Mercredi 23 avril 2008
Entendu autour d'une bouteille de Morgon Côte de Py de Jean Foillard, lors d'une récente dégustation de Beaujolais organisée par les caves Augé :

" Une robe tuile sombre. Des arômes lactés, caramélisés, de la réglisse zan. Belle longueur, très persistant. Très élégant, bravo.

- Que de mots.

- Mais le vin peut-il se passer de mots ?

- Ou les mots peuvent-ils se passer de vin ?"


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Samedi 26 janvier 2008
Le flot automnal des primeurs provoque, pour l’immense majorité des bouteilles, indifférence ou mépris chez l’amateur, voire déprime celui-ci profondément. Or voici un vin qui, s’il n’a pas fait la une des imprimés du soir, fait tout de même couler un peu d’encre. De prime abord, pas de quoi passer en prime-time sur nos écrans : un Côtes-du-Rhône primeur 2007, produit par l’exigeant Marcel Richaud à Cairanne (Vaucluse), robe violine, nez fruité loin des arômes artificiels de bonbon ou de griottine, bouche primesautière et fraiche, non dénuée de structure. Bref, enfin un primeur intéressant méritant bien une prime.
 

PICT0155.JPG

 

 
C’était sans compter sur le niveau primaire de réflexion de l’INAO, dont la commission lui a refusé l’agrément. Motifs bien primitifs : « caractère non primeur » et « absence de typicité » ... De quoi avaient-ils donc peur ? D’un primeur sortant du rang de la médiocrité pour jouer la prima donna ou le primus inter pares. Encore un exemple montrant à quel point il est primordial de réformer le système des AOC. Primo, parce qu’il n’est nullement sélectif. Secundo, et c’est là le plus dépriment, parce qu’il supprime parfois l’agrément à des vins dont le seul tort est de ne pas se comporter en primate singeant la banalité ambiante. Nullement opprimé, Marcel Richaud ne présentera pas l’Ebrescade, sa meilleure cuvée, à la prochaine commission, qui n’en aura donc pas la primauté. Gageons que, si cela ne fera ni chaud ni froid aux primevères, les amateurs ne se laisseront pas rebuter par la mention « vin de table » qui lui échoira.
 
 
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Samedi 5 janvier 2008
Tout au sud de la Ligurie se trouve un des vignobles les plus pittoresques au monde, accroché à des pentes abruptes entre ciel et mer, le long d’une étroite corniche reliant cinq villages. Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore sont également connus sous la dénomination de Cinque Terre, l’ensemble du site est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Leurs habitants cultivent les oliviers, les citronniers et bien entendu la vigne, sur des terrasses qu’ils ont patiemment montées au cours des millénaires. Mis bout à bout, l’ensemble des murets formeraient une muraille de deux mètres de hauteur sur onze kilomètres de longueur.
 

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Sur ces terrasses, reliées par des sentiers permettant à peine le passage d’un âne, s’épanouissent le bosco, l’albarola, et le vermentino. La vigne est cultivée en pergolas. Très basses en bord de mer, y interdisant d’y travailler debout, celles-ci grandissent à mesure que l'on s'éloigne du rivage. Mais les fortes pentes, atteignant 85 % par endroits, n’y simplifient pas la tâche aux viticulteurs. Des petits transporteurs à crémaillère ont certes été installés, facilitant les vendanges, mais toutes les parcelles ne sont de loin pas desservies. L’immense majorité des propriétaires de vignes n’en vit pas, mais fournit la coopérative locale ou l’un des quelques vignerons plus importants de la région.
 
 

5T5.JPG     Sciacchetra.JPG

 
Avec d’aussi difficiles conditions de travail, les quantités produites sont évidemment faibles : environ 15.000 cols par millésime. Le vin (blanc) est sec, fringant et épicé, accompagnant parfaitement des pissions et frits de mer grillés. Seules les meilleures grappes bénéficient d’un traitement de faveur. Elles sont passerillées par séchage sur les toits des maisons, et donneront le Sciacchetrà. Celui des meilleurs producteurs (domaine Buranco, Forlini Cappelini, Walter de Battè) se vend à prix d’or, tels les vins de glace allemands ou canadiens. Ce Sciacchetrà 2003 de la coopérative des Cinque Terre présente une robe d’ambre profond. Au nez dominent l’écorce d’orange confite, le miel, les fruits à coque. La bouche est marquée par une sucrosité importante, mais sans lourdeur. Un vin doux et rugueux à la fois, à l'image des Cinque Terre.
 
