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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 00:00
Conversations d’avenir réunit chaque semaine jacques Attali et Stéphanie Bonvicini sur la chaîne Public Sénat. L’émission du 13 juin était consacrée à l’avenir du vin, démontrant clairement qu’autour de cette question se jouent tant des enjeux financiers accentués par la mondialisation, que des enjeux culturels, voire de civilisation, révélés au travers des évolutions de notre rapport au vin.


Deux conceptions s’opposent actuellement : le vin comme produit de consommation immédiat (caractérisé par les vins de cépage) ou comme porteur d’une identité (caractérisé par les terroirs d’origine, qu’ils fassent l’objet d’une AOC ou non).  La recherche d’un mode de vie qualitatif porte vers cette seconde famille, porteuse d’une identité territoriale. En ce sens, le vin, caractérisé par la lenteur (pour le faire, l’élever, le bonifier, le goûter) s’oppose au mode de vie dominant actuel, marqué par l’immédiateté. 

De ce fait, la consommation de vin décroit dans un contexte où la consommation d’alcool croit. Cette position schizophrénique ne va que s’accentuer, puisqu’à l’avenir, on va assister à une bataille contre l’alcool comme facteur d’aggravation des dépenses de santé, en même temps qu’à une très forte valorisation du vin comme symbole du raffinement d’un mode de vie. Mais les campagnes publiques contre l’alcool risquent encore de détourner davantage les consommateurs du vin.

Comment dès lors transmettre aux jeunes générations les valeurs de plaisir et de modération ? Sachant que la tendance du marché sera de  produire deux types de vins : les vins de marques, « faux bons vins » aux goûts standardisés, et des vins de qualité, forcément chers voire véritables produits de luxe.

L’auteur des 316 propositions pour changer la France et d’une « Brève histoire de l’avenir » fait parfois quelques raccourcis surprenants, mais il pointe bien les enjeux auxquels est confrontée la viticulture française.


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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 22:44

Le 6 septembre prochain aura lieu le 24ème marathon du Médoc. Depuis près d’un quart de siècle, il est un des rares événements où le sport ne se prend pas trop au sérieux. La douce euphorie que provoque la course de fond n’est en effet pas le seul attrait des 8.500 sportifs gastronomes qui s’élancent chaque année sur les sentiers viticoles.


Jugez-en plutôt : les traditionnels points de ravitaillement pour les coureurs sont complétés par une vingtaine de tests « oeno-sportifs » (avec dégustation de grands crus, à dose modérée bien entendu) et de plusieurs dizaines
 de points de dégustations en tous genres (huitres, entrecôte, fromage, et j’en passe ...). Imaginez que 90 % des participants sont déguisés ( !) et vous comprendrez pourquoi les inscriptions sont d’ores et déjà closes. Mettez-vous dès à présent dans les starting-blocks pour ne pas manquer la 25ème édition en 2009 !
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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 08:58

J'écris acuellement un article sur différents livres consacrés à la viticulture biologique et biodynamique. Les vins issus de ces modes de production ne se trouvent pas chez tous les cavistes (traditionnels ou on-line), encore moins en grande distribution. 

Si vous êtes curieux de déguster les vins de 2007 d'environ 40 AOC Françaises et Allemandes, réservez dès à présent ces dates:

Mardi 1er, Mercredi 2, et Jeudi 3 Avril 2008
(en même temps que la dégustation des primeurs à Bordeaux).


Cette dégustation est organisée par l'association des Vignerons en biodynamie (biodyvin.com) au Chateau Fonroque à Saint-Emilion, entre 10h et 18h (17h le jeudi). 
Pour plus de renseignements : ldc.laure@wanadoo.fr

Je remercie Franck PASCAL, un des rares vignerons champenois à travailler en BD (biodynamie) et qui tient un blog fort instructif (voir son blog).


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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 15:16
"Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous !" Je ne savais pas que je me mettais en danger en plaçant cette citation de Baudelaire en exergue de mon blog, voici quelques semaines. Promotion déguisée d’une boisson alcoolisée, voire incitation provocante à la débauche, mon compte est bon. Et l’alibi culturel ne me sauvera pas. Pire, on trouvera sur ce blog quelques commentaires de dégustation de bonnes bouteilles qui pourront être versés (les commentaires, pas les bouteilles) au dossier, à charge bien entendu. Mais de quoi s’agit-il au juste ? Quels sont ces risques insensés que prennent actuellement les bloggeurs, et plus largement tous les journalistes et écrivains, en partageant leurs appréciations sur un vin ? Comment en France, pays du vin par excellence, en est-on arrivé là ?


