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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 19:30

Laurence Levy-Dutel & Elisabeth Scotto : Lendemains de fêtes.

 

Ah les fêtes de fin d’année, les tables bien garnies, les repas qui s’enchainent, de l’apéritif au digestif et on remet cela, et les lendemains … de plomb, matins paupières en panne, tête comme une pastèque et j’en passe des bien pires ! Certes, il y aurait l’abstinence, oui certes, mais ingurgiter quelques connaissances sur le sujet peut vous éviter de vous fourvoyer dans cette bien austère voie. Ne vous égarez donc plus entre pantagruélisme et ascétisme, car voici un guide qui saura vous mener vers les bienheureux chemins du juste milieu.

 

Comment bien se préparer ? Quelles associations favoriser et lesquelles éviter? Comment prévenir, mais aussi comment soigner les petits maux du coucher ou du lendemain ? Il répondra à toutes vos questions. Mieux encore, au-delà des conseils plus sages que ceux de votre grand-mère, des astuces plus fines que les tuyaux de ce bon vieux Huggy, il vous offrira également des recettes simples et savoureuses. Et parce que les lendemains se préparent bien avant la veille, ne perdez plus un instant et entamez dès aujourd’hui votre entrainement au marathon gastronomique de cette fin d’année.

 

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Lendemains de fêtes. Laurence Levy-Dutel & Elisabeth Scotto. 116 pages. Editions Eyrolles. 2009. 14 €.

 

Voir également le Bréviaire de la gueule de bois, sans doute un peu moins recommandable …

 

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 18:49
Si le millésime 2009 est très prometteur pour le vin, il a également été riche en nouveautés pour enrichir la bibliothèque, particulièrement en cette fin d’année. Voici une sélection de 9 grands crus à offrir ou à s'offrir, comme autant d’étapes d’un voyage dans un monde de saveurs et de plaisirs :

 

 

vinetamourAlors que Bacchus a toujours été proche de Vénus, les livres consacrés à leur union ne sont pas si nombreux. Et encore, trouve-t-on dans la littérature autant de mises en garde face aux dangers réels ou supposés de leur rencontre, que d’écrits célébrant leur complicité. L’ivresse des sens n’a pourtant d’égale que l’ivresse des mots, lorsque le sexe et l’amour se mêlent au sang de la terre. On en trouve mention au fil des siècles, de la Bible aux temps des Lumières, des bacchanales aux fêtes modernes. Vin et amour, ivresse amoureuse, mais aussi errances d’Eros et rupture, les rapports complexes et sublimes de Bacchus et de Vénus sont ici magistralement décryptés et illustrés.

 

Le Vin & l'Amour - Entre littérature, sexe et sentiments. Philippe Brenot. 160 pages. Editions Féret. 2009. 49 €.

 

 

 

lesplusgrandsvinseuropeCassant avec les présentations traditionnelles par pays puis par région et appellation, les auteurs ont, après avoir sillonné les routes d’Europe, structuré leur ouvrage autour des grands types de vin (couleurs et vinification). Le résultat permet de se rendre compte de la diversité de la culture du vin sur un Vieux Continent qui n’a rien à envier au Nouveau Monde en matière de richesse des terroirs, des cépages, ou encore des hommes et femmes qui font le vin. Les plus grands domaines sont bien entendu mis à l’honneur, mais aussi des vignerons plus modestes et accessibles. Histoires, portraits, paysages nous tendent les bras … heureux qui va faire un long voyage en suivant ce plan de route !

 

Les plus grands vins d'Europe. Deborah Rudetzki & Philippe Martineau. Photographies de Philippe Martineau. Préface de Jean-Paul Kauffmann. 312 pages. Editions Flammarion. 2009. 45 €.

 

 

 

levindhierDes milliers de pages des carnets de dégustation noircis en plus de trente-six ans de recherches, voilà la matière première à partir de laquelle Pierre Chevrier a dressé cette ode aux grands vins. Fasciné par ceux-ci depuis sa prime jeunesse (quelle idée de lui faire gouter un Mouton Rothschild …), il recherche et déguste les crus les plus prestigieux et les plus anciens des grands vignobles de ce monde. Son ouvrage comprend des notes sur plus de 1500 vins, sur une période de près de trois siècles ! Il parcourt également l’histoire des vins d’exception depuis les cultes de l'Antiquité gréco-romaine, en s’attachant tout particulièrement à celle des femmes et des hommes qui les ont élaborés.

