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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 21:48

La prochaine réunion virtuelle des vendredis du vin sera consacrée aux vins sans souffre. Olif, instigateur de ce thème prometteur, nous propose de nombreux sites ressources, dont celui de la Télévision Suisse Romande qui a diffusé récemment un excellent magasine sur le sujet. Y figure notamment un reportage remarquable consacré à Pierre Overnoy, qui élabore ses Arbois Pupillin de façon naturelle, sans traitement de la vigne et sans chimie au chai, en particuliers sans levurage et sans souffre. L’homme est d’une modestie toute à son honneur, bon nombre de winemakers et de soi-disant stars (de la vigne comme de la plume) mériteraient de s’en inspirer ne serait-ce qu’un peu. Il ne cache pas ses errements, ses doutes et sa recherche continuelle, en montrant clairement les enjeux d’une viticulture et d’une vinification naturelles. Un maître à penser, même s’il s’en défend :




D'autres reportages, également intéressants, viennent le compléter, nous faisant notamment découvrir un jeune négociant prometteur, Paul-Henri Soler, dont j'ai du coup très envie de découvrir les vins. Voyez les liens au bas de la page du site de la TSR vers laquelle vous revoit un clic sur la photo de Pierre Overnoy.



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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 21:35

Je vous parlais récemment de LIVRES EN VIGNES, fête du livre organisée dans le cadre prestigieux du château du Clos de Vougeot. Bien que n’ayant pu y assister moi-même, j’ai eu des retours très enthousiastes. Le soleil, les écrivains et le public étaient au rendez-vous. 


Côté prix, celui du Clos de Vougeot 2008 (littérature générale) a été attribué à Jean-Guy Soumy pour La Chair des Etoiles (Robert Laffont) ; le prix Livres en Vignes 2008 a récompensé Jacques Dupont pour Choses bues (Grasset).

 

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 00:18


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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 07:37


Plus que le pinot noir, c’est le thème de ce 18ème rendez-vous des vendredis du vin est le pinotage, ou encore le pinotement. Entendez par là quand le vin pinote, c'est-à-dire qu’il exprime le caractère « vrai » de ce cépage bourguignon globe-trotter. Me voilà bien embêté, car le pinot noir dispose d’un registre d’expression très large, laquelle correspond à sa vrai nature ?

 

Si sa patrie est la Bourgogne, pour moi il évoque avant tout le seul cépage rouge d’Alsace. Et c’est là que je vous propose d’en découvrir deux facettes carrément opposées. Le pinot noir y a longtemps été vinifié pour obtenir un vin très clair. Ce fut également, et pendant assez longtemps, le cas en Bourgogne. Et bien des anciens vignerons alsaciens l’aiment encore comme ça : des parfums délicats de fleurs d’aubépine, une certaine acidité, mais aussi une grande fragilité. Un millésime chasse l’autre, ces vins ne sont pas destinés à la conservation, mais doivent être bus dans l’année. J’ai la chance de bénéficier de quelques bouteilles élevées par un vigneron en marge de sa production commerciale, pour son usage personnel et le plaisir de quelques amis. Il offre un plaisir franc et accompagne à merveille un plateau de charcuteries alsaciennes. Vinifié sans souffre, il ne se conserve pas une fois ouvert, mais comme on peut vider la bouteille sans crainte de migraines …


 A gauche, un pinot noir comme un clairet alsacien,
à droite la cuvée Marie-Odile de Bernard Weber.

 

Les goûts ont évolué au fil des années et le pinot noir s’est peu à peu assombri. Ce faisant, on n’a pas évité les excès du genre : extractions trop poussées et usage abusif de fûts neufs en tête. Mais fort heureusement, quelques talentueux vignerons alsaciens ont su faire du pinot noir de grands vins rouges d’Alsace. C’est notamment le cas de la famille Hugel à Riquewihr, de Jean-Pierre Frick à Pfaffenheim (notamment pour une belle, mais fragile, cuvée sans souffre), d’Audrey et Christian Binner à Ammerschwihr, ou encore de René Muré qui le cultive sur le Vorburg, grand cru ne pouvant pas en arborer la mention, puisque le pinot noir de fait pas partie des cépages autorisés en grand cru, alors que la géologie du Vorburg est idéale pour ce cépage …

