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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 15:32
A une amie allemande qui me demandait récemment quelques bonnes adresses pour agrémenter son voyage à Aix-en-Provence, je lui envoyais la liste ci-dessous. Je vous en fais profiter, car inutile d’être un germanophone émérite pour comprendre les noms et coordonnées (d’ailleurs, je ne suis moi-même pas certain de mes déclinaisons ...).
 
Direkt bei Aix, an der Montagne Sainte Victoire gibt es den sehr feinen „Palette“. Die drei beste Weingute die ihn herstellen sind :
 
-          Château Simone in Meyreuil. Tel: 04.42.66.92.58. Er ist der berümste und auch der teuerste, die Preisen: von 16 € (rosé) bis zu 22 und 24 € (roter und weisser)
-          Château Crémade in Le Tholonet. Tel : 04.42.66.76.80. Preise : 5 € (rosé) und 15 € (roter und weisser)
-          Domaine du Grand Côté, cave coopérative, in Rousset. Tel : 04.42.29.00.09. Preise : 9 €
 
Beim Mittelmeer, zwichen La Ciotat und Toulon, gibt es den köstlichen „Bandol“. Eine Ausawahl von drei Weinguter:
 
-          Château Sainte-Anne, in Sainte-Anne-d’Evenos. Tel: 04.94.90.35.40. Preise : circa 15 € (ökologischen Anbau)
-          Château des Baumelles, Louis & Michelle Bronzo, in Sainte-Anne-du-Castelet. Tel: 04.94.32.63.20. Preise : ab 10 €.
-          Cave Coopérative La Roque, in La Cadière-d’Azur. Tel : 04.94.90.10.39. Preise : ab 8 €.
 
Mehr gegen westen, in der sogenannte „Petite Camargue“, bei Nimes, gibt es den „Costière de Nimes“. Er ist weniger berümt, aber es gibt auch sehr gute, zum Beispiel bei:
-          Château Mourgues du Grès, in Beaucaire. Tel: 04.66.59.46.10. Preise: ab 6 €
-          Vignoble Michel Gassier, in Caissargues. Tel: 04.66.38.44.39. Preise : ab 5 €
-          Domaine Terre des Chardons, in Bellegarde. Tel: 04.66.70.02.51. Preise : ab 5 €
 
Und mehr nordlich, schon im Luberon, findet mann den „Côte du Lubéron“. Das nähste, und auch sehr gutes Weingut ist :
 
-          Château Val Joanis, in Pertuis. Tel: 04.90.79.20.77. Preise : ab 8 €. Sie haben auch ein sehr schönen Garten zu besichtigen.
 
Petit lexique pour ceux d’entre vous qui seraient définitivement fâchés avec la langue de Goethe :
Berümt : célèbre
Fein : fin
Gut : bon
Ökologischen Anbau : culture biologique
Mittelmeer : Méditerranée
Preis : prix
Rot : rouge
Weiss : blanc
Wiengut : domaine viticole
Zum Beispiel : par exemple
 
 
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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 15:32
Les caves Augé ont organisé ce samedi 13 octobre une de ces dégustations dont ils ont le secret, où les vignerons présentent eux-mêmes leurs vins. Cette dernière était consacrée aux Bordeaux. Les « grands » châteaux n’étaient pas, hors Palmer, représentés, Marc Sibard ayant, comme à son habitude, privilégié l’authenticité du contenu au prestige du contenant, très loin des effets de mode.
 
Tous valaient le détour : Palmer, donc, avec un 1995 à la robe très limpide et encore très sombre pour un vin de douze ans, fruits noirs, cuir et pain d’épice au nez, avec des tannins très doux tout en marquant leur présence ; Domaine de Jaugaret, Saint-Julien aux accents de terre, de sous-bois et de truffes, avec une impression de matière en bouche, une matière riche tout en étant très fine ; Château Le Queyroux, Premières Côtes de Blaye, avec un curieux 100% verdot issu de vignes francs de pieds au nez explosant de fruits rouge, à la bouche charnue ; Château Le Puy, Côtes de Francs ; Château Massereau ; j’en oublie pour mieux vous présenter mes deux coups de cœur.
 