 

Le vin d'hier, vins historiques et d'exception. Pierre Chevrier. Photographies de Pierre-Michel Delessert. Préface de Michael Broadbent. 224 pages. Editions Slatkine. 2009. 59 €.

 

 

 

lafiteChâteau Lafite est indéniablement au menu des deux livres précédents. Premier grand cru du Bordelais, il fait en effet partie des joyaux mondialement réputés du vin. Cette passion naquit dès son origine, car à peine le domaine constitué, voici exactement trois siècles, les Anglais s’arrachent déjà ses vins. Le Maréchal de Richelieu en dira : « J'ai découvert que le vin de Château Lafite est un cordial généreux, délicieux et comparable à l'ambroisie des Dieux de l'Olympe ». Le baron James de Rothschild l’acquiert en 1868. Le livre retrace l’histoire du château, analyse les différentes parcelles de son vignoble, détaille la vinification, le négoce, la dégustation, et propose également des accords gastronomiques avec Lafite.

 

Lafite-Rothschild. Eric Deschod. 336 pages. Editions du Regard. 2009. 60 €.

 

 

 

chapoutierContrairement à Lafite, qui a été d’emblée au sommet et y est toujours resté, la Maison Chapoutier était tombée assez bas au milieu des années quatre-vingt. Michel Chapoutier, alors âgé de seulement 26 ans, l’a reprise en 1989. Par un travail acharné et un très fort investissement personnel, il a réussi en quelques années à redonner à ses vins leurs lettres de noblesse. Ce vigneron hors du commun méritait bien un livre à la hauteur de son immense talent, de sa capacité à innover et à bousculer les repères, pour le plus grand plaisir des amateurs de ses vins. L’histoire et le portrait sont suivis par une dégustation intégrale de Michel Bettane et Thierry Desseauve de tous les vins dans tous les millésimes créés par Michel Chapoutier.

 

Michel Chapoutier. Jean-Charles Chapuizet. Commentaires de dégustation de Michel Bettane & Thierry Desseauve. Photographies de Patrick Leclerc. 160 pages. Editions Minerva, collection Les créateurs du vin. 2009. 49 €.

 

 

 

hospicesbeauneDepuis 1859, les Hospices de Beaune mettent en vente les vins de leur domaine chaque troisième dimanche de novembre. La plus vieille vente de charité au monde est un temps fort de l’année pour tous les passionnés du vin. Mais que sait-on au juste des Hospices de Beaune, au-delà de leurs toits aux tuiles peintes et de leur vente à la bougie ? Comment cet hôpital est-il devenu un vigneron hors-pair qui attire des amateurs du monde entier ? Par quelles astuces de l’histoire la vigne s’est-elle mise de manière aussi magnifique au service de la charité chrétienne ? Laurent Gotti dévoile tous les aspects de cette passionnante saga. Il va jusqu’à suivre l’élaboration d’un millésime, autour de ce moment crucial que sont ses vendanges.

 

Hospices de Beaune - La saga d’un hôpital vigneron. Laurent Gotti. 192 pages. Editions Féret. 2009. 49 €. Existe en version anglaise.

Voir le blog de Laurent Gotti.

 

 

 

artfrancaisvin

Voilà plus de trois ans que le site 1855.com nous avait régalé avec Les Mythes de Bordeaux. Le propos de ce nouveau livre se ramène au même projet : approcher le mystère plus encore que l’art du vin. La vigne, le raisin et son jus qui se transmue quasi divinement en vin en on fait l’un des symboles du christianisme, avec les mystères de l'eucharistie. Le vin est héritier et dépositaire de la longue civilisation du vin, singulièrement en France où l’on a parfois tendance à l’oublier un peu.. Tant par le texte que par les images, c’est à l’imaginaire qu’il véhicule et à la puissance symbolique qui l’habite que ce livre nous initie au vin.

 

L’Art Français du Vin. Jean-Luc Chapin (photographies), Michel Hansen, Emeric Sauty de Chalon. 304 pages. Editions 1855. 2009. 39,95 €.