 

Tous les précités sont situés dans le Haut-Rhin, qui, comme chacun le sait, est au sud. Jusqu’à peu, les pinots noirs bas-rhinois (donc plus septentrionaux) ne m’avaient guère convaincu. Bernard Weber, de Molsheim, a relevé le défi. Il a considérablement perfectionné sa maîtrise de ce cépage depuis quelques années. Sa cuvée « Marie-Odile » en est la preuve, sur un millésime 2003 pourtant pas facile. Alors que nombre de confrères ont eu recours à des artifices pour palier le manque d’acidité des raisins vendangés en cette année de canicule (par exemple des vignerons, pourtant certifiés bio, ajoutant de l’acide tartrique, …) Bernard Weber a simplement joué sur le gaz carbonique. Résultat, une belle expression du pinot noir, toute en fruits rouges et noirs (cerises, mures, …), qui, malgré ses 13,5°, reste d’une incroyable fraicheur.

 

 

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 07:31

Pierre Guigui : GaultMillau - Guide vin 2009.

 

Pas de photos, malheureusement, de la soirée orchestrée chez Lavinia lundi dernier pour le lancement de l’édition 2009 du GaultMillau des vins, mais une foultitude de souvenirs œnologiques que je souhaite vous faire partager. Pierre Guigui a en effet réuni 11 de ses coups de cœur, des vignerons souvent jeunes, parfois peu conventionnels, mais toujours talentueux. Beaucoup d’entre eux travaillent en bio, voire en biodynamie. Un parti pris ? Force est de constater que de plus en plus de viticulteurs adoptent ces modes de culture, plus respectueux de la terre, du raisin et, in fine, de leurs clients. Certes, une fois abandonnés les artifices que permet la chimie (à la vigne comme au chai), c’est la vérité du terroir et le savoir-faire de l’homme qui se révèlent, parfois dans une cruelle nudité. Vignes plantés en lieu et place d’anciens champs de patates, travail approximatif, hygiène douteuse, … bien des vins se révèlent décevants une fois enlevés les artifices. Ce n’est, et loin s’en faut, pas le cas des 11 personnalités retenues par Pierre Guigui pour la soirée de lancement, parmi plus de 1.200 domaines et châteaux figurant dans le dernier GaultMillau. N’ayant pas les papilles surentrainées des dégustateurs professionnels, j’ai un peu limité mon tour d’horizon. Que les exclus me pardonnent.

 


 

J’ai (bien entendu …) démarré par ma Heimat. Véritable fée du vin, Sylvie Spielman sait nous enchanter avec l’or qu’elle tire des roches du Kantzlerberg de Bergheim. Avec une minéralité subtile, son riesling GC est proprement lumineux. Quant à son gewurztraminer, il m’a tout bonnement réconcilié avec ce cépage dont trop d’eaux de rose et de jus de litchis commençaient à me détourner.

 

De l’Alsace au Jura, un saut de puce me direz-vous, un style de vins pourtant radicalement différent. Jean-François Ganevat fait merveilles avec sa cuvée Grandes Teppes, chardonnay vielles vignes 2006. Crayeux et beurré, fruité et minéral, véritable synthèse entre ce que le Jura et la Bourgogne (l’homme y a longtemps travaillé avant de revenir chez lui) savent faire de mieux avec ce cépage trop souvent maltraité.

 

La palme du nom de domaine le plus poétique revient à la Ferme des 7 Lunes. Ferme, parce que Jean Delobre revendique son statut de paysan et son activité agricole en polyculture : légumes, prés, abricots, … font partie de l’éventail de sa production. Seraient-ce d’ailleurs les abricotiers qui donnent à son Saint-Joseph blanc ses arômes entêtants ? Un vin riche, opulent, gras, mais dont la minéralité permet d’éviter toute lourdeur. A l’image des rouges, notamment le magnifique Saint-Joseph 2005, où les cerises noirs confites, presque caramélisées, se hissent sur une belle structure minérale.