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  Et pourtant des médecins en produisent même ... 

L'ANPAA (Association Nationale pour la Prévention en Alcoologie et Addictologie) vient d’obtenir coup sur coup plusieurs condamnation en justice. La première concerne un article élogieux à propos de plusieurs champagnes, publié dans Le Parisien au mois de décembre. Selon l’ANPAA, suivie par le Tribunal de Grande Instance de Paris, de tels articles équivalent à de la publicité au sens de la Loi et devront donc porter dorénavant la mention obligatoire en matière de publicité sur les produits alcooliques en France : "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé".
 
Cette décision assimile de manière hâtive et grossière le journalisme, dont le but est d’informer, notamment sur la qualité des produits, à la communication publicitaire dont le but est de faire vendre et consommer. La FIJEV (Fédération International des Journalistes et Ecrivains du Vin et des Spiritueux) lance une pétition pour protester contre cet amalgame et n’exclut pas de se constituer partie civile dans un procès en appel.
 

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  La fin du vin sur Internet ?
 
Une autre condamnation du Tribunal vise la société Heineken. Sans rentrer dans les détails de l’affaire, ce qu’il faut en retenir c’est qu’Internet n’est pas listé par la Loi Evin parmi les supports sur lesquels la publicité pour l’alcool est autorisée (presse écrite, radio, affiches, ...). Tout simplement parce qu’il n’existait pas au moment où cette Loi a été votée (1991). Or, le Tribunal rappelle que, s’agissant d’un texte pénal, on ne peut pas l’interpréter à l’aune du bon sens (admirez la formule qui sous-entend l’absence de bon sens) et qu’il faut s’en tenir à son expression littérale. Il est donc interdit de faire de la publicité pour l’alcool sur Internet.
 
Conséquence directe, tous les sites promotionnels en rapport avec l’alcool devraient être fermés (ou hébergés à l’étranger avec un système de filtre en interdisant l’accès aux Français ...) : sites promotionnels des négociants, cavistes, vignerons, opérateurs d’oeno-tourisme, syndicats professionnels. Quant à la presse Internet et aux blogs, si l’on se réfère à la condamnation du Parisien, ils peuvent être considérés comme de la publicité et de ce fait sanctionnés au nom de la loi Evin. Là aussi, une pétition circule sur Internet, initiée par le site Findawine. Voyez la vidéo ci-dessous pour avoir plus d’explications : 



A l’heure ou la filière viticole, qui contribue largement au rayonnement culturel et économique de la France, est en crise, ces condamnations jettent le trouble. Que cherche-t-on à faire ? D’autres pays ont fait de la défense de leur viticulture une cause nationale (Portugal) ou lancent des études très sérieuses sur les effets bénéfiques d’une consommation modérée et régulière de vin (aux Etats-Unis par exemple, pays dont on raille parfois l’attitude hygiéniste, mais dont on aurait peut-être quelques leçons prendre). A l’inverse, en France on préfère assimiler le vin aux drogues, suscitant l’incompréhension à l’étranger (voyez par exemple l’article de Matthieu Turbide).
 
Mais quelle est donc cette puissante ANPAA, aux buts par ailleurs forts nobles ? Un coup d’œil à leur site se révèle assez instructif. Vous trouverez également une analyse sur le blog de Berthomeau, dans un article très complet, où il a notamment épluché les comptes de l’association.
 
 
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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 23:54
Je vous avais déjà évoqué le projet de réforme du secteur du vin proposé par la Commission Européenne dans un article traitant de deux livre récents, dont l’un critiquait vivement ce projet. C’est finalement une version un peu rabotée de ce texte qui a été ratifiée ce mercredi 19 décembre. La Commissaire à l’Agriculture et députée danoise libérale, Mme Mariann Fischer-Boel, souhaitait enclencher une restructuration en profondeur du secteur. Cette réforme devrait permettre aux vins européens d’être plus attractifs et concurrentiels face à ceux du Nouveau Monde, tout en limitant la production de ceux qui se vendent le moins bien (voire de les faire disparaitre), pour éviter les phénomènes de surproduction.
 
