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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:13

vdvlogo.pngLes Vendredis du Vin, VDV pour les intimes, sont repartis ! Remercions Iris (Domaine de Lisson) d’avoir pris l’initiative de relancer ce rendez-vous mensuel de partage entre blogueurs, et Matthieu (Méchant raisin) d’en assurer la présidence. Les vins demi-secs sont à l’honneur ce mois. Ma première idée fut de piocher dans mes Alsaces Vendanges Tardives. Mais, pris dans l’ambiance printanière que nous apportent enfin les premiers rayons de soleil, j’ai préféré m’orienter vers une bouteille moins réputée. Un vin sans-façons qu’on ouvre spontanément quand un copain passe à l’heure de l’apéritif ou quand une copine vous apporte une tarte à la première rhubarbe du jardin. Un vin qui s’accorde aux premières envies de déjeuners dans l’herbe, aux robes qui s’allègent et aux cœurs qui s’égaient.

 

Valogne1   Valogne2   Valogne3

 

Jeune vigneron récemment installé dans la nouvelle, mais ô combien historique AOC de l’Orléanais, Edouard Montigny exploite aussi une vigne classée en vin de pays du Val de Loire : le Domaine de Valogne. Impossible de taper à côté du thème de ce vendredi avec ce demi-sec 2007 issu de sauvignon gris, car c’est écrit dessus en toutes lettre : « demi-sec ». Sa couleur dorée est soutenue, tirant doucement vers l’ambre clair. Le nez est très agréable, mêlant les fleurs d’aubépines aux genêts, l’ensemble étant légèrement caramélisé. Des arômes d’amande, mais également des notes un peu vertes complètent cette palette en bouche. L’accord avec un bleu peu corsé (ici une fourme d’Ambert) est très réussi, ainsi que son flirt avec une tarte à la rhubarbe. Pas très long en bouche, mais agréablement rafraichissant, c’est un vin léger et délicatement parfumé, parfait pour saluer l’arrivée des fleurs de printemps.

 

 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:12

La littérature sur le thème du vin propose aujourd’hui plusieurs centaines d’ouvrages en livres neuf (hors périodiques), qu’ils soient signés par des « stars » internationales ou qu’il s’adressent à un public très local. Et chaque semaine en voit sortir de nouveaux, souvent (mais pas toujours) de très bonne qualité.

 

Il existe déjà divers prix nationaux et régionaux (le prix Gourmand Awards, le prix Edmond de Rothschild, le prix littéraire de l’Académie de Bordeaux, les prix décernés à l’occasion des Journées Nationales du Livre et du Vin à Saumur, ou encore de Livres en Vignes, …), mais aucun n’a une envergure internationale, et les guides du vin n’ont jamais été mis en compétition comparative ouverte.

bilv2010.jpg

La  BIENNALE INTERNATIONALE des LIVRES du VIN – Bordeaux 2010,  sera la première du genre. Elle s’inscrira en alternance avec la Biennale Internationale des Photographies de la Vigne & du Vin qui s’est tenue à Bordeaux pour la première fois en juin 2009. Toutes deux sont des initiatives de Daniel Boulogne, gérant de la galerie 22 Rive Gauche

 

Son ambition est de valoriser les auteurs, leurs éditeurs, les distributeurs et les amateurs de vin, mais aussi, l'ensemble des acteurs des métiers de la vigne et du vin. Elle fera appel à la totalité des publications sur le thème du vin, ainsi qu'aux manuscrits non édités.

 

Les auteurs des livres du vin seront primés par un jury littéraire élargi de professionnels du vin. Les auteurs des guides du vin seront primés par un jury de spécialistes internationaux. Philippe Claudel, Michel Bettane, Denis Dubourdieu, Ségolène Lefèvre, ... seraient entre autres déjà de la partie. 

 

Informations complètes sur le site de la biennale : www.bildv.com     

  

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 20:49

« Heureux qui comme … » est-on immédiatement tenté de chanter quand on feuillette le dernier numéro de la revue Ulysse, consacré au vin. Un petit régal qui donne la bougeotte en nous emmenant dans un superbe voyage autour du globe, à la découverte de vignerons passionnés et passionnants : de la France au Japon, en passant notamment par Israël, le Maroc, les Etats-Unis, la Suisse (Lavaux, vignoble en terrasse classé patrimoine mondial de l'Unesco) et l'Australie. Contrairement à ce que laisse supposer le titre, la revue présente cependant peu de routes du vin, mais met plutôt des régions, des appellations ou des producteurs à l'honneur.

