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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 21:53

Le 17 janvier 1920 tous les États (sauf le Connecticut et Rhode Island) ratifient le 18ème amendement. Celui-ci proscrit la fabrication, le transport et la vente des boissons alcoolisées, mais pas leur consommation. Ce sera le point de départ des 13 années de prohibition aux USA et la naissance d’une vaste organisation criminelle : le trafic et le banditisme se développent dans tous les États.

 

weegee.jpg

Photo : Arthur Fellig, dit Weegee.


 

31 propriétaires-viticulteurs créent le 18 janvier 1924 la cave coopérative de Boufarik, premier village fondé par les colons français moins d'un siècle plus tôt.

 

Le 19 janvier 1935 est adopté le règlement du conseil régulateur (Consejo Regulador) de l'appellation Jerez-Xérès-Sherry, appellation créée quelques mois plus tôt.

 

20 janvier 1793, à la veille d'être guillotiné, Louis XVI écrit une dernière lettre dans laquelle il évoque le vin : « J’ai vécu dans le luxe inouï de Versailles. Mais aujourd’hui, je vous loue, Seigneur, car je termine mon règne comme les rois antiques et sages, devant un simple verre de vin, dans ma modeste chambre de la Tour du temple. (…) Je m’associe au prêtre, qui, en ce moment, mêle le vin à l’eau, moment préparatoire à cette unité de Dieu et du fruit de la vigne, où le vin est Dieu (…). »

 

louis16temple.jpgLouis XVI instruisant son fils dans la prison du Temple.


 

La décision du Conseil, le 21 janvier 2002, permet l'application de l’accord conclu entre la Communauté Européenne et la République d'Afrique du Sud relatif au commerce des vins.

 

22 janvier : Saint Vincent, le saint patron des vignerons, donne lieu à de nombreux dictons. Citons-en un provenant de la Champagne : Saint-Vincent à la claire journée annonce une bonne année.

 

23 janvier : Saint Barnard se trouve un peu délaissé après Saint-Vincent. Et encore, c’est par référence à ce dernier que l’on dit : Lendemain de saint-Vincent ensoleillé, rend le vigneron joyeux dans son cellier.

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 00:20

Collectif : Voyage aux pays du vin.

 

Voilà un livre de poids : je ne l’ai pas pesé, mais avec ses quelques 1.300 pages et son format ramassé, il peut aisément être qualifié de « pavé ». Une typographie dense, des illustrations parcimonieuses, de nombreuses notes de base de page, des annexes fournies… il n’y a aucun doute, la forme montre que l’on a affaire à un livre rédigé pour l’essentiel par des universitaires. Il s’agit pour une grande part de l’équipe de recherche du Lapril (Littératures, arts, pluridisciplinarité, représentations, imaginaire, langages) et du Cervin (Centre d'études et de recherches sur le vin) de l’université de Bordeaux III. Mais passons plutôt au fond, car celui-ci ne manque pas, le ramage se montre en effet à la hauteur du plumage.

 

L’ouvrage est organisé de manière chronologique, articulé en cinq très grandes périodes, des origines aux premiers pas et perspectives du XXIème siècle. Il s’appuie sur l’étude d’un corpus très complet de textes  mythologiques, religieux, philosophiques, littéraires, techniques… L’ensemble nous permet d’explorer les pays, au sens de territoires réels ou symboliques, dans lesquels l’homme et le vin ont évolué et continuent d’évoluer conjointement.

 

Cette logique chronologique se croise avec une logique thématique, et non géographique, ce qui en fait un ouvrage très différent, par exemple d’un livre comme Une histoire mondiale du vin. A contrario des thèmes fréquemment traités ailleurs (telles que le commerce du vin ou les évolutions techniques), ce sont ici les traditions religieuses ou les courants de pensée importants qui sont à leurs points de départ. Car le regard porté sur le vin, son statut et les représentations qui lui sont liées en sont étroitement dépendantes.

 

 

voyagepaysvin.jpg

 

 

 

Deux sections forment chaque grande période : L’histoire et les lieux en rappelle le contexte historique et donne des repères géographiques. Tandis que Le vin et les lettres, la plus importante, permet l’exploration de sujets emblématiques, en compagnie tantôt des textes classiques incontournables, tantôt de véritables inédits. De la fonction du vin dans les grandes religions monothéistes à Fernando Pessoa s’inspirant d’Omar Khayyam, des recommandations de Plutarque aux injonctions de Baudelaire, goûts et plaisirs, vertus et civilités, vin quotidien et vin maudit… peu de livres nous ouvrent les portes d’un aussi riche voyage.

 

L’interdisciplinarité des auteurs crée une véritable richesse, les très nombreux textes qui composent le livre se répondent et se complètent, sans jamais être redondants. Saluons au passage le travail de coordination qui dû être nécessaire pour architecturer un ensemble aussi cohérent.