 

 

 

vinroseL’année 2009 a connu de nombreuses polémiques, dont celle autour du projet (heureusement non abouti) d’autoriser à commercialisé du vin rosé élaboré en mélangeant des vins rouges et blancs. Si a cet occasion il beaucoup été question des efforts de la profession pour sortir le rosé de l’ornière de son image de compagnon des barbecues estivaux, il manquait un livre qui fasse le point sur ces vins si souvent déconsidérés. 65 auteurs ont rassemblés leurs connaissances pour réaliser ce panégyrique, rassemblant de manière très vivante et accessible les connaissances mondiales disponibles sur le vin rosé, dans les domaines techniques, œnologiques, historiques, culturels, économiques.

 

Le vin rosé. Claude Flanzy, Gilles Masson et François Millo. 334 pages. Editions Féret. 2009. 66 €.

 

 

 

lesplusbellescaves

C’est dans les caves ne nous terminons ce tour d’horizon. Mais pas dans n’importe lesquelles, dans des caves à vin, lieux magiques par excellence, et qui plus est dans les plus belles du monde. Qu’elles appartiennent à des grands domaines, à des restaurants, à des confréries, à des marchands ou encore à des collectionneurs fortunés, elles sont peu accessibles à l’amateur lambda. Ce n’est pas un moindre privilège que de pouvoir ainsi passer des grilles en fer forgé, d’explorer des tunnels et des carrières, de déambuler dans des caves anciennes ou ultramodernes, de longer d'interminables étagères à vin sans déranger les bouteilles parfois centenaires qui s’y offrent à nos regards.

 

Les plus belles caves à vin du monde. Astrid Fobelets, assisté de Jurgen Lijcops. 240 pages. Editions VDH Books. 2009 (réédition revue et augmentée). 55 €.

 

 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:35
Charles Cocks & Edouard Féret : Bordeaux et ses vins.

 

L’éditeur bordelais Féret propose un des catalogues les plus riches qui soit autour du vin. En 1850, le libraire et éditeur Michel-Édouard Féret propose à Charles Cocks, professeur anglais installé à Bordeaux depuis quelques années, d'éditer en français son ouvrage Bordeaux: its wines and the claret country. Publié à Londres 4 ans plus tôt, celui-ci présente Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Ainsi naquit le « masterpiece » de la maison, un monument réédité et enrichi régulièrement depuis.

 

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Cette 18ème édition du « Féret » ne trahit pas sa lignée. Bordeaux & ses Vins est le seul ouvrage qui recense l’intégralité (oui, l’intégralité) des propriétés vinicoles du Bordelais. Elles y sont toutes présentées en détail, des plus modestes aux plus prestigieuses. Il ne s’agit cependant pas d’un catalogue austère, mais d’un livre de prestige qui, à l’image de Bordeaux, conjugue rigueur, rêve et émotion. Près de 50 intervenants ont contribué à sa rédaction, sous la coordination de Bruno Boidron. Professionnels reconnus dans chacun des domaines concernés, ils déroulent l'histoire du vignoble, les appellations, les cépages, les maladies et parasites, la vinification, l'art de choisir, de boire et de conserver les vins, les organismes professionnels, le vin et la santé, les millésimes, ... Trois index principaux permettent de se repérer facilement dans cette caverne d’Ali Baba : châteaux et marques (14.000 entrées !) ; dirigeants, propriétaires et exploitants ; communes viticoles.

 

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Le « Férêt » aura 160 ans dans quelques semaines. Un reprint de la 7ème édition, parue en 1898, vient célébrer cet anniversaire. L’ouvrage dresse un véritable état des lieux du vignoble bordelais au tournant du siècle, soit entre les crises sanitaires à répétition (oïdium, phylloxéra, mildiou, black-rot) et la création du système des AOC. On y lit toute la volonté et la force de travail déployées par les hommes pour faire renaitre leur vignoble. Le redéploiement des propriétés fut d’ailleurs tel qu’il nécessita une mise à jour dès 1901. Elle figure également dans cette réédition. L’ensemble permet de jauger des évolutions que Bordeaux a connues en l’espace d’un siècle : par exemple au niveau des territoires (200.000 hectares étaient alors consacrés à la vigne, pour 120.000 aujourd’hui) ou de l’encépagement (26 cépages noirs et 15 blancs étaient alors utilisés).

