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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 23:12

Hugh Johnson & Jancis Robinson : L'atlas mondial du vin.

Hugh Johnson : Guide des vins du monde entier.

Hugh Johnson : Une histoire mondiale du vin.

 

Hugh Johnson fait autorité depuis plusieurs décénies dans le domaine du vin. Ces trois ouvrages, tous des références, démontrent que sa renommée n’est pas usurpée. L’Atlas mondial du vin publié pour la première fois en 1971, et constamment réédité depuis, ne connaît guère de concurrent. Depuis la dernière édition, il est écrit à quatre mains, avec la collaboration de Jancis Robinson, également auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Qu’est-ce qui le différencie des autres livres traitant du même sujet ?

 

 

Tout d’abord le ton : toujours très rigoureux sur le fond, Hugh Johnson sait jouer d’un humour tout britannique, parfois très pince-sans-rire, par exemple quand il s’étonne malicieusement des augmentations des surfaces plantées dans telle ou telle AOC. Ensuite une vision globale de la viticulture : aucune région productrice du monde n’est oubliée, toutes sont traitées sans a priori, avec leurs points forts comme leurs limites. Et bien entendu les cartes, d’une précision remarquable, détaillant toutes les appellations, traçant les contours du moindre grand cru bourguignon, et situant les principaux domaines. Cette 6ème et toute récente édition arrive à point, tant le monde viticole connaît d’évolutions, à l’intérieur de nos frontières, comme au sein du nouveau monde, notamment sous l’effet des changements climatiques. Outre de nombreuses nouvelles photos, une typographie encore plus soignée et des cartes gagnant en lisibilité, elle compte une cinquantaine de pages en plus par rapport à la précédente.

 

 

Indispensable compagnon du globe trotter œnophile, le Guide des vins du monde entier est également, et ce depuis 30 ans, le seul guide « mondial ». Il recense une sélection de 6.000 vins qui permet, pour chaque région viticole, d’avoir très rapidement un aperçu des principales caractéristiques et des meilleurs producteurs. De ce fait, on peut regretter qu’il se cantonne souvent au haut-de-gamme au sein d’une appellation. Mais le but d’un tel livre n’est pas d’en faire un tour d’horizon détaillé, et rien n’interdit de le compléter par des ouvrages plus « nationaux » ou « locaux ». A noter également les conseils sur les millésimes et la conservation, ainsi que sur les associations avec des mets, pas toujours évidents pour des vins étrangers.

 

 

C’est certainement dans son Histoire mondiale du vin que Hugh Johnson développe le mieux ses talents de conteur. De conteur certes, mais formidablement documenté, car cet ouvrage reste une référence depuis sa première sortie en 1989 en Grande-Bretagne et en 1990 en France. Le vin est lié, depuis l’Antiquité, à l’histoire de l’humanité. Il a connu des statuts et des fortunes variées. Boisson sacrée, il a joué un rôle central dans nombre de rituels, jusque dans des temps relativement récents où l'Église a joué un rôle clé dans le développement de la vigne. Objet de commerce, il a contribué au développement économique de nombreuses cités, en retour celles-ci ont souvent cherché à améliorer sa qualité. Défilent ainsi dix mille ans de liens entre la vigne et l'homme, à travers les civilisations, les mythes, les croyances, l'économie et les techniques. Et si ça et là quelques découvertes scientifiques récentes pourraient apporter des précisions aux propos de Hugh Johnson, ce livre reste très amplement une passionnante source d’informations pour tout amateur de vin et d’histoire. Les deux chapitres traitant des évolutions actuelles et des défis de la mondialisation ont d’ailleurs été actualisés à l’occasion de sa réédition en poche.

 


 

L'atlas mondial du vin. Hugh Johnson & Jancis Robinson. 400 pages. Flammarion. 6ème édition 2008. 55 €.

Guide des vins du monde entier. Hugh Johnson. 364 pages. Flammarion. 2008. 17,50 €.

Une histoire mondiale du vin - De l’Antiquité à nos jours. Hugh Johnson. 480 pages. Hachette. 1990. 25 €. Réédité d’abord en 2002, puis en poche en 2006 dans la collection Pluriel. 684 pages. 12 €.

 

Tous ces livres sont disponibles sur
 alapage

 

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 09:19
... les résultats des élections américaines. Ou : le vin rendrait-il plus clairvoyant ?


