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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 06:38

semainedugout2010

Les grands classiques de la cuisine au vin, issus des traditions régionales, vont encore nous régaler longtemps. Pour autant, on peut avoir envie de nouveautés. Et de nombreux chefs ne se sont pas arrêtés là et ont créé de merveilleuses recettes autour du vin, que nous présente ce livre de Florence Hernandez : Le vin dans l’assiette.

 

Du Maury au Champagne rosé en passant par le Saint-Estèphe, le Coteaux-du-Layon, et même le Pineau des Charentes, vingt-et-un vins sont à la fête dans ce très beau livre de cuisine. Pour chacun d’entre eux, un chef ou un gastronome réputé a imaginé plusieurs plats, de l’entrée au dessert. Les recettes subliment à la fois le vin qui est utilisé et les autres aliments, tant les accords ont été travaillés. Elles ne sont pas toutes très aisés à réaliser, mais puisqu’il s’agit de plats de fête, il faut bien se donner un peu de peine, et le résultat le vaut bien !

 

Florence Hernandez ne nous nourrit pas seulement avec les recettes. Tout l’intérêt du livre est aussi de nous donner des informations sur les appellations en question, sur les vins retenus au sein de chaque appellation, sur les chefs et sur les motifs des choix de ces derniers. Cela nous permet de comprendre plus en profondeur comment le Banuyls peut dynamiser un filet mignon de veau, ou pourquoi le Rasteau convient aussi bien au pigeon, aux joues de bœuf et aux fraises.

 

De nombreuses adresses, tant pour les vins que pour des produits et des accessoires pour la cuisine, apportent un côté très pratique. Enfin, il serait injuste de ne pas signaler la très belle mise en page, ou encore les superbes photos d’Isabelle Rozenbaum. Le vin dans l’assiette est un plaisir pour l’esprit autant que pour les yeux, avant d’être un plaisir pour les papilles.

 

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Le vin dans l’assiette – Des menus pour la fête. Florence Hernandez, photographies d’Isabelle Rozenbaum, stylisme de Garlone Bardel. 180 pages. Editions Minerva. 2005. 38 €.

 

 

NB : voici une petite histoire, trouvée sur Wikipédia, qui va faire le lien entre le titre de cet article et l’auteur du livre chroniqué mardi. Lors d'un repas entre gastronomes dans un grand restaurant, Philippe Faure-Brac se lève et demande d’une manière solennelle, l’autorisation de faire chabrot avec le velouté de champignon et un Cheval Blanc 1998. Pierre Lurton (président des sociétés des châteaux d'Yquem et de Cheval Blanc), répond, instantanément, en versant le restant de son verre dans la soupe. Tout le monde fait de même… Pour être exact, il faut préciser que ce chabrot de luxe a consisté à ajouter une cuillère de vin au reste de l'excellent potage et à finir de déguster sagement le mélange à la cuillère, aucun n'a bu directement à l'assiette comme le veut la tradition !

 


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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 06:07

semainedugout2010Les accords des mets et des vins sont un art à part entière pour le gastronome autant que pour l’œnophile. Que dire alors de la cuisine au vin ? Dans ce domaine, il y a une valeur sûre. Ce sont les traditions régionales, qui offrent une source inépuisable de plaisir. C’est ce que nous montre ce livre de savoureuses recettes présentées par Bruno Grelon : La cuisine au vin.

 

Plus qu’une boisson, le vin est également plus qu’un simple ingrédient quand il entre dans la composition d’une recette. Rouge, blanc ou rosé, il sublime les aliments et leur donne un tout autre caractère quand ils se rencontrent dans la casserole. Mais il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, vider une bouteille de rouge dans un ragout ne fait pas un bœuf bourguignon ! Un minimum de respect et de savoir-faire est requis. Et quoi de mieux que de se plonger dans les traditions culinaires (ici françaises, mais on aurait aussi pu vagabonder au-delà de nos frontières) pour explorer ce savoir-faire.

 

Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les régions françaises offrent au gastronome de très nombreuses et savoureuses recettes au vin. Des grands classiques à des plats régionaux plus confidentiels, plus d’une centaine de recettes sont ici expliquées de manière simple. On n’aura plus d’excuses pour ne pas servir un gratin de moules et ses courgettes au muscadet et son curé nantais à ses amis (qui se régaleront du muscadet) ou à sa belle-mère (qui aura peut-être un faible pour le curé nantais).