 

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Si les éditions actuelles du « Féret » sont illustrées par des photos, les plus anciennes comportaient de très riches gravures. Les cuivres (plaques originales utilisées pour l’impression) gravés entre 1850 et 1908 par Eugène Vergez, sont de véritables œuvres d’art. Ils représentent chacun un château et son domaine. Ces cuivres sont aujourd’hui proposés par Artcurial, qui les dispersera aux enchères le vendredi 18 décembre à Paris. Si dans les ouvrages chaque château a droit à la même attention, en étant répertorié selon un système de classification qui se veut impartial, les hiérarchies se retrouvent dans les estimations des cuivres, indépendamment de leurs qualités artistiques. De 1.500 à 2.000 € pour un cru classé, entre 500 et 800 € pour les autres et, relégués au bas de l’échelle après être sortis du jeu, les vignobles disparus peuvent s’offrir pour 150 à 250 €.

 

choisy

Le très joli Château Choisy, en Premières Côtes de Bordeaux.

Un vignoble disparu sous l'effet de l'urbanisation. Taille : 62 x 88 mm.

 

 

Bordeaux et ses Vins. Charles Cocks & Edouard Féret. 18ème édition, sous la direction de Bruno Boidron. 2296 pages. Editions Féret. 2007. 99 €.

 

Bordeaux et ses Vins. Charles Cocks & Edouard Féret. Reprint de la 7ème édition (1898) et de son supplément (1901). 1012 pages. Editions Féret. 2009. 60 €.

 

Informations sur la vente et catalogue en ligne : artcurial.com

 

 

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 20:16
Collectif : Le Vin des écrivains (3 tomes).

Tantôt ils inspirent les écrivains, tantôt ceux-ci leur réservent une place de choix dans leurs textes, ou leur laissent un second rôle, voire en font un accessoire, souvent significatif du décor. A en croire leur importance dans la production littéraire, on en vient à se demander si les écrivains ne mettent pas du vin ou des alcools dans leur encrier.

Composés avec soin par Jean-Noël Moure
t, voici trois ensembles de près de trente textes qui démontrent à quel point il s'agit-là bien plus que de boissons ordinaires. A quelques rares exceptions près, ils sont tous postérieurs à la seconde moitié du XIXème siècle. Car c'est à partir de cette époque que l'on se préoccupe de classer les vins, d'identifier très précisément crus, terroirs, millésimes, ... et de communiquer autour de ces notions. La littérature reflète cette évolution sociétale et va également qualifier de manière plus précise les contenus de la dive bouteille.


Georges Pérec s'emploie à constituer une cave idéale, tandis que Jean-Marie Laclavetine se fait vider la sienne par un fantôme. Karen Blixen fait servir un Clos-Vougeot 1846 à une communauté puritaine, mais San-Antonio préfère le Beaujolais. Guillaume Apollinaire chante le vin du Rhin et Henri Vincenot court après celui d'une hypothétique Chine. Côté alcools, de l'absinthe de Marcel Pagnol au Moonshine de Charles Williams, le voyage est tout aussi riche.


Au fil des pages s'égrène un ensemble très complet et remarquablement choisi de textes d'auteurs célébrissimes ou plus confidentiels, comme autant d'invitation à poursuivre la découverte, que ce soit des écrivains comme des vins en question. Chacun est en effet accompagné d'une brève introduction situant l'extrait et complété d'informations sur le vin ou l'alcool évoqué. Si ces informations de manquent pas d'humour, elles recèlent aussi quelques petites approximations (le Gentil serait un synonyme du Riesling, ...) qui participent finalement du charme de ces trois bouquets.



Le Vin des écrivains. Textes réunis et présentés par Jean-Noël Mouret.
Tome 1 : Vins de France. Tome 2 : Vins d'ailleurs. Tome 3 : Alcools du monde.
124 pages. Mercure de France, collection Le Petit Mercure. 1999. 3,60 €.


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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 22:28
Denis Grozdanovitch : Minuscules extases.

Dilettante professionnel, désinvolte appliqué, contemplatif stakhanoviste … comment qualifier Denis Grozdanovitch, ex-champion de France de tennis et de squash qui s’adonne à présent avec un soin tout particulier à l’observation de ses semblables ? Dans la veine de son Petit traité de désinvolture, ou encore de L’Art difficile de ne presque rien faire, voici ses dernières chroniques mi-tendres mi-rugueuses sur le cours des gens et des choses, rédigées à partir de ses souvenirs gastronomiques.