 

En poussant encore vers le sud, on trouve le Domaine de Solence, avec un Côte du Ventoux « moitié vide – moitié pleine », mi-grenache mi-syrah. Jean-Luc et Anne-Marie Isnard y font exploser les fruits rouges, griottes et framboises en tête, avec une exubérance d’autant plus agréable qu’elle se basse sur une solide structure.

 

Poussons à présent vers l’ouest, à la rencontre du Domaine des Deux Anes, en Corbières. Contrairement à ceux qui louent les services d’un cheval pour le photographier dans leurs vignes,  Magali et Dominique Terrier sont bien les heureux propriétaires de deux sympathiques bourricots. Les vins du domaine leur ressemblent d’ailleurs un peu : d’excellents compagnons, aimables et attachants avec leur pointe de rusticité.

 

Toujours plus à l’ouest, et nous voilà en Bergerac avec le Château Jonc-Blanc et une cuvée « les sens du fruit » que Franck Pascal et Isabelle Carles ont élevé 20 mois en cuves sans bois. Cabernet franc, merlot et malbec ont acquis ainsi une profondeur toute bordelaise, sans les excès du merrain.

 

Puisque nous parlons de profondeur, je me dois de citer les Marsannay 2005 de Sylvain Pataille, le rouge issu d’une parcelle de vieilles vignes de 80 ans, et surtout le blanc au nez iodé rappelant le caramel salé, avec une belle minéralité en bouche. Des vins profonds, mais sans aucune lourdeur.

 

Le facétieux Olivier Dauga était également de la fête et présentait les domaines qu’il conseille, démontrant que le rôle d’un flying winemaker est avant tout de révéler un terroir et non d’imposer un goût uniforme, à défaut d’être universel. Olivier Dauga officie essentiellement dans le bordelais, mais il a également de belles réalisations à son actif dans d’autres régions. Le Château de Turcan, en Côtes du Lubéron, en fait partie. Côté rouge, la cuvée « Louis Turcan » offre de bon cœur un panier de fruits rouges, alors que « l’agitateur » roule un peu plus des mécaniques. Encore jeune (2007) cette dernière cuvée saura maîtriser sa puissance et laisser s’exprimer tous la richesse des émotions qu’elle contient. A ce propos, ne cherchez aucun rapport avec une grande chaîne de distribution de produits culturels et multimédia, l’agitateur est un ancien outil de vigneron. Le château possède en effet un musée et nomme chaque année sa cuvée spéciale du nom d’un outil qui y est exposé. Enfin, côté blanc, le Château de Turcan propose une cuvée vermentino, roussane et grenache blanc (et peut-être un quatrième cépage ?) offrant un délicieux bouquet de fleurs blanches.

 

GaultMillau - Guide vin 2009. Pierre Guigui. Editions GaultMillau. 896 pages. 24,90 €.

 

 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 21:34

Carl Honoré : Eloge de la lenteur.

Corby Kummer : Les plaisirs de Slow Food - Tradition du goût, goût de la tradition.

 

« La société malade du temps » titrait récemment un magazine. Interrogez votre entourage et vous constaterez le nombre important et croissant de personnes qui se sentent stressées, se disent agir dans une perpétuelle urgence, tout en manquant en permanence de temps pour tout : au travail comme pendant les loisirs, pour leur famille comme pour leurs amis, ... C’est un fait, nos rythmes s’accélèrent, et pas seulement dans l’univers professionnel. Le monde entier semble vouloir tout faire de plus en plus rapidement, dans une course désespérée à la vitesse. Aucun pan de nos activités ne semble pouvoir y échapper. Même des domaines que l’on pourrait prendre pour des bastions où le temps ne peut pas être brusqué ont aujourd’hui basculé dans le culte de Chronos. Le vin par exemple, avec cette tendance croissante de faire des vins aussi vite que possible, en accélérant si nécessaire les processus naturels. Pour quels résultats au final ? Des vins sans profondeur, vite vendus, vite bus, vite oubliés. N’oublions pas que Chronos avait mangé ses propres enfant. Son culte coute cher : stress, insatisfaction chronique, rapports humains superficiels, dépressions, malbouffe, pollution, ...