 

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On aurait certes apprécié une mise en page un peu plus moderne et plus de photos (seuls une quinzaine de plats bénéficient d’une illustration), mais on ne va pas chipoter, le prix du livre très modique et mérite bien quelques indulgences quant à la forme. Et bien sûr, cette savoureuse cuisine de terroir n’a rien de « light ». On est ici pour prendre du plai-sir et pour le prendre goulument ! Comme quand Eddy Mitchell prend… des escargots et de la queue de bœuf dans Le bonheur est dans le pré :

 

 

 

La cuisine au vin - Recettes des terroirs de France. Bruno Grelon. 128 pages. Editions de Vecchi. 2003. 10,52 €.

 

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 06:24

semainedugout2010Dans le vaste monde du vin, les accords avec les mets forment un continent dont l’exploration pemet de vivre de véritables moments de grâce. Pour beaucoup, c’est malheureusement une jungle impénétrable, aussi restent-ils au bord et s’arrêtent-ils à quelques grands classiques. Les accords classiques (fromages et vin rouges par exemple) ne sont pourtant pas toujours des plus heureux, même s’ils se transmettent comme des vérités inébranlables. Allons plus loin, avec ce livre désormais classique de Philippe Bourguignon : L’accord parfait.

 

Disons-le d’emblée, l’accord parfait n’existe que rarement. Et c’est Philippe Bourguignon, sommelier réputé, qui le dit. Au restaurant, il est rare que tous les convives aient choisi le même plat. C’est évidemment plus simple chez soi, mais on n’a pas toujours la bouteille idoine du millésime idoine. Mais si la perfection n’est pas de se monde, il est tout de même autorisé de tenter de s’en approcher, ou a minima de rechercher les associations mets-vins les plus intéressantes.

 

De Bandol à Vosne-Romanée, près de 50 appellations sont prises sous la loupe. Pour chacun de ces vins (et même pour les eaux-de-vie) Philippe Bourguignon donne des explications sur leurs caractéristiques, leurs bouquets, leurs arômes et, à partir notamment de ses propres expériences, prodigue des conseils quant aux mariages les plus heureux. On y trouvera également quelques recettes concoctées par de grands chefs, afin de réaliser un véritable mariage d’amour.

 

C’est donc bien une affaire de passion entre un vin et un plat, donc une affaire bien subjective, comme le dit l’auteur lui-même : « rien de plus insaisissable, de plus éphémère (…) il faut savoir être tolérant avec les accords ». Tolérant et innovant ! Bon nombre d’accords sont a priori assez surprenants, en tous vont à l’encore des idées reçues communément admises. Et tant pour montrer la relativité des accords parfaits que pour susciter la curiosité et guider l’exploration, une liste de vins et de plats alternatifs est à chaque fois suggérée.

 

Beau, par la qualité des photographies qui l’illustrent, le livre est également très pratique. L’entrée principale se fait par les vins (Philippe Bourguignon est sommelier et non cuisinier), mais un index par plats permet de faire le cheminement inverse et de trouver le bon vin à partir du menu. Et un carnet pratique clôt le livre avec des conseils sur le service.

 

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L’accord parfait. Philippe Bourguignon. Préface de Jacques Puisais. Photographies de Daniel Czap. 176 pages. Editions du Chêne. 2009 (première édition de 1997). 20 €.

 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 06:14

semainedugout2010A la suite du Goût du vin, de nombreux ouvrages ont traité des méthodes de la dégustation. Peu d’entre eux apportent réellement du neuf. C’est ce qui rend d’autant plus intéressante l’approche qui est proposée dans ce livre par Myriam Broggi-Praz : La dégustation revue et corrigée.

 

Journaliste, consultante et formatrice de sommeliers, Myriam Broggi-Praz a expérimenté pendant ces vingt-cinq dernières années les principes généralement enseignés. De cette mise à l’épreuve de la théorie elle a pu conclure que de nombreuses contrevérités étaient communément admises et transmises. Certes, elle-même ne prétend pas détenir toute la vérité, mais en nous faisant part de manière très didactique des fruits de son expérience, elle conduit le lecteur à se reposer des questions sur ses propres manières d’appréhender le vin.

 

Le livre s’articule en trois grandes parties. Au départ, il répertorie et démonte de nombreuses erreurs et indique les bonnes pratiques. Très didactique, il procède « pas à pas », à la manière d’un cours pratique face à un parterre de professionnels. On perçoit par là toute la rigueur que requiert par exemple le métier de sommelier, dans l’ensemble de ses gestes. Le service, la température, le vocabulaire utilisé, tout est passé au tamis !

