations et de conseils qui pourraient intéresser plus d’un amateur se croyant éclairé. Car Sylvie Girard-Lagorce nous y dévoile de manière claire bien plus que les bases que doit maîtriser tout œnophile qui se respecte. Tout cela sur un ton vivant, avec beaucoup de pédagogie, en évitant la simplification outrancière.
Pour commencer, nous apprenons à décomplexer. Onze questions-réponses ouvrent le bal, nous montrant que si le sujet n’est pas évident, il est également moins complexe qu’il n’y parait, pour peu qu’on l’aborde avec bon sens. A les lire, le néophyte se dit d’emblée qu’il n’est pas le seul à avoir du mal à différencier un bon d’un grand vin, mais que cela lui est accessible pour peu qu’on ne lui explique pas en langage jargonnant.
Passée cette introduction, un panorama général du vin est présenté, non par pays, régions, appellations ou cépages, mais par couleurs. Du blanc clair au rouge très foncé, en passant par le rosé et les bulles : la ronde des couleurs a l’avantage de la simplicité, tout en parlant immédiatement au lecteur. Cépages et appellations ont ainsi abordés à partir d’un point d’entrée immédiatement accessible à tous.
De l’élaboration à la vente, du bon usage des guides à la dégustation en passant par la cave, de la compréhension des étiquettes aux accords mets-vins (avec également quelques recettes savoureuses), ce livre ne laisse aucune facette dans l’ombre. Il fourmille de conseils, souvent de bon sens, mais ce sont justement ceux-là qu’on pense rarement à donner aux amateurs. Et surtout, il permet de relativiser les doctrines qui prévalent sur le vin. Un exemple : la température de dégustation. Sylvie Girard-Lagorce confronte les avis de six sommeliers et cuisiniers renommés, mettant bien en évidence que la température idéale est aussi affaire de contexte et de préférences personnelles (à l’intérieur tout de même d’une certaine fourchette !). Apprenons donc à découvrir les nôtres, plutôt que de suivre docilement les préceptes.
Avec ce livre, plus personne ne pourra dire « je n’y connais rien ». A s’offrir et à offrir à tous ceux qui hésitent encore à franchir la porte de l’univers du vin.
Je ne sais pas goûter le vin. Sylvie Girard-Lagorce. 188 pages. Flammarion. 2002. 16 €.
Egalement en poche (sortie imminente, fin août 2007) aux éditions J'ai Lu. 5,60 €.

Vignoble à Saint-Hyppolite, sur fond de
Haut-Koenigsbourg (photo Pierre Lansu)
En savoir plus sur la route des vins.
1 : Une partie du Kaefferkopf (littéralement "tête de scarabée") vient d'être classée en grand cru.
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