 

 

bonvin

Bon vin (image d'Epinal, 1842, reproduite dans le chapitre "la fête")

 

 

Voyage aux pays du vin. Ouvrage collectif sous la direction de Françoise Argod-Dutard, Pascal Charvet et Sandrine Lavaud. 1.300 pages.Editions Robert Laffont, collection « Bouquins » (textes inédits). 2007. 30 €.

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 07:43

Le 10 janvier 1991 est promulguée la loi relative à la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme, ou loi Évin, du nom de son auteur Claude Évin. Elle limite fortement le droit de faire de la publicité pour les boissons alcoolisées afin de protéger les jeunes des opérations de marketing. Des assouplissements seront apportés en 2004.

 

Daniel Arbinet, médecin originaire de Beaune, soutient le 11 janvier 1652 une thèse à la faculté de médecine de Paris, où il tend à prouver que « le vin de Beaune est le plus agréable et le plus salubre des vins : Il passe avant tous les autres parce qu'il charme d'abord les yeux, puis les narines et le palais, puis parce qu'il mitige le suc mélancolique auteur et fauteur de tristesse, répare très vite ceux qui sont épuisés par les soucis ou le travail de l'esprit, d'où la joie du cœur, l'euphorie. »

 

Le décret du 12 janvier 2007 autorise également les vins d’assemblage dans l’AOC Alsace Grand Cru Kaefferkopf.

 

Kaefferkopf-Ammerschwihr-1834.jpg


Le 13 janvier 1929 est fondée l'Union des producteurs des grands vins blancs de Pouilly-Fuissé. L’AOC sera reconnue par décret le 11 septembre 1936. Depuis lors, l'aire de production initialement délimitée n'a jamais été étendue.

 

Gaston Cheq nait le 14 janvier 1866 à Bar-sur-Aube. Il prend en 1911 la tête d’une révolte de vignerons, pour défendre le droit à l’Appellation Champagne pour le département de l’Aube. Département que le gouvernement de l’époque avait évincé de la délimitation, alors que la ville de Troyes était historiquement la Capitale de la Province Champenoise.

 

checq.jpgGaston Checq (sic) porté en triomphe à Troyes

 

Dans le Mercure de France du 15 janvier 1731, le Capitaine Leboeuf de Joigny prétend que les vins de Joigny sont supérieurs à ceux d’Auxerre. Sa lettre déclenche une querelle nommée « Bataille des vins de l’Yonne ».

 

Aux assises d'Épernay, le 16 janvier 1415, les Dames abbesse et religieuses d'Avenay avaient assigné l'abbé et les religieux de Saint-Denis de Reims comme leur devant une queue de vin du vinage d'Ay, à prendre au jour de la Saint-Martin d'Hiver, ce que contestaient ces derniers.

 

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 22:48

Marc Grodwohl & Frantisek Zvardon : La route des vins d’Alsace.

 

Que de souvenirs attachés pour moi à la route des vins d’Alsace, dont nous empruntions souvent une portion, quelque part entre Marlenheim et Thann, avec mes parents. Venant d’un coin non viticole de la région, je regardais avec toujours le même enchantement d’enfant les maisons aux multiples couleurs, les fontaines fleuries en cascades de géraniums, et surtout les enseignes richement décorées et les énormes bouteilles factices qui signalaient alors fréquemment les lieux où se vendait du vin. Si la publicité est aujourd’hui moins kitsch, et sans doute aussi moins fascinante pour les plus petits, les rues et les maisons respirent toujours une joyeuse opulence. Mais les vrais changements sont, un peu comme la vérité, ailleurs...

 

Frantizek Zvardon avait déjà réalisé un très bel ouvrage sur cette route des vins, un de ses sujets de prédilection. Sorti voici presque 8 ans, Panoramas d'Alsace ... sur la route des vins était essentiellement un livre de photographies, contenant malheureusement trop peu de textes. Le présent ouvrage est radicalement différent, puisqu’il se double d’un véritable essai sur le paysage du vignoble. Marc Grodwohl note que celui-ci est « un jardin philosophique mis gratuitement à notre disposition ». Un jardin qu’il a largement parcouru, sur place et dans les récits des historiens, pour construire une réflexion articulée en treize récits. Ces récits, qui partent le plus souvent de l’observation d’un site bien spécifique, forment autant de points de départ pour dérouler une approche que je qualifierais de « structuraliste » du paysage. Car l’ethnologue qu’est Marc Grodwohl s’attache à découvrir les structures sociologiques qui ont, au travers du temps, forgé l’espace immédiatement visible, mais lisible uniquement à ceux qui savent regarder par-delà de la surface.

 

Sa réflexion aborde bien entendu les enjeux environnementaux, mettant par exemple en lumière les deux courants opposés qui façonnent les évolutions du paysage viticole. La rationalisation, d’un côté, avec des remembrements conduisant à supprimer de petites parcelles et à simplifier le paysage, avec également des pratiques de plus forte régulation de la nature, à l’aune d’un « ordre géométrique ». Et une conception plus « naturaliste » qui, selon les termes de Jean-Pierre Frick, refuse « la transposition dans le paysage de la dictature des canons de la beauté, comme les humains des photos des magazines ». De cette dualité nait une plus grande diversité dans le vignoble, où s’explorent aujourd’hui de nombreuses voies. Sans démagogie ni idéologie, l’auteur ne cherche pas à prendre partie, mais interroge les penseurs et les praticiens, des historiens et des viticulteurs, des philosophes et son complice photographe, pour nous éclairer sur cette route des vins tant de fois parcourue, mais rarement explorée.