HBRP.JPG


  Jean-Pierre Bispalie, personnage haut en couleur, d’une intégrité sans faille, cultive le raisin et vinifie de manière traditionnelle. A 70 ans, après une carrière de marin, d’ouvrier ajusteur et de militant cégétiste, l’homme a décidé de raccrocher. Pourtant, depuis le jour où il a bouté hors du domaine de sa mère l’œnologue qui lui conseillait de chaptaliser ses vins, il n’a cessé d’améliorer, voire d’imposer son style. Les vins du Domaine du Haut-Brugas, Médrac Haut Médoc, se distinguent par leur caractère authentique, bien loin des médocs actuels, avec des notes d’épices. Les vins sont produits en petites quantités, élevés 4 à 5 ans en vieilles barriques, on est donc loin des boisés à la mode. Le 2000 vient à peine d’être mis en bouteille.
 
Voisin d’Yquem et de Haut-Peyraguet, le Domaine Rousset-Peyraguet est bien moins étendu. Adepte de la biodynamie, Alain Déjean élève également ses vins 3 à 5 ans en vieilles barriques. Ces derniers sont mis en bouteille sans filtration, d’où une matière plus importante que celle de nombre d’autres Sauternes. Sa cuvé « Crème de Tête » 1995 présente une robe d’or vieilli, avec un léger trouble (dû à l’absence de filtration). Alcool de figue, cire d’abeille, encaustique, écorces d'oranges confites, pruneaux secs … le nez est d’une richesse inouïe. La bouche est d’une belle rondeur, avec un sucre bien fondu, et d’une très grande longueur. Si vous voulez savoir ce que signifie pour un vin de « faire la queue de paon », alors goûtez celui-ci.

Les Caves Augé
116, Boulevard Haussmann - Paris 8ème
Métro Saint-Augustin
Tél : 01 45 22 16 97 

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 21:13
Quels souvenirs œnologiques garderai-je de cet été 2007 ? Pour beaucoup, la belle saison appelle les rosés. Il est vrai qu’ils sont, d’année en année, plus nombreux à être bien faits. Mais je suis trop souvent resté sur ma fin devant des verres aux arômes aussi pâle que leur contenu. Aussi, je continue à marquer une nette préférence pour ouvrir plutôt un rouge léger ou un blanc à l’ombre de la tonnelle. Flash-back sur quelques petits, et moins petits plaisirs en blanc de cet été.
 

dixpetitsblancs.JPG



    Souvenir de vacances en Lubéron, ce sublime Viognier 2004 acheté au domaine Val Joanis m’enchante à chaque dégustation. Pour cette avant-dernière bouteille de la caisse, fruits blancs, fleurs d’acacias et délicats arômes fumés étaient toujours bien au rendez-vous. 

    Les frères Puzelas sont une référence incontournable en Touraine. Leur « Buisson Pouilleux » 2004 le justifie amplement. Robe légèrement trouble (le vin est peu filtré), nez herbacé, fleuri, citronné, beurré, la bouche s’enrichit de pomme, un vin d’une fraîcheur entraînante ! 

    Ce Tokay 6 puttonyos (soit quasiment le plus concentré en sucre résiduel : 150 à 180 gr/l avec 8 ans de vieillissement en fût) s’est montré à la hauteur de la réputation de ce « Roi des vins et vin des Rois » comme le nommait Louis XVI. Avec sa robe d’ambre et ses arômes de miel et de fruits murs, il a merveilleusement accompagné une tarte aux abricots frais.
 

    Château de Sassangy « Sous la Roche », Côte Chalonnaise 2004. Cette propriété familiale de plusieurs siècles a abandonné la viticulture après le passage du phylloxera, pour la reprendre en 1973 directement en bio. Si la démarche est louable, cette Côte Chalonnaise ne m’a pas emballé : robe très pâle, nez trop discret d’agrume et bouche assez austère, un peu trop cistercien pour un vin d’été ...

    Nez de bonbon, bouche fraîche, bouche fraîche et épicée, excellent apéritif que ce Penèdes, appellation catalane. Le vignoble d’Albet y Noya, situé à 300 mètres d’altitude, le dispute aux pins et à la garrigue. Le cépage local xarel-lo, cultivé en bio, y fait merveille.
 

