Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 22:06

 

livresenvignes.jpgCe week-end se tiendra la 3ème édition de Livres en Vignes, rendez-vous incontournable des amoureux du vin et de la littérature. Enfin, presque incontournable, puisque je ne vais pas pouvoir m’y rendre. A mon plus grand regret d’ailleurs, au vu de la programmation, cette année encore très riche.

 

L’événement aura lieu au Château du Clos Vougeot, les 25 et 26 septembre, en pleine vendanges au Clos. Celles-ci doivent en effet avoir lieu entre le 23 et le 25. Côté littérature, sous la présidence de Didier Van Cauwelaert, plus de 80 auteurs seront sur place pour des rencontres, conférences, et bien entendu des dédicaces… Seront notamment présents : Claude Chapuis, Davis Cobbold, Philippe Faure-Brac, Laure Gasparotto, Laurent Gotti, Hugh Johnson, Sébastien Lapaque, Yann Queffelec… pour ne citer qu’une partie de ceux déjà évoqués sur ce blog. Les prix « Livres en Vigne » et « Clos Vougeot » viendront cette année encore couronner respectivement une œuvre de littérature générale et un ouvrage sur le vin, la vigne et l’art de vivre.

 

livresenvigne2010.jpg 

Dés débats, animés par André Deyrieux (Winetourisminfrance.com), sont également programmés. L’un d’eux traitera notamment de la profusion de livres sortant actuellement sur le vin. Un autre débat verra Jean-Robert Pitte et Jean-Pierre Coffe rouvrir la question de l’apprentissage du goût à l’école. On se souvient du rapport qu’ils ont remis ce printemps à Valérie Pécresse, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, sur l’amélioration de la restauration universitaire. Une des suggestions concernait l’éducation des étudiants à la diététique et au goût, notamment (mais c’est devenue l’arbre de la polémique qui a caché la forêt d’un ensemble cohérent de mesures) par l’initiation à une consommation modérée de vin.

 

coffepitte.jpg

Cliquez sur l’image pour télécharger le rapport.

 

Côté images, le public ne sera pas en reste, avec entre autres deux exposition de photographies de vignerons : les portraits réalisés par Jean-Marie Périer pour le livre Les vins de Laure, et des portraits de Michel Joly, qui expose aussi en ce moment à l’Hôtel-Dieu à Beaune.

 

Renseignements complets : livresenvigne.com.

 

 

Repost 0
20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 22:28

Régis Cailleau : 1001 secrets sur le vin.

 

Dans la série des miscellanées, abécédaires et autres ouvrages rassemblant des articles courts, on trouve rarement des livres qui vont au-delà de l’alignement de banalités. Il faut désormais compter avec 1001 secrets du vin, qui va très certainement faire référence dans cette catégorie. Mille et un secrets… on n’y va pas un fort avec l’accroche ? Non, car c’est avant tout le plaisir du partage, sans rétention égoïste de son savoir, qui semble motiver son auteur. Régis Cailleau, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine Cuisine et Vins de France, actuellement responsable de la communication de l’Institut Français de la Vigne et du vin, a largement sillonné les régions viticoles et écumé les endroits où se vend et se déguste le vin. Ce sont les nombreuses informations issues de sa riche expérience qu’il souhaite partager ici avec le plus grand nombre.

 

Le livre s’adresse en effet à un public large qu’il incite à la découverte, avec simplicité et décontraction, mais pas sur un ton simplisme ou désinvolte. Le format abécédaire permet de l’explorer méthodiquement de A à Z, d’y picorer au gré de ses envies, ou de suivre un thème grâce aux renvois entre les entrées. Et les thèmes sont nombreux, puisque le livre se veut « A lire sans modération, pour choisir le vin sans se tromper, le servir avec doigté et le déguster avec subtilité ». La foultitude d’informations qu’il donne n’assomment jamais le lecteur, mais éventent allègrement de nombreux secrets du vin, pour que celui-ci devienne un véritable plaisir à vivre.

