Anne-Marie Royer-Pantin : La Rose et le
vin.
Le vin nourrit l’imaginaire depuis l’antiquité, démontrant à quel point il est symbole avant d’être boisson. Tant de mots ont été inspirés par la vigne et son nectar : descriptions des
paysages où s’épanouit le pampre, évocations des travaux des vignerons, notes de dégustations, ... A travers les âges et les styles, qu’ils soient lyriques, nostalgiques ou admiratifs, toujours
ces mots nous disent la bonté de la terre, la beauté du monde, le bonheur d’exister.
Les écrivains ont rarement le vin triste. Romanciers, poètes, chroniqueurs, essayistes, nombreux sont ceux qui ont démontré au travers la richesse et la diversité de leurs écrits à son propos,
que le vin était bien le reflet de la culture à son plus haut degré. Quand ils ne cultivent pas eux-mêmes la vigne, à l’instar d’Alphonse de Lamartine, Montesquieu, ou plus près de nous Jules
Romain, Pierre Halet, François Mauriac ... Le propriétaire de Château Malagar a perçu la tragique beauté de son destin : « A peine la vigne a-t-elle passé fleur, la future récolte
couvre le coteau ; mais il semble qu’elle soit là comme ces jeunes bêtes que le chasseur attache et abandonne dans les ténèbres pour attirer les fauves : des nuées grondantes tournent
autour des vignes offertes » écrit-il dans Le Nœud de vipères.
Anne-Marie Royer-Pantin a composé un admirable bouquet avec les plus belles et les plus évocatrices des lignes écrites sur la vigne et le vin. Un bouquet tel un voyage à la découverte de
lieux (paysages, architectures) et de gestes (beaux-arts, travaux à la vigne et au chai, dégustation) en compagnie de belles plumes.
« Célébrer
la rose et le vin, c’est rendre un même hommage à la Beauté,
c’est faire la part belle à la sensualité, à l’émotion, à la fascination, à l’esthétique ».
La Rose et le vin. Anne-Marie Royer-Pantin.
158 pages. Editions Klincksieck. 2007. 17 €.
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