 


 

Mais rien n’est perdu. Depuis quelques temps se développe la conscience de ses méfaits. Bien qu’il n e s’agit pas d’un mouvement structuré, la mouvance dite « Slow » touche de nombreux domaines de notre vie : le travail bien sûr, mais aussi l’alimentation (Slow Food), l’urbanisme (Citta Slow), les arts (Tempo Giusto), le sport, les loisirs (notamment ceux des enfants, dont nombre de parents surchargent aujourd’hui les agendas), la sexualité, …Dans un instructif travail de synthèse, Carl Honoré, journaliste britannique que rien ne prédestinait à devenir laudateur de Slow (bien au contraire), fait le tour des différentes facettes de cette mouvance. Ni énième philosophie alternative dont la mode passera à son tour, ni romantisme naïvement passéiste, la mouvance Slow nous amène avant tout à questionner nos modes de vie. Repérer ainsi les vrais enjeux de la vitesse permet de profiter de ses indéniables et nombreux bienfaits sans avoir à en payer le prix fort.

 

 

Slow Food est certainement le mouvement le plus connu du grand public. Il s’oppose en tout point au Fast : produits si possibles locaux et de saison, recettes savoureuses, repas pris sans hâte (alors qu’au fast-food, la durée moyenne d’un repas est de 11 minutes). Au-delà des apports en termes de plaisirs et de santé, il s’agit ni plus ni moins de se réapproprier son alimentation, de lui redonner sens. J’ai lu quelque part d’un être humain occidental ingurgitait dans sa vie l’équivalent du chargement d’un semi-remorque de 15 tonnes. Ingurgiter en vitesse15 tonnes de bouffe industrielle grasse et sucrée, ou manger 15 tonnes d’aliments sains en prenant le temps de les savourer, voilà ni plus ni moins l’alternative à laquelle propose de réfléchir Slow Food.

 


 

Les livres qui lui sont consacrés sont nombreux. Celui-ci a le mérite d’être beau (grâce aux photos de Susie Cushner) et complet. Outre une préface de Carlo Petrini, fondateur du mouvement, il présente des producteurs qui se démarquent dans leur domaine et des recettes de grands chefs qui ont adhéré à la démarche. Maraichers ou éleveurs, producteurs de fromage ou de sel, européens ou américains, leur point commun est une recherche sans concession de la qualité, dans le respect de l’environnement et de leurs clients. Côté viticulture, on croise Karl Kaiser, pionnier du vin de glace au Canada et Franck Dubosc, qui a donné ses lettres de noblesse à l’appellation côtes de saint-mont. Et si vous voulez mettre la main à la pâte, vous trouverez de nombreuses recettes, pas forcément très longues à préparer, car Slow Food est avant tout synonyme de plaisir et de qualité, et non d’aliénation de la ménagère … La première que j’ai testée était le barboton d’agneau, recette dauphinoise que Daniel Boulud sert dans son restaurant new-yorkais, une recette facile qui a toujours énormément de succès.

 

Eloge de la lenteur. Carl Honoré. 286 pages. Editions Marabout. 2005. 5,90 €.

Les plaisirs de Slow Food - Tradition du goût, goût de la tradition. Corby Kummer. 176 pages. Editions Seuil Chronicle. 2002. 39 €.

 

A ceux qui voudront explorer plus avant la problématique, je conseillerais Le culte de l’urgence de Nicole Aubert (376 pages, Flammarion, 2003, 19 €) qui y décortique avec acuité les différents mécanismes sociologiques, économiques, technologiques et psychologique qui ont rendu notre société «malade du temps ».

 


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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 22:33

Jacques Dupont : Choses bues.


Pas de rentrée sans vendanges, foires aux vins et numéros « spécial vins » dans la presse. Parmi ces derniers, il n’y en a qu’un que je ne manquerais sous aucun prétexte : celui du Point. Concocté par Jacques Dupont, dans vos kiosques depuis ce matin, le millésime 2008 est à la hauteur de ses prédécesseurs.