 

1001Secrets.jpg

 

1001 secrets sur le vin. Régis Cailleau. 416 pages. Editions Prat. 2010. 14,90 €.

 

 

Repost 0
16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:56

François Bachelot (Dir.) : Le Guide Hachette des vins 2011.

 

J’ai eu la chance d’être invité début septembre à la soirée de lancement du dernier Guide Hachette, un plaisir que je n’allais pas bouder, mû tant par un intérêt hédoniste qu’un intérêt de nature plus sociologique. Et le déroulement de la soirée me donna de quoi alimenter les deux !

 

Je passe les tentatives de nombreux pique-assiette qui font (discrètement, mais sérieusement) le siège de l’entrée pour tenter de grappiller une invitation surnuméraire, voire se faufiler en douce à votre bras… Mais bon, ce doit être le lot de toute manifestation un peu d’envergure où il est servi gratuitement à boire et à manger. Et là, au vu de la notoriété et de la qualité de certains vins servis, avec un buffet à l’avenant, leur absence eut été surprenante. Mais allons à l’essentiel, les vins primés et ceux, très très nombreux, servis à une assistance non moins nombreuse.

 

hachette1  hachette2.jpg  hachette3.jpg

Pendant les discours et la remise des prix : une salle encore déserte, des bouteilles

qui attendent sagement, telle une armée au garde-à-vous prête à livrer bataille.

 

Trois vins ont en effet été plus particulièrement mis à l’honneur. « Grappe de bronze », le Saumur-Champigny Clos des Châtins 2008 du Domaine de Nerleux m’a plutôt laissé de marbre. Je n’ai pas osé le dire, craignant sans-doutes que quelque nerleux (loups noirs en ancien français) ne me le fasse regretter. L’alcool et l’élevage dominaient trop à mon goût, d’autant plus que j’ai trouvé beaucoup plus de vivacité et de complexité sur d’autres vins de la Loire, par exemple le Saumur du Château d’Eternes.

 

Poursuivons, je n’ai pas vu la couleur de la « grappe d’argent ». Le Gewurztraminer grand cru Zinnkoepflé 2008 de Jean-Marie a été pris d’assaut. Si j’en juge par son Gewurtz VT 2007, aux fins arômes de miel à la rose, de litchis et d’abricots confits, avec un bel équilibre sucre / acidité, cela aurait valu la peine. Mais on ne peut pas jouer des coudes à chaque stand. D’autant plus que j’ai eu la chance d’attraper le graal de la soirée, la « grappe d’or », soit un Richebourg 2008 du Domaine Gros Frère et Sœur. Cette famille a bien de la chance de posséder une parcelle sur un tel terroir depuis plus de 120 ans, et bien du tallent pour en faire un aussi magnifique vin. Fruits noirs, sous-bois, truffe, arômes fumés, tout se fondait avec beaucoup d’harmonie.

 

gros1.jpg  gros2.jpg  gros3.jpg

Gros rimait avec Graal, tant les quelques bouteilles présentes furent prises d’assaut.

Une quête largement récompensée par ceux qui ont pu l’approcher (le vin, mais aussi

Bernard Gros, évidemment très demandé).

 

Mais revenons sur l’aspect plus sociologique de la soirée, visible pour moi autour des stands des Bordeaux. Là également, je n’ai pas vu la couleur de nombreux vins, les Sauternes en particulier, qui ont été littéralement dévalisés. J’ai également sacrifié (et oui, que ne ferais-je pour mes lecteurs, mais rassurez-vous ça n’a pas été trop dur) à quelques étiquettes connues, telles La Lagune, Pichon-Longueville Baron ou encore Latour-Martillac (je n’ai pas été assez rapide pour les autres célébrités…), puis je me suis tourné vers des noms moins connus.