Qu’il s’agisse d’une bouillie de Maizena en guise de madeleine, du tea-time rituel hérité de sa grand-mère, du cassoulet complice d’un complot ourdi par son adversaire, ou de plats bien moins ragoutants … si modestes qu’aient été ses extases, elles permettent d’explorer « le secret et mystérieux labyrinthe des synesthésies culinaires ». Dès lors, elles servent de point de départ à des réflexions plus larges sur les thèmes chers à Grozda : les plaisirs de l’esprit et des sens comme antidotes au temps qui passe et que la folie des hommes ne fait qu’accélérer. Les boissons ne sont évidemment pas en reste pour ouvrir les portes de ce labyrinthe : whiskey, vodka, café et vin, pour le meilleur (la félicité apportée par la dégustation d’un Cos d’Estournel) et pour le pire (les crampes d’estomac provoqués par une infâme mais rituelle piquette).



Minuscules extases. Denis Grozdanovitch. 134 pages. NiL Editions, collection « Exquis d’Ecrivains ». 2009. 12 €.


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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 21:40
"Comme de toute chose, il y a un secret du vin mais c’est un secret qui ne se garde pas. On peut le lui faire dire" écrivait Francis Ponge.

Deux comédiens de la compagnie Home Théâtre révèlent ces secrets en faisant vivre textes, poèmes et chansons consacrés au vin et à l’ivresse. De nombreux écrivains ont en effet taquiné le goulot, buvant pour écrire, décrivant leurs boire et déboires, leur amour du vin comme des femmes. Baptisé "In vino veritas", ce spectacle fait également revivre Charles Baudelaire, Alfred de Musset, François Rabelais ou encore Omar Khayyam qui lève un pan du voile sur le secret du vin : "Bois du vin, car tu dormiras longtemps sous la terre, Sans ami, sans femme. Je te confie un secret : Les tulipes fanées ne refleurissent jamais".

Les Apprêts d'un déjeuner, dit aussi Le Gobelet d'argent,
de Jean-Baptiste Chardin. Palais des Beaux-arts de Lille.

La représentation aura lieu le 10 décembre au palais des Beaux-arts de Lille. Elle sera précédée d'un parcours guidé dans les collections et suivie d'une dégustation de champagnes proposés par François Desruets, vigneron à Hautvillers.

Attention, le nombre de places est limité. Accès uniquement sur réservation : communicationpba@mairie-lille.fr

Voir les sites de la Compagnie Home Théâtre et du Palais des Beaux-arts de Lille.


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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 18:51

George M. Taber : Le jugement de Paris.

Evénement ou non-événement médiatisé à outrance, ce que l’on désigne sous l’expression « jugement de Paris » ne fut au départ qu’une dégustation privée entre amateurs, dont George Taber nous dévoile ici les arcanes. Flash-back : Steven Spurrier, caviste américain renommé installé à Paris, rassemble en 1976 un jury d'experts français. Ceux-ci, invité à déguster et comparer des grands crus français et californiens, couronnèrent ... les vins américains, à la surprise générale. Plus exactement, ce sont deux bouteilles californiennes de 1973 qui ont été classées en tête : un cabernet sauvignon de Stag's Leap Wine Cellars (pour les rouges) et un chardonnay de Château Montelena (pour les blancs). Cet épisode annonça la reconnaissance et le succès qui s'ensuivirent pour les vins californiens, mais également la flambée de leur prix qui était à l'époque de quelque six dollars la bouteille …


Steven Spurrier n’avait, en marchand installé en France et vendant à une clientèle surtout française, nullement l’intention d’humilier les vins français. Mais-au-delà du palmarès, c’est le déroulement, de la dégustation qui a été controversé. La dégustation manquait en effet de rigueur. Spurrier lui-même nuancera la fidélité des résultats si une seconde dégustation était organisée un autre jour. Une thèse de doctorat a même été consacrée à ce sujet. Pourtant, l’expérience a été réitérée à plusieurs reprises, et les résultats se sont confirmés en faveurs des crus américains.

