Les caves Augé ont organisé ce samedi 13 octobre une de ces dégustations dont ils ont le secret, où les vignerons présentent eux-mêmes leurs vins. Cette dernière
était consacrée aux Bordeaux. Les « grands » châteaux n’étaient pas, hors Palmer, représentés, Marc Sibard ayant, comme à son habitude, privilégié l’authenticité du contenu au prestige du
contenant, très loin des effets de mode.
Tous valaient le détour : Palmer, donc, avec un 1995 à la robe très limpide et encore très sombre pour un vin de douze ans, fruits noirs, cuir
et pain d’épice au nez, avec des tannins très doux tout en marquant leur présence ; Domaine de Jaugaret, Saint-Julien aux accents de terre, de sous-bois et de truffes, avec
une impression de matière en bouche, une matière riche tout en étant très fine ; Château Le Queyroux, Premières Côtes de Blaye, avec un curieux 100% verdot issu de vignes francs
de pieds au nez explosant de fruits rouge, à la bouche charnue ; Château Le Puy, Côtes de Francs ; Château Massereau ; j’en oublie pour mieux vous
présenter mes deux coups de cœur.
Jean-Pierre Bispalie, personnage haut en couleur, d’une intégrité sans faille, cultive le raisin et vinifie de manière traditionnelle. A 70 ans, après une
carrière de marin, d’ouvrier ajusteur et de militant cégétiste, l’homme a décidé de raccrocher. Pourtant, depuis le jour où il a bouté hors du domaine de sa mère l’œnologue qui lui conseillait de
chaptaliser ses vins, il n’a cessé d’améliorer, voire d’imposer son style. Les vins du Domaine du Haut-Brugas, Médrac Haut Médoc, se distinguent par leur caractère authentique,
bien loin des médocs actuels, avec des notes d’épices. Les vins sont produits en petites quantités, élevés 4 à 5 ans en vieilles barriques, on est donc loin des boisés à la mode. Le 2000 vient à
peine d’être mis en bouteille.
Voisin d’Yquem et de Haut-Peyraguet, le Domaine Rousset-Peyraguet est bien moins étendu. Adepte de la biodynamie, Alain Déjean élève également
ses vins 3 à 5 ans en vieilles barriques. Ces derniers sont mis en bouteille sans filtration, d’où une matière plus importante que celle de nombre d’autres Sauternes. Sa cuvé « Crème de
Tête » 1995 présente une robe d’or vieilli, avec un léger trouble (dû à l’absence de filtration). Alcool de figue, cire d’abeille, encaustique, écorces d'oranges confites, pruneaux secs … le
nez est d’une richesse inouïe. La bouche est d’une belle rondeur, avec un sucre bien fondu, et d’une très grande longueur. Si vous voulez savoir ce que signifie pour un vin de « faire
la queue de paon », alors goûtez celui-ci.
Les Caves Augé
116, Boulevard Haussmann - Paris 8ème
Métro Saint-Augustin
Tél : 01 45 22 16 97
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