    Souvent un peu déconsidérée par rapport au Jurançon, l’appellation Pacherenc du Vic Bihl offre pourtant de véritables trésors. Cette cuvée « harmonie » 2002 de la cave de Crouseilles en fait partie. Robe d’or profond, fruits compotés (abricots, coings, …), pointe boisée discrète composent un bel équilibre.
 

    Pierre Weyand et Josette Médau nous offrent avec leur « Pure sève du Paradis » 2005 (officiellement vin de table) une robe vieil or, un nez aux parfums de miel, de caramel, de brioche, avec une pointe herbacée, et une bouche que vient enrichir la pomme. Né en Anjou, d’une viticulture biodynamique et d’une vinification naturelle, ce « Vin de terre libre comme l’air » s’est magnifiquement marié à quelques plats indiens légers.

    Un prénom anglo-saxon (John), un nom italien (Capuano-Ferreri) mais un Chassagne-Montrachet bien Bourguignon avec ce millésime 2004. De fins arômes d’abricots et de fleurs blanches, une belle persistance en bouche, je l’ai marié avec bonheur avec des Saint-Jacques poêlées et une fondue de poireaux. 

    Voici les deux Alsaciens de l’étape. En premier, un Riesling grand cru Bruderthal de Bernard Weber. Ce millésime 1994 a l’âge et la fraîcheur de ma fille. Il offre une palette riche d’arômes minéraux, mêlés de pomme, d’agrumes (pamplemousse rose) et de fleurs blanches. Tout simplement superbe, comme le 1997, un peu plus minéral, auquel je l’ai confronté. Qui a dit que les Alsace étaient des vins de petit garde ? Jean-Pierre Frick a choisi de mettre sa « Cuvée Précieuse » Pinot Gris 2004 sous capsule. Ce fait rare pour un vin de cette qualité ne gâte nullement le plaisir de la dégustation : belle robe d’or, parfums suaves de compote de coings, grande longueur en bouche.


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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 13:22
Raoul Marc Jennar : Menaces sur la civilisation du vin 
Roland Feredj : O.P.A. sur la viticulture
 
Le monde du vin est en train de connaître une révolution aussi profonde que celle qui démarra voici un siècle pour aboutir à la création des AOC en 1935. Raoul Marc Jennar (politologue spécialiste de la mondialisation) et Roland Feredj (Directeur général de l’interprofession bordelaise) nous en éclairent chacun quelques facettes.
 
Passons rapidement sur l’état des lieux, en notant l’importance des enjeux : la viticulture pèse 10 % de la valeur de l’agriculture européenne, employant plus d’1.500.000 personnes à temps plein. Elle est actuellement en crise, en Europe et plus particulièrement en France, c’est bien connu. Alors que le prix de quelques châteaux et domaines hauts de gamme atteignent des sommets, le tonneau de 900 L de Bordeaux générique a chuté l’an dernier sous la barre symbolique des 1000 €. A ce tarif, les frais de production sont à peine couverts. Dans les autres régions (Champagne exceptée, on pourrait d’ailleurs s’interroger plus profondément sur le modèle économique de la Champagne et chercher ce qui pourrait en être transposable ailleurs), le constat n’est pas plus reluisant. Les vins du « Nouveau Monde » s’importent de manière croissante (12 millions d’hectolitres en 2005) alors que nos exportations chutent depuis l’an 2000 (avec cependant une reprise l’an dernier, perdurera-t-elle ?). Tout cela dans un contexte de baisse générale de la consommation de vin.
 
Crise structurelle ou seulement conjoncturelle ? Le diagnostic est lui-même loin d’être partagé, que dire alors des solutions proposées … Notons cependant quelques idées clés. Tout d’abord, le marketing fait vendre, et les français ne l’exploitent pas à la hauteur de leurs confrères du « NM ». Ensuite, notre système des AOC, auquel il faut reconnaître d’avoir tiré la filière vers le haut, comporte des effets pervers et nécessite aujourd’hui une vraie remise à plat. Les deux ouvrages présentés ici donnent quelques éclairages pour voir un peu plus clair dans le débat actuel.
 