 


 

 

Passons l’incontournable liste des affaires à faire (enfin des pas trop mauvais coups) dans les FAV. Le « spécial vins » du Point est surtout intéressant pour ses articles sur les appellations prestigieuses ou injustement un peu délaissées (fitou, fronsac, canon-fronsac, …), voire réellement à découvrir (dão au Portugal). Articles complétés par une sélection de bouteilles qui en sont issues : près de 500, dont plus du quart à moins de 8 €, démontrant que la qualité et le plaisir peuvent encore largement être au rendez-vous sans qu’il faille pour autant casser sa tirelire. Sans oublier des articles de fond sur des thèmes d’actualité, permettant notamment de rétablir quelques vérités à opposer à la triste campagne prohibitionniste qui sévit en ce moment.


Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, en tous cas pas cette année, voilà que Jacques Dupont nous gratifie également d’un livre. A mi-chemin entre un essai et des mémoires, Choses bues est une bouffée d’oxygène, pardon une flute de champagne, un verre de muscat, une gorgée de sauternes, bref, une réjouissance pour l’esprit comme pour l’âme, en cette rentrée un peu morose par ailleurs. Depuis le temps qu’il fréquente les vignes, les chais et les lieux de dégustation, ce nez surdoué a engrangé une somme de souvenirs et de connaissances. Non pour les thésauriser, ce qui ne serait d’ailleurs guère compatibles avec les valeurs de partage et de convivialité que véhicule le vin, mais pour nous en faire profiter, d’abord au travers de GaultMillau, et maintenant du Point.

 


On retrouvera d’ailleurs quelques petites flèches déjà décochées dans les derniers millésimes de l’hebdomadaire : envers ceux qui préfèrent de manière systématique et aveugle (anosmique plutôt) le « petit » producteur contre le « grand », ou encore envers ces viticulteurs qui sont de plus en plus nombreux à mettre fièrement leur cheval laboureur en avant (« le cheval, meilleur ami du photographe ») alors qu’il ne travaille que dans un dixième de leur domaine.


Alors qu’est-ce qui distingue vraiment le châtelain bordelais du vigneron bourguignon ? Quel est le rapport entre les vieux champagnes et un sac à pain ? Qui étaient ces pionniers de la renaissance du Languedoc ? Quelles sont les subtilités dont sont capables les rosés, par ailleurs trop souvent méprisés ? Et pourquoi un américain ne buvant pas de vin a-t-il pu débourser une fortune pour une caisse de Mouton-Rothschild 1945 lors d’une vente aux enchères ?


C’est parce qu’il a passé tant d’années à fréquenter les hommes, et de plus en plus les femmes (malgré un machisme qui ne recule que depuis peu dans le milieu), qui font le vin, et surtout qu’il a su les écouter et les comprendre, que Jacques Dupont peut nous entretenir de manière aussi érudite sur le sujet. Erudite, mais jamais pédante, contrairement à ces soi-disant « connaisseurs » dont il dresse un portrait aussi drôle que peu flatteur …

 

Choses bues. Jacques Dupont. 304 pages. Editions Grasset. 2008. 18,50 €.

 

 

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 20:22

Voilà une belle initiative qui mérite d’être relayée : GaultMillau propose à la vente les doublons des bouteilles de dégustation reçues lors de l’élaboration du Guide des meilleurs vins de France 2009. Et ceci au profit d’une belle cause : la Fondation Hardy, Institut Médico-Educatif qui accueille des enfants déficients.

 


 

Une occasion unique de découvrir l’élite du vignoble et de se constituer une belle cave à un prix intéressant, tout en se consacrant à une œuvre caritative. Mais à vente particulière, modalité particulière ! Jugez plutôt : pas d’exposition publique des lots et attribution à l’aveugle. Chaque lot compte 24 bouteilles « surprise » au hasard desquelles on découvrira des Comtes Lafon, Huet, Château de Beaucastel, Château Climens, Domaine Weinbach, Bollinger …. Uniquement des belles bouteilles sélectionnées par GaultMillau. Mise à prix 150 € (avec 0 % de frais acquéreurs). A chacun de jouer le jeu de la générosité !

 

 

La vente de l’an dernier avait réuni de nombreux professionnels de renom, tels Philippe Faure-Brac (Meilleur Sommelier du Monde 1992, Bistrot du Sommelier), Jean-Michel Deluc (Maître Sommelier, Château Online et Repaires de Bacchus), Patrick Masbatin (Maitre Sommelier, Restaurant l’Aiguière), Yves Bénard (Président du Comité des vins de l'INAO), Jean Lapujade (Pain Poîlane) mais aussi des membres de l’association de la presse du vin, des personnalités telles que Jean-Claude Dreyfus ou Pierre Bonte … Ainsi  20.000 € avaient été reversés à la Fondation Hardy pour la création d’un bassin thérapeutique. Espérons que cette année également, le public soit présent à ce rendez-vous.