 

Ulysse139.jpg

 

Ulysse sort cependant des sentiers battus et nous montre les tendances émergeantes des régions visitées. Il ressort une nette propension à privilégier l’expression et donc le respect du terroir, y compris dans des pays dont la (récente) tradition viticole privilégiait plutôt les vins de cépage. Pas étonnant que les méthodes moins interventionnistes (agriculture raisonnée, biologique ou biodynamique) soient plus particulièrement mises en avant.

 

bernardetmarius.JPG

Bernard conduisant le percheron Marius

La Coulée-de-Serrant. Photo : Patrick Bard

 

Les reportages sont précédés par un entretien avec Claude Gilois (Vins du Monde). La mise en page est très soignée et certaines photos sont tout simplement magnifiques. Notamment celles de la Coulée de Serrant, avec de somptueux noirs & blancs de Patrick Bard, ou le portfolio en couleurs de Guillaume Rivière.

 


Les articles sont complétés par un guide qui donne des infos touristiques pratiques et des conseils de livres (également internationaux) et de ... musiques, du swinguant Stick McGhee en 1949 (Drinkin' Wine Spoo-Dee-O-Dee) au très groowy centrafricain Bibi Tanga et ses Selenites en 2010 (Red Wine), en passant par Otis Redding (Champagne and Wine), Eddie Floyd (Why is the Wine sweeter?) ou Goerges Brassens (Le vin), de quoi faire chanter les verres !

 

Ulysse, numéro d’avril-mai 2010. L’atlas des plus belles routes du vin. 122 pages. 4,90 €.

 

 

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 20:07

Collectif : Saisons du Médoc - Une année à Sociando-Mallet.

 

Ce livre est né d’une idée simple. Celle de Jean Gautreau, propriétaire de Sociando-Mallet, de laisser un témoignage sur le travail de la vigne à son petit fils. Mais également de son souhaite de marquer le 40ème anniversaire de la création de ce vignoble. En effet, en 1969, Jean Gautreau, qui est alors courtier, recherche une propriété viticole pour l’un de ses clients. Il découvre un domaine de 5 hectares en mauvais état et en tombe amoureux au point de l’acheter pour son propre compte. Il n’aura de cesse, par un travail intense, d’agrandir le domaine (90 hectares aujourd’hui) et d’améliore la qualité des vins, lui permettant d’afficher à présent, sans vantardise : « Ni classé, ni bourgeois…Sociando-Mallet, tout simplement ».

 

sociando

 

Organisé en douze chapitres, un par mois, Une année à Sociando-Mallet donne la parole à douze écrivains qui mettent en mots leur attachement au domaine en écho aux photographies de Jean-Luc Chapin. L’année commence en octobre, quand après le tumulte des vendanges démarre, dans le silence des chais, l’alchimie des fermentations. Les mois s’égrènent ensuite au fil des pages, offrant autant d’occasion de ravissement et de méditation, d’action et d’attente. Tour à tour les hommes et les femmes de Sociando s’activent et se recueillent, devant les ceps qu’il faut tailler, les grappes qu’il faut trier, les cuves qu’il faut surveiller.

 

Si les textes magnifient ce rapport unique que les humains semblent avoir su créer avec leur terre à Sociando, que dire des images ? Jean-Luc Chapin met superbement en valeur les paysages, en noir ou en couleurs, avec des clairs-obscurs et des nuances d’une délicatesse remarquable. Aux paysages répondent les gestes ancestraux de ceux qui les travaillent, d’année en année, de génération en génération, répétant et affinant inlassablement les gestes qui transcenderont la matière pour la faire devenir esprit. Un très bel hommage à Jean Gautreau et, au-delà de lui, à tous les hommes et toutes femmes qui travaillent la vigne.

 

saisonsdumedoc


Une année à Sociando-Mallet. Jean-Luc Chapin pour les photographies et 12 auteurs* pour les textes. Préface de Jean Lacouture. 86 pages. Editions Confluences. 2010. 20 €.