Ces crus américains, justement, quels étaient-ils ? George Taber était le seul journaliste qui avait accepté de couvrir l'évènement, qui serait certainement passé inaperçu dans le cas contraire. Dans ce livre, il revient bien-sûr sur la dégustation elle-même. Mais le plus intéressant est sa description de ces vainqueurs d’outre-Atlantique et de leur histoire, qui symbolise parfaitement le rêve américain. Tout commence par des immigrants de l'Europe de l'Est qui ont conquis la plaine de Napa. Dénommés Grgich, Winiarski ou encore Tchelistcheff, ils font un rêve : y produire des vins de qualité. Peu fortunés, ils ne peuvent pas se permettre de procéder empiriquement. Là où leurs confrères européens ont bénéficié des siècles d’observation patiente de la part de leurs ancêtres, ils travaillent en collaboration avec des scientifiques pour choisir les cépages, les porte-greffes et la manière de les planter, pour déterminer la forme des cuves ou la date des vendanges, pour choisir les techniques de vinification, … Un travail acharné dont le jugement de Paris aura permis une reconnaissance internationale.


     


Une belle histoire comme celle-là ne pouvait laisser l’industrie du cinéma indifférente. Sorti en août 2008, Bottle Shock surfe sur une vague initiée avec Sideways, mais sans la double lecture psychologique qu’offre ce dernier. L’histoire a été rabotée au standard du cinéma made in USA : héros, antihéros, jolie fille, amourette, happy end. Le scénario se déroule sans grande surprise, avec les rebondissements qu’il faut, au moment où on les attend (action – émotion – action – émotion – etc.). Il n’évite pas les clichés faciles, tels que le trio 2CV + bérets + baguettes pour montrer les Français, qui par ailleurs sont dépeints en d’effroyables chauvins snobinards quand ils dégustent du vin. Mais au final, pour qui prend ce film pour ce qu’il est, un divertissement sans prétention, comme il est d’agréables petits vins sans prétention, il se laisse plaisamment regarder. 



Le Jugement de Paris. George M. Taber. 324 pages. Editions Gutenberg. 2008. 24,50 €. Edition originale : Judgment of Paris, Scribner, 2005

La dégustation. Etude des représentations des objets chimiques dans le champ de la conscience. Thèse de Frédéric Brochet, primée par l'Académie Amorin, 2001. Téléchargez la thèse au format PDF.

Bottle Shock. Film de Randall Miller (2008). Non sorti en France, mais disponible en DVD import.


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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 21:29
Le musée Henner, installé dans un hôtel particulier de la fin du XIXème siècle, a rouvert ce week-end, après une rénovation qui lui a permis de retrouver l'aspect qu'il avait à l'époque du peintre, cadre parfait pour ses œuvres (peintures religieuses, allégories, portraits, paysages, ...) et celles issues de sa propre collection. Jean-Jacques Henner, artiste né en Alsace (1829) et décédé à Paris (1905) jouissait de son vivant d'une grande notoriété, notamment comme portraitiste. Il est cependant resté toute sa vie à l'écart des évolutions artistiques de son époque, ce qui explique peut-être qu'il soit relativement peu connu par le grand public, malgré une œuvre riche, emprunte de puissance et de sensibilité.


Juana Romani, peintre italienne née en 1867, débuta comme modèle, notamment pour Henner, avant de devenir son élève. Voici ce qu'en écrivait Émile Durand-Gréville (Entretiens de J.-J. Henner) : « Très paresseuse pour poser quand elle n’est pas en train, et grande dévoreuse de livres. Un jour qu’Henner avait commencé une figure nue d’après elle, pendant un repos elle prit un livre, et s’obstina à lire au lieu de reprendre la pose. En vain le maître la rappelait à l’ordre ; alors elle levait légèrement la tête, regardait le peintre de ses grands yeux bruns, puis se remettait à lire ! « Ne bougez pas » lui dit-il tout à coup à un moment où elle regardait ainsi de bas en haut, le front et les yeux à moitié plongés dans l’ombre portée par ses cheveux roux en désordre » (5 juillet 1884).