 

Après ce filtre, et c’est la deuxième partie du livre, est exposée une nouvelle approche de la dégustation. En quoi consiste-t-elle ? Tout bonnement à revenir aux fondamentaux de la dégustation ! A savoir, passer par l’examen visuel, olfactif et enfin gustatif, en mettant des termes précis sur ce qui est perçu. Sans emphase, sans dresser d’inventaire, mais en restant simple, concret, cohérent et juste. C’est ainsi que le dégustateur pourra retrouver du plaisir dans la dégustation, du plaisir dans le vin.

 

La troisième partie du livre donne des informations plus techniques sur les différents types de vin, leurs modes d’élaboration, et l’influence de ces modalités sur le goût du vin. C’est donc un livre très concret et didactique. On y trouve par contre plusieurs redondances entre ses différentes parties. C’est un peu comme s’il avait été élaboré à partir de différents textes, mais sans toujours s’assurer de l’homogénéité de l’ensemble… Un bémol qui n’enlève rien à l’intérêt de cet ouvrage très pratique. 

 

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La dégustation revue et corrigée – Nouveau guide pratique. Myriam Broggi-Praz. 232 pages. Editions Favre. 2007. 20 €.

 

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 06:11

semainedugout2010Certes, ce n’est pas en lisant un traité de natation que l’on apprendra à nager. Le meilleur livre du monde sur la dégustation ne fera pas de nous un dégustateur chevronné. Mais il est du vin comme de toute choses, suivre avec humilité les leçons d’un professionnel (je n’ose parler de Maître…) permet d’éviter de nombreuses erreurs et d’accéder plus rapidement au plaisir de la dégustation (au Nirvana, allais-je écrire…). Ce sont de telles leçons que propose l’ouvrage de Philippe Faure-Brac : Comment goûter un vin.

 

« De l’émotion avant toute chose » : Philippe Faure-Brac rappelle en introduction que la dégustation est en premier lieu une affaire de sens et de plaisirs : le goût, l’odorat, la vue, mais aussi le toucher et l’ouïe sont sollicités. Puis c’est autour de la réflexion, de la mémoire, de l’univers culturel propre à chacun d’être mobilisés. Art de vivre au travers de l’introspection qu’il requiert, le vin l’est aussi par l’invitation au voyage et donc à la rencontre de l’autre qu’il suscite. Il ne saurait donc y avoir une vérité unique en la matière, juste des clés de compréhension pour mieux entrer et explorer l’univers du vin.

 

C’est un privilège de pouvoir avoir un Meilleur Sommelier du Monde comme guide. D’une part il nous donne d’entrée de jeu les quelques clés utiles, sans s’appesantir. D’autre part il nous accompagne dans un voyage sur neuf continents, neuf grandes familles de vins, allant des vins blancs secs aux rouges évolués. Ces continents offrent à leur tour 50 étapes. Elles sont généralement constituées d’une combinaison d’un cépage et d’une appellation (le sauvignon sur l’AOC Sancerre, le mourvèdre sur l’AOC Bandol, le nebbiolo sur la DOCG Barolo, …). Cette approche permet à la fois d’appréhender les cépages et leurs caractéristiques, en même temps que les terroirs, et bien entendu l’interaction des deux. Elle offre le double avantage d’être simple et accessible, tout en évitant d’être réducteur.

 

Car chaque étape donne lieu à un exposé très complet. Dans un premier temps l’auteur donne un point de vue d’ensemble, où il explique son choix, marque ses préférences, donne des conseils de service, bref nous parle tant en professionnel qu’en dégustateur ayant ressenti des émotions. Cette introduction est complétée d’explications sur les spécificités du cépage et de l’appellation en question. Elle se conclut par un descriptif de dégustation, tant pour l’œil que pour le nez et la bouche. Des informations quant à la température de service, au prix, aux accords recommandés, à quelques producteurs sélectionnés viennent en compléments utiles.

 

Avec ses cinquante étapes, ce livre peut aussi donner envie de se faire une feuille de route sur une année, en prévoyant une escale par semaine. Un peu à la manière de Julie réalisant une recette de Julia par jour…

 

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Comment goûter un vin. Philippe Faure-Brac. 312 pages. Editions du Chêne. 2008. 19,90 €.