Le titre donne le ton : « Menaces sur la civilisation du vin » ne donne pas dans la dentelle. Il tire franchement la sonnette d’alarme devant les propositions de la Commission Européenne pour réformer l’économie du vin. De quoi s’agit-il ? Arrachage de 200.000 hectares de vignes (après déjà une réduction des surfaces du vignoble européen de 16% en 20 ans, alors que les pays du « NM » ont augmenté les leurs de 30 à 240%) ; arrêt de la distillation de crise ; libéralisation des droits de plantation à partir de 2014 (en clair, un droit d’augmenter leurs surfaces pour les grandes exploitations qui auront survécu à la purge) ; libéralisation des techniques viticoles (aromatisation –et pas seulement avec les fameux copeaux de chêne–, ajout de glycérol, importation de moûts, …) ; mais aussi la mise en œuvre d’une politique de promotion du vin et de mesures destinées à améliorer la protection de l’environnement. Il s’agit ni plus ni moins que de favoriser en Europe l’essor d’une grande industrie du vin. C’est en effet l’un des rares secteurs de l’agro-alimentaire à échapper au multinationales, contrairement aux sodas, bières, produits laitiers et céréales.
 
Raoul Marc Jennar démonte un à un les arguments et propositions de la Commission Européenne. Il analyse également son fonctionnement et celui de la très médiatisée Commissaire à l’Agriculture qui la préside : Mme Mariann Fischer-Boel, députée libérale dirigeant d’importants élevages intensifs de porcs. Mais au-delà de la critique, Raoul Marc Jennar expose également des contre-propositions, notamment appuyée sur celles de la Confédération Paysanne. Celle-ci a en effet lancé voici quelques temps déjà une importante pétition « contre les naufrageurs du vin ». Voilà donc un ouvrage dense et éclairant, pour mieux comprendre les enjeux des débats actuels sur l’économie du vin.
 
L’ouvrage de Roland Feredj, joliment sous-titré « entre fatalité et espoir » nous dévoile les coulisses des évolutions en cours de notre système des AOC françaises (au nombre de 540 actuellement). Au passage, il égratigne avec humour et lucidité tous ceux qui conduisent ce système, le transformant en « avion rempli de pilotes ». En surface, peu de choses semblent changer. L’INAO devient Institut national de l’origine et de la qualité, ce qui montre clairement l’évolution de son rôle de contrôle et de labellisation. Les syndicats d’appellation deviennent ODG (organismes de défense et de gestion) où l’adhésion est obligatoire, mais le pouvoir moindre. Puisque l’acte capital des syndicats (accepter ou refuser un vin à l’agrément) sera désormais réalisé par un organisme externe. Romand Feredj démonte la mécanique de ces changements, qu’il n’hésite pas à qualifier d’OPA « amicale mais ferme », dans un livre un peu obscur pour le non spécialiste et aux arguments parfois un peu raccourcis (notamment sur les propositions de la Commission Européenne).
 
Il est cependant clair que, quel que soient les évolutions législatives à venir, le destin de la viticulture sera de moins en moins aux mains des viticulteurs eux-mêmes.
 
 
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Menaces sur la civilisation du vin. Raoul Marc Jennar. 
78 pages. Editions Aden. 2007. 8 €
 

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O.P.A. sur la viticulture. Roland Feredj. 
94 pages. Editions Féret. 2007. 18 €
 
NB : par « Nouveau Monde » on entend généralement les USA, l’Argentine, le Mexique, le Chili, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Cette liste me semble déjà dépassée devant l’ampleur des ambitions de développement de certains pays asiatiques (voir notamment le hors série de Géo consacré au vin dans le monde).


Voir la dernière communication de la Commission sur la réforme.

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 22:09
Saison des vendanges et des foires aux vins, l’automne nous apporte également son lot de numéros « spécial vins » dans la presse magazine. Malheureusement, bien peu d’entre eux sortent du lot.
 