 

      

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Samedi 20 octobre 2007
Les caves Augé ont organisé ce samedi 13 octobre une de ces dégustations dont ils ont le secret, où les vignerons présentent eux-mêmes leurs vins. Cette dernière était consacrée aux Bordeaux. Les « grands » châteaux n’étaient pas, hors Palmer, représentés, Marc Sibard ayant, comme à son habitude, privilégié l’authenticité du contenu au prestige du contenant, très loin des effets de mode.
 
Tous valaient le détour : Palmer, donc, avec un 1995 à la robe très limpide et encore très sombre pour un vin de douze ans, fruits noirs, cuir et pain d’épice au nez, avec des tannins très doux tout en marquant leur présence ; Domaine de Jaugaret, Saint-Julien aux accents de terre, de sous-bois et de truffes, avec une impression de matière en bouche, une matière riche tout en étant très fine ; Château Le Queyroux, Premières Côtes de Blaye, avec un curieux 100% verdot issu de vignes francs de pieds au nez explosant de fruits rouge, à la bouche charnue ; Château Le Puy, Côtes de Francs ; Château Massereau ; j’en oublie pour mieux vous présenter mes deux coups de cœur.
 

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  Jean-Pierre Bispalie, personnage haut en couleur, d’une intégrité sans faille, cultive le raisin et vinifie de manière traditionnelle. A 70 ans, après une carrière de marin, d’ouvrier ajusteur et de militant cégétiste, l’homme a décidé de raccrocher. Pourtant, depuis le jour où il a bouté hors du domaine de sa mère l’œnologue qui lui conseillait de chaptaliser ses vins, il n’a cessé d’améliorer, voire d’imposer son style. Les vins du Domaine du Haut-Brugas, Médrac Haut Médoc, se distinguent par leur caractère authentique, bien loin des médocs actuels, avec des notes d’épices. Les vins sont produits en petites quantités, élevés 4 à 5 ans en vieilles barriques, on est donc loin des boisés à la mode. Le 2000 vient à peine d’être mis en bouteille.
 
Voisin d’Yquem et de Haut-Peyraguet, le Domaine Rousset-Peyraguet est bien moins étendu. Adepte de la biodynamie, Alain Déjean élève également ses vins 3 à 5 ans en vieilles barriques. Ces derniers sont mis en bouteille sans filtration, d’où une matière plus importante que celle de nombre d’autres Sauternes. Sa cuvé « Crème de Tête » 1995 présente une robe d’or vieilli, avec un léger trouble (dû à l’absence de filtration). Alcool de figue, cire d’abeille, encaustique, écorces d'oranges confites, pruneaux secs … le nez est d’une richesse inouïe. La bouche est d’une belle rondeur, avec un sucre bien fondu, et d’une très grande longueur. Si vous voulez savoir ce que signifie pour un vin de « faire la queue de paon », alors goûtez celui-ci.

Les Caves Augé
116, Boulevard Haussmann - Paris 8ème
Métro Saint-Augustin
Tél : 01 45 22 16 97 

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Samedi 20 octobre 2007
A une amie allemande qui me demandait récemment quelques bonnes adresses pour agrémenter son voyage à Aix-en-Provence, je lui envoyais la liste ci-dessous. Je vous en fais profiter, car inutile d’être un germanophone émérite pour comprendre les noms et coordonnées (d’ailleurs, je ne suis moi-même pas certain de mes déclinaisons ...).
 
Direkt bei Aix, an der Montagne Sainte Victoire gibt es den sehr feinen „Palette“. Die drei beste Weingute die ihn herstellen sind :
 
-          Château Simone in Meyreuil. Tel: 04.42.66.92.58. Er ist der berümste und auch der teuerste, die Preisen: von 16 € (rosé) bis zu 22 und 24 € (roter und weisser)
-          Château Crémade in Le Tholonet. Tel : 04.42.66.76.80. Preise : 5 € (rosé) und 15 € (roter und weisser)
-          Domaine du Grand Côté, cave coopérative, in Rousset. Tel : 04.42.29.00.09. Preise : 9 €
 
Beim Mittelmeer, zwichen La Ciotat und Toulon, gibt es den köstlichen „Bandol“. Eine Ausawahl von drei Weinguter:
 
-          Château Sainte-Anne, in Sainte-Anne-d’Evenos. Tel: 04.94.90.35.40. Preise : circa 15 € (ökologischen Anbau)
-          Château des Baumelles, Louis & Michelle Bronzo, in Sainte-Anne-du-Castelet. Tel: 04.94.32.63.20. Preise : ab 10 €.
-          Cave Coopérative La Roque, in La Cadière-d’Azur. Tel : 04.94.90.10.39. Preise : ab 8 €.
 
