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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 07:31

 
Les Vendredis du Vin sont un rendez-vous mensuel original où, chaque dernier vendredi du mois, les internautes (qu’ils soient bloggeurs ou non) sont invités à partager leurs notes de dégustation autour d’un thème commun. Version francophone, mais néanmoins internationale, des Wine blogging Wednesdays, ces rencontres virtuelles mobilisent avec plaisir chaque mois bon nombre de dégustateurs bien réels, présentant des vins bien réels également
. 

 

 

 

Pour ma première contribution, je me sentais peu inspiré par le thème du mois, qui était « Nul n’est champagne en son pays », consacré donc aux vins effervescents produits en-dehors de la Champagne. Car je dois ici confesser publiquement que je ne suis pas un bine grand connaisseur de vins pétillants et que ma préférence va très spontanément au meilleur d’entre eux, le champagne bien entendu. Sorti de cela, je m’arrête assez naturellement aux créments d’Alsace. Bien que je ne dédaigne pas, pour leur fruité incomparable et leur légèreté toute en fraicheur, les clairettes de Die.

 

J’ai donc décidé de tordre un peu le thème de ce VDV (que les organisateurs me pardonnent) pour le faire entrer dans celui de mon blog, et me suis mis en recherche de bandes dessinées traitant du vin. Et là, je dois avouer une seconde faiblesse : ma connaissance du 9ème art se limite à quelques grands classiques où le vin se fait fort rare. On boit bien de la cervoise chez les inventeurs du tonneau dont Astérix est le héros incontesté. Mais des bulles, on n’en trouvera que dans son « Tour de Gaulle » où le vin de champagne sert déjà à « baptiser les galères », avec suffisamment de pression pour que son bouchon mette K.O. un légionnaire romain. J’ai bien cherché du côté d’Adèle Blanc-Sec. Mais comme le nom l’indique, les personnages de Tardi boivent plutôt du vin tranquille, voire de l’affreux jaja. Jusqu’à ce que je tombe sur ... un manga !!!

 

 

Le jeune Joe Satake n’est pas seulement très beau, c’est aussi un sommelier surdoué à la recherche d’une madeleine incertaine. « Le vin que je cherche n’est pas ici » dit-il en refusant le titre de meilleur sommelier de France. Les années passent, les cœurs chavirent (il est tellement bôôô), sans qu’il n’arrive à trouver ce vin que sa mère lui avait fait déguster coupé avec de l'eau, alors qu’il n’était qu’un enfant. Au fil des chapitres et des volumes le scénario s’affine. Cette quête du Graal n’est pas dénuée de sensualité, notamment quand la bonification du vin avec le temps sert de métaphore pour le rapprochement des cœurs après les années de séparation. Sommelier est finalement une suite plus romantique qu’hédoniste.

 

L’histoire permet cependant de dérouler bon nombre d’informations sur le vin, ainsi que sur les arts de son élaboration et de sa dégustation. Chaque opus comprend également une notice sur les différents vins qui ont été cités au fil de l’histoire. Gageons que ce n’est pas que la beauté du jeune Joe qui aura, au pays du saké et du soleil levant, déclenché une vague d’intérêt sans précédent pour le vin chez les jeunes adultes, notamment chez les jeunes femmes. A quand ce type d’initiative au pays du bon vin de la douceur de vivre ?

 

                        

Et comme un bonheur arrive rarement seul, Sommelier connait aussi sa version féminine avec Sommelière. Et une nouvelle série, Les Gouttes de Dieu, fait d’ores et déjà fureur.  Si le sens de lecture japonais (on commence par la dernière page, en lisant le livre d’arrière en avant, et les cases de la droite vers la gauche) ne vous déconcerte pas trop, il y a là de belles bulles venant d’ailleurs à découvrir de toute urgence !