 

On les repérait aisément, sans même voir les étiquettes : les bouteilles restaient désespérément pleines ou presque, la foule leur tournant littéralement le dos pour se marcher sur les pieds devant les flacons précités. Et pourtant, ce fut pour moi l’occasion de belles découvertes, d’autant plus que les vignerons étaient présents et disponibles pour des échanges sans fards. Je citerais plus spécifiquement le Château de Monteberiot en Côtes-de-Bourg, avec une cuvée « la Part des Fées » 2007 fruitée, délicatement boisée et légèrement minérale. Ainsi que le Château Langoiran en Premières Côtes de Bordeaux, cuvée « La Gravière » 2007, il offrait un mélange gourmand de fruits rouges aux parfums délicatement grillés. Deux vins qui montrent que Bordeaux a beaucoup à offrir à des prix très intéressants. Mais je crains fort que ce qu’on peut observer à ce type de soirée ne se reproduise dans les FAV et plus généralement dans toute vente, contribuant à scinder davantage les deux mondes qui se côtoient mais ne se mélangent pas à Bordeaux.

 

hachette2011.jpg

 

Et le guide ? Qu’en dire qui n’ait déjà été dit ailleurs, en éloges comme en critiques ? On peut lui reprocher son côté « mainstream », mais aussi apprécier sa couverture très large avec quelques 10.000 vins sélectionnés sur 35.000 goutés. On peut lui reprocher de rester très conventionnel, et en effet je n’y retrouve pas bon nombre de mes vignerons favoris, mais aussi apprécier qu’il fournisse des repères fiables à la grande majorité des amateurs. Celui qui souhaite sortir des sentiers battus peut toujours compléter avec le Carnet de Vigne Omnivore, dont Hachette sortira la 3ème édition en octobre. On ne peut par contre pas lui reprocher un manque d’innovation, puisqu’il s’accompagne notamment de nombreux développements numériques, dont des applications i-phone.

 

Le Guide Hachette des vins 2011. François Bachelot (Dir.). 1408 pages. Editions Hachette. 2010. 27 €.

 

 

Repost 0
12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 22:01

Alice Feiring : La bataille du vin et de l’amour.

 

Dans le fond, rien ne prédestinait Alice Feiring à entamer une véritable enquête au travers du monde viticole pour découvrir où et comment disparaissent progressivement les goûts qu’elle aime dans le vin. Mais Alice est de nature curieuse et persévérante et va, au fil de nombreux voyage, rencontrer et interroger ceux qui font, vendent, goutent, critiquent, achètent le vin, et même ceux qui forment les professionnels. De la Rioja à la Champagne, de la Bourgogne à l’UC Davis, Alice nous ouvre progressivement les yeux sur les mécanismes d’un phénomène déjà bien connu : de plus en plus de vignerons sacrifient, lentement mais sûrement, ce qui faisaient la spécificité de leur appellation au profit d’un même style uniforme et standardisé. Irrigation des vignes, micro-oxygénation, désacidification, re-acidification, osmose inverse, enzymes et additifs en tous genres… voilà les instruments de torture qu’emploient de plus en plus de vignerons à l’encontre de leur vigne et de leur vin. Même si, et c’est heureux, de plus en plus de jeunes vignerons s’opposent à ces techniques.

 

Alice_east_village.jpg

Au hasard d’une rue d’East Village.

 

Apparaissent aussi une ribambelle de personnages énigmatiques, attachants ou agaçants. Ses amours,  Monsieur le Prude, l’Homme-Chouette, Nœud Papillon… Ses amis, à commencer par l’inénarrable Maigrichonne, dont la physionomie ne trahit pas le métier de critique gastronomique. Et bien entendu de nombreux professionnels, défenseurs sans faille de l’usage immodéré des technologies les plus modernes, ou loyaux pourfendeurs de méthodes plus naturelles et traditionnels. Tous semblent nous mettre sur la piste d’un seul homme, un mystérieux personnage nommé Bob qui tirerait les ficelles en coulisse ? Non, car le Bob en question agit en pleine lumière, faisant la pluie et le beau temps sur les marchés du vin, tel une vedette de la météo. Il s’agit bien entendu de Robert Parker, dont le patronyme cité en sous-titre de ce livre est entré depuis quelques années dans le vocabulaire de tout amateur de vin. La confrontation d’Alice et de Bob était inévitable, mais malgré la politesse de la conversation, elle finira par tourner court. Le franc-parler d’Alice ne plait pas à tout le monde… tant-mieux !