 

* : Eric Audinet, Claude Berrouet, Eric Bonneau, Christian Coulon, Birgit Emmbee, Yves Harté, Jean-Paul Kauffmann, Jean- Marie Laclavetine, Jean-Olivier Mony, Jean-Marie Planes, Didier Ters, Philippe Vilain.


 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 10:18

Yves Camdeborde, Sébastien Lapaque, Michel Tolmer : Des tripes & des lettres.

 

Oreilles de veau, groins de cochon, laitance de carpe et autres panses, yeux, tétines ou couilles … les « bas morceaux » ne se résument pas au foie ou aux rognons. Encore faut-il savoir comment les mettre en valeur, dans la cuisine et autour de la table. La réédition par les éditions de l’Epure, à l’occasion du dernier Salon des Livres de Paris, du recueil Des tripes & des lettres est une délicieuse idée qui réjouira donc tous les amateurs de plats canailles et d’écrits polissons.

tripesillustration

Enrichi de sept recettes et d’autant de textes, par rapport à la première édition, Des tripes & des lettres réunit trois chenapans bien décidés à célébrer la tripaille dans tous ses états : Yves Camdeborde aux fourneaux, Sébastien Lapaque à la plume et Michel Tolmer au crayon. Le cuisinier a imaginé quinze façons de préparer des produits tripiers, notamment les plus inattendus d’entre eux. De son côté, l’écrivain les met en scène à la manière de … au travers de pastiches de grands auteurs. Madame de Sévigné pour le cœur, Céline pour les groins de porc, Joyce pour la moelle, … autant d’occasions de marier les plaisirs de la bonne chair avec les plaisirs des belles lettres. Rappelons qu’un pasticcio, dans l’Italie du Moyen Âge, est un pâté fourré de farces variées. Le terme est passé du vocabulaire de la cuisine à celui de la peinture, puis de la musique, et enfin à celui de la littérature. Avec Des tripes & des lettres, la boucle est bouclée.

 

tripeslettres2

 

Des tripes & des lettres. Yves Camdeborde, Sébastien Lapaque, Michel Tolmer. 80 pages. Editions de l’Epure. 2010. 20 €.

 

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 22:03

Dans le cadre de la semaine du développement durable, se tiendront deux manifestations autour des livres et du vin, ce week-end à Paris :

 

livrecolovin.jpgLe Salon du livre écolo et du vin bio où la rencontre de la littérature et du vin. Le salon proposera des livres autour de l’écologie, ainsi que des dégustations de vin bio (malheureusement, je n'ai pas trouvé la liste des exposants). Il sera ouvert ce samedi 3 avril de 14h00 à 20h00, et dimanche 4 avril de 11h00 à 19h00. Lieu : Péniche Antipode, Bassin Louis Blanc, face au 200 quai de Valmy, 10ème arr.

 

Le dimanche à 18h30, on débattra autour du thème des « Vin bio, vin naturel, vins de producteurs : Pour un développement buvable. ». Les échanges seront animés par Yovan Gilles de l’association Les périphériques vous parlent. Parmi les intervenants se trouveront Jean-Marc Carité, auteur de plusieurs ouvrages sur le vin bio, Marc Fèvre, Atelier Tampon-Ramier, Jean-Pierre Robinot, vigneron (Jasnières).

 

crisduvin.jpg

 

Enfin, dimanche 4 avril à 19h, la compagnie Hydragon poussera la chansonnette (ça se chevauche avec le débat ... discuter ou chanter, il faut choisir !), avec Le Cri du Vin.

 

Ce « cabaret littéraire arrosé » vous proposera une promenade vagabonde, voluptueuse et joyeuse au pays du vin et de l'ivresse en compagnie de Baudelaire, Desproges, Rabelais, et bien d'autres. Ça se passera au Point Ephémère, 200 quai de Valmy. L’entrée est libre.

 

Voir quelques images du cabaret sur le site de la compagnie Hydragon.

 

 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 23:27

Les femmes sont de plus en présentes dans le monde du vin. Il n’en a pas toujours été ainsi, leur droit de cité a connu une histoire en dent de scie, comme en témoigne admirablement Ségolène Lefèvre dans Les femmes et l’amour du vin. A part quelques vieux grincheux (oui, il y en a encore !!!), qui pourrait s’en plaindre ? Mais outre le charme, apportent-elles des différences dans la manière de produire ou de déguster le vin ? Je dirais volontiers que, par rapport à leurs homologues masculins, elles s’engagent plus activement dans des démarches plus respectueuses de l’environnement, elles cherchent moins à faire des vins tonitruants, elles marquent des préférences pour des vins plus fins, plus subtils et plus complexes. Pour savoir s’il en était de même dans leur manière d’en parler, j’ai lu ou relu trois beaux livres de portraits :

Fiona Beeston : Mes hommes du vin.