 

 

Sommelier. Araki Joh, Ken-ichi Hori, Shinobu Kaitani. 6 volumes. 260 à 300 pages. Glénat. 2006 – 2007. 7,50 €

 

 

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 00:00
Conversations d’avenir réunit chaque semaine jacques Attali et Stéphanie Bonvicini sur la chaîne Public Sénat. L’émission du 13 juin était consacrée à l’avenir du vin, démontrant clairement qu’autour de cette question se jouent tant des enjeux financiers accentués par la mondialisation, que des enjeux culturels, voire de civilisation, révélés au travers des évolutions de notre rapport au vin.


Deux conceptions s’opposent actuellement : le vin comme produit de consommation immédiat (caractérisé par les vins de cépage) ou comme porteur d’une identité (caractérisé par les terroirs d’origine, qu’ils fassent l’objet d’une AOC ou non).  La recherche d’un mode de vie qualitatif porte vers cette seconde famille, porteuse d’une identité territoriale. En ce sens, le vin, caractérisé par la lenteur (pour le faire, l’élever, le bonifier, le goûter) s’oppose au mode de vie dominant actuel, marqué par l’immédiateté. 

De ce fait, la consommation de vin décroit dans un contexte où la consommation d’alcool croit. Cette position schizophrénique ne va que s’accentuer, puisqu’à l’avenir, on va assister à une bataille contre l’alcool comme facteur d’aggravation des dépenses de santé, en même temps qu’à une très forte valorisation du vin comme symbole du raffinement d’un mode de vie. Mais les campagnes publiques contre l’alcool risquent encore de détourner davantage les consommateurs du vin.

Comment dès lors transmettre aux jeunes générations les valeurs de plaisir et de modération ? Sachant que la tendance du marché sera de  produire deux types de vins : les vins de marques, « faux bons vins » aux goûts standardisés, et des vins de qualité, forcément chers voire véritables produits de luxe.

L’auteur des 316 propositions pour changer la France et d’une « Brève histoire de l’avenir » fait parfois quelques raccourcis surprenants, mais il pointe bien les enjeux auxquels est confrontée la viticulture française.


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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 22:44

Le 6 septembre prochain aura lieu le 24ème marathon du Médoc. Depuis près d’un quart de siècle, il est un des rares événements où le sport ne se prend pas trop au sérieux. La douce euphorie que provoque la course de fond n’est en effet pas le seul attrait des 8.500 sportifs gastronomes qui s’élancent chaque année sur les sentiers viticoles.


Jugez-en plutôt : les traditionnels points de ravitaillement pour les coureurs sont complétés par une vingtaine de tests « oeno-sportifs » (avec dégustation de grands crus, à dose modérée bien entendu) et de plusieurs dizaines
 de points de dégustations en tous genres (huitres, entrecôte, fromage, et j’en passe ...). Imaginez que 90 % des participants sont déguisés ( !) et vous comprendrez pourquoi les inscriptions sont d’ores et déjà closes. Mettez-vous dès à présent dans les starting-blocks pour ne pas manquer la 25ème édition en 2009 !
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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 23:13
Kermit Lynch. Mes aventure sur les routes du vin.

Caviste et distributeur californien, Kermit Lynch se rend très régulièrement en France pour s’approvisionner directement dans le vignoble. Il a consigné les plus belles étapes de ses pérégrinations dans ce livre, devenu un classique de la littérature œnologique. Partant de la Loire et visitant les régions dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, il nous entraine dans un truculent tour de France. Bien entendu, on y lira avec délice les commentaires de dégustation et les anecdotes croustillantes. Le véritable intérêt du livre n’est cependant pas là.  