Mehr gegen westen, in der sogenannte „Petite Camargue“, bei Nimes, gibt es den „Costière de Nimes“. Er ist weniger berümt, aber es gibt auch sehr gute, zum Beispiel bei:
-          Château Mourgues du Grès, in Beaucaire. Tel: 04.66.59.46.10. Preise: ab 6 €
-          Vignoble Michel Gassier, in Caissargues. Tel: 04.66.38.44.39. Preise : ab 5 €
-          Domaine Terre des Chardons, in Bellegarde. Tel: 04.66.70.02.51. Preise : ab 5 €
 
Und mehr nordlich, schon im Luberon, findet mann den „Côte du Lubéron“. Das nähste, und auch sehr gutes Weingut ist :
 
-          Château Val Joanis, in Pertuis. Tel: 04.90.79.20.77. Preise : ab 8 €. Sie haben auch ein sehr schönen Garten zu besichtigen.
 
Petit lexique pour ceux d’entre vous qui seraient définitivement fâchés avec la langue de Goethe :
Berümt : célèbre
Fein : fin
Gut : bon
Ökologischen Anbau : culture biologique
Mittelmeer : Méditerranée
Preis : prix
Rot : rouge
Weiss : blanc
Wiengut : domaine viticole
Zum Beispiel : par exemple
 
 
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Dimanche 14 octobre 2007
Quels souvenirs œnologiques garderai-je de cet été 2007 ? Pour beaucoup, la belle saison appelle les rosés. Il est vrai qu’ils sont, d’année en année, plus nombreux à être bien faits. Mais je suis trop souvent resté sur ma fin devant des verres aux arômes aussi pâle que leur contenu. Aussi, je continue à marquer une nette préférence pour ouvrir plutôt un rouge léger ou un blanc à l’ombre de la tonnelle. Flash-back sur quelques petits, et moins petits plaisirs en blanc de cet été.
 

dixpetitsblancs.JPG



    Souvenir de vacances en Lubéron, ce sublime Viognier 2004 acheté au domaine Val Joanis m’enchante à chaque dégustation. Pour cette avant-dernière bouteille de la caisse, fruits blancs, fleurs d’acacias et délicats arômes fumés étaient toujours bien au rendez-vous. 

    Les frères Puzelas sont une référence incontournable en Touraine. Leur « Buisson Pouilleux » 2004 le justifie amplement. Robe légèrement trouble (le vin est peu filtré), nez herbacé, fleuri, citronné, beurré, la bouche s’enrichit de pomme, un vin d’une fraîcheur entraînante ! 

    Ce Tokay 6 puttonyos (soit quasiment le plus concentré en sucre résiduel : 150 à 180 gr/l avec 8 ans de vieillissement en fût) s’est montré à la hauteur de la réputation de ce « Roi des vins et vin des Rois » comme le nommait Louis XVI. Avec sa robe d’ambre et ses arômes de miel et de fruits murs, il a merveilleusement accompagné une tarte aux abricots frais.
 

    Château de Sassangy « Sous la Roche », Côte Chalonnaise 2004. Cette propriété familiale de plusieurs siècles a abandonné la viticulture après le passage du phylloxera, pour la reprendre en 1973 directement en bio. Si la démarche est louable, cette Côte Chalonnaise ne m’a pas emballé : robe très pâle, nez trop discret d’agrume et bouche assez austère, un peu trop cistercien pour un vin d’été ...

    Nez de bonbon, bouche fraîche, bouche fraîche et épicée, excellent apéritif que ce Penèdes, appellation catalane. Le vignoble d’Albet y Noya, situé à 300 mètres d’altitude, le dispute aux pins et à la garrigue. Le cépage local xarel-lo, cultivé en bio, y fait merveille.
 

    Souvent un peu déconsidérée par rapport au Jurançon, l’appellation Pacherenc du Vic Bihl offre pourtant de véritables trésors. Cette cuvée « harmonie » 2002 de la cave de Crouseilles en fait partie. Robe d’or profond, fruits compotés (abricots, coings, …), pointe boisée discrète composent un bel équilibre.
 

    Pierre Weyand et Josette Médau nous offrent avec leur « Pure sève du Paradis » 2005 (officiellement vin de table) une robe vieil or, un nez aux parfums de miel, de caramel, de brioche, avec une pointe herbacée, et une bouche que vient enrichir la pomme. Né en Anjou, d’une viticulture biodynamique et d’une vinification naturelle, ce « Vin de terre libre comme l’air » s’est magnifiquement marié à quelques plats indiens légers.