 

routesdesvinsalsace.jpg

 

La route des vins d’Alsace. Marc Grodwohl & Frantizek Zvardon. 264 pages. Editions du Signe. 2010. 45 €.

 

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 20:05

 

vdvlogo.pngC’est avec grand plaisir que je prends la première présidence des vendredis du vin de l’année 2011, année que je souhaite excellente à tous les VDVistes et à leurs lecteurs. Après un spectaculaire redémarrage voici quelques mois, sous l’impulsion d’Iris, nul doute que 2011 sera un très beau millésime, riche de rencontres et de découvertes !

 

Je ne me suis pas interrogé bien longtemps pour arrêter le thème qui vous est proposé : les paroles après le son, le texte après le latex, le récit après le voyage, les pages après la couverture…

La 32ème édition des VDV sera littéraire ou ne sera pas.

 

Le vin a de tout temps eu des rapports privilégiés avec les lettres. Il a inspiré les poètes, à l’instar d’Omar Khayyâm : « Une rose tremble dans la brise. Un rossignol lui chante un hymne passionné. Un nuage s'est arrêté. Buvons du vin ! » (Rubayât). Tandis que d’autres se sont perdus en lui : « Me voilà libre et solitaire ! Je serai ce soir ivre mort ; Alors, sans peur et sans remord, Je me coucherai sur la terre, Et je dormirai comme un chien ! » (Charles Baudelaire, Le Vin de l’assassin).

 

baudelaire-ame-du-vin.jpg

 

En version chic, avec Blaise Cendrars « La table était splendide. (…) des vins du Rhin et quelques vieilles bouteilles de France qui avaient fait le tour du monde sans s’éventer, tellement on en avait pris soin. » (L’Or), à peine moins classe avec Jean-Marie Laclavetine « Que serait l’homme sans le vin ? A-t-il soupiré en humant son verre. Une bête silencieuse et triste. Le premier geste de Noé, à peine descendu de l’arche à la fin du déluge, fut de planter une vigne et de s’enivrer. » (Le Rouge et le blanc), où franchement populo avec Robert Giraud « S’il n’était pas armé de quelques litres pour passer ses heures, il me donnait du fric que j’allais transformer en mazout dans un de ces petits bistrots crouillats qui fourmillent dans le secteur. – Prends du bon, du gros, de l’Algérien, c’est mon pays. J’ai de l’argent pour payer, et l’argent, tu le sais bien, c’est comme le train, faut que ça roule. » (Le Vin des rues) le vin traverse de nombreuses œuvres.

 

Autant de textes, autant d’associations possibles. Peut-être en profiterez-vous pour ouvrir une Romanée-Conti 1935 ou La Tâche 1966 : « Très bien. Pour respecter l’ordre, je propose de commencer par le plus jeune. (…) Il paraît que le bourgogne prodigue l’esprit. Voyons un peu ce que ça donne. » (Takeshi Kaiko) ? Ou plus modestement un  « (…) petit bourgueil bien frais. Nous avons rongé des rillons, mordu dans des tartines de rillettes épaisses comme un édredon, savouré des tomates tièdes et sucrées, des pyramides de chèvre grises et des poires du verger. » (Anna Gavalda, L’Echappée belle).  

 

romanee-conti-1935

 

La collection « Ecrivins », dirigée par Philippe Claudel, offre quelques belles sources d’inspiration.  Je n’imaginerais pas que l’on puisse parcourir Chez Marcel Lapierre de Sébastien Lapaque sans accompagner sa lecture d’un verre de Morgon. Ni feuilleter Expédition nocturne autour de ma cave de Jean-Claude Pirotte sans laisser lentement s’ouvrir un Château-Chalon dans une carafe.

 

De nombreux domaines sont également associés à des écrivains célèbres, soit parce qu’ils y y ont vécu ou qu’ils en aient été propriétaires. Mais tout livre, tout poème, tout texte peut vous évoquer un vin. Et inversement, toute bouteille peut vous rappeler quelques pages, voire vous inspirer pour les écrire vous-même. La seule limite est ci celle de votre imaginaire !

 

mute la rectorieBelle du Seigneur d’Albert Cohen et vin muté sur grain de La Rectorie,

à partir du thème « le vin médecin de l’amour » proposé par Michel.

 

Pour participer, il vous suffit de poster sur votre blog, ce vendredi 28 janvier, un commentaire de dégustation en rapport avec le thème du mois. Vous pouvez aussi vous rendre sur la page Facebook du groupe des VDV, laisser un commentaire sur le blog des VDV, en laisser un ici, m’envoyer un message. Bref, en-dehors du pigeon voyageur et du télégraphe de Chappe, tous les moyens sont bon pour combiner litres et lettres.