Vivement critiqué, notamment par la France, l’Italie et l’Espagne, ce projet faisait totalement abstraction de la dimension culturelle du vin, le réduisant à un simple produit de consommation. Produit pour lequel, selon la Commission, le développement d’une industrie de production et de distribution devrait être favorisé par les pouvoirs publics. Malgré l’aménagement du texte pour obtenir l’aval des trois principaux pays producteurs de l’UE, il n’en reste pas moins guidé par la même doctrine, les mesures restant globalement les mêmes. 

Citons-en quelques-unes : 
 - arrachage (175.000 hectares dans les trois ans, sur une base volontaire et contre primes, au-lieu des 400.000 du texte initial), 
 - libéralisation des droits de plantation (à partir de 2015, voire 2018 en fonction des Etats, afin que les viticulteurs concurrentiels puissent augmenter leur production sans limites),
 - diversification les pratiques œnologiques (l'utilisation des fameux copeaux de bois par exemple). 
Par contre, les mesures de distillation de crise (permettant de recycler les excédents en alcool industriel) ne sont pas supprimées. Chaque Etat pourra y consacrer jusqu’à 20 % du budget mis à sa disposition dans le cadre de la réforme, pendant quatre ans maximum. Enfin, l’étiquetage des vins de table pourra mentionner le cépage et l'année de récolte, simple reproduction de des pratiques du Nouveau Monde.
 
Bref, la réforme risque fort d’amener nombre de vignerons à singer des pratiques qui vont conduire à mettre sur le marché des produits de plus en plus standardisés. Ce faisant, ils contribueront immanquablement à renforcer l’industrie du vin, capable de produire la même chose moins cher et surtout bénéficiant d’un marketing et de réseaux de distribution plus puissants. Au final, le consommateur lambda aura le choix entre deux types de vins : ceux de grands domaines, à des prix souvent très élevés, et ceux de l’industrie, avec des marketing-mix adaptés à chaque segment de clientèle. A moins que ce consommateur ne s’oriente délibérément vers une troisième voie, privilégiant le vin « juste », celui qui, selon une formule de Jacques Puisais, a « la gueule de l’endroit et de l’année où il est né, et les tripes du bonhomme qui l’a fait »

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 19:25
                                                                                        La lumière de midi ne pesait pas
                                                                                        mais dansait légère sur les vignes.
                                                                                                                          Lettrines 2

Julien Gracq, l’un des plus grands écrivains de langue française, vient de nous quitter à l’âge de 97 ans. Il n’est pas dans mon propos de faire le panégyrique de l’auteur du Rivage des Syrtes. Journalistes et hommes politiques s’y sont déjà bien employés depuis dimanche, avec d’autant plus de bruit et d’agitation que leur propre conduite est éloignée de celle de l’écrivain. Toute son oevre, mais aussi sa vie, semblent en effet guidées par une exigence éthique et une rigueur stylistique ne souffrant pas la médiocrité.
 
« Pendant trente ans, on m'a présenté comme celui qui a refusé le Goncourt ; et maintenant comme l'ermite de Saint-Florent ... » Qu’il refuse le prix Goncourt ou qu’il s’éloigne volontairement de la vaine agitation que représentait pour lui la vie parisienne, il s’agit bien là de la conduite d’un homme libre. Un homme capable de tourner le dos aux honneurs quand ceux-ci risquent de le détourner de sa voie, là où tant d’autres se prostituent pour les cinq minutes de célébrité qu’Andy Warhol a promis à tous. Un homme qui cultivait l’indépendance d’esprit, la fidélité à soi et ... la vigne. Julien Gracq faisait son vin. Un des derniers hommes vraiment libres, vous dis-je.
 
julien-gracq-par-henri-cartierbresson-copie-1.jpg
Julien Gracq par Henri Cartier-Bresson
ou la rencontre de deux génies de l'ombre et de la lumière
 
 
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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 11:30
En attendant de mieux maitriser les fonctionnalités d’Over-blog, j’ai choisi un design standard qui se décline en quatre saisons. Voici donc l’Œnothèque en habits d’hiver. Magnifique saison pour l’amateur de vin, puisqu’elle s’ouvre par les fêtes de fin d’année, où les meilleurs plats appellent les meilleurs vins. Voici donc l’heure de sortir de sa cave les champagnes millésimés, les grands crus de Bourgogne et les meilleurs Bordeaux. Parmi ces derniers, le Sauternes accompagne souvent sa majesté le foie gras. Je lui préfère néanmoins un Alsace pinot gris VT (vendanges tardives) ou mieux, SGN (sélection de grains nobles). Leur richesse aromatique dénuée de toute lourdeur, grâce souvent à une structure acide qui « tient » un sucre résiduel parfois important, leur grande complexité et leur belle longueur en font le compagnon idéal d’un foie gras. Je piocherais par exemple chez Hugel & Fils, Pierre Frick ou Bernard Weber.
 

