Luc-Olivier Pierre : Magie d’un vignoble – Sancerre
Le vin de Sancerre monte tout de suite au palais, on n’a pas besoin de l’interroger. Cette maxime démontre bien le caractère trempé de ces viticultures, riches d’une histoire plus que bimillénaire où ils ont plus d’une fois fait preuve d’audace face au pouvoir
central. Déjà occupés par les Bituriges qui ont fait du piton de Sancerre l’une de leur place forte, les bords de Loire sont rapidement cultivés de vigne, comme en attestent des écrits de Pline
l’ancien (23-79 après J.-C).
Les siècles qui suivirent ne furent qu’une succession de périodes fastes, permettant à la vigne de prospérer et au vin de
rayonner, et de périodes moins agréables, où dominèrent peste, invasions et barbaries en tous genres. Mais toujours les vignerons, qu’ils soient moines ou laïques s’en relevèrent et
reprirent leur ouvrage. Et cela pour le plus grand bonheur des amateurs de l’inimitable bouquet de pierre à fusil des sancerres blancs (cépage sauvignon), ou encore du fruité des sancerres rouges
ou rosés (pinot noir, n’oublions pas que nous sommes déjà à proximité de la Bourgogne).
Sancerre et le sancerrois sont présentés ici sous toutes leurs coutures, l’histoire bien entendu, mais aussi les
terroirs, les traditions encore bien vivaces autour de la viticulture (comme les confréries ou les fêtes), ou encore la dégustation et même des conseils culinaires. Au travers de cet ouvrage
richement documenté, Luc-Olivier Pierre rend avant tout hommage aux femmes et aux hommes qui ont fait de cette appellation ce qu’elle est aujourd’hui : des anonymes qui se sont battus à un
contre dix lors du siège de Sancerre en 1573, à ceux qui ont monté l’AOC. Enfin, un chapitre entier est consacré aux viticulteurs actuels, village par village, avec également toutes les adresses.
Un ouvrage très complet qui fleure bon la pierre à fusil, provoquant juste un petit regret : les spécificités de chaque viticulteur (ou au-moins des principaux) auraient mérité d’être
présentées.
Magie d’un vignoble – Sancerre . Luc-Olivier Pierre. 176 pages.
Editions de la Courrière. 2004. 29 €.
NB : le titre de l’article est un emprunt à Pierre Dac.
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