Mathilde Hulot : Visages de vignerons, Figures du vin.

Laure Gasparotto : Les vins de Laure.

 

meshommesduvin.JPG

 

Fille de journaliste, Fiona Beeston se passionne très tôt pour le vin et décide dès l’âge de 16 ans d’en faire son métier. Elle fera ses classes dans le bordelais, passera par Londres avant de revenir en France pour devenir à son tour journaliste, mais aussi caviste. Un métier qu’elle apprendra au contact du désormais mythique Lucien Legrand, premier homme que Fiona présente ici, dans toutes sa verve et son immense respect des clients. Ecrit en 1989, Mes hommes du vin a aujourd’hui quasiment valeur de document historique. Il présente en effet des personnalités qui ont souvent été des pionniers du renouveau qualitatif des vins de leur appellation. Alors que leurs contemporains suivaient encore assez massivement les mirages de la chimie et les chimères de la productivité, ils ont fait le pari, risqué à l’époque, de revenir aux fondements du métier, sans pour autant renier la modernité. Citons Charles Joguet, qui était considéré par ses pairs comme un véritable professeur Tournesol, ou Pierre-Jacques Druet qui habitait en HLM, ou encore Nicolas Joly, dont les méthodes biodynamiques lui ont valu la démission de certains de ces ouvriers.

 

visagesdevignerons.jpg

 

Diversité et qualité, voici les fils conducteurs qui guident Mathilde Hulot. La diversité des régions et appellation se conjugue à celle des personnalités, pour composer un puzzle de 35 pièces représentatives, non de la France des vins starifiés à outrance, mais de vignerons qui s’investissent durablement pour valoriser leur terroir. Car la qualité ne s’improvise ni ne se décrète, elle est toujours la résultante d’une ambition de départ, d’un travail acharné, et d’une bonne dose de passion. Une passion que Mathilde Hulot a réussi à faire exprimer, avec beaucoup de respect et d’humilité pour ses interlocuteurs, et à communiquer à ses lecteurs. Au-delà du partage de la passion de ces vignerons pour le vin, avec son complice Patrick Cronenberger à l’image, elle leur permet également de se mettre en scène de manière plus personnelle.

 

vinsdelaure.jpg

 

Gérard Oberlé, qui accompagne parfois Laure Gasparotto et qui signe la préface de ce livre, à permis la rencontre entre cette œnologue réputée et Jean-Marie Perier, un photographe plus habitué des stars des 60’s et 70’s que des travailleurs de la terre. Pari réussi pour l’ami Oberlé, car ceux qu’il appelle « sages sorciers » sont admirablement mis en valeur ici, tant par le texte que par l’image. A nouveau près de quarante portraits nous dévoilent un univers de passion et d’exigence, de rêve et de rigueur. Chaque portrait révèle avec beaucoup de respect le parcours et la philosophie de ces hommes et femmes qui vouent leur vie à extraire mille saveurs et autant de mystères de la terre, des pierres et du bois. Oui, des sorciers en plein pays de Descartes, en plein pays viticole qui tend chaque jour à oublier un peu plus ces racines et les recettes ancestrales du plaisir et du bonheur … des sorciers d’autant plus précieux.

 

En résumé, ces trois livres, tous de très grande qualité, me semblent chacun bien ancrés dans leur époque. Et cela sur deux dimensions, la première étant purement formelle. Mes hommes du vin est très peu illustré : une banale photo, très mal imprimée et rarement signée, clôture sagement chaque portrait. La mise en page de Vissages de vignerons, Figure du vin est par contre très dynamique. L’ouvrage comprend de multiples photos des personnes présentées (toujours mises en scène) et de leur environnement. Il me semble que l’air du temps est aujourd’hui à une plus grande sobriété de forme, dont rend parfaitement compte l’infographie des Vins de Laure. La seconde dimension concerne justement l’évolution de la place des femmes dans ces livres. Fiona Beeston, que je n’oserais soupçonner à aucun moment de sexisme, ne présente qu’un seul portrait de femme sur les 15 de son livre. Chez Mathilde Hulot, elles sont 11 sur les 35 portrait, seules ou en couple, soit près du tiers. Une proportion presque respectée dans le dernier livre en date.