Outre ses voyages à travers les vignes et les caves, Kermit Lynch nous dévoile également son évolution dans la connaissance du vin. Contrairement à nombre de ses congénères, il sait faire preuve de modestie et reconnaître ses erreurs et errements passés. Peu à peu son goût s’élève, délaissant ces vins « énormes », riches en alcool, écrasant leurs voisins dans les dégustations à l’aveugle s’apparentant au speed-dating, pour se tourner vers des produits plus authentiques, bien que parfois un peu déroutants. Comme souvent, c’est une rencontre, ici avec un vigneron intègre, qui lui a ouvert les yeux, ou plutôt le nez et le palais, ainsi que l’esprit. Kermit Lynch aborde ainsi la question de notre rapport au goût et du pouvoir du mainstreem, en une réflexion bien plus profonde que celle promise par certain ouvrage récent sur une thématique proche.



Mais au cours de ses trois décennies de visites, il assiste aussi, témoin impuissant, à la disparition inexorable d’un monde, sous l’effet de l’arrivée dans les vignes et les chais d’une nouvelle génération, plus avide de profits immédiats que de vins de qualité. Cette tendance semble très nette dans les années 70 et 80, provoquant chez lui coups de gueule et coups de griffes, avec un franc-parler auquel nos chroniqueurs français ne nous habituent guère. Il semble fort heureusement que la plus récente génération de vignerons veuille à nouveau renverser la vapeur. Qu’elle revienne à des méthodes de culture et de vinification plus respectueuses de la tradition, sans pour autant jeter tous les apports de la modernité avec le sucre de la chaptalisation.

Vous reste-t-il des doutes quant à l’intérêt de vous jeter sur ce recueil d’aventures ? Laissez-moi alors tenter de vous convaincre avec l’aide d’Hugh Johnson qui s’avoue « sidéré par son mélange de poésie et de candeur », ou de Jim Harrison, grand amateur de vin et de littérature, pour qui « Mes aventures … » est le livre préféré sur le vin.

Kermit Lynch. Mes aventure sur les routes du vin. Préface de Jim Harrison. 324 pages.
Payot. 2004. 20€. Il vient également d'être édité en poche, dans la "Petite Bibliothèque Payot", à 9 €, raison de plus pour ne pas se priver du bonheur de sa lecture !

Ce livre est une réédition revue et augmentée de « Mes aventures dans le vignoble de France », sous-titré avec malice « Un Américain sachant cracher », paru en 1990 aux éditions Jacques Legrant.



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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 18:15

Les amateurs de vin savent aussi, pour une large part d’entre eux, apprécier d’autres alcools. Seule la bière, qui relève d’une culture très différente, semble un peu délaissée par les œnophiles. La brasserie Cantillon a-t-elle voulu réconcilier ces deux mondes avec sa « Vigneronne » ?

 

 

 

Il s’agit d’une cuvée 100 % lambic (en savoir plus sur le lambic). Le brasseur y a fait macérer des baies de muscat italien. Ce type de préparation peut se pratiquer avec d’autres fruits, notamment les cerises, pour la célèbre Kriek. Mais contrairement à cette dernière, la « Vigneronne » n’est pas d’un abord immédiatement plaisant. Sa robe orangée de mars surprend par sa densité et son caractère trouble, quelques bulles mousseuses y surnagent. A l’évidence, cette bière n’est pas ou peu filtrée, et va présenter de la matière. Le nez révèle des arômes fermentaires. La bouche offre une étonnante acidité, assez forte, presque citronnée, d’où se dégagent des accents de caramel salé, voire fumé, mâtinés de peaux et de pépins de raisin.

 

On est donc assez loin du « compromis délicat (sic) entre le vin et la bière » promis par la contre-étiquette. Et oui, car il s’agit ici d’un « vrai » lambic, qui plus est de deux ans d’âge, produit au travers de méthodes séculaires par une brasserie traditionnelle. Autant dire qu’on a affaire à des goûts auxquels nos palais ne sont plus guère habitués. Force est de constater que ce produit authentique, qui reste finalement très loin du vin, nous renvoie tout de même à ses représentations. Car ne se passe-t-il pas un peu la même chose pour ce dernier, où les goûts naturels, authentiques, réels, sont gommés par des méthodes dites modernes de culture et de production, destinées à élaborer des produits immédiatement plaisant au plus grand nombre ? Finalement, elle y arrive bien, cette « Vigneronne », à réconcilier ces deux mondes.