 

Alice a-t-elle réellement sauvé le monde de ce phénomène, comme le suggère le titre un peu grandiloquent de son récit ? Elle reconnait ne pas avoir cette prétention, seulement celle d’ouvrir et d’alimenter le débat. Ce qu’elle fait avec beaucoup de fraicheur et une impertinence trop rare dans ce milieu, et donc très précieuse. Qui d’autre oserait demander au chef de cave de Krug s’il y a encore des vers de terre au Clos du Mesnil, à la vue des bouts de plastiques bleus qui y jonchent une terre inerte ?

 

bataillevinamour.jpg

 

La bataille du vin et de l’amour – Comment j’ai sauvé le monde de la parkerisation. Alice Feiring. 258 pages. Jean-Paul Rocher, Editeur. 2010. 21 €.

 

Alice Feiring tient également un blog, The Feiring Line où elle partage ses réflexions sur le vin.

 

 

Repost 0
1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 07:30

Annick Bruder (dir.) : L’âme du vin chante dans les bouteilles.

 

La prochaine édition des vendredis du vin étant consacrée, une fois n’est pas coutume, à l’ivresse procurée par le flacon plutôt que du contenu, c’est l’occasion de nous pencher plus avant sur les contenants du vin. Ce livre, du même titre que l’exposition dont il fut le catalogue, est certainement l’un des meilleurs pour en faire le tour de l’amphore, du tonneau, de la bouteille, du verre et finalement de la question. Un tour en quatre grandes étapes permettant d’explorer tant l’évolution de ces contenants (de l’amphore à la bouteille) que de leurs usages (mesurer, se désaltérer, gouter, contribuer aux rituels sacrés ou profanes, …), reflets de l’évolution des sociétés occidentales.

 

L’histoire commence, comme c’est souvent le cas avec le vin, chez les grecs et les romains, qui privilégient l’amphore pour la conservation et le transport du vin, mais font également usage de très fine vaisselle pour son service. L’amphore cède néanmoins progressivement le pas au tonneau, qui s’impose dès le début de notre ère pour conserver un quasi-monopole pour le transport du vin jusqu’à 18ème siècle. Là entre en scène la bouteille en verre sombre, son avancée s’accélérant dès le problème du bouchage réglé, le liège n’ayant pas été immédiatement

 

ame_du_vin_musee_aquitaine_2009_12.jpg

Bouteille, faïence de Nevers, XVIIIème siècle,

Musée National de Céramique de Sèvres.


Au fil des pages, l’on voit comment l’évolution des usages et l’évolution des contenants s’alimentent réciproquement. Que ce soit pour le détailler lors de sa vente sur les marchés, le goûter avant l’achat, le servir à la taverne ou à la table, l’utiliser dans les rites religieux ou pour marquer des moments importants, le vin est à l’origine d’objets nombreux et variés. Objets du quotidien, objets prestigieux, parfois réelles œuvres d’art, ils sont souvent emblématique de notre civilisation. Au total, quelques 400 pièces issues de très nombreuses collections publiques et privées, françaises et étrangères, étaient exposées, dont plus de 300 sont reproduites ici.

 

ameduvinbouteilles


L’âme du vin chante dans les bouteilles. Textes en français et en anglais, d’une vingtaine d’auteurs coordonnés par Annick Bruder. 248 pages. Coédition Somogy / Musée d’Aquitaine. 2009. 32 €.

 

L’exposition « L’âme du vin chante dans les bouteilles » s’est tenue l'an dernier, du 20 juin au 20 octobre 2009, au Musée d’Aquitaine à Bordeaux. Plus d’infos sur le site cepdivin.org.


 

Repost 0
25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:20

L’association pour l'inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l'UNESCO a organisé une superbe exposition de photographie. Pas de panique si vous l’avez manquée cet été à Dijon, elle sera remontée très prochainement à Beaune, avant d'être visible au Clos de Vougeot et à Nuits-St-Georges.