Etudiant de près les résultats des élections présidentielles aux USA, le San Francisco Chronicle a constaté que les États producteurs de vin ont voté massivement pour Obama, alors que les États dits “secs” lui ont préféré McCain.

Preuve cepedant qu'Obama sait s'intéresser aux différents courants qui forment les Etats-Unis, c'est avec une bonne pinte de bière qu'on le voit trinquer à sa future victoire.
Certes, le pub est moins classieux que le Fouquet's, mais aussi bien moins prétentieux. De toutes façons, l'histoire nous a appris à nous méfier des buveurs d'eau. En politique l'abstinence forcenée masque souvent souvent d'autres refoulements.

A ce sujet, l'apparition d'une banderole "cassoulet" sur la principale artère new-yorkaise, au soir de l'élection d'Obama, est-elle une marque spontanée d'affection du peuple américain pour la bonne chère française, qui n'a pas toujours été très à l'honneur ces dernières années ? La vérité est plus prosaïque, même si l'ampleur de la réaction a de quoi faire sourire. On n'attend plus que la banderole "madiran", "cahors" ou "fronton" à la prochaine garden-partie de l'Elysée.



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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 00:53

Audiard par Audiard.

Casquette vissée sur le crâne et clope au bec, voilà l’image intemporelle du plus célèbre des dialoguistes français. Décédé en 1985, il laisse depuis un vide dans le paysage cinématographique français. Vide dont on se console heureusement en visionnant les plus de 120 films auxquels il a contribué, voire qu'il a lui-même réalisés pour certains. Irremplaçable, inimitable, inénarrable, il n’y a finalement que lui-même pour nous raconter Audiard, même si toute sa vie durant il aura surtout fait parler les autres ... Gouaille, verve, bagout, subtilités de l’argot titi, ce parler aristocratique de la rue, ses meilleurs dialogues sont rassemblés dans cet ouvrage. S’y ajoutent de nombreux textes et interviews qui en font un livre très complet.

 

 

Et pour vous mettre en appétit, voici la célèbre, et désormais culte, scène de la cuisine issue des Tontons flingueurs de Georges Lautner (1963). Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre et Robert Dalban s’y donnent à cour joie, dans une alchimie parfaite entre les acteurs, la situation et le texte. Pas très politiquement correct tout ça, mais il n'y avait pas encore de loi Evin à l'époque ...





  Audiard par Audiard. Michel Audiard et René Château. 418 pages. Editions René Château. 2005. 18,50 €

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 08:04

C’aurait pu être le cri de ralliement de cette 19ème rencontre des vendredis du vin. A poil, c'est-à-dire sans aucun additif, notamment sans souffre, ce fameux SO2, allias dioxyde de soufre, anhydride sulfureux ou encore E220. On voudrait nous faire croire que son usage est indispensable pour stabiliser et conserver le vin. C’est vrai que certains vignerons qui ne maîtrisent pas suffisamment leur métier ont pu mettre sur le marché des vins ayant tourné. Mais c’est là une exception, car la grande majorité des vignerons qui décident de se passer du souffre savent que cela requiert des conditions draconiennes de travail : avoir des raisins équilibrés et parfaitement sains, mettre très rapidement en cuve après la vendange (pour éviter leur oxydation et les mauvais départs en fermentation), maintenir tous les outils du chai en parfaite propreté, contrôler de manière très rigoureuse la température des cuves, ...

 

Quelques « grands » critiques se permettent de descendre toute la viticulture dite « naturelle » au prétexte qu’une minorité produit des vins décevants. Alors pourquoi n’attaquent-ils pas la viticulture « conventionnelle » alors que la majorité y fait des pinards sans intérêts, qui plus est en massacrant notre environnement ? Mais je ne m’étendrai pas d’avantage sur la polémique qui enfle autour des vins sans souffres, pour aller droit à l’essentiel : les deux vins dégustés pour l’occasion.

 

Une dégustation qui a pu être un peu déroutante pour certains, tant leur style peut s’éloigner de ce que l’on a l’habitude de boire. Il n’est pas rare que ces vins pétillent (très peu pour le premier, davantage pour le second), petit problème qui n’est est pas un, puisqu’il suffit de les carafer, ce qui leur laisse également le temps de développer pleinement la richesse de leur bouquet. Les vins sans souffre nous rappellent, bien plus que tous les produits prêts à boire, que le vin est un être vivant. Il faut prendre quelques précautions durant leur transport et leur stockage. Et une fois la bouteille ouverte, il faut laisser le vin s’installer, ne pas le presser pour qu’il puisse nous raconter son histoire en toute confiance.