Orchestré par Jacques Dupont, Le Point a tiré en premier avec un spécial datant du 6 septembre. Comme à son habitude, il met quelques appellations à l’honneur, parmi celles faisant un travail de fond pour l’amélioration de leur qualité. Baisse des rendements, viticulture plus en harmonie avec l’environnement, vinifications plus respectueuses des terroirs, … année après année, les articles du Point semblent nous dessiner une lente mais profonde révolution, la plupart du temps menée par les plus jeunes vignerons. Douze appellations françaises, auxquelles se joint le Xérès, se déclinent en autant de reportages. Une belle sélection de près de 500 vins (dont près de 120 à moins de 8 euros) nous est également proposée. Notons qu’aucun d’entre eux ne se retrouve dans le volet du magazine consacré aux foires aux vins …
lepoint.jpg  
Le magazine Géo ne s’intéresse d’ordinaire guère au vin. Son hors série titré « La folie des vins du nouveau monde » est pourtant remarquable. Car loin d’une folie, c’est une nouvelle mondialisation de la viticulture qui est en train d’émerger, sous l’effet conjugué du réchauffement climatique et de l’extension de la passion du vin au travers le monde. L’acception « Nouveau Monde » va très rapidement s’élargir, incluant par exemple nombre de pays asiatiques. Autre pays avec lequel il va falloir compter : la Géorgie, qui, sous l’effet de l’embargo russe sur ses vins, mène actuellement une intense politique d’amélioration de la qualité. Et le potentiel est là, dans ce pays qui est, ne l’oublions pas, le berceau du vin. Outre les reportages qui font la renommée de Géo, ce numéro contient également quelques articles de fonds sur la consommation du vin, ainsi qu’un petit guide présentant une jolie sélection de vins bio français.

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L’Express, qui constitue généralement l’autre référence des numéros spéciaux avec Le Point, s’associe à présent à la Revue des Vins de France. Du coup, à l’instar de leur hors série de ce printemps, leur spécial vins ressemble à un sous-produit de la RVF. Vie Pratique Gourmand s’est par contre associé à l’éditeur du « Vin pour les nuls ». Le résultat est loin d’être nul, bien que destiné davantage à l’amateur débutant qu’au confirmé. Citons encore Le Monde 2, avec un supplément très sommaire ou Elle à Table, avec un supplément « les Moments du Vin » qui laisse songeur par la faiblesse de son contenu. Une rencontre entre un « nez » et un œnologue autour des arômes de quelques très grands crus vaut cependant le détour.
 
Bref un millésime 2007 assez inégal, avec tout de même quelques bonnes surprises.
 
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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 19:51
Nicholas Faith : La Bourgogne et ses vins 

Si pour vous le mot bourgogne est synonyme de casse-tête complexe des appellations et de hiérarchie obscure des crus. Si vous ne distinguez pas spontanément les Hautes-Côtes de Beaune des Hautes-Côtes de Nuits, ou encore Pouilly-Fuissé de Pouilly-Fumé. Si vous vous interrogez sur le rôle central qu’un hospice peut avoir dans le commerce du vin. Bref, si vous souhaitez enfin y voir clair en matière de Mazis-Chambertin, Morey-Saint-Denis, Corton-Charlemagne et autre Puligny-Montrachet, alors ce livre est pour vous.
 
Ecrit par un Américain amoureux de la Bourgogne, il vous offre un panorama complet et clair de son histoire, de son ampélographie et de sa géologie. Vous y croiserez ceux qui ont fait de cette région et de ses vins un sujet de fierté nationale. Philippe Le Bon, qui expulsa le gamay au profit du pinot noir. Aubert de Villaine, qui veille à la destinée des vins du DRC avec une rigueur toute cistercienne. Ou encore l’injustement méconnu Etienne Kayser, instituteur qui batailla plus de vingt ans pour sortit les Hautes-Côtes de l’ornière. Sans parler de Jean-François Bazin, sans doute son meilleur ambassadeur, dont les paroles viennent soutenir en écho ceux de Nicholas Faith. Beaujolais et Chablis sont également de la partie.
 