 

 

alphabet-chappe.jpgOn peut toujours essayer...

 


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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 18:42

Excellent millésime 2011 à toutes et à tous !

 

Avec cet article, j'inaugure une nouvelle série, les éphémérides : dicton du jour, grands et petits événements du vin.

 

Dicton du 1er janvier : S'il pleut la nuit de la nouvelle année le laboureur n'aura guère de denrée et n'aura pas de bon vin pour noyer son pauvre chagrin.

 

A Albi, le 2 janvier 1947 en l'Hôtellerie Saint-Antoine se crée, à l'initiative du restaurateur Jacques Rieux, La Confrérie albigeoise de Rabelais, qui se déclare « littéraire et gastronomique ».

 

Le 3 janvier 1926 est fondé le Syndicat viticole des Graves de Vayres.


graves de vayres 

A 13 h 55, le 4 janvier 1960, une Facel Vega percute un platane sur la nationale 5. A son bord, Albert Camus meurt sur le coup à l’âge de 46 ans. On le sait d'origine très modeste, en fait son père était ouvrier chez un négociant en vins, il avait trouvé la mort pendant la guerre en France, en 1914.

 

Le 5 janvier 1965, Angela Duval poétesse bretonne née en 1905, écrit un poème virulent nommé Le vin rouge :

« (...) Tout de même je te défends toi l’ivrogne

         De t’approcher de moi

         De me bredouiller

         Des mots sortis du trou de ton cul

Parce que, comme tu le sais, je n’ai pas été

         À l’école de la patience… »

 

6 janvier, quelques dictons pour l’Épiphanie : Pluie aux Rois, blé jusqu'au toit et dans les tonneaux du vin à flots.

Il faut boire du vin rouge le jour des rois pour se faire du bon sang toute l'année.

Claire nuit à l'Épiphanie tonneaux bien remplis.

 

Les décrets du 7 janvier 1936 délimitent exactement les régions viticoles allemandes et en arrêtent les principales caractéristique.

 

Le site ChateauOnline annonce le 8 janvier 2002 qu'il vient de réaliser une levée de fonds de 5,5 millions d’euros auprès de ses six actionnaires historiques, afin d’atteindre l’équilibre financier et de poursuivre son développement.

 

Napoléon III buvait du Picpoul, vin blanc de l'Hérault, pour soigner ses calculs vésicaux. Il en mourrut quand-même le 9 janvier 1873...

 

napoleonIII.JPG


 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 08:38

Et pour finir, quelques livres d’images…

 

Pour un Parkérien ayant le sens de l’humour :

 

septpechers-copie-1.jpgÇa barde fort dans le Bordelais. Robert Parker, malgré les indéniables services qu’il a rendus à la région, se retrouve au ban des accusés. Face à des juges masqués comme les membres de la secte des Cigares du Pharaon, dans le décor de l'église troglodyte de Saint-Emilion, il doit répondre de sept pêchés « capiteux ». Et c’est en autant de chapitres que l’on va dérouler le fil du « système Parker ». Apprendre comment un avocat américain, au départ simple amateur de vin et éditeur d’une lettre confidentielle (aujourd’hui, il aurait certainement tenu un blog) est devenu le critique le plus influent de la planète vin. Découvrir comment tout un ensemble d’acteurs (œnologues volants, capitaines d’industrie investissant dans les châteaux bordelais, négociants, …) s’est organisé dans un système circulaire qui s’est longtemps autoalimenté. Sur un scénario de Benoît Simmat (In vino satanas) et des images de Philippe Bercovici (Les femmes en blanc), ce procès à charge démonte cette mécanique qui a eu pour principaux effets une flambée des prix et une uniformisation progressive de nombreux vins, une standardisation à l’aune du fameux « goût Parker ». Même si cette BD n’est pas franchement comique, elle aura quant-même fait rire le principal intéressé, qui accorde bien sens de l’humour et sens des affaires : « Absolutely hilarious... Highly recommended : 96+. Too bad, I don't get any commissions on the sales... ».

 

Robert Parker – Les sept péchés capiteux. Benoît Simmat & Philippe Bercovici. Préface de Denis Saverot. 56 pages. Editions 12Bis. 2010. 12 €.

 

 

Pour un enfant :

 

grandpere.jpgParce que Noël est avant tout la fête des enfants. Parce que le vin est un produit culturel et qu’en tant que tel, la transmission de sa connaissance relève des enjeux de la transmission du patrimoine. Parce que l’apprentissage de la tempérance va de paire avec l’initiation au bon goût, et que les deux sont les meilleurs instruments de prévention du binge drinking. Parce que j’entends déjà frémir les ligues de vertu. Et surtout, parce que ce livre très joliment illustré plaira sans aucun doute à la plupart des enfants. Ils y suivront, en douze petites histoires, Paul et son grand-père qui lui apprend avec patience et tendresse le métier de vigneron. L’observation de la nature, le travail de la vigne, les vendanges, le travail au chai, la mise en bouteille. Tout le cycle du vin est ainsi représenté, parfois de manière un peu idéalisée mais toujours très vivante. Un glossaire explique également les termes les plus spécifiques. Cette très heureuse initiative mériterait que le Père Noël en glisse une pile sous le sapin de chaque école élémentaire de France et de Navarre ! 