 

 

La vente aura lieu le mercredi 24 septembre à 18 h chez Artcurial

7, rond-point des Champs Élysées - 75008 Paris - 01 42 99 20 20

Possibilité de réserver des lots sur le site Artcurial, via le lien « ordre d’achat ».


 

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 00:02

Edifié en 1551 par Dom Jean Loisier, 48ème abbé de Cîteaux, le château du Clos de Vougeot, dont l’architecture marque subtilement la transition du Moyen-âge à la Renaissance, ne pouvait constituer meilleur cadre pour la fête "Livres en Vignes". Du 26 au 28 septembre, s’y déroulera en effet la première édition d’un festival auquel on ne peut que souhaiter beaucoup de succès. Son objectif est de promouvoir tant la littérature dite générale que celle consacrée à la vigne et au vin, au travers d’une riche programmation de rencontres-débats, conférences, dédicaces, animations, expositions et même d’un chapitre de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Un prix littéraire du Clos de Vougeot sera créé (littérature générale), ainsi qu'un prix "Livres en Vignes" (littérature autour du vin).

 

Une soixantaine d’auteurs seront présents, dont, pour ne citer que ceux-là : Michel Le Bris, Madeleine Chapsal, Jean-Pierre Alaux, Yann Queffélec (La dégustation, …), Gérard Oberlé (Itinéraires spiritueux, …), Jean-François Bazin, Claude Chapuis (Le chemin des vignes, …), François Morel (Les objets de la vigne et du vin, …) ou encore Jean-Robert Pitte (Bordeaux Bourgogne : les passions rivales, Le vin et le divin, …) qui présidera l’événement.

 

Entrée gratuite. Renseignements : www.livresenvignes.com

 

Un auteur méritera particulièrement d’être mis à l’honneur : Benoît Chauvin, qui vient de rédiger un somptueux ouvrage sur le Clos Vougeot. Historien au CNRS, spécialisé des cisterciens depuis quarante ans, c’est en homme de science tout autant que de lettres que Benoît (le bien prénommé) Chauvin a abordé son sujet. Articulé en trois grandes parties, le résultat de ses travaux impressionne notamment par les nouveautés qu’il a pu mettre à jour, sur un château et une histoire que l’on croyait amplement balisés.

 


 

« Hier, les moines cisterciens », première partie du livre, s’attache à faire revivre le contexte interne et externe (société, économie, démographie) de l’ordre cistercien, sans lequel ni le clos ni son château n'existeraient. La seconde partie fait défiler neuf siècles d'histoire, de la constitution du clos (vers 1170-milieu XIVe siècle), voire des prémices discrètes (dès 1110) au morcellement (depuis 1889). Constitué à partir de donations faites à leur ordre, le vignoble est en effet cultivé par les moines dès le XIIe siècle. Inlassablement, ils cherchent à améliorer leurs méthodes, non sans succès, conférant à leur vin une renommée qui a traversé plus de huit siècles. Considérés comme "bien national" sous la Révolution, le château et son vignoble sont acquis en 1818 par Jules Ouvrard. A sa mort, le clos est vendu à six négociants. Ce sera la fin du « monopole ». D’héritage en héritage, ses quelque 50 hectares sont aujourd’hui répartis entre 80 propriétaires. Quant au château, après quelques acquisitions, restaurations et dégâts de guerre, il est à présent entre de très bonnes mains, celles de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. 

 

Le château, justement, fait l’objet de la dernière partie du livre de Benoît Chauvin : « Aujourd’hui, un château à revisiter ». Des prélèvements dendrochronologiques (méthode de datation fondée sur le comptage et surtout l'analyse morphologique des anneaux de croissance des arbres) de la charpente et des cuves, ainsi que des analyses au carbone 14, ont permis des datations précises, tordant le cou à quelques légendes. Ainsi, s’il peut affirmer que le pressoir « Têtu » a été construit avec des bois abattus en automne-hiver 1477-1478, il est également certain qu’aucun des arbres utilisés ne remonte à Charlemagne, mais seulement (si j’ose dire) à l'an mil. Aussi richement illustré que documenté, ce livre deviendra rapidement un ouvrage de référence pour tous les amoureux du Clos Vougeot et plus largement de la Bourgogne.