Tout cela avec l’art de simplifier les sujets complexes dont savent si bien faire preuve nos amis anglo-saxons. Mais sans langue de bois ! Car Nicholas Faith n’hésite pas à égratigner les travers dans lesquels tombent encore de trop nombreux négociants et viticulteurs : extension immodérée des surfaces, course au rendement, non-respect de l’environnement, survente de vins à la réputation parfois usurpée, ... Les images d’Andy Katz, qui jette un regard automnal, parfois nostalgique, sur des paysages tout en demi-teinte, illustrent parfaitement le texte. De plus, différentes cartes viennent apporter d’utiles précisions géographiques.
 
Enfin, quelques anecdotes viennent égayer le sérieux du propos. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer celle-ci : après son échec au référendum de 1969, le général de Gaulle lança à tante Yvonne un « On ne va pas se laisser abattre. Allez me chercher une bonne bouteille d’un vin de Méo ! » Un clos Vougeot d’un beau millésime. Ce n’est pas chez les Sarkozy qu’on verrait cela ...
 
 

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La Bourgogne et ses vins. Nicholas Faith. Photographies d’Andy Katz. 144 pages. Editions Solar. 2002. 24,70 €.


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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 19:19
Voici revenu le temps des foires aux vins en grande distribution. Je n’avais pas particulièrement l’intention d’y faire une razzia cette année. C’était sans compter sur la puissance suggestive de la pub … En week-end dans ma petite maison de campagne dans l’Est de la France, je trouve le traditionnel prospectus d'une trentaine de pages dans ma boite. Armé d’un guide et de quelques numéros de la RVF, je l’épluche consciencieusement.
 
Pas de vins bio, peu de petits producteurs. Bordeaux se taille, comme toujours, la part du lion avec près de la moitié des références. Je note l’arrivée des 2005, ce second millésime du siècle qui a fait grimper le thermomètre des prix, sans que la tiédeur du 2006 ne l’ait fait redescendre. Peu de grands crus cependant, quelques seconds vins, dans l’ensemble on est plutôt bourgeois ou générique dans ces foires, les prix sont donc relativement sages. Au passage, je les compare avec les tarifs primeurs. Voici par exemple Fieuzal, dont 12 bouteilles m’attendent sagement, achetées en primeur avec une économie de … moins de 30 cents par bouteille par rapport à l’hypermarché. Et encore, avais-je bien comparé les prix avant de m’engager, les plus intéressants étant souvent ceux de la Cave Augé. Mais avec une économie de 1 à 2 %, est-ce rentable d’avancer et donc d’immobiliser le montant de la commande ? Sans parler de ceux qui auront payé plus cher en primeur !
 
Au final, je trouve une demi-douzaine de vins qui me semblent intéressants au milieu des quelques 400 références présentées. Nous sommes le premier jour de la foire, tout devrait donc être disponible, banco ! j’y vais.
 
Me voici sur place, face à un grand chapiteau érigé pour l’occasion sur le parking. La météo est mitigée, la température ou la tente restera donc correcte et les vins n’auront pas été stockés au soleil. Je vogue sur un fleuve de caddies, entre des berges de cartons et des monts de caisses, avec l’étrange impression de traverser le Styx. Me frayant un chemin, j’arrive au bar où les vins sont offerts à la dégustation par deux vendeurs dont le professionnalisme me laisse coi. Cherchant une bouteille de Moulis parmi les Beaujolais et de Madiran parmi les Côtes-du-Rhône, ces deux là n’ont pas du réviser leur géographie viticole. A moins qu’ils n’aient été débauchés in-extremis le matin même du rayon charcuterie ou électroménager.
 
Les bouteilles sont ouvertes sans enlever la capsule d’aluminium. Les bouchons sortent donc mal et se cassent, d’où d’abondants petits morceaux de liège flottant dans les gobelets de plastique servant de verres de dégustation. Le conseil se limite à un « celui-ci est cent fois mieux que l’autre ». L’attente est longue, permettant d’engager de passionnantes conversations sur le manque de vendangeurs alors qu’yaka faire bosser les chômeurs mon bon monsieur. Quelques Allemands s’impatientent, sans-doutes habitués à une organisation un peu plus efficace. Le prospectus distribué outre-Sarre précise que tous les vins peuvent être goutés. Je prie pour qu’il ne comprenne pas toutes les références, tant la perspective de voir verser quelques gouttes d’Yquem dans ces gobelets m’effraye.