 

Grand-père raconte-moi la vigne. Pascal Bounet & Françoise Étourneaud. 48 pages. Editions Féret. 2010. 14,20 €.

 

 

Pour un grand enfant :

 

gouttesdieu-1.jpgJ’avais à peine évoqué Les gouttes de Dieu dans un article sur des bulles venues d’ailleurs. Je dois en effet admettre être passé à côté du phénomène, n’eut été un échange un peu vif sur un forum à propos de l’impact de ce manga sur la popularité et, accessoirement, sur le prix des vins cités… Mais revenons aux livres. Œnologue de réputation mondiale, Yutaka Kanzaki, vient de décéder. Il lègue sa fabuleuse collection de vins à celui qui découvrira douze grands vins, les douze apôtres, ainsi qu'un treizième et mystérieux vin idéal nommé Les Gouttes de Dieu, qu’il décrit dans son testament. Dès lors s’engage une course sans merci entre son fils et le frère adoptif de celui-ci. Cette rivalité fraternelle forme la toile de fond sur laquelle le duo de scénaristes Tadashi Agi et la dessinatrice Shu Okimoto déroulent une intrigue très bien construite et rapidement prenante. Les amateurs de manga y découvriront le monde du vin français, mi en scène avec beaucoup de finesse et de précision. Les scénaristes ont en effet fait un remarquable travail documentaire, y compris en se rendant aux domaines évoqués. Une somme de connaissances qu’ils savent restituer de manière accessible, complète (notamment au travers de fiches techniques à la fin de chaque livre) et sensible, par exemple pour évoquer les sensations de la dégustation. Pas étonnant que ce manga ait également très largement conquis les amateurs de vin, dont beaucoup découvrent le manga par son biais. Malheureusement, Les Gouttes de Dieu n’évitent pas l’écueil de la longueur du scénario, le Japon en est déjà au tome 25.

 

Les Gouttes de Dieu. Tadashi Agi & Shu Okimoto. 240 pages. Editions Glénat. 1ère sortie de France en 2008, le tome 17 est prévu pour février 2011. 8,99 €.

 

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 23:23

Suite de la liste au Père Noël :

Pour un jeune loup :

louviere.jpgVoici un beau livre tout entier consacré au Château La Louvière, inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1946 et classé en 1991. Outre de superbes photographies de son architecture, des fresques et œuvres d’art qu’il recèle, l’ouvrage propose également d’explorer son histoire. Une histoire vieille de sept cent ans, puisqu’elle commence dès le début du XIVème siècle, quand l’Aquitaine était sous domination anglaise. Comme en bien des régions de France, c’était encore la forêt, ses meutes de loups et ses hordes de brigands, qui dominaient le ban de la paroisse de Léognan. Un petit châtelain défricha une clairière au lieu-dit « La Lobeyra », y construisit sa maison, laboura un champ et, oh judicieuse idée, planta un vignoble sur une croupe de graves. La suite de l’épopée de ce domaine convoque l’histoire de France et une galerie de portraits dignes d’un roman. Il y a d’abord la dynastie de Guilloche, bourgeois anoblis, qui façonnèrent le domaine sur plusieurs générations, malgré de nombreuses péripéties. Au début du XVIIème siècle, c’est un abbé bien mauvais gestionnaire qui le racheta à l’une de leurs héritiers, la dame de Roquetaillade. La Louvière fut rapidement léguée à la Chartreuse Notre-Dame de Miséricorde de Bordeaux, dont le travail fut mieux récompenser par la qualité croissante du vin que par la bienveillance des révolutionnaires. Déclaré « Bien national », le domaine fut en effet vendu aux enchères à un négociant bordelais, Jean-Baptiste Mareilhac. Afin que le domaine Celui-ci engagea un architecte et un peintre de renom pour faire construire l’actuel château de style néo-classique, qu’il offrit à sa jeune épouse Emilie. Le domaine changea encore plusieurs fois de mains, avant son achat par André Lurton, qui lui redonna progressivement sa place au sein des meilleurs châteaux de Bordeaux. Une place que confirment cinq grands chefs qui nous proposent dans ce livre quelques recettes permettant de sublimer une bouteille de Louvière.

Château La Louvière - Le bel art du vin. Hélène Brun-Puginier & Didier Ters. Préface de Jean-Paul Kauffmann. Photographies d’Alain Benoit. 224 pages. Editions de la Martinière. 2010. 40 €.