 

Plus de 100 images y seront exposées, prises par trois photographes qui ont chacun, du fait de leur parcours, une connaissance intime de la Bourgogne viticole. Jean-Louis Bernuy, né et œuvrant à Nuits-Saint-Georges, est spécialisé dans le monde du vin. Photographe officiel de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin depuis 20 ans, il réalise des images au fondu délicat. Michel Joly, autodidacte et globe-trotter, collabore à de nombreux magazines pour lesquels il réalise des portraits souvent très attachants. Artiste et œnologue, Armelle échafaude des compositions très soignées, où chaque image compte autant que le tout, dans une dialectique micro-macro saisissante.

 

 

ADhospices2

Photomontage : Armelle.

 

Si la démarche de l’association, soutenue par l’Etat Français, abouti, les climats de Bourgogne seront inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ils rejoindront ainsi d’autres régions viticoles en Europe, comme le vignoble en terrasses de Lavaux, les Cinque Terre, l’île volcanique de Pico dans les Açores, la vallée du Haut-Rhin moyen, la région du Neusiedler See, celle du Haut-Douro, celle de Tokaj, ou en France le val de Loire et la juridiction de Saint-Emilion. Soit aujourd’hui 9 sites sur les 911 constituant le patrimoine culturel et naturel que le Comité du patrimoine mondial considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.

 

Exposition du 1er septembre au 14 novembre, à l’Hôtel-Dieu à Beaune. De nombreux autres rendez-vous, dont des conférences prestigieuses, sont également organisés. La prochaine sera donnée par Bernard Pivot le 3 octobre à l’Athenaeum à Beaune, sur le thème des mots et du vin. Plus d’informations sur www.climats-bourgogne.com.

 

 

Repost 0
31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 13:18

vdvlogo.pngC'est un petit val qui mousse de rayons... Pour cette 28ème édition des vendredis du vin, le thème retenu par notre monomaniaque préféré (tout le monde aura reconnu Patrick…) est bien de saison : l’œnotourisme. J’ai choisi de vous relater mon passage au domaine Val Joanis, où le hasard avait conduit mes pas voici cinq ans. Ma fille participait à une randonnée équestre avec le club de Pertuis, nous avions donc une petite journée à passer à proximité, mon épouse et moi. Comme je m’enquis d’un domaine à visiter, on me conseilla Val Joanis, à la sortie du bourg, sur la route de Villelaure.

 

Impossible de le manquer, le chemin est en effet balisé par de larges panneaux. Il fallut cependant faire plusieurs kilomètres d’une route bien chaotique, avant de découvrir un magnifique domaine composé d’une bastide du 18ème Siècle et de dépendances plus modernes, mais construites dans le respect de l’harmonie des lieux. L’accueil par un concert de cigales fut des plus charmants. Je devais cependant un peu déchanter en pénétrant dans le bâtiment, puisque le visiteur passe par une boutique proposant d’innombrables objets autour du vin et … du jardinage (j’allais bientôt découvrir pourquoi). « Piège à touriste » fut ma première pensée. Mais puisque nous étions là de notre plein gré et qu’une dégustation nous était proposée par une charmante étudiante au délicieux accent anglais, je n’allais pas m’enfuir !

 

Bien m’en pris. Je n’ai pas de souvenir précis des rosés et des blancs du domaine, seulement de leur richesse aromatique dénuée de toute lourdeur, des vins fruités et très équilibrés. J’ai craqué pour un Viognier 2004, issu d’une sélection parcellaire et classé en vin de pays, aux très délicats arômes fumés, mêlant fruits blancs et fleurs d’acacias. Un vin que je servais généralement en apéritif et qui a toujours enthousiasmé mes convives. Trois vins étaient proposés en rouge (Syrah majoritaire, avec un peu de Grenache), à l'époque en AOC Côtes du Lubéron, aujourd'hui AOC Lubéron. La cuvée générique 2003, aux puissants arômes de cassis, mais un peu trop marquée par le bois et la chaleur du millésime. La réserve « les Griottes » 2001, à la robe très dense, m’a réellement emballé. Le nez offrait un chaleureux bouquet de fruits rouges, d’olives noires et de garrigue. La bouche était très ronde, gourmande, le vin suave tout en se montrant structuré, bref un superbe équilibre que l’on trouve peu dans cette région. Plus puissant, et à nouveau avec une sensation alcooleuse un peu trop forte, la « Réserve du chanoine Trouillet » m’a à nouveau moins plu.

