Orlando de Rudder : Bréviaire de la gueule de bois.
Raide, torché, bituré, cuité, murgé, imbibé, paf, schlass, ... le vocabulaire de l’ivresse est aussi riche que celui de
l’œnologie. Certes, l’ivresse n’est pas, en tous cas au-delà du seuil d’une légère griserie, un effet recherché par l’amateur de vin. Je connais même un passionné qui travaille dans le domaine de
la prévention de l’alcoolisme, nulle contradiction à cela. Il y a cependant peu de chances pour que ce petit bréviaire ne devienne son livre de chevet.
Car ce n’est pas tant de la légère euphorie alcoolique qu’il est question ici, que de la lourde et authentique ivresse. De
celle qui suit le franchissement de plusieurs bornes, provoquant d’invariables lendemains déchantants, où le poids des remords est inversement proportionnel à la légèreté des serments de
« dernière fois, on ne m’y reprendra plus ... ».
Cette ivresse-là est une contrée où nous emmène avec humour et érudition Orlando de Rudder. Des recettes pour y pénétrer et en
sortir en douceur (dont quelques-unes assez farfelues que je n’essaierais pour rien au monde), les personnages qui ont chanté sa gloire, mais aussi ses dangers et chausse-trappes, l’ivresse
n’aura plus aucun secret pour vous. A consommer en modérant sa volonté de mettre en pratique.
Bréviaire de la gueule de bois. Orlando de Rudder. 96 pages.
Librio. 1993. 2 €.
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