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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 16:57

Frédérique Crestin-Billet : La folie des ...

                                                                ... plaques de champagne.

                                                                ... des tire-bouchons.

                                                                ... étiquettes de vin.

 

Certains amateurs collectionnent les millésimes d’Yquem ou les éditions spéciales des grandes maisons champenoises. Moins glamour, moins onéreux aussi, mais tout aussi obsessionnel, pour d’autre ce sont les objets du vin qui forment l’objet de leur désir. La bien-nommée collection « La folie des ... » ravira les placomusophile, les pomelkophiles et les œnographiles. Elle saura également intéresser les amateurs de beau et d’insolite.

 

 

Les premières bouteilles de champagnes étaient bouchées avec des chevilles de bois garnies de lin ou de chanvre, hermétiquement fermées par un cachet de cire. Elles furent ensuite remplacées par des bouchons de liège, au diamètre deux fois plus large que celui du goulot de la bouteille, enfoncées à la batte et maintenues par une ficelle. En 1844 Adolphe Jacquesson dépose un brevet qui va mettre fin aux problèmes liés à la porosité des bouchons ou au moisissement des ficelles : il invente le système de la capsule métallique et du muselet. Il ne se doutait certainement pas que cette petite plaque de métal allait être progressivement utilisée par les fabricants pour y graver, puis y tampographier et y sérigraphier leur nom, celui de leur localité ou de la cuvée, ou encore le millésime (une initiative de Pol Roger en 1906). Les plaques de muselet sont ainsi passées du statut d’objet technique à un véritable thème de collection pour les passionnés, se déclinant en dizaines de milliers de variantes dont environ 1.000 sont reproduites ici.

 

 

Le tire-bouchon répond à la fonction strictement inverse. Cet « outil séculaire et de bon sens qui retire l'obstacle au plaisir » offre lui-aussi une variété extraordinaire de formes, tant ses différents créateurs ont redoublé d'inventivité pour en assurer le fonctionnement et le rendre attrayant. Lorsque l’usage de bouteilles de verre fermées par des bouchons de liège se généralisé au 17ème siècle, il fallut bien trouver un ustensile pour ôter le précieux mais entravant cylindre. D’invention anglaise, le tire-bouchon semble avoir été inspiré par la mèche vrillée du tire-bourre, utilisé pour nettoyer le canon des armes à feu. Depuis lors, cet inséparable compagnon de tout œnophile n’a eu de cesse d’évoluer. Qu’il soit classique ou moderne, rustique ou high-tech, fonctionnel ou décoratif, il s’est lui-aussi mué en objet de collection.

 

 

Dans l’Antiquité, le vin conservé dans des amphores était identifié par des inscriptions au pinceau ou par l’apposition d’un sceau. Les étiquettes telles que nous les connaissons actuellement sont apparues elles-aussi avec les bouteilles de verre. D’abord manuscrites, elles se sont surtout développées avec l’invention de la lithographie, vers la fin du 18ème siècle. Essentiellement informative au départ, c’est grâce au Baron Philippe de Rothschild que l’étiquette prendra ses lettres de noblesses. En 1924, il instaura en effet la mise en bouteille au Château et fit dessiner l’étiquette de son vin par Jean Carlu, affichiste et figure de proue alors du cubisme en France. L’étiquette devint ainsi certificat d’origine, garantie de qualité, marque distinctive du cru, voire véritable œuvre d’art. La diversité et la richesse des étiquettes ont explosées depuis, artistes et graphistes faisant preuve d’une créativité presque sans bornes (mais pas toujours du meilleur goût …) malgré le cadre d’une réglementation de plus en plus stricte.