 

Nous avons également eu des informations sur le travail (titanesque) réalisé par Jean-Louis Chancel (frère de Jacques Chancel) depuis la fin des années 70 pour faire revivre le domaine : une histoire largement décrite sur le site Internet du domaine. Nous sommes également attardés dans le superbe jardin créé de toutes pièces par Cécile Chancel. Un jardin qui s’articule en trois terrasses construites avec les pierres d'un ancien bassin romain et protégeant légumes, roses, iris du mistral. On y trouve notamment une rangée de platanes rapportés du Mont Athos, et une impressionnante tonnelle, créée à partir d'un couloir à autruche du 19ème Siècle. Un jardin aujourd’hui classé, qui vaut à lui seul le détour.

 

Pas de photos des bouteilles achetées, il ne m’en reste malheureusement plus, car bien qu’ayant un bon potentiel de garde, la gourmandise a depuis eu raison de ma caisse de « Griottes ». Ce pourrait être une bonne raison pour y retourner prochainement…


 

Repost 0
25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 11:42

Alain Huetz de Lemps : Les vins d'Espagne.

 

On boit le vin du vainqueur, le vin du puissant, pour reprendre la thèse défendue (entre autres) par Raymond Dumay dans La mort du vin, que la guerre ait été militaire ou économique, et je rajouterai footballistique. L’Espagne, dont la victoire au Mundial fut fort méritée, n’en déplaise à quelques bataves chagrins ou à une poignée de grévistes de pacotille, est également un grand pays viti-vinicole. Grand par la taille de son vignoble, qui est le premier au monde avec plus de 1,2 million d’hectares plantés (avec cependant une quantité produite moindre que celles de la France ou de l’Italie). Grand par son histoire qui remonte à l’Antiquité et la diversité de ses régions. Mais également grand par la qualité de bon nombre de vignerons qui figurent parmi l’élite mondiale. Pourtant, comme je faisais déjà le constat en voulant écrire sur les vins sud-africains, les livres en français traitant du vin espagnol ne sont pas légions, en-dehors des chapitres qui leur sont consacrés au sein de divers atlas et guides, je n’en ai trouvé qu’un !

 

Cependant, la qualité étant plus importante que la quantité, on ne peut qu’être comblé à la lecture des Vins d’ Espagne d’Alain Huetz de Lemps. C’est à lui seul une véritable encyclopédie sur les vins ibériques. La première partie en détaille l’histoire, de l’importation de la vigne sur la péninsule par les Romains jusqu’à nos jours. La seconde passe en revue toutes les régions et leurs caractéristiques (sols, cépages, conduite de la vigne, techniques de vinification, ...), mettant en valeur l’immense diversité des vins que l’Espagne peut offrir. La troisième clôt le livre par des chapitres consacrés à l’économie et à la sociologie du vin en Espagne, qui ont fortement évolué ces dernières années. Publié initialement voici presque 20 ans, sous le titre Vignobles et vins d’Espagne (avec une centaine de pages de moins), une réédition actualisée s’imposait, tant ce pays a connu d’évolutions depuis. Des évolutions qui peuvent parfois avoir un goût un peu amer, comme en témoigne le chapitre qu’Alice Feiring consacre à la Rioja dans son dernier livre. La concurrence acharnée avec les vins du Nouveau Monde conduit en effet de nombreux producteurs à aligner le style de leurs vins sur ceux de ces concurrents. Les vins d’Espagne n’est pas un livre très richement illustré, un petit bémol alors que le pays offre tant de magnifiques paysages viticoles, sa lecture n’en est pas moins agréable, tant son contenu est riche et instructif. Un must pour tous les amateurs de vins espagnols.