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Enfin, j’arrive tant bien que mal à mes fins : goutter mes six présélectionnés, modeste Graal en ce samedi matin à la périphérie d’une ville de l’Est. J’écarte les étoilés Parker en Chateauneuf-du-Pape et en Crozes Hermitage, j’avais pourtant cru qu’il était revenu du bodybuilding œnologique. J’abandonne à regret Chasse-Spleen, qui n’est pas rentré et m’aurait obligé à passer commande. Je charge Rollan de By, honorable cru bourgeois, et Montus, référence en Madiran, avant de me diriger vers le serpent qui s’avance lentement vers les caissières.
 
J’en profite pour loucher sur les caddies de mes congénères et de les comparer au mien, avec ses deux modestes caisses en tapissant le fond. Les chariots s’effondrent presque sous le poids des bouteilles. Devant moi, un costaud en treillis pousse fièrement ses cinq caisses de magnums de Cantenac Brown 1982. Lui a-t-on dit que ce n’était pas une année formidable et que même à 69 € le flacon, ce n’était pas forcément une bonne affaire ? Mais mise à part cette débauche luxueuse, ce sont les offres à un carton gratuit pour deux achetés qui sont plébiscitées : crémants d’Alsace à 3,99, Corbières et Côtes-de-Blaye à 2,66, Cabernets d’Anjou à 1,99 ou encore Muscadets à 1,66.
 
Même si toutes les foires aux vins ne se ressemblent pas, la grande distribution restera toujours la grande distribution. Les cavistes ont encore de beaux jours devant eux, et c’est tant-mieux !


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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 18:23
Pierre Seltz : Voyage dans le monde du vin
 
Il est rare qu’un viticulteur prenne la plume pour nous conter avec tant d’érudition, non seulement son histoire ou celle de son vignoble, mais celle du vin lui-même, compagnon étroitement lié à l’humanité et à son histoire, depuis quasiment la nuit des temps.
 
Cette aventure commune débute-t-elle en Mésopotamie ? Ce que l’on peut considérer comme le plus ancien livre de cave y date en effet de quelques 4000 ans, recensant l’état des rendements et des stocks. Mais d’autres hypothèses font remonter la culture de la vigne au VIIème millénaire avant Jésus-Christ, en Géorgie. Ou encore aux Sumériens, sur la foi de l’un des plus anciens poèmes de l’humanité, écrit sur des tableaux d’argile : l’épopée de Gilgamesh, où déjà le vin avait une place centrale.
 
Pierre Seltz reconstitue le parcours des raisins depuis les montagnes de Zagros jusqu’au Caucase. Il hume les boissons fermentées, vraisemblablement assez rustiques, qui alimentaient festins et libations. Il observe le trajet des amphores et plus tard, après leur invention par les Gaulois, celui des tonneaux. Il navigue sur les radeaux de l’Euphrate, les bateaux de roseau du Nil, les navires crétois, les trirèmes grecs, les galères romaines ... Et partout le vin fait partie des biens les plus importants à bord, même Noé a emporté de la vigne sur son arche. Car la route du vin croise la route de la soie, les chemins des épices, les trajets des métaux précieux. Tous les peuples de la Méditerranée ont assis leur puissance avec son commerce et en retour lui ont offert d’étendre son espace. Rois, empereurs, guerriers, commerçants, moines ... ont été ses maîtres comme ses serviteurs.
 
Et Pierre Seltz ne nous conte pas cette saga depuis son bureau ou sa bibliothèque. Globe-trotter infatigable, il a parcouru les pays qu’il évoque. Il a retrouvé une liane de vitis sylvestris au fond du grand canyon du Colorado, a pris en main les outils des antiques vignerons, a mis ses pas dans ceux des marchands grecs ou phéniciens. Le voyage auquel il nous invite est non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace. Il nous fait découvrir les vignobles d’aujourd’hui et leur histoire. Etats-Unis, Australie, Italie, Espagne, Portugal ... nous sont contés à la fois par leur histoire vitivinicole, mais aussi par les hommes, les terroirs et les cépages. Pierre Seltz, en tant que vigneron, a longuement fréquenté ses homologues de ces pays et nous fait partager leur aventure.
 