 

La folie des plaques de champagne. 374 pages. 2003. 9,90 €.

La folie des tire-bouchons. 384 pages. 2000. 9,90 €.

La folie des étiquettes de vin. 380 pages. 2001. 9,90 €.

Tous trois de Frédérique Crestin-Billet, aux éditions Flammarion.

 

Voir aussi l’article consacré au livre de François Morel : Les objets de la vigne et du vin.

 

 

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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 16:21

Raymond Dumay : La mort du vin.

S’il existe des vins que tout amateur devrait avoir dans sa cave, il en est de même pour quelques livres de grande garde. Celui-ci en fait indéniablement partie, car son contenu, loin d’être devenu obsolète avec les années, s’est largement bonifié, montrant toute la puissance de la pensée de Raymond Dumay. Il nous offre en effet des clés de lecture extrêmement pertinentes pour décrypter les évolutions du monde viti/vinicole depuis ses origines jusqu’à nos jour. Ecrit en 1976, l’ouvrage ne se voulait pas prémonitoire. Mais force est de constater que la rigueur et la justesse de l’analyse qu’y poursuit son auteur en font un livre à (re)découvrir d’urgence pour appréhender les liens entre le vin et les civilisations, depuis Sumer jusqu’à l’actuel phénomène des vins du « Nouveau Monde ».

Car Raymond Dumay nous rappelle cette évidence trop souvent oubliée : le vin qu’on vante, qu’on chante, qu’on achète et qu’on vend, que finalement on boit, est le vin du puissant. C’est toujours le vin du vainqueur, que la guerre ait été militaire ou économique, qui s’impose, indépendamment de ses qualités intrinsèques. Et il sait y faire, le vin, pour s’associer au sabre comme au goupillon, pour voyager dans les chariots des légions romaines comme pour charmer un chanoine, dans le seul but d’étendre son territoire.

Des preuves ? L’auteur n’en manque pas. Pour ne rester qu’en France, son principal terrain d’investigation, voyez comment les jurats de Bordeaux ont, par leur lois protectionnistes, réduit à l’état de misère les vignerons du pays-haut (vignobles de la Dordogne et de la Garonne). Ou encore, comment, par d’obscures alliances militaires, Bordeaux a obtenu la quasi-destruction des vignobles de La Rochelle. Vous pensiez le champagne plus vertueux ? Vous ignoriez par quels mensonges médicaux elle a réussi à évincer les vins de l’Orléanais de la cour royale. In fine, c’est bien tout le vignoble européen qui peut être vu comme une création de la guerre ! Et l’éloignement du barycentre du monde viti/vinicole de la « vielle Europe » que nous vivons actuellement ne semble être que le dernier épisode du feuilleton des alliances toujours renouvelées du vin avec les puissants du moment.

En associant le vin à un personnage et en suivant sa psychologie, plutôt que d’en faire un objet d’étude économique ou agraire, Raymond Dumay adopte une perspective originale, permettant de bousculer bon nombre de nos certitudes. C’est une histoire ancienne qu’il nous conte, mais sous un jour entièrement nouveau, avec lyrisme et précision, nous étonnant à chaque page. Un ouvrage essentiel qui, même près de dix ans après le décès de son auteur, n’a pas pris une ride !

 


 


La mort du vin
. Raymond Dumay. Préface et dessin de couverture de Jean-Claude Pirotte. 268 pages. Editions de La Table Ronde, collection La Petite Vermillon. 2006 (édition originale de 1976). 8,50 €.

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 21:25

Anne-Marie Royer-Pantin : La Rose et le vin.

Le vin nourrit l’imaginaire depuis l’antiquité, démontrant à quel point il est symbole avant d’être boisson. Tant de mots ont été inspirés par la vigne et son nectar : descriptions des paysages où s’épanouit le pampre, évocations des travaux des vignerons, notes de dégustations, ... A travers les âges et les styles, qu’ils soient lyriques, nostalgiques ou admiratifs, toujours ces mots nous disent la bonté de la terre, la beauté du monde, le bonheur d’exister.