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Amours transvasant le vin. Pompéi, maison de Vattii.
 
Mais l’hiver c’est aussi le froid, la neige, les plaisirs des sports d’hiver en tout genre. Le vin chaud, boisson réconfortante par excellence, mérite un peu d’attention et de soin à sa préparation. Délaissez les produits industriels qui vous sont vendus sur les marchés de Noël et préférez une recette maison. Prenez un Bordeaux ou un vin de pays fruité mais pas fluet (une Petite récolte de chez Nicolas fera parfaitement l’affaire), ajoutez-y une orange coupée en rondelles, un zeste de citron, de la badiane, des clous de girofles, des bâtonnets de cannelle, du sucre de canne et lissez mijoter sans faire bouillir. Quelles proportions ? Quel temps de cuisson ? A vous de goutter et de trouver l’équilibre qui vous convient le mieux, le vin chaud est une boisson familiale et chaque famille a ses préférences.
 
Raclettes, tartiflettes et autres fondues savoyardes sont également à l’honneur, inévitablement arrosées de vins de Savoie. A l’altesse ou à la roussette, je préfère la mondeuse pour accompagner ces plats. Ses arômes d’épices (poivre) et de fruits noirs (cerises, pruneaux) et sa belle charpente s’harmonisent parfaitement avec tous les plats à base de fromage, de charcuteries et de pommes de terre. Mes préférées sont les mondeuses de la maison Dupasquier ou encore de Jean-Yves Péron du domaine de Champ Levat. N’oublions pas la Chandeleur avec ses traditionnelles crêpes. Celles-ci appellent plutôt un cidre fermier, voire une bière du Nord, qu’un vin. Sauf pour les crêpes au saumon fumé, avec lesquelles j’ouvre volontiers un sauvignon de Touraine des frères Puzelat (clos du Tue-Bœuf) ou de Junko Arai (domaine du Bois Lucas).
 
Excellent hiver et excellentes fêtes à tous !
 
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 08:20
Vision cauchemardesque de l’avenir des modes de consommation du vin, ou simple gag publicitaire ? En tous cas, la vidéo est fort bien faite, excellente parodie du télé-achat. Je n’ai par contre pas testé le site marchand 1 Jour 1 Vin. Donnez-moi votre avis.

 

 

 

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 19:19
Voici revenu le temps des foires aux vins en grande distribution. Je n’avais pas particulièrement l’intention d’y faire une razzia cette année. C’était sans compter sur la puissance suggestive de la pub … En week-end dans ma petite maison de campagne dans l’Est de la France, je trouve le traditionnel prospectus d'une trentaine de pages dans ma boite. Armé d’un guide et de quelques numéros de la RVF, je l’épluche consciencieusement.
 
Pas de vins bio, peu de petits producteurs. Bordeaux se taille, comme toujours, la part du lion avec près de la moitié des références. Je note l’arrivée des 2005, ce second millésime du siècle qui a fait grimper le thermomètre des prix, sans que la tiédeur du 2006 ne l’ait fait redescendre. Peu de grands crus cependant, quelques seconds vins, dans l’ensemble on est plutôt bourgeois ou générique dans ces foires, les prix sont donc relativement sages. Au passage, je les compare avec les tarifs primeurs. Voici par exemple Fieuzal, dont 12 bouteilles m’attendent sagement, achetées en primeur avec une économie de … moins de 30 cents par bouteille par rapport à l’hypermarché. Et encore, avais-je bien comparé les prix avant de m’engager, les plus intéressants étant souvent ceux de la Cave Augé. Mais avec une économie de 1 à 2 %, est-ce rentable d’avancer et donc d’immobiliser le montant de la commande ? Sans parler de ceux qui auront payé plus cher en primeur !
 
Au final, je trouve une demi-douzaine de vins qui me semblent intéressants au milieu des quelques 400 références présentées. Nous sommes le premier jour de la foire, tout devrait donc être disponible, banco ! j’y vais.
 