La présentation des principaux cépages est également très complète, vue par un homme de métier, qui les a donc travaillés, fréquentés de manière intime. Il en va de même pour le chapitre consacré à la dégustation, élevée au rang de véritable art de vivre. Richement illustré et écrit avec passion, ce livre nous permet de croiser Gilgamesh, Ulysse ou encore Charlemagne, tout autant que de découvrir la richesse des vignobles de France et d’ailleurs. Car c’est un homme passionné qui nous invite à partager les connaissances qu’il a acquises au cours du voyage d’une vie dans le fabuleux monde du vin.
 

 
 

 

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 15:33
Je ne résiste pas au plaisir de partager cette découverte. Une bien sympathique carte de France ...

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Bon, soyons sérieux, l'alcoolisme au volant est un véritble fléau. Ce n'est pas la lutte contre ce comportement dangeureux, voire criminel, qui est en cause dans les difficultés que rencontre actuellement le monde du vin. Ne nous trompons pas de cible !

L'alcool est en cause dans près d'un accident mortel sur trois. Et si les conducteurs impliqués sont rarement alcooliques, c'est que le risque surgit bien avant qu'apparaisse l'état d'ébriété. L
e risque d’accident augmente en fonction de l’alcoolémie. A 0,5 g/l (ce qui représente à peine plus de 2 verres), le risque d’être impliqué dans un accident mortel est multiplié par 2, par 10 à 0,8 g/l et par 35 à 1,2 g/l.

Voir le site de la prévention routière.

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 12:28
Sylvie Girard-Lagorce : Je ne sais pas goûter le vin

 

Ne vous fiez ps au titre. Derrière cette accroche se cachent en fait toute une foultitude d’informations et de conseils qui pourraient intéresser plus d’un amateur se croyant éclairé. Car Sylvie Girard-Lagorce nous y dévoile de manière claire bien plus que les bases que doit maîtriser tout œnophile qui se respecte. Tout cela sur un ton vivant, avec beaucoup de pédagogie, en évitant la simplification outrancière.

 

Pour commencer, nous apprenons à décomplexer. Onze questions-réponses ouvrent le bal, nous montrant que si le sujet n’est pas évident, il est également moins complexe qu’il n’y parait, pour peu qu’on l’aborde avec bon sens. A les lire, le néophyte se dit d’emblée qu’il n’est pas le seul à avoir du mal à différencier un bon d’un grand vin, mais que cela lui est accessible pour peu qu’on ne lui explique pas en langage jargonnant.

 

Passée cette introduction, un panorama général du vin est présenté, non par pays, régions, appellations ou cépages, mais par couleurs. Du blanc clair au rouge très foncé, en passant par le rosé et les bulles : la ronde des couleurs a l’avantage de la simplicité, tout en parlant immédiatement au lecteur. Cépages et appellations ont ainsi abordés à partir d’un point d’entrée immédiatement accessible à tous.

 

De l’élaboration à la vente, du bon usage des guides à la dégustation en passant par la cave, de la compréhension des étiquettes aux accords mets-vins (avec également quelques recettes savoureuses), ce livre ne laisse aucune facette dans l’ombre. Il fourmille de conseils, souvent de bon sens, mais ce sont justement ceux-là qu’on pense rarement à donner aux amateurs. Et surtout, il permet de relativiser les doctrines qui prévalent sur le vin. Un exemple : la température de dégustation. Sylvie Girard-Lagorce confronte les avis de six sommeliers et cuisiniers renommés, mettant bien en évidence que la température idéale est aussi affaire de contexte et de préférences personnelles (à l’intérieur tout de même d’une certaine fourchette !). Apprenons donc à découvrir les nôtres, plutôt que de suivre docilement les préceptes.

 

Avec ce livre, plus personne ne pourra dire « je n’y connais rien ». A s’offrir et à offrir à tous ceux qui hésitent encore à franchir la porte de l’univers du vin.

 

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Je ne sais pas goûter le vin. Sylvie Girard-Lagorce. 188 pages. Flammarion. 2002. 16 €.
Egalement en poche (sortie imminente, fin août 2007) aux éditions J'ai Lu. 5,60 €.

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