 


 

Nuit d’Ivresse 2006 :

Catherine et Pierre Breton font partie des références incontournables en Bourgueil. Ils élaborent plusieurs cuvées prestigieuses, comme les Perrières ou le clos Sénéchal, démontrant s’il le fallait que les Bourgueils sont de grands vins de garde. Baptisée « Nuit d’ivresse », leur cuvée sans souffre offre un nez complexe de cassis, mêlé de réglisse, de truffes, voire d’une pointe de poivre, finalement assez caractéristique du cabernet franc. En bouche, elle se révèle soyeuse, presque onctueuse, mais pas molle, car soutenue par une bonne structure.

 

Le Raisin et l’Ange - Hommage à Robert 2005 :

Installé au Mas de la Bégude depuis maintenant 25 ans, Gilles Azzoni produit des vins de pays de l’Ardèche et des Coteaux de l'Ardèche, ainsi que cet « Hommage à Robert » en vin de table. Majoritairement composé de syrah (40 à 50 %), il comprend également du merlot, du cabernet, et du grenache. C’est le plus déroutant des deux vins, un instant j’y ai vu des ressemblances avec le beaujolais générique d’Yvon Métras. Hommage est un vin rond et gourmand, offrant une explosion de fruits rouges, toute en fraicheur avec une pointe d’acidité volatile. Je ne sais qui est (ou était) Robert, mais cette cuvée lui rend un bel hommage.

 

 


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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 08:46

Le bon sens triomphera-t-il ? La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé qu'elle ne s'opposerait pas "à un amendement parlementaire" actualisant la loi Evin "en autorisant la publicité sur Internet".

 

"La loi Évin n'a pas pris en compte Internet (...) Les sites de vente à l'étranger, eux, prospèrent sans obstacles", ajoute-t-elle dans une interview parue hier sur le site du Figaro. "Il faut donc moderniser la loi Évin, au vu de l'évolution des nouvelles technologies ".

 

La ministre de la Santé entend toutefois "prévoir des garde-fous", dont l'interdiction des "techniques intrusives comme les spams ou les pop-up". La promotion de l'alcool "devra être assortie de messages sanitaires parfaitement visibles, adaptés à Internet, et respecter la neutralité imposée par la loi Évin". Roselyne Bachelot demande également que "les sites dédiés à la jeunesse, au sport et aux activités physiques" soient "absolument exclus du champ d'application de la loi".

 

Plusieurs associations de prévention en alcoologie ont écrit au Premier ministre. "Je tiens à rassurer les associations (...) Je serai extrêmement vigilante sur l'application de cette réforme (...) Nous installerons un comité de suivi qui veillera au respect de la loi et s'assurera de l'absence de tout contournement", promet la ministre de la Santé.

 

 

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 19:24

Mickaël Moisseeff : Le guide de l'eau.

 

Inspiré par un article très complet de Rémi Loisel sur le sujet, le 17ème rendez-vous des vendredis du vin avait pour thème la minéralité. Une caractéristique souvent difficile à isoler dans le vin, car souvent confondue avec l’acidité. Olif, décidément jamais à cours d’idées, propose d’appréhender la minéralité du vin après un détour par l’eau, en goutant alternativement : « Une eau faiblement minérale, type Cristalline, versus une eau minérale des Vosges, type Vittel, par exemple. Les sels minéraux de l'eau se traduisent alors par une sensation très particulière et caractéristique sur la langue et c'est cette sensation qu'il va falloir tenter de retrouver dans le vin ».

 

L’idée est judicieuse et ce guide permettra à ceux qui veulent approfondir leur connaissance des eaux de faire quelques découvertes. Certes inodore et incolore, les multiples eaux en bouteille n’en sont cependant pas sans saveur. Qu’elles soient minérales, de source, voire de glacier ou de pluie, les eaux offrent une palette de goûts souvent insoupçonnée. On trouve même, ah magie du marketing, quelques concepts waters à destination des bob’eaux. Conseils de dégustation (y compris des accords avec des mets, voire avec des vins), historiques (certaines sources sont exploitées depuis plusieurs siècles), compositions minérales, vertus thérapeutiques, Mickaël Moisseeff (par ailleurs auteur ou coauteur de plusieurs livres sur la dégustation du vin) vous ouvre les portes d’un univers gustatif limpide.