 

 

Avec des visées plus modestes, l’étude de Pierre Garelli n’est est pas moins intéressante. Elle se focalise sur la période allant de 1818 à 1861, où le Clos de Vougeot appartint à Jules Ouvrard. Veinard, outre le Clos Vougeot, le garçon possédait également l’entière Romanée-Conti, ainsi que, plus modestement (!), une belle parcelle de Chambertin. À sa mort, son héritage fut recueilli par ses neveux et nièces, qui durent aliéner l’essentiel pour garder le seul Clos de Vougeot. Ils continuèrent d’exploiter celui-ci pendant près de trente ans, avant de devoir à leur tour le vendre, début du morcellement que l’on connait.

 

Le Clos et le Château de Vougeot, Cellier de l'Abbaye de Citeaux. Benoît Chauvin. 222 pages. Editions du Tastevin. 2008. 60 €.

 

Le Clos de Vougeot au temps de la famille Ouvrard. Pierre Garelli. 172 pages. Mémoire & Documents. 2004. 29,50 €.

 


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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 23:20

Cela n’aura échappé à personne … pour l’originalité du titre, il me faudrait faire un peu plus d’efforts. Alors, que se passe-t-il du côté des livres, après cette longue parenthèse estivale ? Après avoir manqué la dernière rencontre virtuelle des Vendredis du vin de l’été, pourtant consacré au beau thème de la minéralité, il était temps que je reprenne clavier et souris en main. Car les auteurs n’ont pas chômé ces derniers mois. Je ne parle même pas de la rentrée littéraire, avec ces 676 romans, soit un peu moins que l’année dernière.

 

Alors que se préparent déjà les foires au vins de l’automne, annoncées par les rituels numéros spéciaux des magasines, l’auteur du plus intéressant d’entre eux (des numéros spéciaux, pas des foires, vous l’aurez compris), nous gratifie du récit des meilleurs moments de ses dégustations et rencontres. Je veux parler de Jacques Dupont, avec Choses bues aux éditions Grasset. Un autre professionnel qui nous fait part de ses réflexions, un peu plus caustiques celles-là, c’est Roland Lecarpentier : C’est du vin … et alors ? sous-titré Dico incorrect du vin (éditions Timée), le titre donne le ton !



A propos dico, outre les éditions 2009 des guides qui commencent à pousser sur les étals des libraires comme les champignons ne manqueront pas de le faire bientôt dans nos sous-bois, le rentrée sera studieuse pour les œnophiles. L’austère Dictionnaire des noms de cépages en France de Pierre Rézeau (CNRS Editions) et le Petit dico de l’amateur de vins de Philippe Chavanne (City) en sont deux illustrations. Avec Philippe Roudié et un titre comme Bordeaux, le vin et l’historien (Férêt), Alain Marty et son Guide des grands amateurs de vin (Cherche Midi) on est sûr d’avoir affaire à du sérieux ! L'Amour, le désir et le vin de Metoui Lassaad (Alternatives) vient à point pour adoucir les rigueurs annoncées de l’automne. En tous cas, voilà de quoi compléter une cuvée 2008 déjà bien fournie et enrichir les chroniques de ce blog.

 


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  • Ephéméride du 1er au 7 août
    La nouvelle réglementation européenne viti-vinicole est mise en place au 1er août 2009. Entre autres, elle autorise l’usage de copeaux de bois pour les vins AOC en France. Plus de 100 ans auparavant, une autre loi ne résolvait pas davantage les problèmes...
  • Ephéméride du 25 au 31 juillet
    Par le traité du 25 juillet 1840, le gouvernement de la Hollande affranchit de tous droits de douanes les vins, eaux-de-vie et esprits de France en cercles. Il réduit pour les vins en bouteilles le droit d'entrée de trois cinquièmes, et de moitié pour...