 

Le livre existe également en version reliée (l'édition originale de 2006, 39,90 €) et en coffret cadeau (avec un collier de Baccchus et un bouchon bijou, 29,90 €).

 

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 06:06

semainedugout2010A l’occasion de la semaine du goût (du 11 au 17 octobre 2010), je vous propose une série de livres autour de la dégustation du vin, de ses accords avec les mets, de son service. A tout seigneur, tout honneur, j’entame cette série d’article avec le livre phare d’Emile Peynaud et de Jacques Blouin : Le goût du vin.

 

Faut-il encore présenter Emile Peynaud ? Surnommé le « père de l'œnologie moderne », ce professeur à l'Université de Bordeaux et praticien réputé a exercé une forte influence sur l’évolution des techniques de vinification dans la seconde moitié du XXe siècle. Attention accrue à la maturité du raisin vendangé, tris sévères, contrôle des températures, contrôle de la fermentation malolactique, ne sont que quelques exemples des apports qu’il a théorisés et mis en œuvre au travers de son travail d’œnologue. Alors qu’au début de sa carrière, il était un simple employé du négociant bordelais Calvet…

 

Par ce livre, initialement édité en 1980, il démontre que la dégustation du vin doit être abordée avec la même rigueur que le travail à la vigne et au chai, proposant ni plus ni moins qu’une « éthique du vin, une morale du savoir-boire ». Car il n’oublie pas que c’est avant tout le plaisir qui doit être recherché dans la dégustation et non l’exploitation de connaissances académiques. « Mieux connaître pour mieux apprécier » est en effet le fil conducteur de cet ouvrage de référence.

 

Dans un premier temps, il explique les mécanismes physiologiques de la vue, de l’odorat, du goût, afin de comprendre leur fonctionnement pour mieux décrypter les sensations qu’ils véhiculent. Pour autant, notre perception n’est pas que le fruit d’un mécanisme physiologique. De nombreux aspects psychologiques interviennent également, ainsi que le contexte de la dégustation, tous sont développés ici. La dégustation procède en effet d’une introspection pour identifier ses sensations : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers du vin » aurait aussi pu être un crédo du livre.

 

Tous les aspects de la dégustation sont donc traités de manière approfondie. Emile Peynaud et Jacques Blouin étayent  leur propos avec beaucoup d’exemples et d’illustrations. Ils donnent de nombreuses clés méthodologiques, ainsi qu’un riche vocabulaire. « Ce qui se perçoit bien, s’énonce aisément » pourrais-je ajouter, car les auteurs insistent à juste titre sur l’utilisation de termes décrivant aussi précisément que possible ce qui est ressenti. En ouvrant ainsi la voie à une approche analytique de la dégustation, ils permettent l’objectivation (par des fiches de dégustation par exemple) et le partage de ce qui est ressenti. Cette démarche n’est donc absolument pas incompatible avec une approche hédoniste du vin, bien au contraire.

 

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Le goût du vin – Le grand livre de la dégustation. Emile Peynaud & Jacques Blouin. 238 pages. Editions Dunod. 2006 (4ème édition). 49,90 €.

 

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Le goût du vin est un ouvrage de référence pour les professionnels et amateurs avertis, les plus débutants pourront se tourner vers une version simplifiée, à un prix très avantageux : Découvrir le goût du vin. Emile Peynaud & Jacques Blouin. 256 pages. Editions Dunod. 2005 (2ème édition). 19,90 €.


 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 07:35

Jean-Pierre Gauffre : Petit dictionnaire absurde et impertinent de la vigne et du vin.

 

faugas-detailLes petits livres sur le vin sont aussi nombreux à sortir que leurs grands frères. Mais contrairement à ces derniers, généralement des éditions luxueuses et richement illustrées et au contenu soigné, les « petits », surtout quand il s’agit d’abécédaires, de miscellanées ou de livres d’initiation, se résument trop souvent à la compilation des mêmes informations « de base ». Ce Petit dictionnaire fait partie des heureuses, je dirais même des joyeuses exceptions.