Pour un vieux renard :

entrevignes.jpgQuel est le secret de longévité de Xavier Muller ? Ses trois verres quotidiens de riesling peut-être… A 78 ans, ce ténor de la politique alsacienne se met à table et nous sert, au travers de son parcours, tout une chronique de la vie rurale, viticole notamment, et politique de l’Alsace depuis l’entre-deux-guerres. Né à Marlenheim, porte du vignoble, il mène la vie d’un modeste fils de paysan dont la famille a été marquée par les horreurs de la première guerre mondiale. Deux de ses oncles, deux frères y sont morts, l’un côté allemand, l’autre côté français, ce qui n’était pas inhabituel dans cette région dans lesquels chaque partie a puisé son lot de chair à canon. On comprend que la grand-mère ait copieusement insulté les Allemands à leur arrivée en 1940… Président des Jeunes agriculteurs à 23 ans, Conseiller municipal de son village à 26 ans, Xavier Muller s’est engagé très jeune en politique, au sein de la famille des démocrates-chrétiens, dont l’importance dans la région trouve ses racines dans l’humanisme rhénan. Les curieux de la vie politique régionale en découvriront avec plaisir de nombreux arcanes, de grandes figures et parfois de petits arrangements. Célèbre pour ses coups de gueule, Xavier Muller n’a pourtant jamais été un politique professionnel. Sa vie durant, il a travaillé la terre et a construit un domaine viticole qui fait sa fierté et auquel il continue de travailler en compagnie de son neveu qui en assure à présent la gestion.

Entre vignes et politique. Xavier Muller & Nicole Laugel. 268 pages. Editions Jérôme Do Bentzinger. 2010. 22  €.


Pour un collectionneur :

100bouteilles-copie-1.jpgLa collection de Michel-Jack Chasseuil est souvent considérée comme l’une des plus belles au monde, le titre de ce livre n’est donc nullement exagéré ou usurpé. Tout est extraordinaire ici, à commencer par l’histoire de Michel-Jack d’abord. Rien ne prédestinait l’ouvrier-chaudronnier entré chez Dassault à 22 ans à constituer une telle collection, même s’il s’est très tôt intéressé au vin. C’est peut-être cette phrase de Marcel Dassault qui servit de déclic : « Achète ce qu’il y a de mieux, ce qu’il y a d’unique. Le reste, on le trouve toujours ». Extraordinaire, bien sûr sa collection de quelques 20.000 bouteilles, dont ce livre donne un modeste mais très bel aperçu. On commence par le millésime 2005, avec un Musigny du Domaine Rouvier et l’on remonte très vite le temps en tournant les pages. Suivent notamment un magnum de l’extravagant de Doisy Daëne 1997, une impériale de Mouton-Rothschild 1982, un Yquem de 1811, parmi tant d’autres, pour terminer par un Porto Hunt’s de 1735 emporté pour la somme de… 200 euros aux enchères en 1987. Une histoire extraordinaire comme bon nombre des histoires et anecdotes liées à l’acquisition ou au don de ses bouteilles. Les vins sont majoritaires dans le livre, mais on y trouve aussi des insolites Gouttes de Malte 1850, une liqueur Marie-Brizard rescapée du Titanic, un vinaigre balsamique également de 1850... Extraordinaire, enfin le projet de Michel-Jack Chasseuil. Contrairement à beaucoup de collectionneurs, il n’ouvre pas ses bouteilles, car il estime qu’elles ne lui appartiennent pas, mais font partie du patrimoine de l’humanité. A ce titre, il recherche un mécène et surtout un lieu où elles pourraient être exposées. Et quand on lui demande quelle est la valeur de ses bouteilles, il répond en toute sincérité qu’il n’en sait rien. Logique, puisqu’elle n’est pas à vendre.

100 bouteilles extraordinaires de la plus belle cave du monde. Michel-Jack Chasseuil. 250 pages. Glénat. 2010. 45 €.


Pour le propriétaire d’un grand appartement :

grandlarousse.jpgAvec ses quelques 500 pages, 600 illustrations et 36 cartes, ce Grand Larousse du vin est certainement l’ouvrage grand public le plus complet qui soit, sachant donc répondre aussi aux attentes d’amateurs dits avertis. Avec son format de près de 23 sur 30 cm, son épaisse couverture cartonnée avec le mot « VIN » évidé, et ses nombreux auteurs spécialisés (œnologues, sommeliers, journalistes) cette 3ème et toute nouvelle édition s’impose donc comme une véritable « bible du vin ». Elle s’articule en trois grandes parties. La première permet de partir « à la découverte de la vigne et du vin », de leurs origines et de leur expansion à travers l’histoire. Les cépages, les terroirs, la vinification y sont également expliqués de manière claire et complète. La lecture de la deuxième apprend comment « choisir, conserver et déguster le vin ». Elle aborde à peu près tout ce qu’il faut savoir de la lecture de l’étiquette à l’art de la dégustation, en passant pat les stratégies d’achat, l’aménagement d’une une cave, les accords du vin avec les mets, les températures de service. Bien évidemment, nous sommes chez Larousse, le vocabulaire si riche du vin y figure en bonne place. Enfin, la dernière partie met en évidence la très grande variété des « grands vignobles du monde », au travers de nombreux chapitres largement documentés et cartographiés.