 

vinsespagne.jpg

 

Les vins d'Espagne. Alain Huetz de Lemps. 552 pages. Presses Universitaires de Bordeaux, collection Grappes & Milésimes. 2008 (première édition : 1993). 39 €.

 


Repost 0
19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 08:14

mudacLes collaborations entre les designers et le monde du vin sont nombreuses. Mais malgré leur très grande qualité en général (cf. par exemple le travail fait par des artistes pour les champagnes Taittinger), elles se limitent le plus souvent aux étiquettes, au packaging et aux objets du vin. Il s’agit globalement de mieux mettre en valeur le vin et son service (décanteurs, sceaux à glace, verres, …). Bien peu de collaborations vont au-delà et proposent à l’artiste de réinterpréter le monde du vin. C’est ce qu’a fait la designer Matali Crasset, en collaboration avec la galeriste Nadine Gandy, en s’intéressant plus particulièrement à la bouteille, ses formes et ses fonctions.

 

Le résultat est surprenant, tant par son aspect formel que symbolique. Les objets en verre et les estampes sont en effet d’une grande pureté. La simplicité des lignes et la sobriété des tons rappellent la dimension sacrée du vin, tout en gardant une distance humoristique. Car si le vin est affaire sérieuse, et même la plus sérieuse ici-bas pour Voltaire, il est aussi vecteur de convivialité, d’émotions et de plaisir. C’est l’ensemble de ces dimensions qu’explore Matali Crasset, dans une approche à la fois décalée et paradoxalement profondément ancrée dans la tradition. Ce qu’elle explique : « l’homme est expansif dans l’ivresse, la vérité, qu’il ne dirait pas à jeun, lui échappe. Mais le vin est à son image et lui non plus ne saurait tricher. Je m’intéresse au vin naturel depuis quelques années. En me documentant sur ce sujet, j’ai été ainsi troublé de découvrir que Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, était aussi celui qui a posé les principes de l’agriculture biodynamique. Le savoir, la transmission et les cultures sont intimement liés. »

 

 

Teaser par Mandarine Films Marc Devaud

 

 

Présentée à Paris au printemps 2009, l’exposition In vino veritas est visible depuis le 21 avril et jusqu’au 10 octobre 2010 au MUDAC, Musée de design et d'arts appliqués contemporains, à Lausanne. Elle sera ensuite montée en Europe centrale et en Italie, toujours dans des régions viticoles.

 


Repost 0
16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 06:48

Thierry Morvan : Le vin – le connaître, le choisir, l’apprécier.

 

A priori, l’équation semble insoluble : trouver un livre d’initiation au vin qui soit simple sans être simpliste, complet tout en restant accessible au néophyte, et pas cher par-dessus le marché !!! Thierry Morvan, journaliste spécialisé dans le vin et la gastronomie, y est parvenu avec Le Vin : le connaître, le choisir, l'apprécier, qui s’inscrit dans la collection Toutes les clés. Et des clés, il en distribue généreusement. Chaque chapitre permet en effet d’ouvrir les portes de cet univers extrêmement riche. Les premiers chapitrent explorent la compréhension générale du vin (cépages, terroirs, millésimes, …), son choix et son achat, son service et sa dégustation, ainsi que son histoire de l’Antiquité à nos jours. Les trois chapitres suivants permettent de découvrir les vins de France (15 régions avec des cartes, un historique, les principales caractéristiques, …), d'Europe et du Nouveau Monde.

 

Et tout ça ne serait pas complexe ? Non, car malgré la richesse du contenu, Thierry Morvan a su rester toujours très accessible, très pédagogique, dans son propos. La mise en page sobre (pas de photos, ce qui permet également de maintenir un prix très bas pour un livre de cette taille) mais pas austère facilite également la lecture et l’orientation. Des petites rubriques (zoom, le mot savant, la petite histoire, en savoir plus) ainsi qu’un résumé de chaque chapitre permettent d’approfondir et de consolider ses connaissances. Car si le néophyte sera largement comblé, l’amateur déjà plus chevronné trouvera aussi de quoi étancher sa soif de savoir.



levin.jpg



Le vin – le connaître, le choisir, l’apprécier. Thierry Morvan. 286 pages. Editions Hachette Pratique, collection Toutes les clés. 2010. 14,90 €.