 

christine-vernay-paul-ansellem.JPG

Christine Vernay & Paul Ansellem

(Domaine Georges Vernay, Condrieu)

Photo : Patrick Cronenberger

 

Au-delà de ces différences de forme, ces trois livres appartiennent bien à une même filiation, celles d’auteurs qui savent nous faire partager la passion et l’engagement des personnes rencontrées. Car tant dans le choix des portraits, des professionnels du vin qui, bien que différents, conduisent tous un travail honnête et qualitatif, que dans leur traitement sensible et respectueux, ces trois femmes, toutes talentueuses, sont également proches d’auteurs masculins tels que Georges Bardawil (Une promesse de vin) voire Kermit Lynch (Mes aventures sur les routes du vin). Je laisse donc volontiers le mot de la fin à Ségolène Lefèvre : « l’amour et la culture du vin ne sont ni masculins, ni féminins, ils sont bien au-delà des querelles sexistes ».

 

 

Mes hommes du vin. Fiona Beeston. 234 pages. Plon. 1989. Livre épuisé.

Visages de vignerons, Figures du vin. Mathilde Hulot. Photographies de Patrick Cronenberger. 144 pages. Fleurus. 2005. 20 €.

Les vins de Laure. Laure Gasparotto. Photographies de Jean-Marie Périer. 208 pages. Grasset. 2009. 24,90 €.

 

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 21:44

Ned Rival & Roland Topor : LUI cuisine.

 

Messieurs, à vos bourses, Mesdames, videz celles de vos hommes et offrez les recettes et conseils d'un maître queux exclusivement réservé à l'homme moderne … L’accroche publicitaire donne le ton de l’ouvrage !

 

luicuisinegirlsSouvenez-vous du « magazine de l’homme moderne » … LUI. C’était vers le dernier quart du XXème siècle. Une période de relative insouciance, où la lecture favorite de Monsieur mêlait joyeusement de grands reportages et des images de filles légèrement vêtues, en écho à d’autres belles mécaniques à deux ou quatre roues. De très sérieuses interviews politiques côtoyaient des rubriques qui seraient aujourd’hui politiquement bien incorrectes, telles que « La défonce du consommateur ». Une chronique gastronomique signée Ned Rival venait compléter ce menu dédié au plaisir de tous les sens de l’Homo Consomus Modernicus.

 

topor13.jpgInitialement publié en 1971 par les éditions Filipacchi, LUI Cuisine rassemble le gratin des recettes et conseils (croustillants …) de Ned Rival. Les pages consacrées aux cocktails, ces « éperons à boire qui sont autant d’émerillons pour l’amour » sont rédigées par un expert reconnu en la matière, Daniel Filipacchi, fondateur de LUI, himself. Le tout est structuré autour du triptyque de l’ami parfait, de l’amant délicat et du mari acceptable. A chacun sa manière de faire de l’acte de cuisine un acte d'amour, grâce à des recettes dédiées. Celles-ci sont souvent simples à réaliser (n’en demandons pas trop à cet homme moderne) mais savoureuses et représentatives du bon goût de l’époque.

 

topor3.jpgCette nouvelle édition est enrichie de 65 illustrations originales de Roland Topor. Si les recettes peuvent se passer d’illustration (les livres de cuisine étaient d’ailleurs assez peu illustrés à l’époque), les dessins mi-tendres mi-ironiques entrent parfaitement en résonnance avec la fausse naïveté de la plume de Ned Rival. Les plaisirs de la table, comme ceux de l’amour, sont en effet avant tout des plaisirs partagés, comme le démontrent cette belle alliance des textes et des images. Le livre n’est d’ailleurs pas réservé au seul homme moderne, Madame y trouvera «  des armes précieuses (pour) séduire un homme, se l’attacher ou le retenir ». A elle de choisir si c’est pour en faire un ami parfait, un amant délicat ou un mari acceptable …


 

luicuisine.gif


LUI cuisine. Ned Rival (texte) & Roland Topor (illustrations). 142 pages. Editions de l’Epure. 2009. 35 €.