Me voici sur place, face à un grand chapiteau érigé pour l’occasion sur le parking. La météo est mitigée, la température ou la tente restera donc correcte et les vins n’auront pas été stockés au soleil. Je vogue sur un fleuve de caddies, entre des berges de cartons et des monts de caisses, avec l’étrange impression de traverser le Styx. Me frayant un chemin, j’arrive au bar où les vins sont offerts à la dégustation par deux vendeurs dont le professionnalisme me laisse coi. Cherchant une bouteille de Moulis parmi les Beaujolais et de Madiran parmi les Côtes-du-Rhône, ces deux là n’ont pas du réviser leur géographie viticole. A moins qu’ils n’aient été débauchés in-extremis le matin même du rayon charcuterie ou électroménager.
 
Les bouteilles sont ouvertes sans enlever la capsule d’aluminium. Les bouchons sortent donc mal et se cassent, d’où d’abondants petits morceaux de liège flottant dans les gobelets de plastique servant de verres de dégustation. Le conseil se limite à un « celui-ci est cent fois mieux que l’autre ». L’attente est longue, permettant d’engager de passionnantes conversations sur le manque de vendangeurs alors qu’yaka faire bosser les chômeurs mon bon monsieur. Quelques Allemands s’impatientent, sans-doutes habitués à une organisation un peu plus efficace. Le prospectus distribué outre-Sarre précise que tous les vins peuvent être goutés. Je prie pour qu’il ne comprenne pas toutes les références, tant la perspective de voir verser quelques gouttes d’Yquem dans ces gobelets m’effraye.

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Enfin, j’arrive tant bien que mal à mes fins : goutter mes six présélectionnés, modeste Graal en ce samedi matin à la périphérie d’une ville de l’Est. J’écarte les étoilés Parker en Chateauneuf-du-Pape et en Crozes Hermitage, j’avais pourtant cru qu’il était revenu du bodybuilding œnologique. J’abandonne à regret Chasse-Spleen, qui n’est pas rentré et m’aurait obligé à passer commande. Je charge Rollan de By, honorable cru bourgeois, et Montus, référence en Madiran, avant de me diriger vers le serpent qui s’avance lentement vers les caissières.
 
J’en profite pour loucher sur les caddies de mes congénères et de les comparer au mien, avec ses deux modestes caisses en tapissant le fond. Les chariots s’effondrent presque sous le poids des bouteilles. Devant moi, un costaud en treillis pousse fièrement ses cinq caisses de magnums de Cantenac Brown 1982. Lui a-t-on dit que ce n’était pas une année formidable et que même à 69 € le flacon, ce n’était pas forcément une bonne affaire ? Mais mise à part cette débauche luxueuse, ce sont les offres à un carton gratuit pour deux achetés qui sont plébiscitées : crémants d’Alsace à 3,99, Corbières et Côtes-de-Blaye à 2,66, Cabernets d’Anjou à 1,99 ou encore Muscadets à 1,66.
 
Même si toutes les foires aux vins ne se ressemblent pas, la grande distribution restera toujours la grande distribution. Les cavistes ont encore de beaux jours devant eux, et c’est tant-mieux !


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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 15:33
Je ne résiste pas au plaisir de partager cette découverte. Une bien sympathique carte de France ...

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Bon, soyons sérieux, l'alcoolisme au volant est un véritble fléau. Ce n'est pas la lutte contre ce comportement dangeureux, voire criminel, qui est en cause dans les difficultés que rencontre actuellement le monde du vin. Ne nous trompons pas de cible !

L'alcool est en cause dans près d'un accident mortel sur trois. Et si les conducteurs impliqués sont rarement alcooliques, c'est que le risque surgit bien avant qu'apparaisse l'état d'ébriété. L
e risque d’accident augmente en fonction de l’alcoolémie. A 0,5 g/l (ce qui représente à peine plus de 2 verres), le risque d’être impliqué dans un accident mortel est multiplié par 2, par 10 à 0,8 g/l et par 35 à 1,2 g/l.

Voir le site de la prévention routière.

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L'Œnothèque ~ Des livres et du vin ...

  • L’œnothèqueQuelques livres autour du vin : ouvrages pratiques, guides, essais, beaux livres, récits, romans, poésie, entre autres ... 
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