Le grand Larousse du vin – La référence des amoureux du vin. Ouvrage collectif dirigé par Isabelle Jeuge-Maynart, préfacé par Olivier Poussier.  528 pages. Larousse. 39,90 €.

 

(à suivre)

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 20:42

Nous voici au cœur du grand matraquage de l’année pour faire marcher le commerce des e-machins, i-trucs, smart-choses et autres play-bidules… Bref de tous ces outils aussi vite démodés que déballés, grâce auxquels plus on communique et moins on se cause. Je vous propose plutôt d’offrir quelques-uns de ces objets un peu ringards faits de papier et de carton : des livres ! Vous savez, ces petits pavés que l’on a plaisir à dévorer d’un coup ou à picorer au fil des jours, que l’on peut exposer sur sa table basse ou emporter en voyage, que l’on peu oublier sur une étagère et reprendre en main avec toujours autant de plaisirs quelques années plus tard. Des cadeaux qui parlent autant de celui qui les offre que de celui à qui ils sont destinés. Voici donc quelques suggestions de livres récents, suggestion forcément partielles, tant le millésime 2010 a été productif :

 

 

Pour un amateur de Bordeaux :


crusclassesmedocUn abonnement à la revue du même nom ? C’est certainement une excellente idée, mais le livre incontournable de l’année pour tout amateur de Bordeaux qui se respecte est sans conteste celui d’Eric Bernardin et de Pierre le Hong. Il est le fruit de trois années de travail inlassable, avec de nombreuses visites au sein de vingt châteaux prestigieux qui s’égrènent le long de la Départementale Deux. Le résultat est à la fois d’une densité extraordinaire, tout en restant d’un abord très agréable. Le ton est très vivant, avec notamment des entretiens avec ceux qui font le vin ou ceux qui dirigent ces châteaux.  Le livre est très largement illustré, de photographies bien entendu, mais aussi, et là est là très grande nouveauté qu’il apporte, d’infographies en trois dimensions. Vues des bâtiments en coupe, carte géologique de la région, cartes pédologiques des domaines, parfois illustrées par des dégustations parcellaires… Vous verrez le Médoc comme on ne vous l’a jamais montré ni expliqué ! Rares sont les ouvrages aussi bien documentés, à tel point qu’il bénéficie du patronage enthousiaste de Hugh Johnson, quelqu’un qui s’y connait en cartes…

 

Crus classés du Médoc – Le long de la route des châteaux. Eric Bernardin & Pierre Le Hong. Préface de Hugh Johnson. 208 pages. Editions Sud-Ouest. 2010. 39 €. En lire plus…

 

 

Pour un curieux de Bourgogne :

 

reveilcheminLa notion de « terroir » revient aujourd’hui en force après des amateurs, alors que le marketing pousse de plus les vignerons à mettre en avant la notion de « cépage ». Trop compliqué, le découpage français des appellations, sous-appellations, crus, parcelles, etc. pour rendre nos vins vendables sur la scène internationale ? Que penser alors des « climats » bourguignons, certainement le découpage le plus complexe qui soit et que la région souhaite voir inscrire au patrimoine mondial de l’humanité ? Le rôle clé de la localisation de la vigne sur la qualité des vin de Pagus Arebrignus a été supputé dès Virgile (70-19 avant Jésus-Christ), et théorisé par Columelle, au Ier siècle de notre ère, dans son traité De re rustica. Mais ce sont les moines-vignerons bénédictins qui l’ont réellement mis en pratique, dès le Vème siècle. Par la simple, mais rigoureuse observation de la nature, ils délimitèrent puis classèrent les nombreuses parcelles. En les désignant par le terme « climat », un terme spécifiquement bourguignon, ils montrèrent que la podologie et la géologie interagissent fortement avec la climatologie, voire la méso-climatologie, dans le résultat. Jacky Rigaux illustre notamment ce propos en montrant que les grands crus et les meilleurs premiers crus sont toujours installés sur des parcelles en légère pentes orientées vers l’Est. Ainsi bien protégés des vents les plus froids dans la région, la maturation des raisins peut s’y effectuer de manière aussi optimale que possible.

La constance de ces délimitations dans le temps (les limites du clos de Bèze sont rigoureusement inchangées depuis sa création en 630) donne une idée de la précision quasi-chirurgicale de la notion de « climat », tout à l’inverse de l’usage de plus en plus extensif du terme de « terroir ». Si Jacky Rigaux explore le sol et les airs, Claude Chapuis nous fait davantage voyager dans le temps. Avec la même simplicité de ton qui caractérise son précédent livre, Le chemin des vignes , ce denier nous conte ici vingt siècles d’histoire des vins en Bourgogne et surtout des hommes qui l’ont fait. Avec érudition et passion, il évoque légendes héroïques et faits avérés, chansons populaires et personnages romanesques, pour nous faire revivre cette histoire chargée de mystères. Voilà donc deux excellents livres parfaitement complémentaires, que l’on (s’)offrira avec plaisir, même si, notamment sous l’effet de la spéculation, les plus grands vins évoqués ici sont le plus souvent inaccessibles au commun des mortels…


Le Réveil des terroirs – Défense et illustration des climats de Bourgogne. Jacky Rigaux. Préface d’Aubert de Villaine. 118 pages. Editions de Bourgogne. 2010. 15 €.