    Un prénom anglo-saxon (John), un nom italien (Capuano-Ferreri) mais un Chassagne-Montrachet bien Bourguignon avec ce millésime 2004. De fins arômes d’abricots et de fleurs blanches, une belle persistance en bouche, je l’ai marié avec bonheur avec des Saint-Jacques poêlées et une fondue de poireaux. 

    Voici les deux Alsaciens de l’étape. En premier, un Riesling grand cru Bruderthal de Bernard Weber. Ce millésime 1994 a l’âge et la fraîcheur de ma fille. Il offre une palette riche d’arômes minéraux, mêlés de pomme, d’agrumes (pamplemousse rose) et de fleurs blanches. Tout simplement superbe, comme le 1997, un peu plus minéral, auquel je l’ai confronté. Qui a dit que les Alsace étaient des vins de petit garde ? Jean-Pierre Frick a choisi de mettre sa « Cuvée Précieuse » Pinot Gris 2004 sous capsule. Ce fait rare pour un vin de cette qualité ne gâte nullement le plaisir de la dégustation : belle robe d’or, parfums suaves de compote de coings, grande longueur en bouche.

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Dimanche 29 juillet 2007
Voici un petit programme concocté pour une "virée" en Alsace, faite entre amis l'année dernière. Ce qu'il y a de chouette avec les programmes, c'est de ne pas les suivre, et de découvrir d'autres chôses ! Après notre première étape chez Bernard Weber, qui nous a réservé un accueil des plus aimables, et où nous avons dégusté quelques superbes flacons, nous avons pris les sideways, passant par chez Pierre Frick et la maison Becker (ce qui n'enlève rien à la qualité de ceux prévus initialement !). Qu’aurait été ce périple sans la qualité de l’accueil de la famille Klein à Saint-Hyppolite ? Nous avons trouvé chez eux, outre un gite très agréable, une palette agréable de vins, mention spéciale pour un Riesling Vielles Vignes droit comme son i.

Chez Bernard Weber (photo Christine Lé)


Les vins d’Alsace sont (à quelques exceptions près) des vins mono-cépages. Ils sont donc fortement marqués par les caractéristiques gustatives du raisin, avec des arômes souvent très puissants. Chaque cépage ayant ses caractéristiques propres.
 
Les cépages alsaciens se distinguent en deux grandes catégories :
-  les cépages « ordinaires » : Sylvaner, Pinot blanc, Pinot noir
-  et les quatre cépages « nobles » : Riesling, Muscat, Pinot gris (anciennement « Tokay pinot gris ») et Gewurztraminer
Je classerais le Pinot noir, qui donne selon la vinification un vin rosé clair à rouge, à part de cette hiérarchie. Mais c’est à chaque amateur de découvrir ses propres préférences. A cette liste s’ajoutent quelques cépages « locaux » particuliers que nous allons également découvrir.
 
De 30.000 ha en 1828, le vignoble s'est réduit à 8.000 ha en 1948. De nos jours, près de 15.000 ha partagés entre 8.500 propriétaires donnent 1,2 million d'hectolitres par an, dont une centaine de milliers en rouge. Très morcelé, le vignoble est réparti sur une centaine de communes, offrant une très large variété de sous-sols et de climats (Colmar, une des villes les plus sèches de France ...).
 
Parmi ceux-ci, 43 lieux-dits se distinguent particulièrement par leur unité géologique et leur climat particulier. Ce sont les « grands cru » où la viticulture est fortement encadrée (exemple : seuls les cépages « nobles » ont droit à l‘appellation « grand cru »), produisant moins de 5 % des vins alsaciens.
 
Enfin, la patte de l’homme reste primordiale. La viticulture alsacienne a longtemps souffert de la domination allemande, qui en fait une région de production quantitative. Si un certain nombre de viticulteurs travaillent encore dans cet esprit, la grande majorité s’est progressivement orientée, dès le lendemain de la première guerre mondiale, et surtout à partir de 1945, vers une production plus qualitative.
 
Les vins d’Alsace ont a présent largement conquis le droit de se hisser sur les plus belles tables. Ajoutez-y le travail de fond effectué de tous temps par quelques puristes et que reprend avec brio une nouvelle génération : soin à la vigne et au chai, rendements maîtrisés, agriculture bio ou raisonnée. C’est au sein des viticulteurs alsaciens que l’on trouve la plus forte concertation d’hénokiens (entreprises familiales au moins bicentenaires) au monde, après le Japon, une longévité qui n’est certainement pas due au hasard …  
 
C’est donc avec une triple approche, à la fois des cépages, des terroirs, et des vignerons, que nous allons arpenter la route des vins d’Alsace en l’attaquant par sa porte Nord. De Marlenheim à Thann, cette route définie en 1953, parcourt une quarantaine de villages sur ses 170 km.