 

 

Le guide de l'eau : 100 eaux à boire sans modération. Mickaël Moisseeff. 216 pages. Editions Hachette. 2008. 14,90 €.

 

 

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 22:17

Gérard Oberlé : Itinéraire spiritueux.

 

Souvent drôle, parfois nostalgique, mais toujours truculent, voici donc le récit d’un périple de toute une vie dans des contrées fort imbibées. Gérard Oberlé invite à le suivre sur un itinéraire pas très banal. Des voyages, il en fait, et sur les cinq continents. Mais c’est, de son propre aveu, à travers le cul des bouteilles, qu’il nous les donne à voir : depuis son enfance au pied des Vosges jusqu’à son point de chute dans le Morvan. L’itinéraire démarre aux premières limonades, prises au comptoir des bistrots de Monswiller. Elles se teinteront rapidement de bière, avant de laisser complètement la tisane de houblon régner en maître pendant quelques années, le disputant parfois au schnaps local ou au vin de messe.

 

Les voyages forment la jeunesse. Gérard Oberlé a dû parcourir à peu près tous les pays du monde, du-moins ceux qui produisent quelque chose qui se boit ! A ce florilège de joyeuses découvertes et de joyeuses bitures, au rhum, à la tequila ou au vin de palme, s’ajoute le bonheur de rencontres hautes en couleur. De Jim Harrison à un alchimiste bouilleur de cru que Robin des Bois n’aurait pas dédaigné avoir dans son équipe, de Jean-Pierre Coffe à d’excentriques collectionneurs de vieux livres et de bons vins (à moins que ce ne soit l’inverse), les itinéraires de Gérard Oberlé sont décidément bien fréquentés. Sans parler des belles bouteilles avec lesquelles il nous propose de trinquer avec lui. A gueter, Schéress !

 

 

Itinéraire spiritueux. Gérard Oberlé. 272 pages. Editions Grasset. 2006. 17 €.

Prix Mac Orlan et prix Edmond de Rothschild.

 

 

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 18:49

Egmont Labadie et Pierrick Bourgault : Les zinzins du zinc.

 

Magie de la mode. Prenez n’importe quel rade pas trop mal situé. Donnez un coup de frais aux peintures, jouez soit les pastels bio-reposants, soit le happy flashy, accorder-y la lumière. Tarifs à l’ardoise et étalage de quelques bouteilles vides compléteront utilement la déco. Peignez les mots magiques « bar à vins » sur la devanture. Mais inutile de changer votre cave, ajoutez-y tout au plus un ou deux bios. Et vous voilà dûment habilité à doubler vos tarifs, les bobos et autres gogos ne se déplaçant guère à moins de 5 € le verre …

 

C’est à peine une caricature, mais fort heureusement elle ne correspond pas à tous les bars à vins. Encore faut-il pouvoir séparer le bon grain de l’ivraie. Pour cela, il peut être tentant de faire la tournée de tous les bars, grille de notation en main. Mais la lecture des Zinzins du zinc se révélera certainement un meilleur investissement.

 

Egmont Labadie (à la plume) et Pierrick Bourgault (à la photo) ont courageusement écumé, région par région et ville par ville, ce que la France compte comme bars à vins. Des anciennes maisons qui veillent à ce que le contenu des verres reste à la hauteur de leur réputation, aux derniers arrivés qui ont tout à prouver, des professionnels aguerris aux jeunes pleins de talent et d’enthousiasme, près de 200 adresses y sont passées au crible.

 

Les renseignements sont très fournis (orientations œnologiques, coordonnées, jours et horaires d’ouverture, cartes et menus disponibles, gamme de prix, …) et le guide n’hésite pas à faire part des mauvaises surprises, comme ceux que je brocardais ci-dessus. C’est cet esprit critique, toujours à juste titre, qui en fait un véritable outil au service des amateurs en quête de découvertes. Des découvertes, j’en ai même faites dans des villes que j’avais pourtant la prétention de bien connaître !

 

Nul doute que vous y trouverez vous-aussi les lieux de vos prochaines émotions œnologiques. Car, comme le dit Egmont Labadie : « La dynamique autour des bars à vins cristallise toutes les tendances positives aujourd’hui à l’œuvre dans le monde du vin : présence massive des jeunes, des femmes, caractère incontournable du vin au verre, absence d’œillères, découverte du bon rapport qualité-prix et de l’incroyable richesse des vins français ».