Les écrivains ont rarement le vin triste. Romanciers, poètes, chroniqueurs, essayistes, nombreux sont ceux qui ont démontré au travers la richesse et la diversité de leurs écrits à son propos, que le vin était bien le reflet de la culture à son plus haut degré. Quand ils ne cultivent pas eux-mêmes la vigne, à l’instar d’Alphonse de Lamartine, Montesquieu, ou plus près de nous Jules Romain, Pierre Halet, François Mauriac ... Le propriétaire de Château Malagar a perçu la tragique beauté de son destin : « A peine la vigne a-t-elle passé fleur, la future récolte couvre le coteau ; mais il semble qu’elle soit là comme ces jeunes bêtes que le chasseur attache et abandonne dans les ténèbres pour attirer les fauves : des nuées grondantes tournent autour des vignes offertes » écrit-il dans Le Nœud de vipères.

Anne-Marie Royer-Pantin a composé un admirable bouquet avec les plus belles et les plus évocatrices des lignes écrites sur la vigne et le vin. Un bouquet tel un voyage à la découverte de lieux (paysages, architectures) et de gestes (beaux-arts, travaux à la vigne et au chai, dégustation) en compagnie de belles plumes. 
 

  « Célébrer la rose et le vin, c’est rendre un même hommage à la Beauté,
c’est faire la part belle à la sensualité, à l’émotion, à la fascination, à l’esthétique ». 


La Rose et le vin
. Anne-Marie Royer-Pantin.
158 pages.
Editions Klincksieck. 2007. 17 €.

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 08:38
Entendu autour d'une bouteille de Morgon Côte de Py de Jean Foillard, lors d'une récente dégustation de Beaujolais organisée par les caves Augé :

" Une robe tuile sombre. Des arômes lactés, caramélisés, de la réglisse zan. Belle longueur, très persistant. Très élégant, bravo.

- Que de mots.

- Mais le vin peut-il se passer de mots ?

- Ou les mots peuvent-ils se passer de vin ?"


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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 14:43

Pierrick Bourgault : D’amour et de vins nouveaux.

« Se lit d’une main. De l’autre un verre de vin » nous avertit son éditrice, afin que nous nous aventurions dans l'univers très personnel de Pierrick Bourgault dans les meilleures conditions. Comme autant de récits de voyages, il nous offre là un recueil de seize nouvelles à l’érotisme délicieusement canaille. Le vin n’y joue pas les premiers rôles, mais peut-on lui en vouloir ? Stimulant ici les sens, faisant patienter là l’amoureux attendant sa belle, formant parfois un simple élément du décor, où s’absentant momentanément pour mieux revenir au chapitre suivant, il sait adapter sa présence et se montrer discret devant l’étreinte des amants.

Seize nouvelles et autant de tranches de vies, légères et joyeuses, ou davantage marquées par les accidents, mais toujours dynamiques et tendues vers la recherche de l’autre, vers l’union qui leur donnera ou leur rendra sens. Les corps se cherchent, s’apprivoisent, s’unissent, se séparent parfois, mais toujours les âmes savent que leur étreinte n’est pas veine. A la manière d’une gorgée de vin, elle leur aura donné, ne serait-ce que l’espace d’un instant, un aperçu de la promesse des Dieux. D’amour et de vins nouveaux est certes plus un livre de plaisir immédiat que de grande garde : il gagne à être dégusté sur le fruit, défendu bien sûr.



D’amour et de vins nouveaux. Pierrick Bourgault. 170 pages. Editions L’Iroli. 2007. 13 €.

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L'Œnothèque ~ Des livres et du vin ...

  • L’œnothèqueQuelques livres autour du vin : ouvrages pratiques, guides, essais, beaux livres, récits, romans, poésie, entre autres ... 
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