La Mémoire des coteaux – La formidable histoire des vins de Bourgogne. Claude Chapuis. 172 pages. Editions de Bourgogne. 2010. 18 €.

 

 

Pour un maniaque d’Alsace (éventuellement monomaniaque…) :

 

alsacecivilisationTerre d’accueil autant que de passage, l’Alsace a connu, du fait de sa situation centrale en Europe, une histoire mouvementée. L’historien Claude Muller explore celle-ci sous l’angle de sa viticulture, un pilier de la culture et de l’identité alsacienne, façonné, comme les autres piliers, par des influences diverses et croisées. Douze siècles de viticulture défilent dans ce livre très complet, de plus de 350 pages. Hérités de l’époque romaine, c’est avec la période de l’extension monastique du VIIIème siècle que les vignobles se sont largement étendus en Alsace. Le vin qu’ils produisaient figurait dès le Moyen-âge parmi les plus réputés d’Europe. Mais la guerre de Trente ans, qui ravagea l’Alsace faillit, en avoir raison. Plus pernicieux, c’est ensuite le phylloxéra qui s’évertua à dénuder les coteaux de vignes. Mais c’est l’effet de l’annexion allemande, après la guerre de 1870, qui donna pour longtemps aux vins d’Alsace une très mauvaise réputation. En effet, la politique du Reich fut d’arracher les plants nobles pour les remplacer par des cépages moins qualitatifs mais très productifs. Il fallut attendre les années 1920, mais surtout le lendemain de la seconde guerre mondiale, pour que les viticulteurs alsaciens reprennent le chemin de la qualité. Tous ces événements sont bien entendu détaillés. Mais Claude Muller aborde également, avec la même précision d’historien, les climats, les modalités de culture et de vinification, la dimension économique, les fêtes du vin, la dégustation... dans ce livre richement illustré de reproductions d'œuvres d’art, de documents d’époque et de photographies.


Alsace – Une civilisation de la vigne, du VIIIème siècle à nos jours. Claude Muller. 352 pages. Editions Place Stanislas. 2010. 22 €.

 

(à suivre)

 

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 20:11

Michel Tuz : Red.

 

Les vins dits « nature » peuvent être difficiles à saisir. Issus de l’agriculture biologique, ils ne sont toujours être certifiés comme tels. Produits avec peu, voire pas du tout, de soufre, leurs étiquettes mentionnent quasi-toujours sa présence. Souvent en-dehors des normes de leur AOC, ils peuvent pourtant être issus de très beaux terroirs. Enthousiasmant certains critiques, ils suscitent aussi une exaspération (rarement, mais tout de même parfois méritée) de la part d’autres confrères. Les vins « nature » sont en effet les enfants rebelles de vignerons qui le sont eux-mêmes. Et en tant que tels, ils se laissent difficilement capturer.

 

C’est donc avec d’autant plus de curiosité que j’ai découvert ce guide. Derrière la couverture illustrée par une œuvre de Matali Crasset, et après la préface d’Alice Feiring, pourfendeuse des méthodes œnologiques qui ont tendance à standardiser le vin, ce sont quelques 750 de ces rebelles qui se bousculent. Le guide ne s’arrêtant pas à nos frontières hexagonales et offre ainsi un point de vue très large sur l’abondance des vins « nature ». Il livre également de nombreuses adresses de restaurants qui les proposent, le plus souvent en association à une gastronomie à leur image : honnête et réjouissante, à base de produits frais travaillés avec passion.

 

Mais sa lecture me laisse malheureusement un goût d’inachevé. Qui trop embrasse mal étreint… suis-je tenté de me dire. Une liste de vignerons, fut-elle presque exhaustive, fussent-ils talentueux, ne fait pas un guide au sens complet du terme. Les descriptions sont en effet extrêmement sommaires et quelques informations complémentaires auraient été bienvenues. Appréciation qualitative, philosophie, historique, éventail des vins produits (ou proposés, pour les restaurants), gamme de prix… autant d’indications qui auraient donné un peu de chair à ce petit livret rouge et en auraient fait un idéal compagnon de voyage. Et l’auteur et l’éditeur nous ont habitués à des livres plus complets. Ce n’est donc, je l’espère, que partie remise pour une prochaine édition !

 

red.jpg

 

Red – Guide des vins naturels dans le monde. Michel Tuz. 250 pages. Jean-Paul Rocher, Editeur. 2010. 11 €.

 

Pour en savoir : voir le site de l’Association des Vins Naturels.

 

 

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