 

 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 07:41
Corny-Sur-Moselle ouvrira son 12ème Grand Salon des Vignerons ce week-end.

corny2010.jpg
250 vins y seront proposés par 35 vignerons venus de 15 régions de France. Parmi les exposants, vous trouverez notamment :
  • Chateau Sainte-Anne (Bandol)
  • D. & R. Bourgeon (Givry)
  • C. & C. Maréchal (Pommard)
  • Domaine de Souch (Sud-Ouest)
  • Lilbert & fils (Champagne)
  • M. Richaud (Cairanne)
  • Domaine du Deffends (Provence)
  • Domaine de Belliviére (Jasnières et Coteaux du Loir)
  • Domaine Plageoles (Gaillac)
  • Château de Vaux (Moselle)
  • La Revue Le Rouge & Le Blanc
  • ... etc, etc !

Salle Paul Goret à CORNY-SUR-MOSELLE (entre Metz et Pont-à-Mousson). Ouvert le 27 et 28 février de 9h à 12h30 et de 14h à 18h. Entrée : 8,50€ (avec un verre à dégustation offert).

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 23:03

Dans un article précédent, j’évoquais la vente aux enchères des cuivres gravés ayant servi à l'impression du "Férêt" (Bordeaux et ses Vins) entre 1850 et 1908. Si quelques grands noms sont partis à des prix importants (Margaux à 5.468 €, Latour à 4.463 €, Haut Brion à 3.570 €, La Mission Haut Brion à 3.315 €, Ausone à 3.188 €, Mouton Rothschild, Pétrus et Fonroque à 3.166 €) beaucoup de châteaux plus modestes ont trouvé preneur en-deçà de leur estimation, voire sont restés sur la touche. Une très modeste plaque estimée à moins de 250 € a cependant créé la surprise : la Villa Algérienne, adjugée à 3.741 €. Quel est donc ce mystérieux « vignoble éphémère du Cap Ferret, hors délimitation en 1936 », seule indication du catalogue de la vente ?

 

villa_algerienne.jpg

 

Léon Lesca, entrepreneur de travaux publics, construisit notamment, sous Napoléon III, le port d’Alger et la voie ferrée reliant Constantine à Skikda. De retour dans son pays natal, il acheta pour une somme modique aux enchères publiques un immense domaine s'étendant de Claouey au Cap Ferret. Ce dernier était alors un désert habité seulement par les gardiens du phare et du sémaphore, quelques douaniers et garde forestiers. Il n’y avait ni route ni chemin, et le village le plus proche se trouvait à 15 km. On dit de Léon Lesca qu’il fut « l’inventeur du Cap Ferret ». Il exploita la forêt et les parcs à huîtres, créa les réservoirs à poissons de Piraillan, construisit une école, la jetée de Bélissaire, des logements, une chapelle et un presbytère, importa et acclimata le mimosa et le yucca, et ... planta un vignoble.


villa-algerienne1        villa-algerienne2

Deux cartes postales de la Villa Algérienne et de son parc. 


En 1865-66 il fit construire sur les terrains qu’il venait d’acquérir, au lieu-dit « Gnagnotte », une villa de style mauresque, en souvenir des années passées en Algérie. C’est son ami l’architecte Eugène Ormières, qui en a dessiné les plans. Autour de la villa, il fit aménager un parc de 25 hectares, planté d’espèces rares, et un vaste potager. Léon Lesca y vécut jusqu'à sa mort en 1913, à l’âge de 88 ans. Malheureusement la Villa fut laissée à l'abandon par ses descendants. Plusieurs fois vendue, elle finit par être détruite par un promoteur immobilier en 1965, qui la remplaça par un austère blockhaus. Seule la Chapelle de l'Herbe subsiste de l’époque de Léon Lesca. Et de son vignoble, il ne reste que le nom du Port de la Vigne. La villa apparait encore dans les songes de ceux qui l’ont connue du temps de leur enfance. Tel un mirage évanoui dans les sables, elle a réapparu l’espace d’un instant, avant d’être à nouveau dispersé sous un coup de marteau donné par le commissaire-priseur.


Merci au blog du Cap Ferret pour toutes ces informations.

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L'Œnothèque ~ Des livres et du vin ...

  • L’œnothèqueQuelques livres autour du vin : ouvrages pratiques, guides, essais, beaux livres, récits, romans, poésie, entre autres ... 
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