Cette esquisse, bien que non datée et sans indication concernant la modèle, pourrait bien être le dessin mentionné. Il me plait à imaginer ce jour de juillet, avec l'été qui pénètre dans l'atelier et offre à la liseuse une chaleur complice de sa paresse. La cuillère et la bouteille d'absinthe sont à proximité. La jeune femme feuillète un recueil de poèmes, Les Fleurs du mal, Jadis et naguère, Une Saison en enfer ? L'Après-midi d'un faune semble bien choisi. Les écrits des poètes maudits entrent en résonnance avec ses propres sentiments et lui donnent envie de créer à son tour. Peut-être lit-elle aussi quelque texte érotique, jetant de longs regards complices à l'homme qui la croque.

Musée Jean-Jacques Henner : 43, avenue de Villiers (Paris 17ème). Ouvert tous les jours, sauf mardi, de 11 h à 18 h. Voir le site officiel du musée.
Exposition des gravures de Goya sur la tauromachie, jusqu'au 8 février.


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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 19:58

Philippe Margot : Art & Vin.

 

Si l’expression « buveur d’étiquettes » est habituellement péjorative, il est pourtant un domaine qui a élevé l’étiquette au rang d’œuvre d’art. Il s’agit bien entendu de Château Mouton Rothschild. En 1924, concomitamment à la mise en bouteille au Château, le Baron Philippe de Rothschild fit dessiner l’étiquette de son vin par un grand affichiste et artiste cubiste de l’époque, Jean Carlu.

 

 

L’initiative de 1924 sera renouvelée chaque année à partir de 1945, où la victoire des alliés a été célébrée par une étiquette commémorant le retour de la paix. Son dessin a été confié à Philippe Jullian, artiste encore peu connu à l’époque. Ce sera le véritable point de départ d’une fabuleuse collection d’art, innovation mettant en valeur la tradition du vin, avec un renouvellement de millésime en millésime. Chaque année, un artiste contemporain sera en effet invité à créer une œuvre unique pour habiller les flacons de Mouton Rothschild. Des écrins prestigieux pour des artistes de renom : Jean Cocteau en duo avec Jean Marais, Léonor Fini, Georges Braque, Salvador Dali (qui n’a pas ramolli les bouteilles à l’instar de ses montres), César (qui ne les a pas compressées), Marc Chagall, Andy Warhol, Pierre Soulages et tant d’autres. Même le Prince Charles, aquarelliste talentueux, a habillé le millésime 2004, centenaire de l’Entente Cordiale.

 

 

Ces étiquettes sont généralement très connues (il existe même un poster les reprenant toutes), mais ce n’est pas le cas des œuvres originales créées par les artistes, les travaux préparatoires et les parfois nombreuses variantes et esquisses. Seuls quelques privilégiés ont pu les voir à l’occasion de trop rares et courtes expositions. L’ouvrage de Philippe Margot, évidemment très richement illustré, fait une présentation détaillée des œuvres, des artistes, voire des circonstances qui ont conduit aux choix du Baron Philippe, puis de la Baronne Philippine de Rothschild. Journaliste et écrivain du vin, Philippe Margot nous offre ce livre en lecture libre sur Internet, une initiative généreuse et une innovation de plus au service de la tradition.

 

Cliquez sur l’image pour accéder au livre.

 

Art & Vin – Les œuvres originales des artistes contemporains pour Château Mouton Rothschild. Philippe Margot. 137 pages. 2009. Lecture gratuite sur Calameo.com.

 

Voir la page de Philippe Margot sur Cepdivin.org qui donne accès à d’autres ouvrages numériques, tous aussi remarquables, autour du même thème.

 

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 22:00

Pour beaucoup de profanes, l'attention portée par les amateurs à la température de dégustation du vin relève au mieux du snobisme, au pire de la maniaquerie. Et pourtant, nous savons par expérience que la température d'un aliment influe sur la perception de son goût. Boisson aux arômes et aux saveurs délicats, chaque type de vin ne s'apprécie pleinement que dans une fourchette assez réduite de température. Servi trop frais ou trop chaud, ses qualités seront amoindries, des défauts pourront apparaitre, voire on l'aura franchement massacré ! Amener, maintenir et servir le vin à la bonne température n'est cependant pas toujours très simple. Le seau à glace le garde certes bien au frais, mais on n'y régule pas la température. Placé dans une pièce, le vin prend inexorablement un degré toutes les 10 minutes et arrive donc très vite à température ambiante. Dans nos appartements souvent surchauffés, celle-ci dépasse largement celle d'un vin "chambré".