StHyp2.JPG
Vignoble à Saint-Hyppolite, sur fond de 
Haut-Koenigsbourg (photo Pierre Lansu)


L’itinéraire gustatif
proposé sera un peu plus resserré, autour de quelques lieux et de quelques personnes à découvrir :
 
Molsheim :
Bernard Weber est un vigneron que je suis depuis quelques années. Régulièrement primés, ses grands crus Bruederthal (sols marno-calcaires) enchanteront notre première étape. Moins sucrés, moins charmeurs en premier abord, les vins de la région de Molsheim sont plus floraux, plus minéraux et souvent plus complexes que les vins du sud de l’Alsace.
 
Heiligenstein :
Seul village où l’on trouve le Klevener, cousin du Savagnin du Jura, qui produit un vin de longue garde, à robe d’or vif et aux riches arômes de fruits secs, de noisette et de pain d’épice. Ce cépage (à ne pas confondre avec le Klevner, sans e central, qui est un allias du Pinot blanc) a failli disparaitre dans les années 70, est aujourd’hui brillamment mis en valeur par des vignerons comme Hubert Heywang.
 
Saint-Hippolyte :
Au pied du Haut-Koenigsbourg, le village de Miss France est également à l’origine de la plus récente des AOC d’Alsace : le Rouge de Saint-Hippolyte. Issu du seul Pinot noir et vinifié en macération longue sur marcs, on obtient un vin rouge ample et fruité, à déguster par exemple au domaine Muller-Koeberlé, l’un des artisans de ce classement en AOC.
 
Rorschwihr :
Encore un cépage particulier à découvrir lors cette étape : l’Auxerrois. Et l’un de ses plus vaillants serviteurs, Pierre Rolly-Gassmann, nous enchantera également avec ses très élégants Gewurztraminer. Loin des modes, les Rolly-Gassmann travaillent en respectant l’expression du terroir d’où sont issus leurs raisins.
 
Ribeauvillé :
Sa cave coopérative, qui adopte une approche très qualitative, offre une grande palette de vins issus d’un secteur géographique assez large, permettant de mettre en évidence l’influence des terroirs. La cave possède également un petit musée du vin.
 
Riquewihr :
Jean Hugel, sage octogénaire issu d’une des plus anciennes familles de vignerons alsaciens (depuis 1639), a toujours su résister aux modes et rester fidèle au terroir. Il est l’un des maîtres incontestés du Gewurztraminer. Différentes possibilités de visites dans le village : sentier viticole (de 17 km ...), circuit en petit train, musée de la vigne et de la viticulture.
 
Ammerschwihr :
Ville de l’amour (Amoris-Villare), elle n’en pas moins été anéantie lors de la dernière guerre. Elle possède le célèbre lieu-dit Kaefferkopf, plus ancienne appellation alsacienne, cependant pas reconnu en grand cru pour cause d’« absence d’unicité géologique » (1). Les Binner (vignerons depuis 1770) y travaillent des vins dans un esprit très nature, sans filtrage. Deux sentiers viticoles de 1h à 2h30 de marche nous remettront en train après la dégustation ...
 
Rouffach :
L’étape la plus méridionale de notre périple jouit d’un grand cru exceptionnel : le Vorbourg, à la couleur rouge du fait de la forte présence de fer dans son sol. Alliée à ses autres caractéristiques géologiques et climatiques, elle donne un terroir très favorable au vin rouge. René Muré y produit, entre autres, un Pinot noir de très grande qualité.

bouchonhugel.jpg

Les adresses :
  • Bernard Weber : 49, route de Saverne, 67120 Molsheim – 03.88.38.52.67
  • Jean & Hubert Heywang : 7, Rue Principale. 67140 Heiligenstein –  03 88 08 91 41.
  • Muller-Koeberlé : 22, route du vin, 68590 St-Hippolyte – 03.89.73.00.37
  • Rolly-Gassmann : 1, rue de l’Eglise, 68590 Rorschwihr – 03.89.73.63.28
  • Cave Coopérative : 2, rte de Colmar, 68150 Ribeauvillé – 03.89.73.61.80
  • Hugel & fils : 3, rue de la 1ère Armée, 68340 Riquewihr – 03.89.47.92.15
  • Binner : 2, rue des Romains, 68770 Ammerschwihr – 03.89.78.23.20
  • René Muré : Domaine du Clos St-Landelin, route du vin 68250 Rouffach – 03.89.78.58.00 


En savoir plus sur la route des vins.


1 : Une partie du Kaefferkopf (littéralement "tête de scarabée") vient d'être classée en grand cru.


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