 

 

Le guide a beau compter près de 200 adresses, le secteur bouge vite. Aussi Egmont Labadie propose de nouvelles adresses sur le blog des zinzins du zinc, qui accueille aussi les commentaires des lecteurs sur le guide et les bars à vins.

 

Les zinzins du zinc - Guide des meilleurs bars à vins de France. Egmont Labadie et Pierrick Bourgault. 288 pages. Éditions Fleurus. 2007. 19  €.



Voir aussi le livre de Pierrick Bourgault, D'amour et de vins nouveaux.

 

 

 

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 22:13

Blanc, le vin d’Alsace ? S’il ne vous inspire pas d’autre couleur, alors plongez-vous vite dans le dernier numéro de la revue Saison d’Alsace pour découvrir, ou redécouvrir, l’arc-en-ciel qui est en lui. Jaune, rouge, gris, … ah voilà la mémoire qui vous revient, vos sens qui se mettent éveil. Vert, noir et finalement mosaïque, … et ce sont les riches variétés des cépages et des terroirs alsaciens qui entament une ronde endiablée. Comme le rappelle Didier Bonnet, les vignerons d’Alsace élaborent des vins à l’image de leur région : pluriels, riches de différences et de ressemblances, complexes et élémentaires. J’ajouterais enjoués et graves, facétieux et profonds. Les paradoxes ne sont pas pour rien dans le génie de ce vignoble. Génie superbement mis en valeur par les textes et les images, avec un contenu aussi riche et varié que les vins dont il parle : histoire passée et enjeux actuels, philosophie et humour, arts et terroirs, vignerons et dégustateurs, … etc.

 

 

Avec notamment les contributions de : Georges Bischoff, Didier Bonnet, Jean-Paul Dollé, Jacques Gaillard, Max Genève, Emile Jung, Michel Le Gris, Simone Morgenthaler, Claude Muller, Gérard Oberlé, Pascal Poirot, …. Côté image, citons les illustrations très originales de René Noël, ou encore les photos de Frantisek Zvardon, que l’on retrouve toujours avec plaisir.


Saisons d’Alsace : Les couleurs du vin d’Alsace. N° 37, sept. - nov. 2008. 96 pages. 7,50 €.

 

Saisons d’Alsace n’étant pas distribué très largement en-dehors de sa région, vous pouvez contacter l’éditeur par mail : saisons@dna.fr

A Paris, vous pouvez trouver la revue à la Maison d’Alsace, 39, avenue des Champs-Elysées.


 

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 21:42

Yann Queffélec : La dégustation.

 

Déguster a deux sens. Apprécier, goutter, en particulier un vin, pour en juger les caractéristiques. Mais aussi encaisser, prendre des coups. Avec ce roman, Yann Queffélec nous bouscule sans cesse de l’une à l’autre de ces deux acceptions, deux pôles opposés d’un même mot. Qui sait déguster ne boit pas, disait Dali, mais découvre des secrets. Ils ne sont pourtant pas tous aimables, et les coffres dormant au fond des caves renferment parfois des monstres qu’il vaut mieux ne pas provoquer. Quand l’histoire repasse les plats, ceux-ci sont souvent faisandés, et du vin ne reste que la lie.

 

Nice, début des années 70. Michel, viticulteur et playboy quinquagénaire, épouse Ioura, 20 ans, belle, vierge, juive. L’idylle sera très rapidement rongée de l’intérieur par le lourd passé de Michel. Collaborateur aux plus sombres moments de l’occupation, il fut alors responsable de la déportation de la mère de Ioura. Leur passion amoureuse sera de courte durée et se reportera sur le vin. Ioura a un palais d’une subtilité sans égale. Insuffisamment cependant pour reconnaître le vin du bonheur. Mais le bonheur fut-il vraiment invité au banquet ? Ou l’a-t-il fuit en voyant les anciens amis de Michel apporter des bouteilles aux secrets bien peu glorieux ?

 

Le piège se refermera sur les amants, le Bellet prendra le goût du sang et les fines dégustations finiront en alcoolisme lourd. Non, il n’y aura pas de rédemption, nul ne peut refaire son passé, pas plus qu’il ne peut échapper à son destin. Queffélec a enfermé ses personnages dans un labyrinthe sans issue, sombre comme un Château-Canon 1933 bu dans un cachot de la Gestapo.



 

La dégustation. Yann Queffélec. 154 pages. Editions Fayard. 2005. 14 €.

Réédité au Livre de Poche en juin 2008. 5 €.


 

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