 

De « alcool » à « zymase », Jean-Pierre Gauffre s’amuse et nous amuse avec 120 mots issus du monde du vin. Avec parfois un brin de férocité, mais toujours avec beaucoup d’esprit, il leur donne une définition humoristique pas toujours piquée des vers ! Et pour que le plaisir de la lecture puisse également avoir l’alibi de la connaissance, beaucoup de notion bénéficient également d’une définition sérieuse. Sérieuse ? Voire… car l’humour permet de dire bien des vérités, ainsi pour l’œnotourisme (qui a fait chauffer bien des claviers lors d’une précédente session des vendredis du vin) défini comme « bouée de sauvetage de toute une partie de la profession vitivinicole ». Le french paradox, les vins de garage, Robert Parker, ou encore les primeurs ne sont pas en reste. Mais je ne vais pas tout vous dévoiler, tout au plus vous dirais-je que la zymase est une enzyme permettant la transformation du sucre du raisin en alcool et en gaz carbonique, la célébrité mondiale du champagne tient finalement à très peu de chose…

 

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Petit dictionnaire absurde et impertinent de la vigne et du vin. Jean-Pierre Gauffre. Illustrations d’Arnaud Faugas. 144 pages. Editions Féret. 2009. 12,80 €.

 

NB : vous aurez certainement reconnu dans le titre de cet article une référence à ce mot de Francis Blanche : « Vous me demandez si je suis athée ? ... Je suis plus intéressé par le vin d'ici que par l'eau de là ». Celui-ci de Jean Arp est moins connu : « L'humour c'est l'eau de l'au-delà mêlée au vin d'ici-bas ».

 

 

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 07:06

La 3ème édition de Livres en Vignes a été cette année encore le cadre de trois prix littéraires.

 

Le prix « Livres en Vignes », attribué à un ouvrage de littérature généraliste contemporaine, est décerné à Martin Provost pour Bifteck (éditions Phebus). Metteur en scène, auteur de Séraphine, film aux sept Césars, Martin Provost signe ici un conte contemporain qui voit un boucher breton sachant « faire chanter la viande » s’embarquer pour les Amériques avec ses sept enfants…

 

Le Prix « du Clos Vougeot », attribué à un ouvrage portant sur le vin, la vigne et l'art de vivre va à Claude Gilois et Ricardo Uztarroz, pour Tour du monde épicurien des vins insolites (éditions Arthaud). Enfin, un Prix « Coup de Cœur » a été attribué à Laurent Gotti pour son livre Hospices de Beaune (éditions Féret).

 

bifteck       tourdumonde       hospicesbeaune

 


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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 07:08

Laurent Baraou & Arnaud Septime : La Face Cachée du Vin.

 

Caviste renommé installé dans le village de Bû en Eure-et-Loir, Laurent Baraou s’est associé à Arnaud Septime, allias Monsieur Septime, pour rédiger La Face cachée du vin. Les auteurs ont mené l’enquête dans les arcanes de la production, du marketing et de la distribution du vin. Mais si elle prétend nous révéler tout ce que nous ne voulions pas forcément savoir sur le vin, cette face cachée est-elle un véritable pavé dans la mare ou s’agit-il d’une vieille lune ?

 

La thèse n’est pas nouvelle : tout était mieux autrefois, le vin comme ceux qui le faisaient et ceux qui le buvaient. « Converti au début du XXème siècle à la monoculture, le vigneron devint viticulteur tandis que la machine prit le pas sur l'homme et sur la nature ; le produit chimique sur le savoir-faire, et l'œnologue sur la vie ». Car voici le premier des hommes à abattre, l’œnologue, armé d’une batterie de produits en tous genre, prêt à trafiquer le vin pour qu’il réponde mieux aux goûts standardisé que le marketeur aura pré-vendu. Nous avons notre seconde cible. Il ne reste plus que l’épicier de la grande distribution et le portrait de groupe des affreux sera complet !

 

Vieille lune également, la diatribe contre la grande distribution. Faut-il regretter que le vin se soit démocratisé et sa consommation popularisée ? La majeure part des vins actuellement consommés sont vendus par la grande distribution. C’est un marché de masse, y compris pendant la période des foires aux vins. En-dehors parfois de quelques produits locaux ou spécifiques, c’est un marché qui requiert du volume, pour une clientèle qui recherche le plus souvent un vin agréable à boire, de qualité constante, à un prix abordable. Il en est de même à l’autre bout de la chaîne, avec l’univers du luxe. Les vins qui y sont produits et commercialisés sont sortis depuis longtemps de l’univers du vin proprement dit. Tirer à boulets rouges sur le Groupe LVMH ne sert en rien la promotion d’une 3ème voie, de moins en moins étroite, vers laquelle se dirigent des amateurs toujours plus nombreux et mieux informés.