 

 

Repost 0

Quel est ce blog ?

L'Œnothèque ~ Des livres et du vin ...

  • L’œnothèqueQuelques livres autour du vin : ouvrages pratiques, guides, essais, beaux livres, récits, romans, poésie, entre autres ... 
          > Voir la liste.

Contactez l'auteur.
Inscrivez-vous à la newsletter pour être informé des nouveaux articles publiés sur le blog.
Et n'hésitez pas à recommander ce blog !


L'abus d'alcool est dangeureux pour la santé, sachez apprécier et consommer avec modération.

Derniers Articles

  • Cherchez l'intrus
    Quelques flacons ouverts durant ce long week-end de Pâques (qui commence le Vendredi-Saint ici...). Un intrus s'y est malicieusement glissé :
  • SlowLily
    Bonjour, je vous avais sollicités récemment pour contribuer à une étude de lmarché. Merci à tous les participants à l'étude. Elle a été très utile pour affiner le concept et développer la ligne. La boutiques est désormais ouverte, à l'adresse suivante...
  • Pétition Urgente Soutien Vigneron !
    Bonjour à toutes et tous, Emmanuel Giboulot, viticulteur bio dans le département de la Côte-d'Or passera ce lundi 24 février en correctionnelle pour avoir refusé d'obéir à un arrêté préfectoral ordonnant de pulvériser un dangereux pesticide (qui tue les...
  • Face à la saloperie, soyons solidaires !
    C'est rare que je demande quelque chose à mes lecteurs, et vous vous en doutez bien qu'il me faut être bien indigné pour reprendre, ne serait-ce que ponctuellement, le chemin de mon blog... C'est une article des 5 du Vin, que m'a fort aimablement remayéé...
  • Participez à une étude de marché
    Une personne proche réalise actuellement une étude de marché pour l'ouverture d'une boutique en ligne. Merci de prendre quelques minutes pour y contribuer. URL du questionnaire http://www.mon-enquete-enligne.fr/index.php?sid=51571&lang=fr URL courte :...
  • Blog en sommeil...
    L'avalanche quotidienne de courriers de lecteurs dépités et de lectrices au coeur brisé me fait prendre conscience que je dois quelques mots d'explication aux milliers de fans de l'Oenothèque... N'étant pas un professionnel, ni du vin ni de l'édition,...
  • Carlo Petreni présentera sonnouveau livre vendredi à Paris
    Invitation à la conférence de présentation du livre "Terra Madre - Renouer avec la chaîne vertueuse de l'alimentation" avec Carlo Petrini, auteur du livre, fondateur et Président de Slow Food et avec Gilles Fumey, professeur des Universités de Géographie...
  • Ephéméride du 8 au 14 août
    L'arrêté du 8 août 1962 attribue le label VDQS, Vin Délimité de Qualité Supérieure, aux vin des Côtes du Vivarais (Ardèche), qui accéderont à l'AOC en 1999. La loi du 9 août 1905 soumet les grands marchands de vins de Paris à l'entrepôt obligatoire à...
  • Ephéméride du 1er au 7 août
    La nouvelle réglementation européenne viti-vinicole est mise en place au 1er août 2009. Entre autres, elle autorise l’usage de copeaux de bois pour les vins AOC en France. Plus de 100 ans auparavant, une autre loi ne résolvait pas davantage les problèmes...
  • Ephéméride du 25 au 31 juillet
    Par le traité du 25 juillet 1840, le gouvernement de la Hollande affranchit de tous droits de douanes les vins, eaux-de-vie et esprits de France en cercles. Il réduit pour les vins en bouteilles le droit d'entrée de trois cinquièmes, et de moitié pour...