Les seau à contrôle électronique de la température représente certainement une solution simple et élégante pour assurer la bonne température de chaque vin tout au long du repas, sans avoir à surveiller le thermomètre du coin de
l'œil. Rue du Commerce.com propose cet appareil White & Brown au design soigné. Il rafraîchit ou réchauffe automatiquement la bouteille en fonction de la température voulue, sur une échelle de 3 à 24 °C. Le crantage de 3 en 3 degrés permet un réglage suffisamment fin. Il accueille également les demi-bouteilles grâce à son manchon isolant et peut même recevoir une carafe verticale pas trop large. Enfin, son cable d'alimentation très long permet de placer aisément le sceau sur la table, ou au contraire de l'en éloigner (si le petit bruit de l'appareil devait vous gêner).

Seau rafraichissant ou chauffant ThermoDrink de White & Brown
44,99 € sur Rue du Commerce.com. qui me l'a aimablement offert.


 

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L'Œnothèque ~ Des livres et du vin ...

  • L’œnothèqueQuelques livres autour du vin : ouvrages pratiques, guides, essais, beaux livres, récits, romans, poésie, entre autres ... 
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    Quelques flacons ouverts durant ce long week-end de Pâques (qui commence le Vendredi-Saint ici...). Un intrus s'y est malicieusement glissé :
  • SlowLily
    Bonjour, je vous avais sollicités récemment pour contribuer à une étude de lmarché. Merci à tous les participants à l'étude. Elle a été très utile pour affiner le concept et développer la ligne. La boutiques est désormais ouverte, à l'adresse suivante...
  • Pétition Urgente Soutien Vigneron !
    Bonjour à toutes et tous, Emmanuel Giboulot, viticulteur bio dans le département de la Côte-d'Or passera ce lundi 24 février en correctionnelle pour avoir refusé d'obéir à un arrêté préfectoral ordonnant de pulvériser un dangereux pesticide (qui tue les...
  • Face à la saloperie, soyons solidaires !
    C'est rare que je demande quelque chose à mes lecteurs, et vous vous en doutez bien qu'il me faut être bien indigné pour reprendre, ne serait-ce que ponctuellement, le chemin de mon blog... C'est une article des 5 du Vin, que m'a fort aimablement remayéé...
  • Participez à une étude de marché
    Une personne proche réalise actuellement une étude de marché pour l'ouverture d'une boutique en ligne. Merci de prendre quelques minutes pour y contribuer. URL du questionnaire http://www.mon-enquete-enligne.fr/index.php?sid=51571&lang=fr URL courte :...
  • Blog en sommeil...
    L'avalanche quotidienne de courriers de lecteurs dépités et de lectrices au coeur brisé me fait prendre conscience que je dois quelques mots d'explication aux milliers de fans de l'Oenothèque... N'étant pas un professionnel, ni du vin ni de l'édition,...
  • Carlo Petreni présentera sonnouveau livre vendredi à Paris
    Invitation à la conférence de présentation du livre "Terra Madre - Renouer avec la chaîne vertueuse de l'alimentation" avec Carlo Petrini, auteur du livre, fondateur et Président de Slow Food et avec Gilles Fumey, professeur des Universités de Géographie...
  • Ephéméride du 8 au 14 août
    L'arrêté du 8 août 1962 attribue le label VDQS, Vin Délimité de Qualité Supérieure, aux vin des Côtes du Vivarais (Ardèche), qui accéderont à l'AOC en 1999. La loi du 9 août 1905 soumet les grands marchands de vins de Paris à l'entrepôt obligatoire à...
  • Ephéméride du 1er au 7 août
    La nouvelle réglementation européenne viti-vinicole est mise en place au 1er août 2009. Entre autres, elle autorise l’usage de copeaux de bois pour les vins AOC en France. Plus de 100 ans auparavant, une autre loi ne résolvait pas davantage les problèmes...
  • Ephéméride du 25 au 31 juillet
    Par le traité du 25 juillet 1840, le gouvernement de la Hollande affranchit de tous droits de douanes les vins, eaux-de-vie et esprits de France en cercles. Il réduit pour les vins en bouteilles le droit d'entrée de trois cinquièmes, et de moitié pour...