 

Mieux informés, notamment par des livres comme celui-ci. En cherchant coûte que coûte à démontrer comment le monde vitivinicole s’est perverti et a perdu son âme en s’industrialisant, il peut parfois manquer de nuances. Mais trop rares sont ceux qui tiennent un tel discours de réalité, qui dévoilent sans concessions les nombreuses pratiques de manipulation qui ont cours dans le monde du vin. Manipulations à la vigne, sur laquelle on déverse annuellement une large proportion des produits de synthèse utilisés dans l’agriculture, avec parfois de lourdes conséquences environnementales et sanitaires pour les ouvriers. Manipulations au chai, au travers d’un levurage rendu nécessaire par la destruction de l’écosystème naturel de la vigne, de nombreux correcteurs de goût, ou de technologies permettant de « travailler le vins ». Manipulations, enfin, par un certain marketing, qui fait passer pour « naturel » un produit qui, pour parfois ne l’est plus depuis longtemps.

 

Mais fort heureusement, les vignerons (44 d’entre eux sont présentés en fin de l’ouvrage), les cavistes, les médias (surtout les médias alternatifs, comme les blogs) et les amateurs qui résistent à ce système sont de plus en plus nombreux. L’intérêt du livre est d’ouvrir le débat, en des termes parfois excessifs, mais avec une passion aujourd’hui trop souvent absente des échanges.

 

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La Face Cachée du Vin. Laurent Baraou & Arnaud Septime. 180 pages. François Bourin Editeur. 2010. 19 €.

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 07:09

vdvlogo.pngUn thème inhabituel pour cette 29ème édition des vendredis du vin. Car si les vendredistes ne sont pas des buveurs d’étiquettes, privilégiant généralement le fond à la forme, notre président du mois, François Desperriers (Bourgogne Live), nous encourage à ouvrir les yeux sur le contenant. Peu importe l’ivresse donc, pourvu qu’il y ait un flacon qui nous ait tapé dans l’œil...

 

« Imaginée en 1996, dernière année érotique du siècle après 1969 (à condition de se mettre les chiffres en face des yeux), cette étiquette est dédiée à Serge Gainsbourg et Jane Birkin : que la liberté était belle et croquante en ces temps-là ! ». Voici donc toute l’histoire de cette cuvée érotique imaginée par Seppi Landmann, qui ajoute, militant : « Aujourd’hui, la frilosité actuelle et le prohibitionnisme rampant de nos élus et de nos frénétiques législateurs remet plus que jamais la maxime de Montaigne à l’ordre du jour : versez-leur de bons vins, ils vous feront de bonnes lois. »

 

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Pour Jay McInerney*, il n’y a qu’une seule activité qui peut apporter plus de plaisir que de déguster un bon vin avec un bon plat. Et, ajoute-t-il, si vous dégustez avec la bonne personne, le premier plaisir peut, plus souvent qu’à son tour, vous conduire vers l’autre. Il aurait pu ajouter que certains flacons sont mieux prédisposés que d’autres pour donner un coup de pouce à Eros. Voyons justement ce qui ce dissimule derrière la gravure coquine qui orne ce flacon-ci...

 

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Si Seppi a fait cette cuvée en Riesling ou en Crémant, ici j'ai préféré le Muscat. Un cépage aimablement fruité, évoquant pour moi le printemps et l’éveil des sens. C’est également bien connu que les Alsaciens plébiscitent l’accord du Muscat avec les asperges, légume phallique que l’on est autorisé à prendre en main. Ce cépage rend-il, à l’instar du Champagne, les femmes plus belles ? Sans doute, si l’on en croit Alphonse Daudet : « Le dimanche nous allions aux moulins, par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les meunières étaient belles comme des reines, avec leurs fichus de dentelles et leurs croix d'or ».

 

Ailleurs, avec une verve aussi militante que celle de Seppi, c’est Aragon qui le cite dans La Rose et le réséda : « Il coule il coule il se mêle / À la terre qu'il aima / Pour qu'à la saison nouvelle / Mûrisse un raisin muscat ». Mais je laisse volontiers les mots de la fin à Serge et Jane, puisqu’ils ont été à l’origine de l’idée de cette cuvée érotique :

 

 

 

 

 

* : dans son livre A Hedonist in the cellar – Adventures in wine.

 

 

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